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17/06/2014

Meir Indor : « La société israélienne tout entière est devenue l’otage du Hamas »

 Rencontre avec Meir Indor, fondateur de l’association Almagor, par Pierre Itshak Lurçat

 

Meir Indor 3.jpgRencontrer Meir Indor, c’est retrouver le goût de ce qu’on appelait autrefois le « bel Israël »… Au-delà même de son combat mené depuis 20 ans, dans le cadre de l’association Almagor, pour défendre les victimes du terrorisme, Indor incarne en effet les valeurs de courage, de modestie et d’opiniâtreté qui étaient jadis synonymes de sionisme. Lieutenant-colonel de réserve, ancien membre de plusieurs unités d’élites, il aurait pu, après sa carrière militaire, se lancer dans les affaires ou dans la politique, comme tant d'autres. Mais Meir Indor a préféré se consacrer au renforcement d’Israël, d’abord en fondant Sar-El (le fameux « volontariat civil ») puis en créant Almagor, association des victimes du terrorisme qui lutte sans relâche contre la libération de terroristes arabes, sujet qui est hélas, d’une brûlante actualité…

 

Meir Indor me reçoit dans les bureaux de l’association qu’il dirige – situés dans un local très modeste – près de la station centrale des bus à Jérusalem. Almagor existe depuis 1986, et est active dans quatre domaines principaux : social, juridique, politique et médiatique. L’objet principal de l’association est de servir d’intermédiaire entre les familles de victimes du terrorisme et les personnes et institutions qui leur viennent en aide. Plus de 1300 familles sont inscrites auprès d’Almagor et reçoivent une assistance. Mais comme me l’explique Meir, l’aspect essentiel n’est pas tant l’aide financière – car les victimes du terrorisme reçoivent une pension des Assurances nationales – que le soutien moral et psychologique. Almagor emploie 5 personnes et fait appel à de nombreux volontaires, dont le « turnover » est élevé, car le travail avec les familles des victimes est très éprouvant.

 

Meir Indor est né en 1947 à Kyriat Ata. Ses deux parents, rescapés de la Shoah, sont originaires de Pologne, issus de familles hassidiques. Ils se sont mariés à Chypre, où ils avaient été internés par les Anglais. Meir a fait toute sa carrière dans Tsahal, dans l’infanterie, les Renseignements, les garde-frontière et dans l’unité Rimon. Il avait dissimulé ses problèmes d’asthme aux médecins militaires, pour ne pas qu’on lui baisse son profil… Lorsqu’il se met à parler de ses souvenirs de l’armée et des guerres qu’il a faites, il est intarissable. Il me raconte comment il a été blessé à Beit Lahiya, dans la bande de Gaza, en 1972. Alors qu’il attendait l’hélicoptère qui devait l’évacuer, et perdait son sang, il s’est mis à chanter un « nigoun » - une mélodie hassidique – pour rester conscient. Pendant la guerre du Kippour, en plein territoire syrien, il eut la surprise de voir débouler un volontaire anglais, au volant d’une Coccinelle, qui venait sur le front distribuer des chaussettes aux soldats de Tsahal ! (Cette anecdote est aussi rapportée par le rabbin Haim Sabato dans son livre « Tiyoum Kavanot » traduit en français sous le titre "Lunes d'automne").

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Sa femme, Batsheva, est la fille du rabbin Avraham Hazan z.l., ancien aumônier de la police et figure bien connue du judaïsme francophone. Après son service, Meir a travaillé quelques mois comme journaliste à Yediot Aharonot, avant de s’engager dans l’armée de métier. Il connaît bien le monde des médias, d’autant qu’une de ses filles est journaliste à la deuxième chaîne de télévision. Meir Indor évoque le souvenir des grands soldats qu’il a connus, et notamment celui de « Rafoul » (Raphaël Eytan), chef d’état-major légendaire, renommé pour sa bravoure et sa modestie. Celui-ci avait l’habitude de s’occuper d’enfants de familles pauvres, qu’il emmenait à la piscine. On mesure combien les temps ont changé depuis : aujourd’hui, un chef d’état-major de Tsahal s’occupe de la Bourse et pas d’enfants défavorisés…

 

 

Comment Israël a perdu la guerre psychologique contre le terrorisme

 

Pour Meir Indor, l’événement décisif qui l’a amené à s’occuper des victimes du terrorisme remonte à 1986, lors de la fameuse « transaction Djibril » - l’échange de quelques soldats israéliens contre un millier de terroristes. Jusqu’alors, Israël n’avait jamais cédé aux exigences des terroristes, préférant lancer des opérations de sauvetage risquées, parfois au prix d’échecs retentissants comme celui de Maalot, plutôt que de négocier. Cette politique a pris fin avec l’affaire Djibril, qui a joué un rôle funeste dans le déclenchement de la première Intifada. Indor a compris, bien des années plus tard, que c’était la pression des familles des soldats qui avait brisé la détermination du gouvernement. Ahmed Djibril lui-même a relaté qu’il avait fait monter les enchères, lorsqu’il avait réalisé que l’opinion publique israélienne était prête à payer très cher pour le retour des soldats. Parmi les terroristes libérés figuraient plusieurs dirigeants, dont le cheikh Yassine, fondateur du Hamas.

 

Depuis cette date, les terroristes palestiniens ont compris qu’ils pouvaient faire plier Israël, en se servant de l’opinion et des médias israéliens pour faire pression sur le gouvernement. Curieusement, cet aspect fondamental de la guerre terroriste – faire peur, influencer et « terroriser » l’ennemi – est très peu présent dans le débat public en Israël aujourd’hui. C’est sans doute sur ce terrain essentiel que l’Etat juif, dont les unités de lutte antiterroriste comptent parmi les plus efficaces au monde, a perdu la guerre psychologique contre le Hamas et les autres organisations terroristes. « La société israélienne tout entière est devenue l’otage du Hamas », affirme Meir Indor, qui rappelle que la peur est l’arme principale des terroristes depuis toujours. C’est d’ailleurs précisément pour cela qu’il a nommé son organisation Almagor, qui veut dire « sans crainte ».

 

Indor dénonce avec véhémence le « blitz médiatique » auquel a été soumise l’opinion publique israélienne dans les jours qui ont précédé « l’échange de prisonniers » avec le Hezbollah. Alors que l’establishment de la Défense unanime s’opposait à la transaction, l’émissaire israélien Ofer Dekel a expliqué aux familles des soldats Ehoud Goldwasser et Eldad Regev qu’il fallait se servir des médias, pour contourner l’échelon politique et sécuritaire. Et de fait, l’immense majorité des médias israéliens se sont engagés en faveur des familles des deux soldats, sans laisser s’exprimer ceux qui, comme Almagor, s’opposaient à cet « échange ». Meir Indor cite la déclaration de Karnit Goldwasser – la femme d’Ehoud z.l. – qui déclarait au lendemain du retour des deux corps des soldats israéliens : « sans l’aide des journaux, nos soldats ne seraient pas revenus ». Mais ce ne sont pas seulement les familles qui se sont, de manière compréhensible et naturelle, mobilisées pour le « retour » des soldats.

 

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En réalité, m’explique Indor, il y a des dizaines d’associations et d’organismes qui œuvrent sans relâche pour faire pression sur le gouvernement, afin qu’il relâche des terroristes contre les otages israéliens, morts ou vivants. A ce combat participent ainsi les organisations arabes, pour qui la libération des « prisonniers » est une revendication fondamentale, mais aussi des organismes israéliens, souvent financés par l’Union européenne, comme le « Forum des familles endeuillées » fondé par Itshak Frankenthal. Frankenthal, dont le fils Arik a été assassiné par des terroristes du Hamas en 1995, est devenu depuis lors un militant pacifiste convaincu. Il multiplie les interviews dans les médias étrangers, se rend souvent dans les villes palestiniennes pour promouvoir la « paix » et était même présent à l’enterrement du grand « homme de paix » (et Prix Nobel) Yasser Arafat…

 

Sur le site de l’Institut Arik, créé par Frankenthal, on trouve une page remerciant le gouvernement espagnol pour sa contribution. L’Union européenne et ses Etats membres financent en effet de multiples associations israéliennes qui œuvrent pour la « paix », c’est-à-dire pour la création d’un Etat arabe palestinien en Judée-Samarie et contre la présence juive dans ces territoires. Aux yeux de Meir Indor, il s’agit tout simplement de transformer l’Etat juif en Etat de « tous ses citoyens », c’est-à-dire en Etat post-sioniste. Ce qui l’amène à déclarer sans ambages que l’Union européenne est devenue « l’ennemi numéro 2 de l’Etat d’Israël ».

 

80 % des terroristes libérés reprennent leurs attentats

 

Pour tenter de contrer cette propagande pacifiste, Almagor mène un combat incessant au sein de l’opinion publique israélienne, en rappelant que les terroristes libérés reprennent presque toujours leurs activités criminelles. Une étude récente montre que 80 % des terroristes libérés reprennent leurs activités, souvent avec une motivation accrue. Almagor a établi la liste détaillée des attentats commis par des terroristes libérés par Israël et de leurs victimes. Exemple : Mourad Kvassama, terroriste libéré en janvier 2004, en échange du marchand de drogue Elhanan Tenenbaum, a commis de nombreux attentats après sa libération, dont celui du 31 août 2004 à Beersheva, qui fit 16 morts et des dizaines de blessés. Autre exemple : Mahmoud Hamdan commit un nouvel attentat 2 mois après sa libération, tuant Eyal Birnbaum et le bébé Shaked Avraham en 2003, à Negohot, la veille de Rosh Hashana…

 

Ces deux exemples parmi tant d’autres montrent combien il est stupide et criminel de libérer des terroristes, y compris ceux qui n’ont « pas de sang sur les mains » (pour la seule raison qu’ils n’ont pas réussi à mettre leurs projets d'attentats à exécution !) Chaque terroriste libéré met en danger la vie de dizaines de citoyens juifs innocents, hommes, femmes et enfants, qui paient de leur vie la décision de libérer des assassins, prise par des gouvernements israéliens soumis à la pression des médias et de l’opinion publique.


Site de l’association Almagor : http://www.al-magor.com

(Interview réalisée en septembre 2007)

Commentaires

meir indor parle bien et il a raison de dire que les israéliens de gauche ont pourri israel et surtout les les ong qui touchent des subsides de l europe dans le but de destabiliser israel au profit d un etat fatah en judee samarie qui serait dangereux pour israel s il était mis en pratique .
je ne comprends pas bibi qui au lieu de s attaquer aux gauchistes qui font du mal a israel au contraire il fait tout le contraire et ca se dit de droite !!
depuis que arik Sharon s est retiré de gaza avec l approbation de la moitié des deputés likud qui sont passés a kadimah avec lui en jurant que de creation d un etat fatah en judee samarie qui est une terre juive ancestrale , voila ce qu est devenue le likud depuis menachem begin qui s est fait baiser par sadate et carter en acceptant l idee d autonomie des palestiniens "et ca a été l erreur de cette droite qui se dit " nationaliste " et a trahi en fait eretz israel " le likud n est plus un parti nationaliste de droite mais une succursale de parti de gauche préconisant cession de territoires pour mettre en danger la securité d israel en danger !

mais moi j accuse les israéliens et le peuple d israel qui est devenu fou pour voter tjr pour les memes partis qui vont les mettre en danger "maarakh/meretz , ou yesh atid /atnouha qui ont des idees gauchistes et sont devenues des masochistes pour vouloir créer par force un etat fatah terroriste "tout ca pour faire plaisir a mister Shimon peres " qui a plus d amour pour le fatah et arafat/abou mazen que pour ces freres juifs d israel habitants la judee samarie !!

quand on pense maintenant que ce sont les affairistes qui ont poiurri la vie en israel et avec bibi ca s est accentué "la speculation immobiliere devrait etre interdite en israel mais bibi qui est autant pourri et corrompu laisse faire les promoteurs immobiliers d israel decider des prix qu ils veulent " en dernier lieu j ai entendu qu au parc hayarkon tel aviv , ces corrompus veulent construire des appartements de luxe de 1 300 000 us dollar reservés qu aux riches et trouvez vous cela normal ???? moi pas et je trouve qu israel va dans le mauvais sens actuellement et que bibi est pire qu olmert qui a été condamné pour corruption dans le dossier immobilier de luxe sur jerusalem en ayant toucher des backchiches , et voila ce qu est devenu israel , un pays reservé qu aux riches et cela me fait honte c est tout et tous devrait manifester contre ces pourris de promoteurs immobiliers qui pratiquent des prix inabordables reservés qu a une certaine classe de riches ou tres riches comme c est devenu en russie avec les oligarques qui peuvent se payer tout ce qu ils veulent !!
excusez moi cet israel là " je n en veux pas " ces gens néfastes devrait etre en prison ces promoteurs immobiliers qui pratiquent de tels prix pour s en mettre dans la poche un maximum et cela c ets un ami architecte urbaniste qui m a raconter cela poru israel il ma dit que c est la maffia les prix chers pratiqués là bas !!

am israel chai

Écrit par : marco sportich | 18/06/2014

Meïr Indor s'exprime ici, à l'occasion de l'arrestation du meurtrier de Barouch Mizrachi qui s'avère être un terroriste libéré lors du deal Shalit :
http://www.inn.co.il/Radio/Player.htm#3#195030

Écrit par : reb Yid | 25/06/2014

Les commentaires sont fermés.

 
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