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17/09/2013

Le « Birkat Cohanim » de Soukkot au Kottel - P.I. LURCAT

Le « Birkat Cohanim » - la « bénédiction pontificale » prononcée par les Cohanim lors de la répétition de la Amida – n’est pas seulement une bénédiction dite tous les jours dans toutes les synagogues du monde (lorsque des Cohanim sont présents bien entendu). C’est aussi une cérémonie particulière, empreinte de majesté, qui a lieu deux fois par ans au Kottel, au « mur occidental » du Temple de Jérusalem, à Soukkot et à Pessah.

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Nombreux sont les jours de foule et de liesse populaire au Kottel, mais aucun n’atteint le degré de celui du Birkat Cohanim de Soukkot. Ce jour-là, des milliers de Juifs – et aussi de non Juifs - affluent de tous les coins du pays, comme aux temps où le Temple était en place et où Soukkot était une des trois fêtes de pèlerinage. On y trouve une foule bigarrée et très diverse – Juifs orthodoxes en habit de fête, caftan de soie et « Streimel » peu adapté aux dernières chaleurs de l’année, Juifs ashkénazes et orientaux, familles éthiopiennes et marocaines, Juifs traditionalistes et Juifs peu observants attirés par le caractère particulier de cette cérémonie.

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A quelques mètres du Kottel, côté hommes et côté femmes, on distribue des verres d’eau minérale pour éviter tout incident, tant la foule est nombreuse et la chaleur intense. Un jeune Juif haredi fait réciter la bénédiction sur des herbes odoriférantes, comme à la sortie du shabbat dans certaines synagogues, et un peu plus loin, un autre fait réciter la bénédiction du Loulav, avec un Etrog de taille imposante qui doit peser facilement trois ou quatre kilos… Des Juifs orthodoxes sont en pleine conversation avec des policiers du « Yassam », l’unité anti-émeutes. Il règne une atmosphère spéciale, de fête religieuse mais aussi de rassemblement populaire, sans doute un peu comme l’atmosphère qui devait régner à l’époque du Temple.

 

Le « Birkat Cohanim », la bénédiction des prêtres, a lieu deux fois de suite, dans la répétition de la Amida de l’office du matin, puis dans celle du « Moussaf », la prière supplémentaire des jours de fête et de demi fête. La prière est dite dans un haut-parleur, puisque l’utilisation de l’électricité est permise à Hol Hamoed, et la voix qui retentit avec une prononciation ashkénaze est entendue sur toute l’esplanade et encore au-delà. Lorsqu’on arrive au moment attendu du Birkat Cohanim, la foule se tait et écoute dans un silence religieux la bénédiction dite par les prêtres… « Soit loué, Eternel, notre Dieu, Roi de l’Univers, qui nous a sanctifiés par la sainteté d’Aaron et nous a ordonné de bénir Ton Peuple Israël avec amour.

Que l’Eternel te bénisse et te préserve !

Que l’Eternel t’éclaire de Sa face et te soit favorable !medium_SUKKOT_5768-5.JPG

Que l’Eternel tourne Sa Face vers toi et te donne la paix » !

 

J’écoute moi aussi, la tête inclinée, et je sens que cette bénédiction est différente de toutes les autres, prononcées à la synagogue. Nous ne sommes pas ici dans un lieu de culte, même si le Kottel peut être comparé à une immense synagogue en plein air, où les fidèles viennent prier chaque jour et sont certains de trouver « minyan » à toute heure de la journée. Les Juifs réunis aujourd’hui à Jérusalem ne constituent pas une simple assemblée de fidèles, car ils représentent le peuple Juif dans toutes ses composantes diverses et souvent opposées, réunies dans cette occasion rare et solennelle.

 

Chaque religion – se plaisait à dire le rabbin Léon Ashkénazi « Manitou » - parle de ce qui lui fait défaut : les chrétiens d’amour car ils en ont souvent été dépourvus, surtout à l’égard de leurs frères aînés ; les Musulmans de paix, car ils ont répandu leur foi à la pointe de l’épée ; et nous autres Juifs, parlons souvent d’unité, « ahdout », car notre peuple qui est un des plus modestes par sa dimension est aussi un des plus divisés. Mais cette division apparente et bien réelle (qu’on en juge par le nombre de partis à la Knesset, qui sont loin de représenter l’ensemble des opinions au sein du peuple d’Israël), ne saurait masquer l’unité profonde qui existe malgré tout, et que l’on ressent en certains occasions particulières. La bénédiction des Cohanim de Soukkot en est une.

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Dans ces rares moments où le « Klal Israël » - la collectivité d’Israël - est réuni par la prière ou par la liesse populaire, on ressent intensément le fait que le destin d’Israël est différent de celui des autres peuples, et qu’il échappe aux lois habituelles de l’histoire. En ce jour de Soukkot 5771, alors que les menaces existentielles se font toujours plus pressantes, les mots de la bénédiction des prêtres ne s’adressent pas seulement aux Juifs présents ici, à Jérusalem, ou à ceux auxquels les présents s’unissent par leurs pensées et leurs prières, mais à tout Israël, comme un seul homme, venu demander aux Cohanim de le bénir pour échapper aux dangers qui le guettent. Que l’Eternel te bénisse et te préserve ! Que l’Eternel t’éclaire de Sa face et te soit favorable ! Que l’Eternel tourne Sa Face vers toi et te donne la paix !

(Texte paru initialement sur le site www.upjf.org) 

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21:13 Publié dans Fetes juives | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : soukkot

10/09/2013

Quel avenir pour Jérusalem : entre francs-maçons et bâtisseurs du Temple (1ère partie)

biet hamikdash.jpgReconstruire le Temple ! Les Juifs du monde entier en parlent tous les jours dans la prière. Certaines organisations plus conséquentes ont entamé des préparatifs concrets, notamment en étudiant les lois relatives aux Cohanim, en encourageant la montée sur le Har Habayit ou en fabriquant les ustensiles nécessaires au Service du Temple (liste non exhaustive). Mais « Yeroushalayim Ha-Bnouiah » (« Jérusalem reconstruite ») va encore plus loin que tout ce qui a été fait ou imaginé jusqu’à ce jour…

Selon le reportage publié dans la dernière livraison de Makor Rishon, dont je reprends ci-dessous les éléments essentiels, cette association a en effet entrepris de repenser entièrement la planification de la ville de Jérusalem, autour du Troisième Temple, et de faire de cette nouvelle Jérusalem, le centre véritable de l’Etat juif ! Un projet véritablement révolutionnaire… P.I.L.

 

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Yoram Ginzburg (Photo Makor Rishon)

« Yoram Ginzburg (55 ans) est un architecte de Jérusalem, Juif non pratiquant, dont le grand-père était maire de Jérusalem entre 1950 et 1953. Ce dernier, Juif observant, n’aurait jamais imaginé, dans ses rêves les plus fous, le projet auquel Ginzburg travaille actuellement. Selon ce projet, Jérusalem s’étendra dans l’avenir sur une superficie de 1000 km2, (superficie équivalente à celle de Paris ou de Londres), comptera 3 millions d’habitants et pourra accueillir 10 millions de visiteurs en même temps ! A la place des mosquées actuelles, elle accueillera en son centre le Temple reconstruit…

Jérusalem-Est et le Mont du Temple ne seront plus la cour arrière de la capitale israélienne, et Jérusalem elle-même ne sera plus le parent pauvre de l’Etat juif. Des torrents d’eau pure (et pas des égouts) dévaleront vers la Mer morte, accomplissant les prophéties de Zacharie et d’Ezéchiel… Ginzburg et son équipe souhaitent réorganiser le pays tout entier, en le recentrant autour de Jérusalem. La ‘région centre’ du pays ne sera alors plus le ‘Goush Dan’, mais Jérusalem et ses alentours, comme l’explique Ginzburg avec conviction.

 

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03/09/2013

"Il n'y a pas de désespoir dans le monde !" ou la Journée d'un soldat

55909181_912aabf512_z.jpg"Soldat, tu oublies ton béret !" La voix du passager de l'autobus fit sursauter Alex. Il avait l'impression que le sort s'acharnait contre lui depuis plusieurs semaines. Tout avait commencé par la maladie de sa mère, qui avait été hospitalisée pour subir des examens. Alex avait demandé une permission spéciale pour pouvoir s'occuper d'elle et lui rendre visite. Il était fils unique et son père était parti une dizaine d'années auparavant, quelques mois seulement après leur installation en Israël, abandonnant femme et enfant pour retourner vivre en Russie.

Son père avait disparu sans laisser d'adresse, comme si la terre l'avait englouti. La rumeur disait qu'il vivait avec une actrice de théâtre à Moscou et qu'il avait utilisé tout l'argent du "panier d'intégration" pour acheter un appartement dans le quartier des artistes. Il n'avait jamais versé le moindre kopek à sa femme, qui avait été obligée de travailler durement pour élever Alex, cumulant sa place de caissière au supermarché avec des ménages et se saignant aux quatre veines pour payer le loyer, les cours particuliers ou les leçons de judo de son fils.

Alex avait fait de bonnes études, pour autant que cela était possible dans le quartier périphérique où ils habitaient, et il était entré dans une unite d'élite. C'était un bon soldat, courageux et taciturne, préférant la lecture aux conversations futiles. Mais son commandant l'avait pris en grippe – du moins le croyait-il – depuis que sa mère était tombée malade. Il le laissait partir une ou deux fois par semaine pour s'occuper d'elle, mais l'astreignait en contrepartie à des tâches fastidieuses dont les autres soldats étaient dispensés.

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Alex avait eu une petite amie, une soldate d'origine russe elle aussi, mais elle l'avait quitté pour un officier des Renseignements, un beau parleur qui savait faire miroiter aux filles monts et merveilles... Il n'avait pas de chance en amour, ni ailleurs. Un proverbe en yiddish, que lui répétait souvent son grand-père en Russie, lui revint en mémoire : "Certains ont de l'argent, les autres ont les yeux pour pleurer…" Il sortit de la station centrale et bouscula au passage une femme âgée, qui maugréa contre ces jeunes qui ne respectaient rien ni personne.

Comme tous les vendredis, il rentrait chez sa mère, et l'idée de passer le chabbat à dormir et à regarder la télévision le déprimait. Il repensa aux quelques bons moments qu'il avait connus en Israël, ces dernières années – sa rencontre avec Natalia, les weekend dans un "zimmer" en Galilée, la cérémonie de fin de l'entraînement de son unité… Descendant la rue Agrippas, il s'arrêta dans un petit restaurant populaire pour y manger un koubé – soupe aux légumes et aux boulettes de viande – un plat juif kurde que les soldats prisaient particulièrement. A la table voisine, un groupe de Golani riaient et se donnaient des tapes dans le dos en buvant de la bière. Pourquoi tout le monde semblait être heureux, sauf lui ?

 

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