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31/10/2013

Si lointains et si proches... nos frères juifs éthiopiens - La fête du "Segd" à Jérusalem - Itshak Lurçat

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Je remets en ligne ce reportage photo à l'occasion de la fête du Segd qui a lieu aujourd'hui à Jérusalem. Hag Saméah! P.I.L

 

Hier matin (lundi) je me suis rendu sur la promenade qui fait face aux remparts de la Vieille ville de Jérusalem, un des plus beaux sites de Jérusalem, à deux pas de chez moi. Des milliers de Juifs éthiopiens étaient venus, comme chaque année, fêter le "Segd" ("prosternation") – fête qui revêt un caractère à la fois religieux et national [sa signification a évolué depuis les récentes vagues d'émigration des Juifs éthiopiens en Israël, et son sens traditionnel s'est enrichi d'un nouveau sens].

 

 

SEGED 3 PHOTO P.LURCAT.JPGAu-delà de son aspect religieux, cette fête est aussi un grand rassemblement – sans doute le plus important de l'année – pour la communauté juive éthiopienne en Israël, et un moment de joie et de recueillement tout à la fois. A l'instar de nombreuses fêtes juives en Israël, le Segd a en effet une double inspiration, ancienne et moderne, mêlant allégresse et tristesse, un peu comme Yom Ha'atsmaout qui succède au Yom Hazikaron, ou comme Yom Kippour, qui a pris un sens nouveau en Israël depuis 1973.

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A travers ces quelques photographies prises à la hâte, j'ai voulu montrer le visage multiple de la communauté juive éthiopienne en Israël aujourd'hui : celui de générations différentes dans leur habillement – les jeunes, civils ou militaires – côtoyant leurs aînés au costume traditionnel. Il y a quelque chose d'émouvant dans ces visages qui nous sont à la fois si proches et si lointains, tout comme ce judaïsme éthiopien – ces frères éloignés que nous avons retrouvés après des siècles de séparation. En les voyant, je pensai à André Neher, qui décrivait dans un de ses livres l'émotion ressentie en découvrant le judaïsme sépharade dans les années 1950. Je pensai aussi, en contemplant ces visages, au beau livre Asteraï * – relatant l'épopée des Juifs éthiopiens – dont j'ai récemment rendu compte dans les colonnes d'Israël Magazine.

 

SEGED 8 PHOTO P.LURCAT.JPGL'histoire des Juifs éthiopiens en Israël n'est pas seulement – comme pourrait le faire croire une vision purement sociologique – celle d'une acculturation ou d'une intégration, difficile et parfois cruelle. Elle est aussi, et avant tout, celle d'une transformation, vécue par toutes les communautés juives qui sont montées en Israël depuis le début du sionisme politique : la redécouverte de notre identité hébraïque, ou comme disait Manitou, la transformation des Juifs venus des quatre coins du monde en Israéliens, c'est-à-dire en hébreux. C'est le sens profond et messianique du Rassemblement des exilés – le kibboutz galouyiot.

 

 

Itshak Lurçat

 

 * VOIR Le premier roman israélien éthiopien traduit en France sur mon blog LETTRES D'ISRAEL.

 

 

 

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 J’ai le grand plaisir d’annoncer la parution de mon nouveau livre, « Jour de Sharav à Jérusalem » (éditions L’Eléphant – Jérusalem).

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COMMENT TROUVER LE LIVRE

- Sur Amazon

- A la librairie Kohav de Jérusalem (bientôt en rayon)

- En envoyant un chèque de 16 euros ou de 75 NIS (port compris) à P. Lurçat, Shalom Yehuda 16/16 Jérusalem, ISRAEL 93395

 

23/10/2013

A propos d'Alain Finkielkraut - En lisant la Correspondance de Stefan Zweig et Joseph Roth, par Liliane Lurçat

 

Finfkielkraut, Liliane lurçat, ZweigJ'ai sur mon bureau, à ma droite, "La correspondance Stefan Zweig – Joseph Roth" et à ma gauche en exemplaire de l'hebdomadaire "Le Point" avec, en grand sur la couverture, le portrait d'Alain Finkielkraut, qui s'interroge : "Peut-on encore être français", esquissant de ses deux mains aux doigts écartés, une sorte de danse espagnole.

Philosophe de la déploration, il ne souffre pas de son excès de popularité, et ne rougit pas d'être ce qu'il est : maître à penser, autorité intellectuelle et morale.

Je me souviens être passée une fois dans son émission, sur le thème de l'enseignement de la lecture, lors de la sortie de mon livre : "La destruction de l'enseignement élémentaire et ses penseurs".

Dans ce livre, je critiquais les thèses de Foucambert, alors très en vogue, sur la manière d'enseigner la lecture, consistant à "prendre du sens avec les yeux" en picorant un mot de ci de là sans respect de leur alignement.

Appliquées par des disciples enthousiastes et bornés, à l'époque où Jospin était premier ministre, elles ont contribué à la généralisation de l'illettrisme dans ce pays.

Finkielkraut est péremptoire. Au cours de notre entretien, sans avoir compris le problème pédagogique tel qu'il se pose en permanence: l'apprentissage comporte des étapes indispensables à l'acquisition des automatismes de base: lire, écrire, calculer.

 

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Péremptoire: Alain Finkielkraut


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Contre le Shaatnez idéologique, Vladimir Zeev Jabotinsky

jabotinsky,bible,shaatnez,betarDans un article fameux publié par le journal en yiddish Haynt, en 1929, Jabotinsky reprend le concept biblique du "shaatnez", mélange interdit mentionné dans la paracha que nous lirons demain matin à la synagogue, pour lui donner un sens politique. Je publie ci-dessous quelques extraits significatifs de cet article. P.I.L

 

Le Shaatnez est un tissu fait de fils mélangés – à moitié de lin et à moitié de laine ; la Bible l’interdit expressément. La raison de cette interdiction est claire. Dans l’Antiquité, l’économie mondiale se répartissait en deux branches importantes : le travail de la terre et l’élevage. Entre ces deux branches régnait, naturellement, une haine éternelle (dont on trouve une expression dès le conflit entre Caïn et Abel) – du fait que le berger a besoin de terres étendues. Par la nature des choses, le cultivateur avait l’habitude de s’habiller de vêtements de lin, tandis que le berger portait des vêtements de laine : ainsi on pouvait savoir immédiatement à qui on avait affaire. Mais une personne portant des vêtements faits d’un tissu mélangé n’appartient ni à un camp ni à l’autre. Elle n’est ni un proche parent ni un adversaire direct, et cela est considéré par la Torah comme inadmissible. Le Betar est une tentative pour éliminer le Shaatnez  de nos âmes...

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le Lion de Tel-Haï

 

De fait, c’est bien vrai : deux idéaux sont une absurdité, tout comme deux Dieux sont absurdes et deux autels différents dans le même Temple. Je ne veux insulter personne ; mais une âme qui veut « avaler » deux idéaux et en être heureuse, est une âme inférieure. Une âme entière ne peut être que moniste. Le mot « idéal », du point de vue de son contenu, ne comporte pas de pluriel. Une âme saine, dans laquelle réside un seul idéal, ne peut comporter de place pour un autre idéal. Si le sionisme est un idéal, il n’y a pas de place à ses côtés pour une quelconque autre aspiration indépendante et égale, et on ne peut établir avec elle aucune association, aucun « cartel » ou aucune « combinaison »..

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