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30/05/2011

Interview de Philippe Karsenty par Véronique Chemla

http://www.veroniquechemla.info/2011/05/interview-de-philippe-karsenty.html

Philippe Karsenty est un intellectuel Juif et un élu francilien. C'est un analyste des médias et le fondateur/directeur de Media-Ratings qui épingle les partis pris des médias français. En 2004, il a écrit que France 2 et Charles Enderlin avaient mis en scène l'incident al-Dura en 2000, dans la bande de Gaza. Il a été poursuivi pour diffamation. Il a perdu le procès en première instance en 2006, mais il a gagné devant la Cour d'appel de Paris en 2008. Grâce à lui, une partie des rushes de France ont été rendus publics. Philippe Karsenty a aussi gagné un procès pour diffamation contre la chaine française Canal +, en 2010. En 2008, il a été élu sur une liste de centre-droit comme conseiller municipal, adjoint au Maire de Neuilly-sur-Seine. Il est candidat pour l'élection des députés représentant les Français de l'étranger au sein de l'Assemblée nationale, une des deux chambres du Parlement français.


Cet article a été publié en américain par Ami magazine.
That article was published in American by Ami magazine.




Quelles sont les circonstances de votre candidature ?
Je mène une campagne électorale dans une circonscription nouvellement créée qui comprend les citoyens français vivant à l'étranger, principalement en Israël, en Italie, en Grèce et en Turquie. Les Israéliens représentent la part la plus importante de la population de cette circonscription.

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24/05/2011

Jabotinsky et le rav Kook

[Un rabbin ignorant du sionisme a prononcé récemment des propos insultants pour le Roch Betar, Jabotinsky, à l’occasion de Yom Ha’atsmaout. Je publie ici la traduction de quelques lignes écrites par Jabotinsky au sujet du rav Kook, avant même de le rencontrer, qui donnent une idée de l’attitude de Jabo envers le judaïsme. P.I.L.]

Jabotinsky_gallery1_big.jpg« Dans notre bataillon juif il y avait un jeune officier qui faisait partie de l’aumônerie – le ‘révérend Falk’, surnommé le « Padre », qui était le rabbin du bataillon 1. C’était un homme bon et courageux. Je me souviens d’une nuit dans les monts d’Ephraim 2, quand les Turcs nous bombardaient de leurs canons sans relâche : Falk nous rejoignit dans les tranchées. Il passa toute la nuit au milieu des soldats. La conséquence de son geste fut empreinte à la fois de naïveté et de sentimentalisme : le lendemain matin, lorsque les bombardements prirent fin, un soldat vint lui parler au nom du bataillon tout entier et lui dit : « Sir, en voyant de quelle étoffe est notre rabbin, nous avons décidé que dans notre unité, on ne fumerait plus le chabbat ».

C’est de la bouche de ce même rabbin Falk que j’entendis pour la première fois le nom du rabbin Abraham Itshak Hacohen Kook. Le rav Kook demeurait alors à Londres, et Falk était un de ses élèves. Il est difficile de décrire la relation entre le rabbin Falk et le rav Kook : dévouement ou estime sont des mots trop faibles. Il parlait du rav Kook non seulement comme d’un maître, mais comme d’un guide et d’un saint. Pendant des heures, il m’exposait la vision du monde religieuse et morale du rav Kook.

 

kook2.jpg

 

A mon grand regret je suis un ignorant complet en Torah, et je suis incapable de restituer toutes les paroles du rabbin Falk ; pourtant, même pour un ignorant, ses paroles ne me laissèrent pas indifférent. Pour la première fois dans ma vie spirituelle je découvris cette sphère ancienne, et pourtant nouvelle pour moi, qui cherche une réponse à nos problèmes les plus profonds et les plus complexes, précisément dans les pages de nos textes sacrés ; sphère qui expose à une signification première magique, cachée dans un verset ou dans un récit haggadique, même le plus ‘banal’ en apparence, et qui trace une ligne directrice pour notre conception des phénomènes modernes, touchant à l’individu et la société, à la morale et au monde matériel. Et même quelqu’un qui n’avait jamais rencontré le rav Kook ne pouvait pas ne pas ressentir que, derrière tout cela, il y avait une figure humaine exceptionnelle, de grande valeur ; un homme qui évoluait dans un monde particulier d’idées élevées et nobles, un homme qui édifiait sa vie quotidienne en vertu de commandements éternels et qui voyait dans chaque phénomène le plus minuscule le reflet de mystères pleins de merveilles, et l’ombre de la Chékhinah [présence divine]…

Extrait du beau livre de Simha Raz, Malakhim Ki-Bné Adam, Harav Avraham Itshak Hacohen Kook, éd. Kol Mevasser 1993.

Notes

1. Le rabbin Leib Isaac Falk (désigné tantôt le « révérend », tantôt le « Padre »), se lia d’amitié avec Jabotinsky et devint président honoraire du mouvement sioniste révisionniste à Sydney (Australie).

2. Cet épisode se déroule pendant la Première Guerre mondiale, lors de la conquête de la Palestine par les troupes du général Allenby. Jabotinsky, fondateur de la Légion juive, prit part aux combats de l’été 1918. Les Monts d’Ephraim sont situés en Samarie, au nord de Jérusalem.

13/05/2011

‘Gvourat Ha-Sabim’ – Les grands-parents héroïques

ravshimonrosenberg.JPGRav Ben IShai.jpgDeux images resteront gravées dans la mémoire de nombreux Israéliens, au lendemain de ce Yom Ha’atsmaout, 63e anniversaire de notre jeune Etat. La première est celle des enfants rescapés de la famille Fogel, à Jérusalem, assistant à la soirée du Yom Hazikaron, et du rav Yehouda Ben Ishaï s’exprimant devant le public des familles endeuillées réunies dans la piscine du Sultan, en bas des murailles de la Vieille Ville. La seconde est celle du rav Shimon Rosenberg, le grand-père du petit Moïchi dont les parents, chlou’him de Habad, ont été assassinés à Mumbaï il y a deux ans, qui a été choisi pour allumer un des flambeaux lors des célébrations officielles de l’Indépendance d’Israël.


medium_Drapeau_Etat_d_Israel_2.jpgEn revoyant ces images et en lisant dans Makor Rishon une interview du rav Rosenberg, je me disais qu’un même destin cruel avait rapproché dans l’épreuve ces deux hommes que bien des choses séparent a priori. Le premier, hassid de Habad, habitant Afoula au nord d’Israël (dans le « Emek Jézreel »), a accepté d’allumer le flambeau sur le mont Herzl, au cours de la cérémonie phare du sionisme laïc, bravant l’interdit de certains rabbins du mouvement Habad pour accomplir, selon ses termes, un « Kiddoush Hachem » (Sanctification du Nom), devant les plus hautes personnalités de l’Etat et devant des millions de téléspectateurs. Le rav Rosenberg n’était pourtant pas le premier Juif orthodoxe ‘haredi à participer à cette cérémonie, puisqu’il avait été devancé il y a quelques années par Yehouda Meshi-Zahav, fondateur de Zaka, l’organisation israélienne qui s’occupe des victimes d’attentats. Mais son geste était courageux et symbolique, car la ‘hassidout Habad demeure – malgré son engagement dans la vie publique israélienne – largement étrangère au sionisme politique et fidèle à l’engagement du dernier Rabbi, dont l’antisionisme militant (associé à un grand amour du peuple d’Israël) est un phénomène étrange et mal connu qui mériterait de longs développements.

emouna_10.jpgLe second, le rav Yehouda Ben Ishaï, rabbin et enseignant bien connu et respecté de la communauté francophone à Jérusalem, est un représentant du sionisme religieux le plus ‘orthodoxe’, disciple du rav Zvi Yehouda Kook qui enseigne notamment la pensée du Rav Kook (et son livre-phare Orot). Après l’horrible attentat d’Itamar, il y a deux mois, le rav Ben Ishaï et son épouse Tali ont décidé d’élever les trois orphelins de leur fille aînée Ruth, assassinée avec son mari et trois de leurs enfants par des terroristes en cette nuit de shabbat Vayiqra. Le rav Ben Ishaï est devenu dans ces circonstances tragiques une figure connue de tout le pays et il est ressorti grandi de cette épreuve terrible, prononçant à plusieurs reprises des discours qui ont marqué l’esprit de milliers d’Israéliens par la hauteur de sa réflexion et par la profondeur de sa émouna, sa ‘foi’ juive demeurée intacte malgré l’épreuve.

RAVROSENBERG.jpgLe rav Rosenberg et le rav Ben Ishaï font désormais partie tous les deux de la même grande « famille des endeuillés » et leurs visages de grands-pères se sont confondus cette année pendant ces journées de Yom Hazikaron et de Yom Ha’atmsaout. Ils représentent tous deux – avec leurs épouses – des dizaines de grands-parents israéliens qui sont redevenus - forcés et contraints par la haine meurtrière de nos ennemis arabes - des parents; à un âge auquel on se repose en général après avoir élevé ses enfants… Grands-pères et grands-mères courageux, ils se lèvent la nuit et accomplissent à nouveau tous les gestes les plus anodins habituellement réservés aux jeunes parents, pour respecter un vœu prononcé dans des jours de deuil et de larmes et pour empêcher que les terroristes ne triomphent, en élevant leurs petits-enfants et en permettant ainsi, au prix de combien d’efforts et d’un héroïsme quotidien, que la vie continue. Am Israël Haï !

P.I.Lurçat

 

 
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