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30/06/2013

Interview de Bernard Grasset - Rachel, une œuvre essentielle de la poésie hébraïque

Rachel_Bluwstein_P1180707.JPGQui était Rachel Blaustein ?

Bernard Grasset : Rachel Blaustein, connue sous le simple prénom de Rachel qu’elle avait choisi comme nom d’auteur en écho de l’épouse de Jacob, est une importante poétesse juive, née en 1890 en Russie et morte à Tel-Aviv en 1931. Issue d’une famille où se mêlaient une atmosphère religieuse (sa mère, Sophie, était fille de rabbin) et une atmosphère culturelle tournée vers la réflexion, l’art, la littérature (son frère aîné est philosophe, une de ses sœurs est musicienne), elle est partie pour la Palestine en 1909. Ce qui ne devait être qu’un court voyage bouleversera son existence. Alors qu’elle avait toujours rêvé d’être peintre, elle devient peu à peu paysanne. Pendant quelques années, à partir de 1913, elle apprend l’agronomie à l’Université de Toulouse. Après un séjour à Odessa au sein d’une institution éducative de bienfaisance envers les enfants de réfugiés juifs, elle repart en 1919 pour le Proche-Orient. Près du lac de Tibériade, dans le kibboutz de Degania, elle mène alors une vie de labeur et de ferveur. Atteinte de tuberculose, elle est contrainte de quitter le kibboutz. C’est à Tel-Aviv, rue Bograshov, dans une petite chambre face à la mer, qu’elle passe les dernières années de sa brève existence. Sur fond de souffrance, de mort et d’amour, elle a élaboré une œuvre essentielle de la poésie hébraïque contemporaine.

Qu’est-ce qui caractérise sa poésie ?

B-G : L’œuvre poétique de Rachel, composée de trois recueils, Regain, De loin et Nébo, se caractérise par l’alliance de la simplicité et de la profondeur, la sobriété et l’intensité, l’imprégnation biblique et le sens de la lumière. En même temps que Rachel parle de sa vie, elle peint la condition humaine. Elle ne triche pas avec les mots. L’univers biblique et l’univers moderne entrent en harmonie. La poésie de Rachel est une poésie du cœur, attachée à ce qui est le plus essentiel dans l’existence humaine, une poésie qui, comme à l’origine, se confond avec le chant.

Rachel_Bluwstein.jpg


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16:09 Publié dans hebreu, Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

28/06/2013

Comme un souffle puissant le passé remonte

 

Il submerge mon présent , c'est une lame de fond

qui masque ce qui est, occupe les lieux quotidiens

en les remplissant de revenants qui parlent, chantent et plaisantent,

à l'ancienne,  comme quand ils étaient vivants

 

Ils sont, à présent , plus nombreux que les vivants que je connais,

ces morts qui ramènent le passé, qui fut ,à mes yeux,

meilleur que le présent, tout en étant brûlant de guerres et de combats

sans être  pourtant le néant des temps présents

 du moins pour qui a survécu.

Ces temps apportent les malheurs  les plus effrayants : l'irréversible fin

de ce qui semblait durer

pour l'éternité.

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27/06/2013

Herzl, Jabotinsky et la révolution sioniste, Itshak P. Lurçat

"A Goyisher Kop" ?


 Article republié pour le Yahrzeit du Visionnaire de l'Etat,

חוזה המדינה, Benjamin Zeev Herzl, יהיה זכרו ברוך

jabotinsky,herzl,sionisme

Le "goyisher kop" de Jabotinsky, et sans doute aussi de Herzl, désigne peut-être cette capacité à s'abstraire du fatalisme juif atavique pour doter le peuple Juif des isntruments politiques nécessaires à la prise en main de son destin. En ce sens, il n'est pas fortuit que ce soit précisément des hommes comme Herzl ou Jabotinsky, assimilés en apparence, mais profondément Juifs dans le tréfonds de leur âme, qui aient consacré leur vie – jusqu'à leur dernier souffle, littéralement, tous deux ayant été enlevés prématurément à leur peuple – à la renaissance nationale juive et à l'édification de l'Etat d'Israël.

 

220px-Zeev_Jabotinsky.jpgDans son livre "L'histoire de la Légion juive", Jabotinsky relate cette anecdote que lui avait racontée Nahum Sokolov. En vacances en Suisse, ce dernier rencontra un Lord écossais, auquel il fit état de sa participation au Congrès sioniste."Ah oui?", lui dit l'Ecossais, "c'est intéressant, mon frère aussi fait partie de ce mouvement..." Intrigué, Sokolov le pressa de questions, et finit par comprendre que le Lord écossais confondait le sionisme et le végétérianisme... Aux yeux des non-Juifs, conclut Jabotinsky, sionisme et végétérianisme, en 1901, étaient des choses similaires, c'est-à-dire d'innocentes utopies sans portée pratique sur les affaires du monde. Pour que le sionisme existe sur la scène mondiale, il fallait qu'il devienne une puissance militaire. C'est cette conclusion qui amena le leader sioniste révisionniste à œuvrer sans relâche pour constituer la Légion juive, première force armée juive depuis l'époque des Maccabées, qui combattit dans les rangs de l'armée anglaise en Palestine pendant la Première Guerre mondiale et joua un rôle décisif dans la proclamation de la Déclaration Balfour.

 

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21:53 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : jabotinsky, herzl, sionisme

 
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