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30/01/2014

Shimon Pérès : un intrigant politique au sommet de l’Etat, par Pierre Itshak Lurçat

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NB Je remets en ligne cet article à l'occasion de l'anniversaire de l'incurable intrigant, Shimon Pérès, dont la célébration grandiose convient mieux aux régimes totalitaires qu'à la démocratie israélienne. P.I.L

Au printemps 2000, une militante juive américaine proche de la droite israélienne m’avait chargé d’enquêter à Paris sur un éventuel patrimoine immobilier occulte du candidat à la présidence de l’Etat d’Israël, Shimon Pérès, en vue de tenter d’empêcher son élection à la fonction suprême… En fin de compte, l’enquête s’avéra inutile, car Pérès fut battu par Moshé Katsav. « Il n’y a pas loin du Capitole à la roche tarpéienne », dit l’adage latin : Katsav est aujourd’hui en prison, tandis que Pérès a fini par accéder à la présidence, où il jouit d’une popularité jamais atteinte au cours de sa longue carrière politique… Le « looser » éternel est devenu, au crépuscule de sa vie, l’homme politique le plus apprécié des Israéliens, si l’on en croit les sondages, mais aussi des médias internationaux.

Pourtant ceux qui escomptaient que Pérès renonce à la politique politicienne, une fois élushimon peres,israel,netanyaou,elections 22 janvier,osirak,new york times président, et qu’il sache se tenir au-dessus de la mêlée pour représenter dignement Israël sur la scène internationale se sont lourdement trompés : non seulement Pérès n’a pas renoncé aux manœuvres politiques dont il a toujours eu le secret, mais il est demeuré, aujourd’hui plus que jamais, « l’incurable intrigant » que dénonçait Itshak Rabin il y a déjà plusieurs décennies *. En réalité, Shimon Pérès incarne actuellement, comme l’écrit Jonathan S. Tobin dans la revue conservatrice américaine Commentary, le « seul opposant véritable » à Nétanyahou, et le seul espoir pour l’opposition israélienne d’empêcher la prochaine victoire électorale du Likoud-Béteinou, ou du moins de diminuer son ampleur.


Pour s’en rendre compte, il faut lire la longue interview que Pérès a donnée – à dix jours des élections, avec une intention politique évidente – au journaliste Ronen Bergman dans les colonnes du New York Times, le quotidien américain le plus influent dont l’opposition systématique au gouvernement de Nétanyahou n’est un secret pour personne. (SUITE CI DESSOUS)

 

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Dans cette interview passionnante, Pérès dresse avec son « absence de modestie caractéristique » (J. Tobin) un autoportrait de lui très flatteur, rappelant ses indéniables accomplissements (qui datent pour la plupart des années 1950) : la force nucléaire israélienne et les relations bilatérales avec la France, à l’époque de la « grande amitié » franco-israélienne. Il se livre ensuite à une attaque en règle contre le gouvernement Nétanyahou et sa politique, en se focalisant sur les deux dossiers les plus sensibles que sont la menace iranienne et les négociations israélo-palestiniennes.

L’intérêt supérieur de la nation

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Sur ces deux points essentiels, Pérès ne se contente pas d’affirmer son opposition à la politique officielle d’Israël – dont il est censé être le premier porte-parole à l’étranger, et notamment aux Etats-Unis – mais il donne en fait le sceau de l’authenticité aux accusations les plus calomnieuses et les plus dommageables portées contre Israël dans les médias et les chancelleries occidentales, en accréditant l’idée que l’enlisement du « processus de paix » serait la conséquence d’une politique délibérée de Nétanyahou et non du refus palestinien… **

Le plus grave, comme le relève l’éditorialiste du quotidien de droite Makor Rishon, Amnon Lord, n’est pas que Shimon Pérès viole ainsi ouvertement son obligation de réserve présidentielle, mais qu’il porte atteinte aux intérêts supérieurs de la nation, en les sacrifiant sur l’autel de l’intrigue politicienne dont il a toujours été friand.

Selon toute logique, en effet, la menace iranienne est un dossier qui aurait dû échapper à toute controverse politicienne, tout comme celui des négociations avec l’Autorité palestinienne. Si l’opposition israélienne se comportait de manière loyale, elle tenterait de convaincre les électeurs israéliens qu’il faut changer de politique, sans pour autant donner des armes aux ennemis d’Israël, en affirmant envers et contre toute réalité objective que Mahmoud Abbas est un « partenaire » (un ‘excellent partenaire’ selon Shimon Pérès) et que ce sont Nétanyaou et Lieberman qui bloquent le « processus de paix »…

 

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Avec Abbas : un 'excellent' partenaire?


Enfermé dans la ‘bulle d’Oslo’

« Shimon Pérès est bien résolu à faire tout son possible pour faire tomber Binyamin Nétanyahou, ou du moins pour diminuer autant que possible son pouvoir », affirmaient la semaine dernière plusieurs membre importants du Likoud, s’exprimant sous couvert d’anonymat, cités par Ariel Kahana dans Makor Rishon. Comme l’écrit Jonathan Tobin, « Pérès semble être un des rares Israéliens qui n’a pas encore compris que son rêve d’un ‘Nouveau Moyen-Orient’, dont il fut le promoteur au début des années 1990, s’est soldé par un échec tragique et par des nombreuses pertes en vies humaines ».

 

shimon peres,israel,netanyaou,elections 22 janvier,osirak,new york timesL’opposition de Shimon Pérès à une attaque préventive contre les installations nucléaires iraniennes, son soutien enthousiasme au « Printemps arabe » et sa confiance illimitée en la bonne volonté du président américain Obama sont autant de signes que le président israélien vit toujours dans la « bulle d’Oslo », et qu’il est, pour reprendre l’expression de Tobin, totalement déconnecté de la majorité des Israéliens, qui sont depuis longtemps revenus des illusions d’Oslo et qui s’apprêtent à élire, le 22 janvier prochain, quoiqu'en disent Obama et Pérès, un gouvernement de droite.

* Dans son livre de mémoires, Pinkas Sherout, paru en 1979.

** Ainsi le Telegraph britannique titre sur le "refus de la paix israélien" en citant les propos de Pérès...

 

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Commentaires

Bonjour

Je veux apprendre l'hebreux par les traductions hebreux-francais,j'en ai besoin SVP.

Écrit par : Jean Ngateme | 15/01/2013

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