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21/12/2012

Rencontre avec Arié Eldad, un député sioniste révolutionnaire

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NB Le parti Otsma Le Israël est mal connu du grand public et victime de discrimination de la part des médias. Aussi je remets en ligne cette interview de son numéro 2 réalisée en 2009, qui n'a pas perdu, le lecteur en jugera, de son actualité. P.I.L

Arié Eldad n’est pas un député israélien ordinaire. Médecin dans Tsahal, il est entré très tard en politique, pour défendre ses idées et pour poursuivre, avec d’autres armes, son combat pour Eretz Israël. S’il est classé à la droite de l’échiquier politique, cela n’empêche pas qu’il soit apprécié par beaucoup de ses collègues de tous les partis, en raison de son honnêteté et de sa droiture. Il a déclaré un jour qu’il se battait chaque matin contre la création d’un Etat palestinien, qu’il considère comme un danger mortel pour Israël, et chaque après-midi contre la corruption, danger non moins grave… Rencontre avec un homme de convictions.

 

Arié Eldad me reçoit dans son bureau de la Knesset, à Jérusalem. Sur le mur, deux photos en noir et blanc traduisent mieux que de longs discours l’origine de son engagement politique : celle de son père, Israël Eldad, et celle du rabbin Aryeh Levin, le fameux « rabbin des prisonniers » de l’Irgoun et du Lehi, qui fut son « sandak », c'est-à-dire son parrain lors de sa circoncision. Eldad appartient en effet, comme beaucoup d’autres hommes politiques actuels, à la génération des enfants des fondateurs de l’Etat, et des combattants des organisations clandestines juives dont l’histoire est sans doute une des pages les plus glorieuses et les plus dramatiques de l’aventure sioniste au vingtième siècle.

 

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Le rabbin Aryeh Levin

Arié Eldad est entré en politique relativement tard, et pour des raisons bien particulières, comme il me l’explique d’emblée. Général de brigade dans Tsahal et ancien chef des services de santé de l’armée, il a repris son travail de médecin, après 25 ans sous l’uniforme. Lorsque la Deuxième Intifada a éclaté, en l’an 2000, il se trouvait à l’hôpital Hadassah Ein Kerem, à Jérusalem, qui était à l’époque surchargé de travail… « Nous avons accueilli plus de 3000 victimes d’attentats », se souvient Eldad, dont la spécialité – le traitement des brûlures – a malheureusement été très utile, pendant cette période difficile. C’est alors, m’explique-t-il, qu’il a compris qu’il était nécessaire de prévenir, au lieu de guérir… Et c’est cette conviction qui l’a décidé à abandonner la médecine pour se lancer dans la vie publique et dans la politique, avec cette idée fixe, qui ne l’a pas quitté depuis : « Si un Etat palestinien devait voir le jour à l’Ouest du Jourdain, les jours d’Israël seraient comptés »…


 

 

Arie ELDAD 1.JPGL’héritage du « Lehi » et d’Israël Eldad

 

On ne peut comprendre la personne et l’engagement d’Arié Eldad sans faire référence à son père, qui fut aussi son principal maître en politique, Israël Eldad. « J’ai hérité mon engagement politique de mon père », affirme-t-il. Eldad est en effet un cas exceptionnel dans la vie politique israélienne. Non pas tant parce qu’il représente la deuxième génération et qu'il a suivi la trace de ses parents : de très nombreux hommes et femmes politiques actuels sont dans le même cas (citons, parmi beaucoup d’autres, Ehoud Olmert, Dan Meridor ou Tzipi Livni). Mais toute la différence, dans le cas de la famille Eldad, est que le fils est resté fidèle aux idéaux du père…

 

Israël Eldad était une figure marquante du sionisme révisionniste et de son aile la plus radicale, voire révolutionnaire, incarnée par le Lehi (« Lohamei Herout Israël », parfois surnommé le « groupe Stern », du nom de son premier dirigeant, Avraham Stern, tué par les Anglais en 1942). Né en Galicie, il rejoint le Betar de Menahem Begin et Jabotinsky . Après son alyah, en 1941, il s’engage dans les rangs du Lehi et devient son porte-parole, puis un de ses trois dirigeants, à la mort de Stern, aux côtés d’Itshak Shamir et de Nathan Yellin-Mor. Docteur en philosophie, spécialiste de Nieztsche, et ami du poète Uri Zvi Grinberg, Israël Eldad a légué à son fils, outre l’engagement politique, l’idée que le sionisme ne s’arrête pas à la création d’un Etat, mais qu'il doit viser à la reconstruction du Temple !

 

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Avraham Stern

C'est au sein du parti Moledet, créé par Rehavam Zeevi z.l. (surnommé « Gandi »), qu'Arié Eldad a entamé sa carrière politique. « Gandi ne portait pas la kippa, mais c’était un Juif croyant », se souvient Eldad. Lui-même, comme son père et comme d’autres dirigeants du Lehi, appartient à la mouvance sioniste de droite non religieuse mais très profondément attachée à l’histoire d’Israël, à sa terre et à ses symboles. Eldad considère comme désastreuse l’idée de Benny Elon de fusionner le parti Moledet avec le Mafdal (parti national religieux), car cela écarterait les électeurs non religieux. C'est la raison pour laquelle il a récemment fondé le parti Hatikva, parti sioniste national, dont le programme correspond à celui de Moledet d'autrefois. Mais Eldad est bien conscient du danger d'éclatement de la droite en de multiples partis. Aussi il a souhaité que tous les petits partis de droite – Tekouma, Hatikva, Moledet et Eretz Israel Shelanou s'unissent au sein de la nouvelle version du parti Union nationale (Ihoud Léoumi).


Le danger mortel de la corruption politique

 

Je demande à Arié Eldad ce qu’il pense de Nétanyahou, et s’il lui fait confiance. « Je n’ai pas le moindre doute sur le fait que Nétanyahou est capable de créer un Etat palestinien », me répond-il, reprenant son thème de prédilection. Toute la question, selon lui, est de savoir si le Likoud pourra constituer une coalition de droite, avec le Ihoud Léoumi, ou s’il sera contraint de s’allier au parti Kadima ou aux travaillistes… Cette dernière alternative serait évidemment catastrophique, aux yeux d’Eldad. Il porte également un regard désabusé sur le Mafdal, le parti sioniste religieux, qui est trop modéré à ses yeux. « Ils ont toujours sacrifié la cause d’Eretz Israël à celle de l’éducation, se comportant ainsi comme les partis religieux non sionistes.

 

arie eldad,betar,knesset,élections,nétanyahouJe l'interroge pour savoir si Tsahal doit entrer à Gaza avec ses forces terrestres *. « Evidemment ! », me répond-il. Il se souvient des promesses d’Ariel Sharon, avant le « désengagement », affirmant que la situation sécuritaire d’Israël allait s’améliorer en conséquence du retrait de Gaza… « Nous avions alors averti que le terrorisme redoublerait, si Tsahal quittait Gaza, mais on ne nous a pas écouté, on nous a traités d’ennemis de la paix… ».  Faut-il alors retourner au Goush Katif ? « Oui ! », me répond Eldad sans la moindre hésitation. Car le modèle de la présence juive en Judée Samarie (et à Gaza jusqu’en 2005) constitue pour lui la seule solution pouvant apporter la sécurité à Israël : implantation juive et présence militaire. « Les localités juives du Goush Katif étaient la ceinture de sécurité de Sdérot et de tout le Sud d’Israël », martèle-t-il, et ce qui pouvait paraître il y a encore trois ans comme un slogan électoral a aujourd’hui la force de l’évidence…

 

Sharon illustre pour Arié Eldad le danger de la corruption politique, contre lequel il se bat sans relâche. Il se souvient avoir soutenu – avec l'ensemble de la droite sioniste et religieuse – Ariel Sharon lorsque celui-ci construisait des localités juives en Judée et en Samarie... Mais avec le recul, Eldal considère avoir commis une erreur tragique. « Tout le monde savait que Sharon était corrompu, bien avant le Goush Katif... Mais tant qu'il allait dans le bon sens, cela ne nous dérangeait pas...» La leçon qu'il tire de cet épisode est qu'il ne faut jamais accepter un gouvernement ou un dirigeant corrompu, indépendamment de ses idées politiques. Une leçon qu'il convient de méditer, à quelques semaines des prochaines élections.

 

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Pierre Itshak Lurçat (Photos : Sarah Lurçat)

EXTRAIT D'UN ARTICLE PARU DANS ISRAEL MAGAZINE, JANVIER 2009. POUR VOUS ABONNEZ A ISRAEL MAGAZINE CLIQUER ICI

Commentaires

Ceci a été un bon article. En plus, si vous avez besoin d'un hôtel visiter ce site web: http://www.marriott.fr/hotels/travel/nycbr-renaissance-new-york-hotel-57/

Écrit par : boutique hôtels à manhattan | 22/06/2011

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