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12/10/2011

Comment Israël a perdu la guerre psychologique contre le terrorisme

Alors qu'Israël est submergé par une vague d'émotion qui anéantit toute capacité d'analyse, il est important d'écouter la voix de Meir Indor. Lieutenant-colonel de réserve, ancien membre de plusieurs unités d’élites, il aurait pu, après sa carrière militaire, se lancer dans les affaires ou dans la politique, comme tant d'autres. Mais Meir Indor a préféré se consacrer au renforcement d’Israël, d’abord en fondant Sar-El (le fameux « volontariat civil ») puis en créant Almagor, association des victimes du terrorisme qui lutte sans relâche contre la libération de terroristes arabes. Je publie ci-dessous un extrait de l'interview que Meir INDOR m'avait accordée pour ISRAEL MAGAZINE en septembre 2007. Son analyse n'a rien perdu hélas de son actualité... P.I.L

 

Rencontres israéliennes

Meir Indor, fondateur de l’association Almagor

Meir Indor 3.jpgPour Meir Indor, l’événement décisif qui l’a amené à s’occuper des victimes du terrorisme remonte à 1986, lors de la fameuse « transaction Djibril » - l’échange de quelques soldats israéliens contre un millier de terroristes. Jusqu’alors, Israël n’avait jamais cédé aux exigences des terroristes, préférant lancer des opérations de sauvetage risquées, parfois au prix d’échecs retentissants comme celui de Maalot, plutôt que de négocier. Cette politique a pris fin avec l’affaire Djibril, qui a joué un rôle funeste dans le déclenchement de la première Intifada. Indor a compris, bien des années plus tard, que c’était la pression des familles des soldats qui avait brisé la détermination du gouvernement. Ahmed Djibril lui-même a relaté qu’il avait fait monter les enchères, lorsqu’il avait réalisé que l’opinion publique israélienne était prête à payer très cher pour le retour des soldats. Parmi les terroristes libérés figuraient plusieurs dirigeants, dont le cheikh Yassine, fondateur du Hamas.

Depuis cette date, les terroristes palestiniens ont compris qu’ils pouvaient faire plier Israël, en se servant de l’opinion et des médias israéliens pour faire pression sur le gouvernement. Curieusement, cet aspect fondamental de la guerre terroriste – faire peur, influencer et « terroriser » l’ennemi – est très peu présent dans le débat public en Israël aujourd’hui. C’est sans doute sur ce terrain essentiel que l’Etat juif, dont les unités de lutte antiterroriste comptent parmi les plus efficaces au monde, a perdu la guerre psychologique contre le Hamas et les autres organisations terroristes. « La société israélienne tout entière est devenue l’otage du Hamas », affirme Meir Indor, qui rappelle que la peur est l’arme principale des terroristes depuis toujours. C’est d’ailleurs précisément pour cela qu’il a nommé son organisation Almagor, qui veut dire « sans crainte ».

 Indor dénonce avec véhémence le « blitz médiatique » auquel a été soumise l’opinion publique israélienne dans les jours qui ont précédé « l’échange de prisonniers » avec le Hezbollah. Alors que l’establishment de la Défense unanime s’opposait à la transaction, l’émissaire israélien Ofer Dekel a expliqué aux familles des soldats Ehoud Goldwasser et Eldad Regev qu’il fallait se servir des médias, pour contourner l’échelon politique et sécuritaire. Et de fait, l’immense majorité des médias israéliens se sont engagés en faveur des familles des deux soldats, sans laisser s’exprimer ceux qui, comme Almagor, s’opposaient à cet « échange ». Meir Indor cite la déclaration de Karnit Goldwasser – la femme d’Ehoud z.l. – qui déclarait au lendemain du retour des deux corps des soldats israéliens : « sans l’aide des journaux, nos soldats ne seraient pas revenus ». Mais ce ne sont pas seulement les familles qui se sont, de manière compréhensible et naturelle, mobilisées pour le « retour » des soldats.

En réalité, m’explique Indor, il y a des dizaines d’associations et d’organismes qui œuvrent sans relâche pour faire pression sur le gouvernement, afin qu’il relâche des terroristes contre les otages israéliens, morts ou vivants. A ce combat participent ainsi les organisations arabes, pour qui la libération des « prisonniers » est une revendication fondamentale, mais aussi des organismes israéliens, souvent financés par l’Union européenne, comme le « Forum des familles endeuillées » fondé par Itshak Frankenthal. Frankenthal, dont le fils Arik a été assassiné par des terroristes du Hamas en 1995, est devenu depuis lors un militant pacifiste convaincu. Il multiplie les interviews dans les médias étrangers, se rend souvent dans les villes palestiniennes pour promouvoir la « paix » et était même présent à l’enterrement du grand « homme de paix » (et Prix Nobel) Yasser Arafat…

hamas-Arafat-Yassin.jpegSur le site de l’Institut Arik, créé par Frankenthal, on trouve une page remerciant le gouvernement espagnol pour sa contribution. L’Union européenne et ses Etats membres financent en effet de multiples associations israéliennes qui œuvrent pour la « paix », c’est-à-dire pour la création d’un Etat arabe palestinien en Judée-Samarie et contre la présence juive dans ces territoires. Aux yeux de Meir Indor, il s’agit tout simplement de transformer l’Etat juif en Etat de « tous ses citoyens », c’est-à-dire en Etat post-sioniste. Ce qui l’amène à déclarer sans ambages que l’Union européenne est devenue « l’ennemi numéro 2 de l’Etat d’Israël ».

 

80 % des terroristes libérés reprennent leurs attentats

 Pour tenter de contrer cette propagande pacifiste, Almagor mène un combat incessant au sein de l’opinion publique israélienne, en rappelant que les terroristes libérés reprennent presque toujours leurs activités criminelles. Une étude récente montre que 80 % des terroristes libérés reprennent leurs activités, souvent avec une motivation accrue. Almagor a établi la liste détaillée des attentats commis par des terroristes libérés par Israël et de leurs victimes. Exemple : Mourad Kvassama, terroriste libéré en janvier 2004, en échange du marchand de drogue Elhanan Tenenbaum, a commis de nombreux attentats après sa libération, dont celui du 31 août 2004 à Beersheva, qui fit 16 morts et des dizaines de blessés. Autre exemple : Mahmoud Hamdan commit un nouvel attentat 2 mois après sa libération, tuant Eyal Birnbaum et le bébé Shaked Avraham en 2003, à Negohot, la veille de Rosh Hashana…

 

נפגעי טרור.jpg

LES VICTIMES DES ATTENTATS COMMIS PAR DES TERRORISTES LIBERES DEPUIS 2000 (CLIQUEZ POUR AGRANDIR)

Ces deux exemples parmi tant d’autres montrent combien il est stupide et criminel de libérer des terroristes, y compris ceux qui n’ont « pas de sang sur les mains » (pour la seule raison qu’ils n’ont pas réussi à mettre leurs projets d'attentats à exécution !) Chaque terroriste libéré met en danger la vie de dizaines de citoyens juifs innocents, hommes, femmes et enfants, qui paient de leur vie la décision de libérer des assassins, prise par des gouvernements israéliens soumis à la pression des médias et de l’opinion publique. Cette réalité terrible, et les photos des victimes sur le site de l’association Almagor, devraient faire réfléchir ceux qui, souvent par naïveté et avec les meilleures intentions du monde, manifestent en Israël pour la « libération de Gilad Shalit », sans réfléchir au prix terrible qu’il faudra payer et aux victimes innocentes qui succomberont inévitablement en conséquence de la remise en liberté de centaines de terroristes.

 Pierre Itshak Lurçat

Site de l’association Almagor : http://www.al-magor.com

Commentaires

Israël a perdu cette guerre lorsqu’on a érigé comme principe universel que le terrorisme, comme ultime possibilité d’acter le désespoir » palestinien » face à la politique israëlienne, était légitime. Les premiers, avant même les « palestiniens » à idôlatrer les – martyrs – furent les européens.

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 14/10/2011

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