31/08/2012
Contre le Shaatnez idéologique, Vladimir Zeev Jabotinsky
Dans un article fameux publié par le journal en yiddish Haynt, en 1929, Jabotinsky reprend le concept biblique du "shaatnez", mélange interdit mentionné dans la paracha que nous lirons demain matin à la synagogue, pour lui donner un sens politique. Je publie ci-dessous quelques extraits significatifs de cet article. P.I.L
Le Shaatnez est un tissu fait de fils mélangés – à moitié de lin et à moitié de laine ; la Bible l’interdit expressément. La raison de cette interdiction est claire. Dans l’Antiquité, l’économie mondiale se répartissait en deux branches importantes : le travail de la terre et l’élevage. Entre ces deux branches régnait, naturellement, une haine éternelle (dont on trouve une expression dès le conflit entre Caïn et Abel) – du fait que le berger a besoin de terres étendues. Par la nature des choses, le cultivateur avait l’habitude de s’habiller de vêtements de lin, tandis que le berger portait des vêtements de laine : ainsi on pouvait savoir immédiatement à qui on avait affaire. Mais une personne portant des vêtements faits d’un tissu mélangé n’appartient ni à un camp ni à l’autre. Elle n’est ni un proche parent ni un adversaire direct, et cela est considéré par la Torah comme inadmissible. Le Betar est une tentative pour éliminer le Shaatnez de nos âmes...

le Lion de Tel-Haï
De fait, c’est bien vrai : deux idéaux sont une absurdité, tout comme deux Dieux sont absurdes et deux autels différents dans le même Temple. Je ne veux insulter personne ; mais une âme qui veut « avaler » deux idéaux et en être heureuse, est une âme inférieure. Une âme entière ne peut être que moniste. Le mot « idéal », du point de vue de son contenu, ne comporte pas de pluriel. Une âme saine, dans laquelle réside un seul idéal, ne peut comporter de place pour un autre idéal. Si le sionisme est un idéal, il n’y a pas de place à ses côtés pour une quelconque autre aspiration indépendante et égale, et on ne peut établir avec elle aucune association, aucun « cartel » ou aucune « combinaison »..
10:53 Publié dans Jabotinsky, Judaisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jabotinsky, bible, shaatnez, betar
26/08/2012
Le fil invisible, entre Günter Grass et David Grossman, Pierre Itshak Lurçat
Dans son roman Le livre de la grammaire intérieure, David Grossman décrit un enfant qui refuse de grandir et veut échapper à tout prix à la folie du monde des adultes, au point de se suicider. Ce thème est similaire à celui du Tambour, œuvre maîtresse du romancier allemand Günter Grass. Il n'y a apparemment aucune signification politique dans cet emprunt littéraire, mais il nous dit quelque chose sur les références culturelles du romancier israélien, dont l’œuvre - très appréciée dans son pays - l’est au moins au tant en Europe, où il fait partie du « triumvirat » des écrivains israéliens (Amos Oz, A.B. Yéhoshua et Grossman) les plus cités et reconnus.
Une chose relie pourtant les deux écrivains « engagés », à travers cet emprunt littéraire : dans le Tambour, le jeune Oskar refuse de grandir dans l’Allemagne nazie. Dans le Livre de la grammaire intérieure, Aaron veut échapper au monde israélien de la période de la Guerre des Six Jours. Dans les deux cas, l’écrivain exalte la pureté et l’innocence du monde des enfants, opposée à la folie meurtrière des adultes, nazis dans le premier cas, Israéliens dans le second.

Le Tambour, film de Volker Schlöndorff tiré du roman de G. Grass
Cette symétrie m’est revenue à l’esprit en suivant la polémique déclenchée par les propos scandaleux de l’écrivain allemand – dont j’avais aimé, autrefois, l’adaptation cinématographique de son grand roman. Quand Günter Grass accuse Israël de « menacer la paix mondiale » et de vouloir « l’éradication du peuple iranien », il recourt au procédé de l’inversion, consistant à accuser Israël des crimes de ses ennemis, procédé devenu très courant dans la vulgate politique européenne, ces dernières décennies, au moins depuis la Première Guerre du Liban (quand Beyrouth assiégée par les soldats de Tsahal était devenue Varsovie, aux yeux d’une certaine presse)…
Les condamnations presque unanimes des propos de Grass tiennent sans doute largement au fait que l’écrivain avait dévoilé publiquement, il y a quelques années, son appartenance aux Waffen-SS dans sa jeunesse, devenant de ce fait indéfendable.
15:00 Publié dans Livre, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gunter grass; david grossman
11/08/2012
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20:26 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note











