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22/05/2013

J'ai progressivement cessé d'être française, sans m'en rendre compte, par Liliane Lurçat

liliane lurçat,gustave le bon,franceAvant même que l'évidence d'une substitution massive de la population par des gens qui voulaient la place ne s'impose à moi, j'ai compris que mon statut n'était plus le même.

Durant de longues années je me suis sentie de gauche et française . Cela ne me posait aucun problème. Il m'a fallu atteindre un âge avancé pour penser la France, penser le fait d'être français, en m'en sentant extérieure, en vivant l'exclusion. 

Depuis le putch gaulliste et l'instauration d'un pouvoir présidentiel, ce n'était plus la France de la troisième république, celle qui m'a élevée dans son école maternelle et primaire, et qui a fait de moi un enfant comme les autres, imprégné des valeurs de la République et de la morale de l'école, celle qui savait instruire et se faire respecter. Je ne savais pas penser le monde, certes, mais j'aimais l'école.

Longtemps j'ai cru encore être d'ici, mais c'est devenu de moins en moins vrai.`C'est ici, mais ce n'est plus ici'. Ceux qui cèdent leur place deviennent insidieusement des déplacés dans ce qu'ils croient être encore leur pays. Ce pays continue de ressembler à ce qu'il fut mais il n'est plus. Les progrès techniques , les modifications du mode de vie, masquent la nature du changement mais ne peuvent pas l'empêcher.

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"Ma naissance à Jérusalem choquait..."


J'ai d'abord senti que je n'étais plus française par un effet d'exclusion : ma naissance à Jérusalem choquait et déplaisait dans les bureaux de vote. Je n'ai plus voté.

 

Puis j'ai senti la même chose par le sentiment que je n'avais pas changé, mais que la France n'était plus le pays dont je m'étais imprégnée tout au long de ma vie, depuis mon arrivée en 1929, à l'âge d'un an et demi.

 

J'étais en pleine lecture du livre de Gustave Le Bon, La Psychologie du socialisme, paru en 1905. J'avais apprécié sa « Psychologie des foules «  quand j'analysais les effets de la télévision sur les jeunes enfants.

 


liliane lurçat,gustave le bon,franceSa « Psychologie du socialisme » éclaire d'une lumière crue l'époque qui est la notre. Elle nous aide à comprendre et à prévoir : le pire est-il certain ? Oui, c'est maintenant :

 

« Malheureusement la véritable maladie de notre temps, celle qui paraît incurable chez les latins, c'est le défaut de volonté. Cette perte de la volonté coincidant avec le manque d'initiative et le développement de l'indifférence, est le danger qui nous menace » (p.471)

 

« Si nous laissons l'indifférence pour les choses et la haine pour les personnes, les rivalités et les discussions stériles nous envahir de plus en plus , si nous continuons à toujours réclamer l'intervention de l'Etat, dans nos moindres affaires, le bloc social déjà fort ébranlé sera définitivement dissocié. Il faudra céder alors la place à des peuples plus vigoureux et disparaître de la scène du monde » (p. 472).

 

Gustave Le Bon, qui consacre son livre à la psychologie du socialisme, le fait remonter très loin, avant les formes modernes que nous connaissons à présent.

 

P. 9 : « L'Antiquité a expérimenté les formes diverses de socialisme, qui nous sont liliane lurçat,gustave le bon,franceproposées aujourd'hui. Les Grecs, notamment, tentèrent leurs réalisations, c'est même de ces dangereuses expériences qu'ils ont fini par mourir. Les doctrines collectivistes sont déjà exposées dans la République de Platon ».

 

Gustave Le Bon classe le socialisme dans la famille des croyances religieuses. « Ce sont des expériences que le socialisme propose, et c'est ce qui fait sa force ». Pour Gustave Le Bon, le socialisme est une croyance, il repose sur des bases psychologiques très fortes.

 

Selon Gustave Le Bon, c'est l'employé et non l'ouvrier qui est le véritable paria moderne, c'est pourquoi c'est le premier qui est toujours ardemment socialiste » (p. 47) « On voit aujourd'hui que la base de masse du P.S. est composée de fonctionnaires.

 

liliane lurçat,gustave le bon,franceP. 57. « Aujourd'hui, les tendances socialistes sont beaucoup plus répandues dans la bourgeoisie que dans les classes populaires. Elles s'y propagent par simple contagion avec une singulière rapidité ».

 

P. 60. « C'est peut-être parmi les instituteurs, et surtout parmi les professeurs de notre université que le socialisme compte le plus de recrues ».

 

« Le rôle que jouent aujourd'hui les universitaires dans les pays latins pour le développement du socialisme est tout à fait redoutable aux sociétés où ils vivent. Est-ce vraiment quand les pays sont aussi ébranlés, aussi divisés, aussi peu en progrès que les pays latins qu'il faut tenter de les soumettre au socialisme ? N'est-il pas évident que que ce sera encore accroître leur faiblesse et les rendre une proie plus facile pour les peuples forts ».

 

p. 250 : « On peut se demander ce que deviendrait un Etat ainsi privé de tous les capitaux, de tous les cerveaux supérieurs qu'il possède, et composé uniquement des médiocrités de la fortune et du talent . C'est alors que le socialisme pourrait s'y développer librement et faire régner son lourd esclavage ».

 

Il faut lire et relire ce livre, si l'on veut comprendre ce qui nous arrive.

 

Liliane Lurçat

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