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16/02/2012

Roy Peled, un héros moderne d’Israël - Pierre Itshak Lurçat

 

le-parisien-lee-zeitouni.jpgSi l’affaire Lee Zitouni a soulevé tellement d’émotion et de passion en Israël et en France, c’est parce qu’elle réunit tous les éléments d’une tragédie moderne. Mais c’est aussi grâce à la personnalité exceptionnelle des protagonistes, et en particulier de Roy Peled, dont les téléspectateurs israéliens ont pu découvrir le visage et les qualités lors de l’émission Ouvda, il y a quelques semaines.

 

Roy Peled, contrairement à ce qu’on a pu entendre récemment dans la bouche de dirigeants communautaires français, n’est pas un provocateur, ou un homme habité par un esprit de vengeance : c’est un Israélien qui incarne au plus haut point les qualités de cette jeunesse fière, libre et sauvage, qui a grandi en Israël et n’a jamais connu les tares de la Galout. Si je devais caractériser en un mot toutes les facettes de la personnalité de Roy, je choisirai celui de Hadar, forgé par Zeev Jabotinsky, fondateur du Betar et du mouvement sioniste révisionniste : terme intraduisible qui désigne notamment la noblesse d’âme et la fierté.

 

ROY PELED.jpg

Roy fait en effet partie de ces jeunes Israéliens qui donnent trois ans, ou plus, de leur existence à Tsahal – à un âge ou les jeunes Juifs français se consacrent exclusivement à leurs études et leurs loisirs – et qui risquent leur vie pour la défense de notre pays. Après avoir servi dans une unité combattante, Roy a fait la connaissance d’une jeune femme exceptionnelle, Lee Zitouni, avec laquelle il formait un couple merveilleux auquel l’avenir souriait… Cet avenir prometteur a hélas été détruit par la folie de deux chauffards, qui se sont réfugiés en France pour échapper à la justice israélienne.

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Loin d’être brisé ou anéanti par cette perte terrible, Roy a alors entrepris de se battre pour que ces deux lâches soient traduits en justice en Israël. Avec un courage et une détermination qui forcent l’admiration, et avec l’aide d’un jeune Juif qui incarne lui aussi les valeurs du Hadar, Yossi Ayache, Roy a retrouvé les deux criminels sur le sol français et tenté de les convaincre de se rendre volontairement en Israël, ce qu’ils ont évidemment refusé, sachant pertinemment que la justice française, pour peu qu'elle soit saisie de l'affaire, serait infiniment plus clémente avec eux que la justice israélienne...

 

ROY DRAPEAU.jpgA ceux qui invoquent aujourd’hui des arguties juridiques pour prétendre que le combat de Roy Peled n’est pas juste, je dis que c’est le combat le plus juste qui soit, et que lorsque les lois d’un pays sont injustes, comme le sont les lois françaises sur l’extradition, elles doivent être changées, ce qu’a bien compris le grand ami d’Israël, Claude Goasguen. Et à ceux qui prétendent donner des leçons de « politesse » à Roy Peled, je réponds qu’ils devraient, eux, prendre auprès de Roy une leçon de Hadar, de dignité et d’humilité.

 Am Israël Haï !

NB Je donnerai une conférence sur « Jabotinsky et le sionisme » à Paris, jeudi 23 février à 20h00, à la synagogue Avot ou-Banim.

 

05/02/2012

Jabotinsky, les Juifs sépharades et la civilisation occidentale

La ridicule polémique déclenchée dans le landerneau politique parisien par les propos pétris de bon sens de Claude Guéant est l'occasion pour moi de remettre en ligne cet extrait de l'Histoire de ma vie de Zeev Jabotinsky. Parmi les surprises que la lecture de ce livre révèle, l'amour de Jabotinsky pour les Juifs sépharades, qui transparaît dans les lignes publiées ci-dessous. On notera au passage le caractère politiquement très incorrect des propos de Jabotinsky sur la civilisation occidentale, à une époque où le concept de "multiculturalisme" et le relativisme culturel n'existaient pas encore... P.I.L.

 

Jabotinsky.jpg"Si la transmigration des âmes existe et si – avant de renaître – on m'autorise de là-haut à choisir un peuple et une race, je répondrai : « All right, Israël, mais sépharade ». Je m'étais pris d'amour pour les sépharades, et peut-être précisément pour les qualités qui leur valent les sarcasmes de leurs frères ashkénazes : leur « superficialité » m'est de beaucoup préférable à notre profondeur inefficace ; j'apprécie leur inertie plus que notre tendance à courir après la moindre chimère ; des générations de torpeur intellectuelle et politique ont préservé leur fraîcheur spirituelle ; et pour ce qui concerne la richesse culturelle – j'hésite pour savoir ce qui rapprochera plus l'homme du seuil de la civilisation occidentale (car il n'y en a pas d'autre – la civilisation et l'Occident – c'est une seule et même chose) – une livre d'éducation française et italienne ou une tonne de mystique russe. A Salonique, à Alexandrie, au Caire, vous trouverez une intelligentsia juive de la même trempe qu'à Varsovie ou à Riga ; et en Italie, bien supérieure à celle de Paris et de Vienne. J'accepte de reconnaître leur grand et unique défaut : dans le domaine de l'action sioniste (même si l'idée nationale est relativement plus répandue chez eux que chez nous), il n'y a pas encore dans leur cœur un appétit de conquête, pas « d'ambition », mais cela aussi viendra en son temps...

... Je remplis évidemment mes obligations de « correspondant particulier ». Je vérifiai l'impression faite en « Orient » par la Turquie, et ses dernières démarches, et je constatai qu'elle était nulle. Bien entendu, il n'y avait aucun sens à interroger à ce sujet les gouvernants eux-mêmes. Le natif de ces pays est un grand diplomate (au sens « classique », sur lequel je devrai revenir, au sujet de mon entrevue avec Delcassé) et en particulier – lorsqu'il a peur. J'adoptai un comportement plus simple – j'interrogeai les commerçants juifs sépharades locaux : ils sont eux aussi des habitants du pays de longue date, mais ils sont plus perspicaces et plus sincères ; et le Juif, pour peu que cela ne concerne pas ses intérêts en tant que Juif, est capable de pénétrer véritablement en profondeur les choses et de voir loin. Il connaît très bien l'état d'esprit des Arabes : même si on lui raconte des histoires, il est capable de comprendre à quel endroit on simule et ce qu'on lui cache. Presque tous ces Juifs sépharades – commerçants, avocats, journalistes, de Tanger jusqu'à Tunis – me firent la même réponse, et l'histoire prouva qu'ils avaient raison :

 

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- Un appel à la guerre sainte ? – Absurde. Il est même ridicule de se poser la question de l'impression que cela fait. C'est seulement chez vous, les Européens naïfs, que l'on croit encore à cela, comme si l'on pouvait en Orient, au nom d'une solidarité musulmane, soulever les foules et les inciter à prendre des risques sérieux. Les Turcs eux-mêmes n'y croient pas : cela fait bien cent ans que l'Europe a frappé les Turcs et leur a pris leurs meilleures terres, les unes après les autres, et durant toute cette période aucun État musulman n'a levé le petit doigt en faveur du Sultan, alors même qu'il est surnommé le Calife des Croyants. Les Allemands, naïfs eux aussi, comme tous les autres peuples d'Europe, ont voulu influer sur les Turcs, pour qu'ils tentent à nouveau leur chance. En vain. Pas un seul homme ne viendra ici à l'aide des Turcs".

Extrait de Vladimir Zeev Jabotinsky, Histoire de ma vie, Editions les Provinciales, traduit de l’hébreu par Pierre I. Lurçat

NB J'ai été interviewé par Dror Even Sapir dans son excellente émission littéraire Point Virgule sur GUYSEN TV; voir ICI.

01/02/2012

« Mourir ou conquérir la montagne » : Vladimir Zeev Jabotinsky, un Mensch et un visionnaire.

Je reproduis la belle recension de Jocelyne Chochana sur le site FRANCE-ISRAEL.

+ j'ai été interviewé par Dror Even Sapir dans son excellente émission littéraire Point Virgule sur GUYSEN TV; voir ICI. P.I.L.

jabotinsky-livre.jpgHistoire de ma vie – Vladimir Zeev Jabotinsky

Je l'attendais depuis longtemps, très longtemps cet ouvrage : "Histoire de ma vie" de Vladimir Zeev Jabotinsky, traduit en français par Pierre Lurçat, aux Editions Les Provinciales.

Pour avoir lu de nombreux extraits de ses écrits, lorsque j'étais adolescente dans mon mouvement de jeunesse, le Bétar, je n'avais pas encore lu "Histoire de ma vie", pour la simple raison qu'il n'avait jamais été traduit en français. C'est aujourd'hui chose faite, même s'il m'a fallu attendre près de 30 ans... Le plaisir n'en est que plus intense.

A la lecture de ce livre, de nombreux souvenirs de jeunesse remontent à la surface. Je n'oublierai pas les chansons que nous chantions à la gloire de "Jabo", comme nous l'appelions alors, et de Trumpeldor. Je n'oublierai pas non plus son nom de plume "Altalena", nom qui fut donné en 1948 au bateau de l'Irgoun qui apportait des armes au Yichouv pour combattre les Anglais et qui fut coulé sous l'ordre de D. Ben Gourion.

Impossible d'oublier, celui qui laissa en chacun de nous une trace indélébile pour ses actions et ses discours poignants, coulant en droite ligne de son maître Jabotinsky, je veux parler de Monsieur Menahem Begin. C'est l'éducation idéologique de Jabotinsky qui forgea des hommes tels que Menahem Begin, celui qui réussit à faire la paix avec l'Egypte, qui mena "l'Opération Babylone" sur le site nucléaire Osirak en 1981, celui-là même qui devant les incessantes condamnations à l'ONU s'écria à la face du monde : "Je préfère être un juif antipathique mais vivant, qu'un juif sympathique mais mort".

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12:22 Publié dans Histoire, Jabotinsky | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jabotinsky

 
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