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28/11/2013

« Ses chansons étaient des prières » : Arik Einstein et la culture israélienne par Pierre Itshak Lurçat

 A Rebecca, qui m’a suivi dans le désert, 1er décembre 1993 – 1er décembre 2013

 

images.jpgLors de mon premier séjour en Israël, à l’âge de 17 ans, un des tout premiers disques que j’ai achetés était celui d’Arik Einstein, « Yoshev al ha-guader » (« Sitting on the Fence » en anglais). A l’époque, je ne comprenais presque rien des paroles de ses chansons, mais elles me parlaient quand même et trouvaient une résonance intime en moi (de même que j’ai su que ce pays était le mien, bien avant d’avoir compris que j’étais sioniste…). Ce souvenir personnel, qui ressemble sans doute à ceux de beaucoup d’olim, traduit à mes yeux le secret de l’affection que je portais – que nous portons – au chanteur qui vient de s’éteindre : ses chansons exprimaient, avec tant d’autres et peut-être plus encore que les autres, la quintessence de l’être israélien. Quel était son secret, et quel est le secret de cet « être israélien » ?

Répondre à cette question, c’est tenter de définir ce qui constitue le cœur de la culture israélienne. Né à Tel-Aviv en 1939, Einstein appartient à la « génération de l’Etat », celle des sabras qui n’ont pas connu l’exil. Son père faisait partie du théâtre Ohel, troupe d’inspiration socialiste fondée en 1925 (dont un des plus grands succès fut l’interprétation du « Brave Soldat Schweik »). La carrière musicale d’Arik Einstein est impressionnante : sa discographie s’étend du début des années 1960 à la fin des années 2000, soit un demi-siècle de création et d’interprétation musicale (outre sa carrière d’acteur).

Il est souvent considéré comme le fondateur du rock israélien (avec Shalom Hanoch) et comme celui dont l’œuvre a fait le lien entre les chansons hébraïques de l’époque d’avant l’Etat et la musique israélienne contemporaine. Mais dire que ses chansons figurent parmi les plus connues, et les plus jouées à la radio – jusqu’à ce jour, ce qui est remarquable pour un artiste de sa génération – ne suffit pas à décrire l’apport d’Einstein à la vie musicale et culturelle israélienne, et à la vie israélienne tout court.

185418.jpgArik Einstein et Uri Zohar (avant sa téchouva)

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19/11/2013

Humains trop humains (II) : quand Israël fait preuve de générosité envers le Hamas, par Pierre Itshak Lurçat

hamas manif verte.jpeg« Un hôpital en Israël soigne la petite-fille du leader du Hamas ». L’information qui fait les titres des journaux israéliens ce matin sera peut-être reprise en page intérieure par certains médias internationaux, mais il est plus probable qu’elle passera à la trappe, comme tout ce qui tend à donner un visage humain aux dirigeants et à la société israélienne. Pourtant, plus encore qu’elle ne nous apprend sur la désinformation et le mensonge permanent des médias occidentaux concernant Israël, cette information doit nous faire réfléchir sur la psychologie de nos ennemis et sur l’asymétrie fondamentale du conflit qui nous oppose à nos voisins. Loin de vouloir faire l’éloge d’Israël, en « démontrant » une fois de plus combien nous sommes humains et nos ennemis inhumains, je prétends affirmer ici que notre humanité débordante est un défaut et une faille dans notre cuirasse, que nos ennemis savent exploiter pour nous affaiblir.

On ne sait pas encore qui a permis que la petite-fille du chef du Hamas soit traitée en Israël – est-ce la décision d’un officier de Tsahal sur le terrain, ou d’un haut-gradé, voire de l’échelon politique – mais une chose est certaine : cette décision repose sur un présupposé d’humanité, qui est totalement faux ! Elle fait l’hypothèse que nos ennemis sont des hommes comme nous et qu’en leur montrant un visage d’hommes, nous les inciterons à dévoiler eux aussi leur humanité. Or c’est, hélas, le contraire qui est vrai… Plus nous sommes enclins à faire preuve d’humanité avec eux, plus ils se jouent de nous et se montrent cruels. Cette vérité éternelle avait déjà été énoncée par nos Sages dans le Talmud : « Celui qui a pitié des méchants, finit par se montrer cruel envers les justes… »

Le peuple qui vit à Sion a éprouvé dans sa chair la réalité tragique de cet adage, lorsque le gouvernement Sharon, voulant mettre fin à la « cruelle occupation  de Gaza », a fait preuve de l’inhumanité la plus flagrante envers les Justes qui peuplaient les yichouvim du Goush Katif. Dans un petit article écrit au lendemain du terrible attentat d’Itamar, j’écrivais ces lignes qui demeurent aussi actuelles aujourd’hui qu’hier : « Nos ennemis ne changeront pas. C’est donc à nous de changer ! Cessons de nous comporter en modèles d’humanisme, en agneaux dans un monde de loups. Devenons une fois pour toutes, comme l’exigeait Jabotinsky, une ‘race fière et cruelle’. Cessons de vouloir faire de Tsahal l’armée “la plus morale du monde” et contentons-nous d’en faire l’armée la plus efficace pour défendre notre pays contre ses ennemis ! »

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17/11/2013

La France et Israël face à l’Iran : amitié ou Real Politik ?

 

HOLLANDE ISRAEL.jpgLa visite de François Hollande en Israël et la position française dans le dossier iranien ont fait couler beaucoup d’encre, et la politique française a fait l’objet de commentaires dithyrambiques, certains observateurs n’hésitant pas à parler du retour de la « grande amitié franco-israélienne… 1 ». Pourtant, la réalité est sans doute différente, comme l’explique Fazit Rabina dans un long article publié ce shabbat dans Makor Rishon, dont nous traduisons de larges extraits. P.I.L.

L’intérêt français, par Fazit Rabina

Les Français ont freiné l’accord américain avec l’Iran, pas seulement par souci pour Israël : eux qui ont soutenu les sanctions contre l’Iran, au prix de la fermeture de leurs usines automobiles, craignent que les Américains ne préparent le terrain en vue du jour où les sanctions seront levées, en éloignant leurs concurrents

Une source parisienne ayant des relations politiques et économiques étendues au Moyen-Orient affirme que les motifs [de la position française face à l’Iran, N.d.T.] sont essentiellement économiques…

« Un des secteurs qui a le plus souffert au cours des dernières années est l’industrie automobile française. Lors des élections présidentielles, François Hollande a fait des promesses de soutenir l’industrie française, et l’industrie automobile en particulier. Ce n’a pas été le cas. Pas seulement en raison de la crise économique, mais aussi en raison des pressions américaines, qui ont entraîné notamment la cessation des exportations par Peugeot de pièces détachées automobiles en Iran ». De fait, selon les chiffres publiés par Peugeot au début 2013, la cessation de la vente des pièces détachées en Iran a entraîné une perte de 11 000 emplois au moins.

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18:33 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : france, iran, israêl

 
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