26.07.2011
"Ceux qui nient Eurabia sont ceux qui y participent" - Bat Ye'or
L'attentat d'Oslo est l'occasion pour Le Monde de ressortir le refrain de la "nouvelle extrême droite" et de tenter de disqualifier ses adversaires idéologiques en leur attribuant l'acte d'un psychopathe - un peu comme la gauche israélienne avait à l'époque voulu disqualifier ses adversaires en leur imputant l'acte d'Igal Amir...
Au passage, l'article du Monde qualifie Eurabia de "théorie du complot"...
Bat Yeor avait répondu à cette accusation dans une interview en 2009 dont je reproduis ci-dessous un extrait :
http://www.juif.org/le-mag/247,bat-ye-or-le-referendum-suisse-est-une-defaite-d-eurabia.php
Que répondez-vous à ceux qui crient à la "théorie du complot" dès que l'on prononce le mot d'Eurabia ? (comme par exemple Caroline Fourest)
B. Ye'or : Il y a aussi des gens qui nient la Shoah et les camps d’extermination même quand ils les voient sous leurs yeux. Et je ne parle pas ici de Caroline Fourest.
Ceux qui nient Eurabia sont ceux qui y participent. Car Eurabia se passe de démonstration. Elle est là en nous et autour de nous, ce n’est pas la réalité de demain mais celle d’aujourd’hui. Quand les synagogues et les cimetières juifs nécessitent une protection, comme l’exigent les églises dans les pays musulmans, c’est Eurabia. Quand des musulmans apostats ou libres penseurs et des intellectuels ou des politiciens doivent se cacher ou vivre avec des gardes du corps parce qu’ils offensent l’islam, ce n’est plus l’Europe des droits de l’homme mais Eurabia. Quand des manifestations massives inondent les capitales d’Europe, en appelant à l’extermination d’Israël, ponctuées par des prières de milliers de musulmans sur le parvis des églises et dans les rues, c’est Eurabia. Les tribunaux de la charia fonctionnent en Angleterre et influencent l’enseignement de nombreuses universités. L’UE s’est déjà soumise à la loi de la charia concernant le blasphème, l’apostasie, la sujétion des femmes, la polygamie, les crimes d’honneur. Elle s’est jointe avec joie à l’exécration d’Israël et à la haine antisémite. Quel est le journal qui se hasarderait à donner une vision positive d’Israël ? Il n’y en a pas. D’ailleurs on ne peut même plus parler de l’Europe chrétienne ou de l'Europe des Lumières. Nous ne sommes plus dans un régime qui assure à chacun le libre exercice du culte et la liberté de pensée et d’expression, puisque des policiers et des gardes du corps sont nécessaires. Comme les dhimmis, nous devons observer un certain langage et nier notre identité.
Eurabia existe dans les villes peuplées de femmes voilées, dans les lieux où s’applique la charia, quand les idéologies politiques islamiques et la haine d’Israël fleurissent et quand les solides institutions démocratiques ne sont plus qu’un vague souvenir du passé. Elle se manifeste dans l’insécurité contrebalancée par les courbettes des leaders occidentaux, proclamant que l’islam féconda la civilisation occidentale. Comme si Jérusalem, Athènes et Rome qui en sont les sources vitales, se situaient en Arabie – comme si Gutenberg, Newton, Darwin, Louis Pasteur, Henri Dunant, Einstein s’étaient nourris du Coran.
Paul Landau : Quelles sont les racines historiques d'Eurabia ?
B. Ye'or : Eurabia c’est l’enfant né de l’union de la Palestine avec le nazisme survivant après 1945 qui, étalé sur toute l'Europe, étreint et porte la Palestine, y enfouissant sa nostalgie lancinante de détruire Israël. Le pacte monstrueux d’Hitler et du Mufti de Jérusalem utilisa la passerelle ‘Palestine’ pour se poursuivre dans l’après-guerre. Quand Paul Dickopf, ancien officier SS de l’Abwehr, accède à la présidence d’Interpol en 1968 grâce aux votes arabes et laisse filer les terroristes palestiniens sous prétexte que le terrorisme n’est pas un crime mais un problème politique, c’est déjà Eurabia. ** Comme le dit une brochure de l’Association parlementaire pour la coopération euro-arabe (APCEA) publiée en 1994, la Palestine représentait l’une de ses causes essentielles; elle la défendit si bien que sa participation au financement de l’Intifada de 1987 contre Israël draîna ses fonds. Dans cette brochure, l’Association reconnaît « le caractère discret de son travail, qui s’effectue en grande partie dans les couloirs des assemblées ». Elle se targue néanmoins de nombreux succès : le retour de la résolution 181 des Nations Unies de 1947 sur le devant de la scène, et l’adoption de ses propositions en 1980 par le Conseil des Ministres de la Communauté Européenne dans la ‘Déclaration de Venise’ qui entérinait la position de l’OLP et du monde arabe contre Israël. Elle en avoue encore d’autres dont l’émigration, tout en invoquant le devoir de discrétion.
Mon livre Eurabia s’appuie sur un nombre considérable de sources concernant les divers promoteurs et financements de cette politique menée dans la discrétion et qui conduit à cette situation qui n’est pas née par hasard. Je ne serais pas étonnée lorsque sous la bannière palestinienne d’Eurabia, les soldats eurabiens, passant du service d’Hitler à celui de la Palestine, et conduits par le calife de Malmö, se précipiteront pour ajouter à leurs trophées européens gagnés dans la Shoah, les restes du patrimoine d’Israël. Cette monstruosité s’appellera : ‘Paix, Justice et Amour de la Palestine’ et pour satisfaire Mgr Tutu : ‘Libération de l’Apartheid.’ Eurabia s’apprête à offrir Jérusalem à l’OCI pour qu’elle en fasse le siège du Califat Universel et pour que s’éteignent à jamais les lumières de l’Occident.
19:49 Publié dans Islamisation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : islamisation, eurabia, bat yeor, propagande islamiste
22.07.2011
Un rapprochement entre la droite israélienne et l'extrême-droite européenne ?
Un récent reportage de Canal + et d’innombrables articles sur le Net tentent d’accréditer l’idée d’une alliance entre Israël et l’extrême-droite européenne, au nom d’une soi-disant « alliance contre l’islam »… Au-delà des slogans simplistes, la réalité politique est évidemment plus complexe. L’extrême-droite européenne (et française) demeure, comme elle l’a toujours été, extrêmement divisée sur la question d’Israël. Pour en savoir plus sur ce sujet brûlant, j’ai interviewé dans le dernier numéro d’Israël Magazine David Haivri, responsable du Bureau de liaison de Samarie, qui a participé à la récente délégation israélienne en Europe qui avait rencontré Filip De Winter, suscitant les foudres des associations juives locales… Deux conclusions : les Juifs de Samarie et la droite israélienne en général n’ont pas d’affinité élective avec l’extrême-droite européenne. Ils sont désireux de recevoir le soutien de tous les partis politiques en Europe. Haivri m’a d’ailleurs déclaré souhaiter organiser une visite en Samarie avec des députés français de l’UMP… Affaire à suivre. P.I.L
Extrait de l'interview de David Haivri
PHOTO D.R. David Haivri et Filip De Winter à Anvers
"Je l’interroge ensuite sur la visite en Europe, que certains médias ont décrit comme une ‘alliance entre l’extrême-droite israélienne et l’extrême-droite européenne…’ Tout a commencé par une visite en Israël de parlementaires de plusieurs pays européens, en décembre 2010. A l’époque, le dirigeant du Vlaams Belang flamand, Filip Dewinter, avait été applaudi à la Knesset en déclarant notamment qu'Israël menait « notre lutte contre les fondamentalistes islamistes et contre le terrorisme » et que « nous devons unir nos forces pour combattre l'islamisme ici et chez nous ». La récente visite en Europe s’inscrit donc dans la suite de ce voyage en Israël des parlementaires européens. Y ont pris part, outre David Haivri, le professeur Hillel Weiss et le rabbin Chalom Wolpe, qui dirige le mouvement « Eretz Israël Chelanou » (« Eretz Israël nous appartient »). Je demande à David s’il n’est pas dommage que les parlementaires européens participant à ces rencontres soient tous à la droite de la droite… Il m’explique que ce sont les parlementaires européens qui ont initié ces rencontres, en raison de l’emprise grandissante de l’islam en Europe.
Les partis qu’ils représentent sont certes, à l’instar du Vlaams Belang flamand (ex Vlaams Block), situés à l’extrême droite, ce qui contraint Haivri et ses collègues à « vérifier » attentivement qu’il ne s’agit pas de partis antisémites… Mais, d’un autre côté, tous les partis politiques européens sont touchés par l’antisémitisme et la haine d’Israël. Récemment encore, le député druze Ayoub Kara (Likoud) s’est rendu à Anvers sur l’invitation de Filip Dewinter, ce qui a suscité l’émotion de certains médias juifs locaux. Ces rapprochements entre certains éléments de la droite israélienne et de la droite radicale européenne sont symptomatiques de l’évolution de la situation politique, tant en Europe qu’en Israël. Alors que les partis politiques européens mainstream ont tous sur Israël un discours assez convenu et prudent, il n’est pas rare aujourd’hui d’entendre des déclarations « sionistes » fracassantes de la part de représentants de partis politiques très à droite, qui ont actuellement le vent en poupe (tel le Vlaams Belang, devenu le 2e parti politique flamand).
Dans ce contexte, l’objectif du Bureau de liaison de Samarie est de favoriser le dialogue politique avec tous les amis d’Israël, tout en restant prudent. David Haivri me fait part de son désir de voir des parlementaires français de l’UMP se rendre en visite en Samarie, pour apprécier la situation géopolitique de leurs propres yeux. « Tous les hommes politiques qui viennent ici, participer à une visite de la région, en reviennent transformés »...
LIRE LA SUITE DANS LE DERNIER NUMERO D'ISRAEL MAGAZINE
11:22 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : israel; extreme-droite, de winter, samarie, juifs
15.07.2011
Une résistance juive, Grenoble 1943-1945, de Paul Giniewski z.l.
Un ami m'apprend à l'instant la disparition de Paul Giniewski dont j'avais fait la connaissance à Paris il y a plus de 20 ans. Je mets en ligne - en guise d'hommage modeste - ce compte-rendu d'un de ses derniers livres. Que son souvenir soit bénédiction. P.I.L
Auteur d'une trentaine d'ouvrages consacrés presque tous à Israël, à son histoire et à ses combats, Paul Giniewski nous livre aujourd'hui son livre le plus personnel, et sans doute le plus attachant. Intitulé "Une Résistance juive" et sous-titré "Grenoble 1943-1945", ce livre relate la Résistance juive à Grenoble, vécue par un de ses acteurs. Giniewski a en effet fait partie du MJS (Mouvement de la Jeunesse sioniste), réseau de résistance né à Lyon en 1941, sous l'impulsion de Joseph Fisher, secrétaire de la section française du KKL. Le mouvement se structura en 1942, à Montpellier, sous la direction de trois hommes : Dika Jefroykin, représentant du Joint américain, Simon Levitte des EEIF (Eclaireurs israélites de France) et Otto ("Toto") Giniewski, frère aîné de l'auteur. Parmi les principales activités du MJS figuraient la fabrique de faux papiers destinés aux Juifs, et la cache d'enfants et de familles juives entières, promis à la déportation. L'originalité de ce mouvement était aussi de donner à ses membres une formation sioniste et de les préparer activement à l'alyah.
Agé de 16 ans seulement lors de la création du MJS, Paul Giniewski est recruté par son frère, et devient un membre à part entière de ce réseau de résistance juive. Dans les villages de la région de Grenoble, il passe ses journées à sillonner la campagne, pour trouver des maires ou des curés sympathisants, qui acceptent de fournir des caches ou des papiers authentiques (extraits d'état civil, certificats de baptême, etc.) qui serviront de modèle pour la fabrication des faux papiers. A travers ce récit autobiographique, Giniewski nous livre un témoignage important sur cet épisode encore trop mal connu de la Deuxième Guerre mondiale, que constitue la Résistance juive. En effet, si beaucoup connaissent les noms des grands réseaux de la Résistance française et de ses héros, peu de gens savent qu'il y eut une autre Résistance, spécifiquement juive. Celle-ci est née de la nécessité impérieuse de protéger les enfants et les adultes juifs, comme l'explique l'auteur : "L'ensemble des enfants français a été exposé à la faim, au froid et aux dangers. Mais seuls les enfants juifs étaient voués à l'extermination, traqués comme des criminels, raflés par les nazis et par la police française".
Un témoignage important sur la Résistance juive
Outre son intérêt historique, ce livre est aussi un récit vivant, plein de saveur et de justesse dans la description des faits, malgré la distance temporelle. L'auteur reconnaît le caractère subjectif de son récit, et invoque – avec sa modestie coutumière – l'absence de documents écrits, tous détruits pendant la guerre, pour justifier le manque de précision de ses souvenirs. En réalité, on est au contraire frappé en lisant ce livre par la mémoire vivace de son auteur, qui parvient à nous faire partager sa vie quotidienne de résistant juif dans la zone libre, puis occupée, et à faire revivre ses camarades, pour la plupart disparus, comme Marianne Cohn, Robert Gamzon ou Jacques Lazarus. Le récit ne s'arrête pas avec la Libération, car le combat de l'auteur au sein de la Résistance se poursuit après la guerre dans son combat pour Israël. Son frère "Toto" devient Israélien, tandis que lui choisit de rester en France et de défendre Israël par la plume. Giniewski montre aussi comment le combat juif contre le nazisme se prolonge à l'époque actuelle par le combat pour Israël et contre l'islamisme, sujet auquel il a consacré de nombreux ouvrages.
Fort bien écrit, ce livre est agrémenté de nombreuses photographies de l'époque, dont plusieurs sont tirées de ses archives personnelles et de celles de son frère. Fidèle lecteur des livres de Paul Giniewski, depuis une vingtaine d'années, j'ai découvert en lisant celui-ci un visage de l'auteur que j'ignorais, et le rôle important qu'il a rempli dans cette page glorieuse de l'histoire juive contemporaine. Ce livre est une pièce importante à verser au dossier de la Résistance juive, et il est aussi un témoignage personnel dont la lecture est à la fois instructive, enchissante et émouvante.
Pierre Itshak Lurçat
Paul Giniewski, Une résistance juive, Grenoble 1943-1945, éditions Cheminements, 295 pages, 22 euros.
(Article paru dans ISRAEL MAGAZINE)
Paul Giniewski z''l
historien, écrivain, journaliste
auteur de soixante-dix ouvrages
défenseur exceptionnel du peuple juif et d'Israël
incarnation de l'intelligence et du courage intellectuel
maître et exemple pour des générations de sionistes français
vient de nous quitter à l'âge de 85 ans
Ses obsèques se dérouleront
ce lundi 18 juillet 2011
à 15 heures 15
au Cimetière parisien de Bagneux
On se réunira à l'entrée principale
45 avenue Marx-Dormoy, Bagneux
Ni fleurs, ni couronnes
contact avec la famille : blochmichel@hotmail.com
16:55 Publié dans Heroisme juif | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : giniewski, resistance
14.07.2011
LES FRÈRES RETROUVÉS De l’hostilité chrétienne à l’égard des juifs à la reconnaissance de la vocation d’Israël
Recension à paraître dans la livraison de septembre-octobre de la revue Sens, de l’Amitié Judéo chrétienne.
Dans un précédent livre, Chrétiens et juifs depuis Vatican II. État des lieux historique et théologique. Prospective eschatologique (Éditions Docteur angélique, Avignon, 2009) 1, Menahem Macina avait analysé, d’un point de vue théologique et spirituel, la “nouvelle attitude” de l’Église catholique envers les Juifs après Vatican II et la déclaration conciliaire Nostra Ætate, attitude que l’on a appelée “un nouveau regard”. Et, pour poser la question de l’interprétation à donner au retour du peuple juif sur sa terre, il comparait longuement les conceptions que les uns et les autres se font de l’eschatologie et de l’établissement du Royaume de Dieu sur terre. Dans ce nouveau livre, il revient quelque peu en arrière avant de proposer, pour orienter la réflexion de l’Église, un nouvel examen de la situation issue de Nostra Ætate et du retour des Juifs en Eretz Israël.
Il “revient en arrière”, puisqu’il entreprend d’abord d’étudier “l’attitude ecclésiale antécédente”, ou, pour le dire autrement, ce que Jules Isaac avait appelé “l’enseignement du mépris”. C’est donc “à un long et pénible survol” de ce que l’Église a pensé et dit des Juifs et du Judaïsme pendant des siècles qu’est consacrée la première partie de l’ouvrage. On y trouvera un exposé non pas directement historique mais essentiellement thématique, articulé en trois parties : d’abord une présentation de “la polémique antijudaïque, des origines à l’aube du XXème siècle” (pp. 25-52) où sont rappelées les accusations émises à l’encontre des Juifs “déicides, maudits, damnés, etc.”, et où sont analysés les stéréotypes classiques du rejet et de la “perfidie juive” qui ont pendant si longtemps orienté la position des théologiens. De bons auteurs, comme le Père P. Démann, La catéchèse chrétienne et le peuple de la Bible (Cahiers Sioniens, 1952), ou F. Lovsky, Antisémitisme et mystère d’Israël (Albin Michel, 1955) et L’antisémitisme chrétien (Cerf, 1970), lui servent de point de départ, non pour présenter une synthèse sur la question mais pour établir une anthologie de textes qu’il est – il faut l’avouer – quelque peu pénible de lire aujourd’hui, tant ils sont haineux. On se demande d’ailleurs comment des hommes de foi ont pu, pendant des siècles, avec bonne conscience et une entière certitude, répéter de telles erreurs.
Les deuxième et troisième chapitres de cette première partie, en se focalisant sur le XIXème et le XXème siècles, étudient d’abord “Les juifs vus par les papes et la presse catholique entre 1870 et 1938” (pp. 53-67), puis le passage “De l’anti-judaïsme chrétien traditionnel au silence face à l’antisémitisme d’État” (pp. 68-138). Il s’agit de montrer la continuité d’une pensée, que l’on retrouve enseignée par le magistère de l’Église, mais qui emprunte aussi les canaux de communication moderne que sont les journaux catholiques, dont surtout la Civiltà Cattolica (la revue des Jésuites de Rome, qui joue le rôle de publication officieuse du Vatican) et, en France, Le Pèlerin et La Croix des Assomptionnistes. Il s’agit aussi d’examiner l’attitude du Vatican et de l’Église de France face au nazisme, à la montée de l’antisémitisme et à l’extermination des Juifs ; l’examen est, ici, nécessairement succinct, mais suffisamment substantiel, et s’appuie, entre autres, sur un article publié en allemand en 2003 par le professeur Martin Rhonheimer, professeur de philosophie à l’Université pontificale de la Sainte-Croix à Rome et prêtre de l’Opus Dei.
De ce premier examen, l’auteur tire deux conclusions (pp. 138-139) : d’abord que tous les textes cités et les attitudes rappelées « illustrent à quel point les mentalités chrétiennes d’alors étaient imprégnées d’un antijudaïsme viscéral ou, à tout le moins, de la théorie de la substitution » ; ensuite que « le besoin urgent d’une réforme de l’enseignement chrétien sur les juifs » se faisait déjà sentir à l’époque, et se traduisait par diverses initiatives, qui sont l’objet de la deuxième partie.
12:05 Publié dans Judaisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : judaisme, christianisme
11.07.2011
OLIVIA ZEMOR INTERDITE D'ENTREE EN ISRAEL, ENFIN!
L'Etat juif, confronté à une campagne internationale de délégitimation, commence à se défendre plus activement contre ses ennemis. Depuis l'affaire du Marmara, les liens entre terroristes du Hamas et organisations propalestiniennes en Occident sont apparus au grand jour. Israël ne peut plus se contenter de bombarder les bases du Hamas à Gaza, mais doit aussi lutter contre ceux qui soutiennent le Hamas à Paris, Ankara ou ailleurs… C'est la raison de l'interdiction d'entrée en Israël de la militante pro-Hamas radicale Oliva Zemor, qui a été refoulée hier à l'aéroport Ben Gourion. Je remets à l'occasion en ligne cet article décrivant le parcours idéologique de cette palestiniste forcenée et de son association radicale antijuive, la CAPJPO. P.I.L.
La CAPJPO, une organisation propalestinienne radicale
Une vidéo, circulant ces derniers jours sur Internet et sur Facebook, montre un groupe de militants propalestiniens, manifestant à l'intérieur d'un magasin Carrefour en banlieue parisienne, aux cris de "Israël assassin, Carrefour complice!". Cette action, qui se termine par la fermeture du magasin, est dirigée par une association qui fait parler d'elle depuis plusieurs années : la CAPJPO. Officiellement, ce sigle veut dire "Coordination des Appels pour une Paix Juste au Proche-Orient". Mais derrière ce sigle anodin se cache en fait un groupuscule propalestinien, hyperactif et radical, qui manifeste régulièrement sous les drapeaux du Hamas, et dont le discours vise à criminaliser et nazifier l'Etat d'Israël et le sionisme.
La CAPJPO a été créée en 2002 par deux journalistes, militants du mouvement trotskyste Lutte ouvrière, Olivia Zemor et Nicolas Shahshahani *. Le parcours d'Olivia Zemor et de son organisation permettent de comprendre les ressorts du militantisme propalestinien en France aujourd'hui, ses succès et ses échecs **. Zemor, 60 ans, a été journaliste à l'AFP, spécialiste des sujets médicaux (elle a publié un livre sur le Sida en 1985), Elle a ensuite créé sa propre agence de presse médicale, l'APM Médias. Mais depuis 2002, sa principale activité est le militantisme propalestinien, au sein de la CAPJPO et de l'éphémère liste Europalestine. Récemment, Olivia Zemor et son mari ont ouvert une librairie, "Résistances", spécialisée dans les ouvrages militants propalestiniens, altermondialistes et anti-colonialistes.
Dès sa création, la CAPJPO a multiplié les prises de position et manifestations hostiles à Israël, au sionisme et à la communauté juive en France, prenant notamment pour cibles le CRIF, l'UPJF, l'ABSI, la LDJ ou le Betar. En juin 2004, l'association et sa présidente, Olivia Zemor, ont initié une liste aux élections européennes, sous le titre "Europalestine". Sur cette liste figuraient, outre celui de Zemor, les noms du bateleur antisémite Dieudonné, et celui du Dr Christophe Oberlin (voir photo). Malgré un relatif succès électoral (50 000 voix), la liste n'a pas atteint les résultats escomptés. Mais elle a surtout été l'occasion de déchirements et d'affrontements au sein du milieu associatif propalestinien en France, dus à la fois à des problèmes de personne et à des conflits idéologiques et stratégiques.
Ainsi, l'écrivain Alain Soral, qui avait soutenu la liste Europalestine, a publié un article sur le site musulman Oumma.com, dans lequel il reprochait à la CAPJPO "d'importer la seconde Intifada en banlieue et de faire passer les Français originaires d'Afrique et du Maghreb pour la cinquième colonne du Hamas..." De son côté, le militant Robert Kissous reprochait à la CAPJPO de s'être entourée de "personnages douteux" comme Alain Soral ou Taoufik Mathlouti, patron de la station Radio Méditerrannée (souvent épinglée par le CSA pour ses nombreux dérapages antisémites) et créateur du "Mecca-Cola"... Les mauvaises fréquentations de la CAPJPO ont aussi été critiquées par le militant antisioniste radical Michel Warshawski, lui-meme condamné pour soutien au mouvement terroriste F.P.L.P!
Une volonté hégémonique
L'épisode Europalestine est révélateur des clivages apparus au sein de la mouvance propalestinienne en France. Ceux-ci tiennent pour beaucoup à la personnalité d'Olivia Zemor : (ancienne) militante trotskyste, elle a tendance à vouloir accaparer le pouvoir, comme l'a bien compris le militant R. Kissous, qui dénonce dans les colonnes de Politis la "volonté hégémonique" de la CAPJPO. Plus profondément, la tactique populiste, visant à faire des banlieues le réservoir de troupes du militantisme propalestinien en France, ne séduit pas tout le monde. A cet égard, la stratégie de la CAPJPO et d'Europalestine rentre en conflit avec celle d'autres associations plus anciennes, comme l'Association France Palestine Solidarité (AFPS), ou même avec celle de la représentation diplomatique palestinienne en France, dirigée à l'époque par Leila Shahid. Celle-ci a vite compris le potentiel destructeur que représentait Europalestine, qui allait donner une coloration "communautariste" et extrémiste à une cause que la diplomatie à longue haleine de l'OLP avait réussi à placer au coeur de la politique française. (Voir l'article paru en 2004 dans Valeurs actuelles, "Le révélateur Euro-Palestine", consultable sur le site de l'UPJF).
Malgré les clivages et les déchirements internes, la CAPJPO n'a pourtant pas disparu. Il semble donc que la stratégie extrémiste de ses dirigeants se soit avérée payante à long terme. Au cours des dernières années, on constate une radicalisation du discours et des actions. On en donnera pour exemples la thématique de la Shoah, retournée systématiquement contre Israël (nazification de l'Etat hébreu) et les provocations d'Olivia Zémor, qui n'hésite pas à publier sur Internet une vidéo de "menaces" (apparemment mises en scène) dont elle prétend avoir été victime...
Pendant la guerre contre le Hamas à Gaza, la CAPJPO a toutefois été dépassée en extrémisme par d'autres associations, comme le "Collectif Cheikh Yassine", dont les manifestations bruyantes et les slogans en arabe, proférés sous les drapeaux du Hamas dans les rues de Paris, ont semble-t-il paru trop "voyants" aux yeux de la très extrémiste Olivia Zemor, comme en témoigne une recente vidéo... Preuve que l'on trouve toujours plus extrémiste que soi... Surfant sur le conflit israélo-arabe et attisant la haine d'Israël et des Juifs dans les banlieues françaises, agissant toujours à la limite de la légalité (le boycott est réprimé par le droit français), la CAPJPO continue d'agir en toute impunité. Jusqu'à quand?
I. Ben Avraham
* Ce dernier, beaucoup plus discret que sa femme, est le frère de Volodia Shahshahani dit "Volo", ancien de la Gauche Prolétarienne, groupuscule maoïste dirigé par Benny Levy.
** A lire sur le sujet, Albert Naccache, Contre Israël, De l'amour de la Palestine à la haine des Juifs, Editions Cheminement 2008.
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08:48 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : capjpo, olivia zemor, dieudonne, europalestine
05.07.2011
Propagande : quand l’AFP agite le spectre de la « théocratie » en Israël
Chronique de la désinformation ordinaire
Alors que la menace de la « flottille de la haine » et de nouveaux affrontements coûteux pour Israël en termes d’image s’estompe, grâce aux efforts diplomatiques couronnés de succès de Binyamin Nétanyahou et de son ministre des Affaires étrangères, les médias français cherchent désespérément d’autres moyens de calomnier et de diffamer l’Etat juif… L’observateur attentif de la désinformation aura d’ailleurs remarqué que c’est souvent dans les périodes d’accalmie que les journalistes occidentaux commettent leurs plus « beaux » chefs d’œuvre de propagande anti-israélienne, comme si l’actualité n’était qu’un prétexte pour accomplir leurs basses œuvres. C’est dans ce contexte que s’inscrit la dépêche publiée hier par l’Agence France Presse, signée Marius Shattner, sous le titre « Israël, le spectre de la théocratie ».
L’idée que l’Etat hébreu serait une fausse démocratie ou encore une démocratie fragile menacée par le « spectre de la théocratie » n’est certes pas nouvelle, et d’autres propagandistes l’ont souvent agitée bien avant M. Shattner. Mais il faut reconnaître que c’est fort à propos que celui-ci ressort de derrière les fagots ce marronnier d’une certaine presse, alors que les médias français regorgent d’articles faisant l’éloge du « printemps arabe » et de la démocratisation en cours des pays arabo-musulmans (y compris, hélas, la récente tribune d’un grand rabbin fort peu lucide). L’idée qui sous-tend la dépêche est donc que le Moyen-Orient serait soumis à deux tendances contraires : démocratisation et laïcisation des pays arabes, et « théocratisation » en Israël…
Le prétexte à ce morceau de bravoure de l’AFP est la récente affaire du rabbin Dov Lior, ou pour reprendre les termes de la dépêche, « le défi lancé à la justice par des rabbins ultranationalistes, minoritaires mais influents » qui « fait planer le spectre de la théocratie en Israël ou la religion n’a jamais été séparée de l’Etat »… On pourrait consacrer plusieurs pages d’analyse à ces quelques lignes, dignes de l’ancienne Pravda, mais je me contenterai de quelques remarques. Tout d’abord, notons le procédé cousu de fil blanc qui consiste à parler de « rabbins minoritaires mais influents », tout en reconnaissant quelques lignes plus bas que « le camp ultra-orthodoxe ne partage pas en règle générale les opinions radicales des deux rabbins »…
15:12 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : desinformation, afp, propagande
03.07.2011
La persécution des rabbins en Israël et l’art d’écrire sur la loi juive, Pierre Itshak Lurçat
Israël, une démocratie totalitaire ?
« Démocratie totalitaire » - ce concept forgé par le politologue Jacob Talmon dans les années 1950 permet de comprendre un des aspects cruciaux du Kulturkampf déjà ancien, qui se fait à nouveau jour à travers l’affaire de l’arrestation des rabbins Dov Lior et Yaacov Yossef, et du conflit de valeurs fondamental qui ressurgit à cette occasion avec une intensité qui relègue presque au second plan la flottille de Gaza. Israël est en effet confronté, depuis sa renaissance en tant qu’Etat (et même avant 1948) à un double conflit, dont les deux éléments sont étroitement liés et interdépendants. Le premier oppose le Yichouv, puis l’Etat hébreu à ses voisins et à leurs alliés de l’intérieur et de l’extérieur. Le second est le conflit entre les tenants d’un Etat juif et les partisans d’un Etat de « tous ses citoyens ».
L’observateur, même le moins averti, de la vie politique israélienne – dont la complexité ne peut être déchiffrée sans connaître l’histoire du sionisme au cours des cent dernières années – ne peut en effet qu’être frappé par le parti-pris des médias israéliens et par l’injustice flagrante de l’arrestation des rabbin Dov Lior et Yaacov Yossef, accusés d’avoir donné leur imprimatur à un ouvrage de halakha soupçonné de « racisme », alors même que les universités israéliennes sont le principal vivier d’où sortent les contempteurs les plus radicaux du sionisme et de l’Etat d’Israël et les organisateurs du boycott antijuif sur la scène internationale, sans que le moindre professeur israélien antisioniste ait jamais été inquiété par la police israélienne pour ses opinions radicales et potentiellement meurtrières !
L’explication de cet état de fait est simple : si les membres de l’establishment judiciaire israélien et des élites médiatiques ne protestent pas contre les déclarations des professeurs antisionistes des universités de Beershéva ou de Haïfa, c’est parce que leurs opinions sont à peu de choses près conformes aux leurs... Aharon Barak, un des hommes qui a le plus contribué à former le visage des élites israéliennes actuelles et un des plus farouches opposants au caractère juif de l’Etat, est en effet – peu de gens le savent – un ami intime du juge Richard Goldstone… J’ai décrit ailleurs le rôle néfaste joué par le juge Barak, notamment au moyen de la « révolution constitutionnelle » dont il fut le promoteur.
16:03 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : israel, droit, loi juive, talmud, taguieff




















