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27/04/2014

« Homo homini lupus » : Jabotinsky pionnier de l’antiracisme en Amérique, Pierre Itshak Lurçat

A Alain Sebban

Jabotinsky.jpgA l’occasion du récent débat à la Knesset sur la proposition de loi visant à interdire l’utilisation du mot « nazi » comme insulte, le quotidien Ha’aretz rappelait que David Ben Gourion avait jadis qualifié Jabotinsky de « Vladimir Hitler ». L’animosité que Ben Gourion vouait à son grand rival de la droite sioniste n’a pas peu contribué aux stéréotypes négatifs entourant la figure du fondateur du sionisme révisionniste. Mais ceux qui se penchent sur la vie et l’œuvre du « Roch Bétar » découvrent un homme très éloigné du portrait peu flatteur qu’ont parfois dressé de lui ses adversaires politiques.

Le professeur Rafael Medoff, directeur de l’institut Wyman de recherche sur l’antisémitisme à Washington, a rappelé récemment, fort à propos, que Jabotinsky avait été un des pionniers de la lutte contre le racisme aux Etats-Unis, en 1910, dans son fameux article « Homo homini Lupus » (« L’homme est un loup pour l’homme »).

Cet article avait été écrit à la suite d’un combat de boxe, organisé le 4 juillet (Jour de l’Indépendance) à Reno, Nevada, entre Jack Johnson et Jack Jeffries, deux champions poids lourds qui ne s’étaient jamais rencontrés auparavant sur un ring. Le premier était en effet noir et le second blanc. Présenté comme le « Combat du siècle », le matche s’acheva par la victoire de Johnson, qui déclencha une vague d’émeutes raciales dans plus de 50 villes des Etats-Unis, faisant une vingtaine de victimes.

 

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Le combat entre Jack Johnson et Jack Jeffries


Jabotinsky décrit, dans son article pour le journal russe Odesskiye Novosti (Les Nouvelles d’Odessa), comment des foules en furie se jetèrent sur les habitants noirs, à cinquante contre un, attaquant même les femmes et les enfants. Aux yeux du jeune journaliste russe (âgé de 30 ans), c’était la preuve que les Etats-Unis, la « République la plus libre au monde », souffraient d’un mal quasiment incurable. « Un Juif russe peut encore se convertir », écrit-il, mais « la race ne peut être effacée ». Il décrivait ensuite le régime de ségrégation encore en vigueur aux Etats-Unis, près de cinquante ans après la fin de la guerre de Sécession et l’abolition officielle de l’esclavage.

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17/04/2014

« Aimer, souffrir et aimer encore » : Rahel la poétesse, 1890-1931

A l'amie retrouvée


"Même pauvre, allant humblement,
Le cœur meurtri par l’exil,
Te trahirai-je, oublierai-je
L’amour du printemps de ma vie ?"

 

תמונה-אהבת-רחל.jpgLa troupe du Teatron ha-Ivri (théâtre hébraïque) a mis en scène une pièce racontant la vie de la poétesse Rahel, sous le titre « Ahavat Ra’hel » : l’amour de Rahel. Le résultat est une très belle pièce, donnant un aperçu saisissant de la vie courte et tragique de la grande poétesse, servi par une excellente interprétation. Les scènes de la vie de Rahel sont entrecoupées de chansons dont les paroles sont certains de ses poèmes les plus fameux, qui ont inspiré les plus grands chanteurs israéliens.

Née le 20 septembre 1890 à Saratov, en Russie, Rachel Blaustein est la petite-fille (par sa mère) d’un rabbin de Kiev. Son père, Isser-Leib, a été enrôlé de force dans l’armée du Tsar, où il a servi 25 ans, avant d’être libéré et de devenir un commerçant aisé, père d’une famille nombreuse. Rahel grandit dans une atmosphère juive traditionnelle associée à l’intérêt pour la littérature et la musique. A quinze ans, elle écrit ses premiers poèmes en russe.

A l’âge de 19 ans, elle se rend en visite en Eretz-Israël avec une de ses sœurs, et décide d’yimages.jpg rester. Après avoir travaillé dans les vergers de Rehovot, elle se fixe dans la kvoutsa de Kinneret, où elle apprend le travail de la terre dans la ferme-école de Hannah Meisel. Au bout de deux ans, elle part en France, étudier l’agronomie à l’université de Toulouse, où elle est la seule femme et la seule juive, jusqu’à l’arrivée de Rahel Yanait Ben-Zvi.

Quand la guerre éclate, elle est contrainte de regagner la Russie, où elle connaît la pauvreté et la maladie, enseignant à des enfants juifs réfugiés à Odessa. C’est seulement après la Première Guerre mondiale qu’elle peut revenir en Eretz-Israël, sur le Rossland, premier navire en partance de Russie en 1919, qui marque le début de la Troisième Alyah.


Elle s’installe tout d’abord à Degania, mais ne peut y rester une fois qu’elle apprend être atteinte de la tuberculose. (C’est lors de ce tournant tragique de sa brève existence que démarre la belle pièce du Teatron ha-Ivri). Elle s’installe alors brièvement à Jérusalem (rue des Prophètes), en 1925, puis à Tel-Aviv où elle vit dans la pauvreté en donnant des leçons d’hébreu et de français. Elle y meurt le 16 avril 1931 à l’âge de 40 ans.

 

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La tombe de Rahel à Kinneret

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