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21/10/2015

Les pères fondateurs du sionisme et la Reconstruction du Temple : Théodor Herzl

לשרה, גיבורת הר הבית!

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La recrudescence de violences anti-juives à Jérusalem et en Israël remet au coeur de l'actualité le Mont du Temple et la place qu'il occupe dans la pensée politique juive moderne. Face à la tentation (inhérente à la vie politique juive et israélienne depuis les débuts du sionisme) de vouloir occulter, voire renoncer à Jérusalem, qui procède à la fois d'un rejet de nos racines et d'une réaction inappropriée aux accusations délirantes de nos ennemis (affirmant qu'Israël voudrait détruire les mosquées sur le Mont du Temple), il est utile de redonner au Temple et à Jérusalem la place qu'ils occupent au sein de notre histoire récente.

Une des idées fausses les plus répandues au sujet du sionisme politique consiste à croire que les pères fondateurs du sionisme et de l’Etat d’Israël auraient été des Juifs totalement assimilés, voire des ennemis déclarés du judaïsme, voulant créer un Etat coupé de tout élément juif, purement laïc et occidental. (Ces fausses conceptions ont été propagées notamment par des rabbins antisionistes, y compris, malheureusement, au sein du public francophone, où la jeune génération est souvent ignorante des réalités historiques du sionisme et prend pour argent comptant les calomnies au sujet de nos grands hommes.)

Or, rien n’est plus éloigné de la réalité, si l’on prend la peine de se pencher sur les textes et sur la vie des fondateurs du mouvement de libération nationale du peuple Juif.  Non seulement ceux-ci n’étaient pas hostiles au judaïsme en tant que tel, mais ils ont presque tous mis l’accent sur un élément essentiel de la Renaissance nationale juive : la Reconstruction du Temple de Jérusalem. Le présent article donne un aperçu de la question du Temple chez trois penseurs et acteurs importants de la Renaissance nationale juive : Theodor Herzl, Zeev Jabotinsky et Avraham Stern.

1. Theodor Herzl, le Visionnaire de l’Etat

Comme l’a montré le Dr Georges Weisz dans son ouvrage essentiel, Herzl, une nouvelle lecture, la figure du fondateur du sionisme politique a été malheureusement déformée et parfois caricaturée par une historiographie souvent idéologiquement orientée, tendant à faire de Herzl un Juif entièrement coupé de la Tradition.

La lecture de son roman de politique fiction écrit en 1902, Altneuland, montre que l’Etat juif envisagé par Herzl était marqué par une double influence occidentale et juive, qui s’exprime notamment dans les deux édifices qu’il envisage au cœur de la Nouvelle Jérusalem, capitale du futur Etat juif : le Palais de la paix et le Temple.

 

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Si le Palais de la Paix exprime la  dimension universaliste très présente chez Herzl, et ses conceptions progressistes marquées par l’optimisme caractéristique du dix-neuvième siècle (qui permet de le rapprocher d’un Jules Verne), le Temple exprime lui la continuité juive et l’enracinement de l’Etat juif dans l’histoire et la tradition juive bimillénaire. Altneuland est ainsi, conformément à son titre, un pays à la fois ancien et nouveau.

altneuland 1.jpgLa lecture de l’extrait suivant permet d’apprécier la place qu’Herzl attribue au Temple dans la Jérusalem reconstruite :

« Ils étaient montés directement de Jéricho au mont des Oliviers, d’où le regard embrasse un vaste panorama circulaire, qui incite au rêve. Jérusalem était restée la Sainte. Elle resplendissait toujours des monuments érigés dans ses murs par les religions au cours des siècles et par des peuples divers. Mais quelque chose de neuf, de vigoureux, de joyeux s’y était ajouté : la vie ! Jérusalem était devenu un corps gigantesque et respirait. La vieille ville, ceinte de ses murailles respectables, n’avait que peu changé, pour autant qu’on pouvait en juger du haut du mont. Le Saint-Sépulcre, la mosquée d’Omar, les coupoles et les toits de jadis étaient les mêmes. Toutefois, mainte merveille les complétait. Le palais de la Paix, par exemple, un vaste édifice neuf, étincelait au soleil. Un grand calme régnait sur la vieille ville.

Hors les murs, Jérusalem offrait un autre spectacle. Des quartiers neufs avaient surgi, traversés de rues plantées d’arbres, une épaisse forêt de maisons entrecoupée d’espaces verts, où circulaient des tramways électriques, des boulevards et des parcs, des écoles, des bazars, des bâtiments publics somptueux, des théâtres et des salles de concert. David nomma les bâtiments les plus importants. C’était une métropole du  vingtième siècle.

 

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Jérusalem vers 1900 - Photo R. SAVIGNAC

 

Mais on ne pouvait détacher son regard de la Vieille ville, au centre du panorama. Elle s’étendait de l’autre côté de la vallée du Kidron, dans la lumière de l’après-midi, et une atmosphère de solennité flottait sur elle. Kingscourt avait posé toutes les questions possibles, et David y avait répondu. Mais quel était ce palais gigantesque, blanc et or, dont le toit reposait sur des colonnes de marbre, sur une forêt de colonnes à chapiteaux dorés ? Friedrich ressentit une profonde émotion quand David répondit : ‘C’est le Temple’… »

(A SUIVRE)

Pierre I. Lurçat

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