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02/04/2012

Les « Gaulois d’Al-Qaida » : les convertis à l’islam radical en France

Les « Gaulois d’Al-Qaida » : les convertis à l’islam radical en France
Les « Gaulois d’Al-Qaida » : les convertis à l’islam radical en France

 

Parmi les islamistes radicaux interpellés vendredi dernier en France, figure Willy Brigitte, converti d'origine antillaise, représentatif de ces "Gaulois d'Al-Qaida", jeunes occidentaux convertis à l'islam radical dont le chercheur Paul Landau analyse le parcours dans son livre Pour Allah jusqu'à la mort. Extrait.

Nous avons relaté dans un précédent chapitre l’itinéraire de Lionel Dumont, membre du « gang de Roubaix » qui a défrayé la chronique dans le nord de la France en 1995-1996. Dumont n’est cependant pas le seul Français converti à l’islam radical. Il existe plusieurs autres cas, pour la plupart moins bien connus, de convertis à l’islam radical en France, où ce phénomène est en progression. Ce sont ces « Gaulois d’Al-Qaida » que nous allons passer en revue à présent, en décrivant successivement les parcours des frères David et Jérôme Courtailler, de Pierre Richard Antoine Robert, des convertis d’origine antillaise Willy Brigitte, Johann Bonté et Jean-Marc Grandvisir et des convertis de la « filière toulousaine »...

III - Les convertis antillais : Willy Brigitte, Johann Bonté et Jean-Marc Grandvisir

 

Plusieurs convertis à l’islam radical en France ont des origines antillaises, ce qui illustre selon certains observateurs le phénomène des conversions en milieu afro-antillais, en augmentation depuis plusieurs années. Nous allons retracer les parcours de trois convertis à l’islam radical d’origine antillaise (ou dont un parent est d’origine antillaise) : Willy Brigitte, Johann Bonté et Jean-Marc Grandvisir.


 

Né à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe, Willy Brigitte est élevé par sa tante en métropole, à Epinay-sur-Seine dans la banlieue parisienne. Il se convertit à l’islam à l’âge de 30 ans et part étudier fin 1998 dans une école coranique du Yémen, puis au Pakistan. D’après l’enquête de la police française, il aurait été recruté en septembre 2001 par le Lashkar e-Taiba, groupe islamiste pakistanais (par lequel est également passé le « taliban australien », David Hicks). Il aurait suivi, aux côtés d’autres djihadistes étrangers, un entraînement dans le camp de Faisalabad, comportant une formation au maniement des armes et des explosifs. De retour en France en mars 2002, il aurait participé à des entraînements en Normandie et en forêt de Fontainebleau, au sein d’un groupe islamiste surnommé les « campeurs » par la police. Deux membres du même groupe sont morts en Afghanistan en 2001 : Samir Ferraga et Djamel Loiseau, retrouvé mort de froid dans les montagnes afghanes de Tora Bora le 24 décembre 2001.

 

islam radical,convertis,paul landauEn 2003, Brigitte est envoyé en Australie par un responsable britannique du Lashkar e-Taiba. Il y est interpellé le 9 octobre 2003 et expulsé vers la France. Lors de son arrestation, les policiers australiens ont trouvé dans son ordinateur un lien Internet vers un site décrivant des installations sensibles du pays. Parmi les cibles potentielles d’attentats se trouvait notamment le réacteur nucléaire de Lucas Height, à Sydney. Willy Brigitte est inculpé d’« association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». Lors de son procès, en février 2007, le parquet requiert la peine maximale, 10 ans d’emprisonnement. Brigitte conteste toute implication dans une entreprise terroriste, déclarant à la barre : « le terrorisme est contraire à la conception de la vie et aux préceptes de l’islam ». Au terme de son procès, il est condamné à neuf ans de prison ferme, assortis d’une peine de sûreté des deux tiers.

 

Johann Bonté, de mère bretonne et de père antillais, est né à Corbeil-Essonnes. Il se convertit à l’islam en 1999, sous l’influence de son beau-frère, Djamel Beghal. Bonté est en effet le demi-frère de Sylvie, jeune Française blonde et menue qui s’est convertie à l’islam. Le parcours de Johann Bonté illustre l’importance des liens familiaux dans le développement des réseaux islamistes, que plusieurs observateurs ont soulignée . Le chercheur américain Marc Sageman cite à ce propos plusieurs cas de familles djihadistes, en Egypte, au Canada et parmi les terroristes du 11 septembre. C’est pour tenter de le remettre sur le droit chemin que la mère de Johann, qui a eu beaucoup d’ennuis avec la police dans sa jeunesse, décide de l’envoyer passer quelques semaines chez son beau-frère, Djamel, qui demeure alors à Londres. Lorsqu’il en revient au bout de quelques mois, il est devenu musulman. Mais il est surtout recruté par Djamel Beghal, qui l’a enrôlé dans son projet d’attentat contre l’ambassade américaine à Paris.

 

Jean-Marc Grandvisir, ami de Bonté, est lui aussi un converti à l’islam d’origine antillaise. Ce géant sportif qui mesure près de deux mètres travaille comme médiateur à la mairie de Corbeil-Essonnes. Il jouit d’une excellente réputation auprès des services municipaux et des jeunes de la ville, comme l’explique l’un d’eux à un journaliste du Nouvel Observateur : « Il ne porte ni barbe ni djellaba. Il ne fait aucune propagande. Même s’il a choisi Oussama comme prénom musulman. Des mauvaises langues racontent qu’il s’est rebaptisé comme ça après les attentats contre l’ambassade américaine à Nairobi, attribués à Ben Laden ». Le 20 septembre 2001, Jean-Marc Grandvisir et Johann Bonté se rendent tous deux à Chilly-Mazarin, à 20 km de Corbeil, dans un appartement où se trouvent des amis de Djamel Beghal. Celui-ci a été interpellé en juillet à Dubaï et il est passé aux aveux, donnant les noms de ses complices en France. Les policiers des RG et de la DST ont monté une planque dans l’appartement de Chilly-Mazarin, où se réunissent les membres du réseau Beghal. Ce jour-là, les policiers se décident à intervenir, craignant que les membres du groupe ne soient alertés par la publication dans la presse de l’arrestation de Djamel Beghal. Grandvisir et Bonté sont arrêtés avec les autres hommes présents dans l’appartement. Le procès du réseau Beghal n’aura lieu que trois ans plus tard, en janvier 2005, au terme d’une longue information judiciaire. Johann Bonté, seul à comparaître libre, sera condamné à un an de prison, la peine la plus légère de tous les membres du réseau inculpés.

 

(Extrait de Pour allah jusqu'à la mort, Enquête sur les convertis à l'islam radical, Ed. du Rocher 2008)

Commentaires

Je vous vante pour votre éditorial. c'est un vrai boulot d'écriture. Continuez

Écrit par : serrurier paris 10 | 21/07/2014

Merci de poster

Écrit par : Viagra | 22/07/2014

Merci de poster. nouvelles du jour

Écrit par : comprar priligy contra reembolso | 22/07/2014

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