Avertir le modérateur

  • "Ceux qui nient Eurabia sont ceux qui y participent" - Bat Ye'or

    L'attentat d'Oslo est l'occasion pour Le Monde de ressortir le refrain de la "nouvelle extrême droite" et de tenter de disqualifier ses adversaires idéologiques en leur attribuant l'acte d'un psychopathe - un peu comme la gauche israélienne avait à l'époque voulu disqualifier ses adversaires en leur imputant l'acte d'Igal Amir...

    Au passage, l'article du Monde qualifie Eurabia de "théorie du complot"...

    Bat Yeor avait répondu à cette accusation dans une interview en 2009 dont je reproduis ci-dessous un extrait :

    http://www.juif.org/le-mag/247,bat-ye-or-le-referendum-suisse-est-une-defaite-d-eurabia.php

    BAT YEOR (PHOTO Paul Landau).jpgQue répondez-vous à ceux qui crient à la "théorie du complot" dès que l'on prononce le mot d'Eurabia ? (comme par exemple Caroline Fourest)

    B. Ye'or : Il y a aussi des gens qui nient la Shoah et les camps d’extermination même quand ils les voient sous leurs yeux. Et je ne parle pas ici de Caroline Fourest.

    Ceux qui nient Eurabia sont ceux qui y participent. Car Eurabia se passe de démonstration. Elle est là en nous et autour de nous, ce n’est pas la réalité de demain mais celle d’aujourd’hui. Quand les synagogues et les cimetières juifs nécessitent une protection, comme l’exigent les églises dans les pays musulmans, c’est Eurabia. Quand des musulmans apostats ou libres penseurs et des intellectuels ou des politiciens doivent se cacher ou vivre avec des gardes du corps parce qu’ils offensent l’islam, ce n’est plus l’Europe des droits de l’homme mais Eurabia. Quand des manifestations massives inondent les capitales d’Europe, en appelant à l’extermination d’Israël, ponctuées par des prières de milliers de musulmans sur le parvis des églises et dans les rues, c’est Eurabia. Les tribunaux de la charia fonctionnent en Angleterre et influencent l’enseignement de nombreuses universités. L’UE s’est déjà soumise à la loi de la charia concernant le blasphème, l’apostasie, la sujétion des femmes, la polygamie, les crimes d’honneur. Elle s’est jointe avec joie à l’exécration d’Israël et à la haine antisémite. Quel est le journal qui se hasarderait à donner une vision positive d’Israël ? Il n’y en a pas. D’ailleurs on ne peut même plus parler de l’Europe chrétienne ou de l'Europe des Lumières. Nous ne sommes plus dans un régime qui assure à chacun le libre exercice du culte et la liberté de pensée et d’expression, puisque des policiers et des gardes du corps sont nécessaires. Comme les dhimmis, nous devons observer un certain langage et nier notre identité.

     

    Eurabia existe dans les villes peuplées de femmes voilées, dans les lieux où s’applique la charia, quand les idéologies politiques islamiques et la haine d’Israël fleurissent et quand les solides institutions démocratiques ne sont plus qu’un vague souvenir du passé. Elle se manifeste dans l’insécurité contrebalancée par les courbettes des leaders occidentaux, proclamant que l’islam féconda la civilisation occidentale. Comme si Jérusalem, Athènes et Rome qui en sont les sources vitales, se situaient en Arabie – comme si Gutenberg, Newton, Darwin, Louis Pasteur, Henri Dunant, Einstein s’étaient nourris du Coran.

     

    EURABIA COUV ECONOMIST.jpeg

    Paul Landau : Quelles sont les racines historiques d'Eurabia ?

    B. Ye'or : Eurabia c’est l’enfant né de l’union de la Palestine avec le nazisme survivant après 1945 qui, étalé sur toute l'Europe, étreint et porte la Palestine, y enfouissant sa nostalgie lancinante de détruire Israël. Le pacte monstrueux d’Hitler et du Mufti de Jérusalem utilisa la passerelle ‘Palestine’ pour se poursuivre dans l’après-guerre. Quand Paul Dickopf, ancien officier SS de l’Abwehr, accède à la présidence d’Interpol en 1968 grâce aux votes arabes et laisse filer les terroristes palestiniens sous prétexte que le terrorisme n’est pas un crime mais un problème politique, c’est déjà Eurabia. ** Comme le dit une brochure de l’Association parlementaire pour la coopération euro-arabe (APCEA) publiée en 1994, la Palestine représentait l’une de ses causes essentielles; elle la défendit si bien que sa participation au financement de l’Intifada de 1987 contre Israël draîna ses fonds. Dans cette brochure, l’Association reconnaît « le caractère discret de son travail, qui s’effectue en grande partie dans les couloirs des assemblées ». Elle se targue néanmoins de nombreux succès : le retour de la résolution 181 des Nations Unies de 1947 sur le devant de la scène, et l’adoption de ses propositions en 1980 par le Conseil des Ministres de la Communauté Européenne dans la ‘Déclaration de Venise’ qui entérinait la position de l’OLP et du monde arabe contre Israël. Elle en avoue encore d’autres dont l’émigration, tout en invoquant le devoir de discrétion.

     

    Mon livre Eurabia s’appuie sur un nombre considérable de sources concernant les divers promoteurs et financements de cette politique menée dans la discrétion et qui conduit à cette situation qui n’est pas née par hasard. Je ne serais pas étonnée lorsque sous la bannière palestinienne d’Eurabia, les soldats eurabiens, passant du service d’Hitler à celui de la Palestine, et conduits par le calife de Malmö, se précipiteront pour ajouter à leurs trophées européens gagnés dans la Shoah, les restes du patrimoine d’Israël. Cette monstruosité s’appellera : ‘Paix, Justice et Amour de la Palestine’ et pour satisfaire Mgr Tutu : ‘Libération de l’Apartheid.’ Eurabia s’apprête à offrir Jérusalem à l’OCI pour qu’elle en fasse le siège du Califat Universel et pour que s’éteignent à jamais les lumières de l’Occident.


    ‭‮

  • Un rapprochement entre la droite israélienne et l'extrême-droite européenne ?

    Un récent reportage de Canal + et d’innombrables articles sur le Net tentent d’accréditer l’idée d’une alliance entre Israël et l’extrême-droite européenne, au nom d’une soi-disant « alliance contre l’islam »… Au-delà des slogans simplistes, la réalité politique est évidemment plus complexe. L’extrême-droite européenne (et française) demeure, comme elle l’a toujours été, extrêmement divisée sur la question d’Israël. Pour en savoir plus sur ce sujet brûlant, j’ai interviewé dans le dernier numéro d’Israël Magazine David Haivri, responsable du Bureau de liaison de Samarie, qui a participé à la récente délégation israélienne en Europe qui avait rencontré Filip De Winter, suscitant les foudres des associations juives locales… Deux conclusions : les Juifs de Samarie et la droite israélienne en général n’ont pas d’affinité élective avec l’extrême-droite européenne. Ils sont désireux de recevoir le soutien de tous les partis politiques en Europe. Haivri m’a d’ailleurs déclaré souhaiter organiser une visite en Samarie avec des députés français de l’UMP… Affaire à suivre. P.I.L

    Extrait de l'interview de David Haivri

    Haivri et Dewinter a Anvers.jpg

    PHOTO D.R. David Haivri et Filip De Winter à Anvers

    "Je l’interroge ensuite sur la visite en Europe, que certains médias ont décrit comme une ‘alliance entre l’extrême-droite israélienne et l’extrême-droite européenne…’ Tout a commencé par une visite en Israël de parlementaires de plusieurs pays européens, en décembre 2010. A l’époque, le dirigeant du Vlaams Belang flamand, Filip Dewinter, avait été applaudi à la Knesset en déclarant notamment qu'Israël menait « notre lutte contre les fondamentalistes islamistes et contre le terrorisme » et que « nous devons unir nos forces pour combattre l'islamisme ici et chez nous ». La récente visite en Europe s’inscrit donc dans la suite de ce voyage en Israël des parlementaires européens. Y ont pris part, outre David Haivri, le professeur Hillel Weiss et le rabbin Chalom Wolpe, qui dirige le mouvement « Eretz Israël Chelanou » (« Eretz Israël nous appartient »). Je demande à David s’il n’est pas dommage que les parlementaires européens participant à ces rencontres soient tous à la droite de la droite… Il m’explique que ce sont les parlementaires européens qui ont initié ces rencontres, en raison de l’emprise grandissante de l’islam en Europe.

    Les partis qu’ils représentent sont certes, à l’instar du Vlaams Belang flamand (ex Vlaams Block), situés à l’extrême droite, ce qui contraint Haivri et ses collègues à « vérifier » attentivement qu’il ne s’agit pas de partis antisémites… Mais, d’un autre côté, tous les partis politiques européens sont touchés par l’antisémitisme et la haine d’Israël. Récemment encore, le député druze Ayoub Kara (Likoud) s’est rendu à Anvers sur l’invitation de Filip Dewinter, ce qui a suscité l’émotion de certains médias juifs locaux. Ces rapprochements entre certains éléments de la droite israélienne et de la droite radicale européenne sont symptomatiques de l’évolution de la situation politique, tant en Europe qu’en Israël. Alors que les partis politiques européens mainstream ont tous sur Israël un discours assez convenu et prudent, il n’est pas rare aujourd’hui d’entendre des déclarations « sionistes » fracassantes de la part de représentants de partis politiques très à droite, qui ont actuellement le vent en poupe (tel le Vlaams Belang, devenu le 2e parti politique flamand).

    David Haivri et Filip Dewinter.jpgDans ce contexte, l’objectif du Bureau de liaison de Samarie est de favoriser le dialogue politique avec tous les amis d’Israël, tout en restant prudent. David Haivri me fait part de son désir de voir des parlementaires français de l’UMP se rendre en visite en Samarie, pour apprécier la situation géopolitique de leurs propres yeux. « Tous les hommes politiques qui viennent ici, participer à une visite de la région, en reviennent transformés »...

     

    LIRE LA SUITE DANS LE DERNIER NUMERO D'ISRAEL MAGAZINE

  • Une résistance juive, Grenoble 1943-1945, de Paul Giniewski z.l.

    Un ami m'apprend à l'instant la disparition de Paul Giniewski dont j'avais fait la connaissance à Paris il y a plus de 20 ans. Je mets en ligne - en guise d'hommage modeste - ce compte-rendu d'un de ses derniers livres. Que son souvenir soit bénédiction. P.I.L

    CouvResistanceJuive1ok.jpgAuteur d'une trentaine d'ouvrages consacrés presque tous à Israël, à son histoire et à ses combats, Paul Giniewski nous livre aujourd'hui son livre le plus personnel, et sans doute le plus attachant. Intitulé "Une Résistance juive" et sous-titré "Grenoble 1943-1945", ce livre relate la Résistance juive à Grenoble, vécue par un de ses acteurs. Giniewski a en effet fait partie du MJS (Mouvement de la Jeunesse sioniste), réseau de résistance né à Lyon en 1941, sous l'impulsion de Joseph Fisher, secrétaire de la section française du KKL. Le mouvement se structura en 1942, à Montpellier, sous la direction de trois hommes : Dika Jefroykin, représentant du Joint américain, Simon Levitte des EEIF (Eclaireurs israélites de France) et Otto ("Toto") Giniewski, frère aîné de l'auteur. Parmi les principales activités du MJS figuraient la fabrique de faux papiers destinés aux Juifs, et la cache d'enfants et de familles juives entières, promis à la déportation. L'originalité de ce mouvement était aussi de donner à ses membres une formation sioniste et de les préparer activement à l'alyah.

    Agé de 16 ans seulement lors de la création du MJS, Paul Giniewski est recruté par son frère, et devient un membre à part entière de ce réseau de résistance juive. Dans les villages de la région de Grenoble, il passe ses journées à sillonner la campagne, pour trouver des maires ou des curés sympathisants, qui acceptent de fournir des caches ou des papiers authentiques (extraits d'état civil, certificats de baptême, etc.) qui serviront de modèle pour la fabrication des faux papiers. A travers ce récit autobiographique, Giniewski nous livre un témoignage important sur cet épisode encore trop mal connu de la Deuxième Guerre mondiale, que constitue la Résistance juive. En effet, si beaucoup connaissent les noms des grands réseaux de la Résistance française et de ses héros, peu de gens savent qu'il y eut une autre Résistance, spécifiquement juive. Celle-ci est née de la nécessité impérieuse de protéger les enfants et les adultes juifs, comme l'explique l'auteur : "L'ensemble des enfants français a été exposé à la faim, au froid et aux dangers. Mais seuls les enfants juifs étaient voués à l'extermination, traqués comme des criminels, raflés par les nazis et par la police française".

     

    Un témoignage important sur la Résistance juive

    Outre son intérêt historique, ce livre est aussi un récit vivant, plein de saveur et de justesse dans la description des faits, malgré la distance temporelle. L'auteur reconnaît le caractère subjectif de son récit, et invoque – avec sa modestie coutumière – l'absence de documents écrits, tous détruits pendant la guerre, pour justifier le manque de précision de ses souvenirs. En réalité, on est au contraire frappé en lisant ce livre par la mémoire vivace de son auteur, qui parvient à nous faire partager sa vie quotidienne de résistant juif dans la zone libre, puis occupée, et à faire revivre ses camarades, pour la plupart disparus, comme Marianne Cohn, Robert Gamzon ou Jacques Lazarus. Le récit ne s'arrête pas avec la Libération, car le combat de l'auteur au sein de la Résistance se poursuit après la guerre dans son combat pour Israël. Son frère "Toto" devient Israélien, tandis que lui choisit de rester en France et de défendre Israël par la plume. Giniewski montre aussi comment le combat juif contre le nazisme se prolonge à l'époque actuelle par le combat pour Israël et contre l'islamisme, sujet auquel il a consacré de nombreux ouvrages.

    Fort bien écrit, ce livre est agrémenté de nombreuses photographies de l'époque, dont plusieurs sont tirées de ses archives personnelles et de celles de son frère. Fidèle lecteur des livres de Paul Giniewski, depuis une vingtaine d'années, j'ai découvert en lisant celui-ci un visage de l'auteur que j'ignorais, et le rôle important qu'il a rempli dans cette page glorieuse de l'histoire juive contemporaine. Ce livre est une pièce importante à verser au dossier de la Résistance juive, et il est aussi un témoignage personnel dont la lecture est à la fois instructive, enchissante et émouvante.

    Pierre Itshak Lurçat

    Paul Giniewski, Une résistance juive, Grenoble 1943-1945, éditions Cheminements, 295 pages, 22 euros.

    (Article paru dans ISRAEL MAGAZINE)

    Paul Giniewski z''l

    historien, écrivain, journaliste
    auteur de soixante-dix ouvrages
    défenseur exceptionnel du peuple juif et d'Israël
    incarnation de l'intelligence et du courage intellectuel
    maître et exemple pour des générations de sionistes français


    vient de nous quitter à l'âge de 85 ans


    Ses obsèques se dérouleront
    ce lundi 18 juillet 2011
    à 15 heures 15
    au Cimetière parisien de Bagneux

    On se réunira à l'entrée principale
    45 avenue Marx-Dormoy, Bagneux

    Ni fleurs, ni couronnes

    contact avec la famille : blochmichel@hotmail.com

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu