27.06.2011
ISRAEL - La liberté d’expression des rabbins en danger ?
Apprenant a l'instant l'arrestation du rav Dov Lior; je remets en ligne cet article premonitoire ecrit il y a 4 mois et paru dans ISRAEL MAGAZINE
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L’Affaire du rav Dov Lior :
La société israélienne se caractérise par la grande vigueur du débat politique et par la liberté d’expression quasiment absolue qui y règne, ce qui est loin d’être le cas d’autres pays démocratiques, comme la France par exemple. Il n’est ainsi pas rare d’entendre des professeurs ou des artistes israéliens qualifier le Premier ministre ou le ministre des Affaires étrangères de tous les noms, les comparer à des animaux de basse-cour (dans le meilleur des cas) ou accoler des épithètes peu élogieuses aux soldats de Tsahal, notamment dans les colonnes du quotidien de gauche Ha’aretz. Dans ce contexte, il est difficile de voir dans la récente décision du procureur de l’Etat de diligenter une enquête et de menacer d’arrestation le rabbin Dov Lior, autre chose que le signe inquiétant d’une grave atteinte à la liberté d’expression.
L’affaire du rav Dov Lior a commencé par une très banale ‘haskama’ – c’est-à-dire une sorte d’imprimatur donné par le rabbin Lior à un ouvrage traitant de halakha (loi juive), signifiant que cet ouvrage était sérieux et méritait d’être lu et étudié. Le livre en question, intitulé Torat Ha-Melekh (“La loi du Roi”) aborde, il est vrai, un domaine bien particulier de la loi juive : celui du droit de la guerre et notamment les cas dans lesquels un soldat juif a le droit de tuer un ennemi non Juif. Il expose la conception juive traditionnelle du droit de la guerre, qui est évidemment très différente de celle du juge Goldstone, ou de son ami israélien Aharon Barak, ancien président de la Cour suprême. Et c’est là que le bât blesse…
[...] On se souvient des images choquantes du rav Itshak Shapira, auteur de l’ouvrage, conduit au tribunal avec les menottes aux pieds comme un vulgaire assassin ou violeur d’enfants ! On a du mal à croire que l’Etat juif réserve à d’inoffensifs rabbins un tel traitement, qui évoque des pays comme l’ex-Union soviétique de triste mémoire.
Pour comprendre cette attitude, il faut se rappeler que la gauche israélienne – qui demeure majoritaire dans des secteurs clés comme les medias ou la justice – est largement issue des courants socialistes et communistes, férocement opposés à la religion et au judaïsme en particulier. Dans l’affaire du rabbin Lior, comme dans celle de la lettre des rabbins, c’est la liberté d’expression des rabbins qui est menacée. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le rav Lior a refusé d’obtempérer à la convocation de la police, chargée par le Procureur de l’Etat d’enquêter sur le livre. Sa décision s’explique non pas, comme on a pu le lire – y compris dans la presse religieuse – par un mépris pour la justice et pour les institutions de l’Etat, mais au contraire par la volonté de ne pas cautionner un dévoiement et un détournement de ces institutions, utilisées à des fins politiques pour museler la droite religieuse sioniste, sous prétexte de ‘racisme’ et ‘d’incitation à la haine’…
Israël, une “démocratie totalitaire” ?
La lecture des commentaires sur cette affaire dans les colonnes de Ha’aretz (ou de Yediot) permet de mesurer à quel point les tenants de la gauche “éclairée et laïque” sont ignorants et emplis de haine envers le public sioniste-religieux (plus encore qu’à l’égard du public religieux non sioniste). Car le rav Lior incarne au plus haut point tout ce que les éditorialistes de cette presse détestent : il est en effet rabbin de Kyriat Arba, la ville des Patriarches qui cristallise et focalise la haine d’une large partie de la gauche israélienne. Cette affaire réunit ainsi tous les ingrédients du ‘kulturkampf’ Israélien actuel (dont les racines historiques sont aussi anciennes que le sionisme) : d’un côté, les rabbins sionistes, attachés à la loi juive et à la présence juive en Eretz-Israël, de l’autre les tenants de la démocratie occidentale (ou plutôt de la “démocratie totalitaire”, selon le concept de Jacob Talmon), qui voudraient transformer Israël en Etat de tous ses citoyens….
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17:55 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : israel, rav lior, torah
24.06.2011
Qui est Nabil Ennasri, organisateur de la flottille française pour Gaza?
Il y a un an, les Renseignements militaires israéliens avaient exposé les liens entre l’IHH, organisation qui avait affrété le Marmara, le Hamas et les Frères musulmans. Parmi les passagers du Marmara et des autres bateaux de la « flottille pour Gaza » figuraient plusieurs ressortissants français, presque tous liés au CBSP, organe de collecte du Hamas en France. Cette année encore, les organisateurs français de la flottille sont étroitement liés aux mouvements islamistes, comme nous allons le voir.
Un article du journal le Monde publié récemment sous le titre démagogique de « Juifs et musulmans contre le blocus de Gaza », portait les signatures de Pierre Stambul, membre de l’association juive anti-israélienne UJFP (Union juive française pour la Paix) et de Nabil Ennasri, président du Collectif des Musulmans de France. Ce dernier est un des organisateurs les plus présents dans les médias français de la flottille pour Gaza. Il se présente comme étant diplômé de l’Institut d’Etudes politiques d’Aix-en-Provence – où il a rédigé un mémoire sous la direction de l’islamologue François Burgat – et comme étudiant en « théologie musulmane à l’Institut européen des Sciences humaines de Château-Chinon ».
Sous ce titre pompeux se cache en fait l’organisme de formation des imams de l'UOIE (Union des organisations islamiques européennes, dont l'UOIF est la branche française), et du CEFR (Conseil Européen de la Fatwa et de la Recherche), deux organisations étroitement liées à une figure clé de l’islamisme contemporain : le cheikh Youssouf Qaradawi. Déchu de la nationalité égyptienne, en raison de ses liens avec l'organisation des Frères musulmans, Qaradawi vit au Qatar depuis 1962 et anime une émission célèbre sur la chaîne Al-Jazira, "Ash-Sharia wal Hayat" (La charia et la vie). Qaradawi est à la fois un prédicateur, homme de médias, organisateur de l’islam européen et de la collecte du Hamas en Europe, promoteur du « djihad financier » et auteur de fatwas autorisant les attentats suicides 1. Le cheikh Qaradawi a été interdit de séjour aux Etats-Unis, après que ses liens avec la banque du terrorisme Al-Taqwa liée à Al-Qaida aient été dévoilés.
En janvier 2011, Nabil Ennasri publiait sur le site islamiste Oumma.com un article intitulé « Cheikh Qaradawi, les chrétiens d’Orient et la bande de Gaza », dans lequel il expliquait notamment que « le Hamas, à l’image de l’immense majorité des musulmans du Moyen-Orient, s’efforce de préserver un cadre pacifique et harmonieux avec les tenants d’autres religions »…Dans un autre article intitulé « Les Oulémas au chevet de la révolte des peuples arabes », Ennasri explique encore que « le médiatique et très respecté Cheikh Al Qardawi » a « dès le début de la révolution du Jasmin, apporté sa caution religieuse à ce mouvement qui allait balayer la dictature tunisienne… »
15:16 Publié dans Islamisation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : hamas, qaradawi, flottille gaza
21.06.2011
Rencontre avec Arié Eldad, un député sioniste révolutionnaire
Arié Eldad n’est pas un député israélien ordinaire. Médecin dans Tsahal, il est entré très tard en politique, pour défendre ses idées et pour poursuivre, avec d’autres armes, son combat pour Eretz Israël. S’il est classé à la droite de l’échiquier politique, cela n’empêche pas qu’il soit apprécié par beaucoup de ses collègues de tous les partis, en raison de son honnêteté et de sa droiture. Il a déclaré un jour qu’il se battait chaque matin contre la création d’un Etat palestinien, qu’il considère comme un danger mortel pour Israël, et chaque après-midi contre la corruption, danger non moins grave… Rencontre avec un homme de convictions.
Arié Eldad me reçoit dans son bureau de la Knesset, à Jérusalem. Sur le mur, deux photos en noir et blanc traduisent mieux que de longs discours l’origine de son engagement politique : celle de son père, Israël Eldad, et celle du rabbin Aryeh Levin, le fameux « rabbin des prisonniers » de l’Irgoun et du Lehi, qui fut son « sandak », c'est-à-dire son parrain lors de sa circoncision. Eldad appartient en effet, comme beaucoup d’autres hommes politiques actuels, à la génération des enfants des fondateurs de l’Etat, et des combattants des organisations clandestines juives dont l’histoire est sans doute une des pages les plus glorieuses et les plus dramatiques de l’aventure sioniste au vingtième siècle.
Arié Eldad est entré en politique relativement tard, et pour des raisons bien particulières, comme il me l’explique d’emblée. Général de brigade dans Tsahal et ancien chef des services de santé de l’armée, il a repris son travail de médecin, après 25 ans sous l’uniforme. Lorsque la Deuxième Intifada a éclaté, en l’an 2000, il se trouvait à l’hôpital Hadassah Ein Kerem, à Jérusalem, qui était à l’époque surchargé de travail… « Nous avons accueilli plus de 3000 victimes d’attentats », se souvient Eldad, dont la spécialité – le traitement des brûlures – a malheureusement été très utile, pendant cette période difficile. C’est alors, m’explique-t-il, qu’il a compris qu’il était nécessaire de prévenir, au lieu de guérir… Et c’est cette conviction qui l’a décidé à abandonner la médecine pour se lancer dans la vie publique et dans la politique, avec cette idée fixe, qui ne l’a pas quitté depuis : « Si un Etat palestinien devait voir le jour à l’Ouest du Jourdain, les jours d’Israël seraient comptés »…
16:02 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : eldad, betar, knesset
09.06.2011
Jean Lurçat, Georges Goldstein et les débuts de la tapisserie en Israël
Quand un artiste communiste français exprimait son soutien à Israël
Pierre Itshak Lurçat
Les extraits de la lettre qu’on lira ci-dessous sont un document d’histoire. Histoire familiale tout d’abord, car Jean Lurçat (1892-1966) était mon grand-oncle, et je me plais à imaginer qu’il aurait été heureux de savoir qu’une partie de sa famille vit en Israël, pays qu’il connaissait et qu’il aimait. Histoire de l’art contemporain et de la tapisserie française et israélienne ensuite, et surtout témoignage inédit sur une époque révolue où l’on pouvait affirmer et afficher son soutien à Israël, tout en étant un artiste reconnu appartenant au parti communiste français…
Jean Lurçat n’était pas juif, mais il était – comme son frère l’architecte André Lurçat (1894-1970) et comme d’autres intellectuels communistes ou ‘compagnons de route’, parmi lesquels Henri Wallon ou encore Jean-Paul Sartre – profondément philosémite, notamment depuis qu’il avait côtoyé des Juifs strasbourgeois dans la Résistance. Or, être philosémite, au lendemain de la guerre et de la Shoah, cela voulait dire soutenir le jeune Etat d’Israël*, en proie à l’hostilité de ses voisins qui rêvaient (et rêvent encore) de parachever le travail d’Hitler et d’étouffer dans l’œuf le petit Etat juif, comme leurs dirigeants – et Gamal Abdel Nasser en premier lieu - s’en vantaient publiquement.
C’est ainsi que Jean Lurçat se rendit à plusieurs reprises en Israël, où il se lia d’amitié avec un jeune peintre et cartonnier, Georges Goldstein, élève de Gromaire, qu’il encouragea à développer la tapisserie en Israël. Lurçat participa activement aux débuts de la tapisserie israélienne, avec l’aide du Docteur Haim Gamzu, directeur du musée de Tel-Aviv, qui organisa l’exposition des Tapisseries de France en présence de l'artiste français, et avec le soutien financier de l’industriel Ephraim Ilin. Cette aventure aboutit à la création du premier atelier de tapisserie, à Nazareth-Ilit, dont l’existence fut éphémère (1964-1966) en raison de la crise économique précédant la guerre des Six Jours...
21:47 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jean lurcat, tapisserie, israel












