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31.05.2011

"Réjouissez-vous avec Jérusalem", Yom Yerouchalayim -Itshak Lurçat

A l'occasion de Yom Yerouchalayim, 44e anniversaire de la réunification de notre capitale par les soldats de Tsahal et par la grace de D., je mets en ligne ces photos que j'ai prises il y a un an, qui illustrent mieux que des mots la joie que nous ressentons en ce jour si particulier... P.Itshak Lurçat.

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"Sur tes remparts, Jérusalem, j'ai posté des guetteurs" (Isaie, 62-6)

 

"De ton Sanctuaire, tu veilles sur Jerusalem" (Psaumes, 68-30)

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"Réjouissez-vous avec Jérusalem, et soyez dans l'allégresse a cause d'elle, vous tous qui l'aimez" (Isaïe 66)

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"C'est dans Jerusalem que vous trouverez votre consolation" (Isaïe 66)
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La Joie de Jerusalem.

Il y a une joie particulière aux habitants de Jérusalem, joie de ceux qui aiment cette ville et ont le privilège d'y vivre. « Réjouissez-vous avec Jérusalem, Exultez en elle, vous tous qui l'aimez!», dit le prophète Isaïe. Cette joie, on la ressent évidemment les jours de fête et de liesse populaire, comme le Yom Yeroushalayim. Mais on la ressent aussi les jours de semaine, dans la vie quotidienne des habitants de la ville sainte, car sa sainteté confère à ceux qui y vivent une qualité spirituelle particulière, comme ce « supplément d'âme » qui descend sur chaque Juif, le shabbat, et que l'on ressent à Jérusalem chaque jour. Ne dit-on pas que « L'air de Jérusalem rend plus sage ? »

Et même les jours de deuil et de malheur - comme lorsque nos ennemis tuent des Juifs dans les autobus et dans les rues, avec des bombes et des bulldozers - ils ne parviennent pas à effacer totalement cette joie particulière à Jérusalem. Tisha Be'Av, jour le plus triste du calendrier juif, commémore la destruction du Temple de Jérusalem. Ce jour-là, tous les Juifs du monde sont plongés dans le deuil et l'affliction, dans le jeûne et la prière. Or, à Jérusalem même, devant le Mur occidental du Temple, vestige de sa splendeur passée, le deuil qui devrait être plus tangible que partout ailleurs, n'est pas entier! Comme si, à l'affliction et à la tristesse de voir que le Temple n'est toujours pas reconstruit et que le Har Ha-Bayit est toujours occupé par une mosquée et foulé par nos ennemis, se mêlait un sentiment différent...

De même que nous cassons un verre pendant la cérémonie du mariage, pour signifier que la joie des époux n'est pas complète, en raison de la destruction du Temple, le deuil de Tisha Be'av n'est plus total aujourd'hui. Lorsque nous vivons cette journée à Jérusalem, au milieu de centaines de Juifs, venus des quatre coins du monde et accomplissant la promesse du Retour, nous sentons confusément que le Temple est en voie de reconstruction et que, même si nous ne sommes pas encore véritablement sortis de l'exil, nous sommes déjà dans une autre ère. A Jérusalem, mieux qu’en tout autre lieu, nous pouvons ressentir aujourd’hui – en prêtant bien l’oreille - au milieu du deuil, de la confusion et du chaos qui nous entourent, le son lointain, secret et encore imperceptible des pas du Messie.

Itshak Lurçat

30.05.2011

Interview de Philippe Karsenty par Véronique Chemla

http://www.veroniquechemla.info/2011/05/interview-de-philippe-karsenty.html

Philippe Karsenty est un intellectuel Juif et un élu francilien. C'est un analyste des médias et le fondateur/directeur de Media-Ratings qui épingle les partis pris des médias français. En 2004, il a écrit que France 2 et Charles Enderlin avaient mis en scène l'incident al-Dura en 2000, dans la bande de Gaza. Il a été poursuivi pour diffamation. Il a perdu le procès en première instance en 2006, mais il a gagné devant la Cour d'appel de Paris en 2008. Grâce à lui, une partie des rushes de France ont été rendus publics. Philippe Karsenty a aussi gagné un procès pour diffamation contre la chaine française Canal +, en 2010. En 2008, il a été élu sur une liste de centre-droit comme conseiller municipal, adjoint au Maire de Neuilly-sur-Seine. Il est candidat pour l'élection des députés représentant les Français de l'étranger au sein de l'Assemblée nationale, une des deux chambres du Parlement français.


Cet article a été publié en américain par Ami magazine.
That article was published in American by Ami magazine.




Quelles sont les circonstances de votre candidature ?
Je mène une campagne électorale dans une circonscription nouvellement créée qui comprend les citoyens français vivant à l'étranger, principalement en Israël, en Italie, en Grèce et en Turquie. Les Israéliens représentent la part la plus importante de la population de cette circonscription.

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24.05.2011

Jabotinsky et le rav Kook

[Un rabbin ignorant du sionisme a prononcé récemment des propos insultants pour le Roch Betar, Jabotinsky, à l’occasion de Yom Ha’atsmaout. Je publie ici la traduction de quelques lignes écrites par Jabotinsky au sujet du rav Kook, avant même de le rencontrer, qui donnent une idée de l’attitude de Jabo envers le judaïsme. P.I.L.]

Jabotinsky_gallery1_big.jpg« Dans notre bataillon juif il y avait un jeune officier qui faisait partie de l’aumônerie – le ‘révérend Falk’, surnommé le « Padre », qui était le rabbin du bataillon 1. C’était un homme bon et courageux. Je me souviens d’une nuit dans les monts d’Ephraim 2, quand les Turcs nous bombardaient de leurs canons sans relâche : Falk nous rejoignit dans les tranchées. Il passa toute la nuit au milieu des soldats. La conséquence de son geste fut empreinte à la fois de naïveté et de sentimentalisme : le lendemain matin, lorsque les bombardements prirent fin, un soldat vint lui parler au nom du bataillon tout entier et lui dit : « Sir, en voyant de quelle étoffe est notre rabbin, nous avons décidé que dans notre unité, on ne fumerait plus le chabbat ».

C’est de la bouche de ce même rabbin Falk que j’entendis pour la première fois le nom du rabbin Abraham Itshak Hacohen Kook. Le rav Kook demeurait alors à Londres, et Falk était un de ses élèves. Il est difficile de décrire la relation entre le rabbin Falk et le rav Kook : dévouement ou estime sont des mots trop faibles. Il parlait du rav Kook non seulement comme d’un maître, mais comme d’un guide et d’un saint. Pendant des heures, il m’exposait la vision du monde religieuse et morale du rav Kook.

 

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A mon grand regret je suis un ignorant complet en Torah, et je suis incapable de restituer toutes les paroles du rabbin Falk ; pourtant, même pour un ignorant, ses paroles ne me laissèrent pas indifférent. Pour la première fois dans ma vie spirituelle je découvris cette sphère ancienne, et pourtant nouvelle pour moi, qui cherche une réponse à nos problèmes les plus profonds et les plus complexes, précisément dans les pages de nos textes sacrés ; sphère qui expose à une signification première magique, cachée dans un verset ou dans un récit haggadique, même le plus ‘banal’ en apparence, et qui trace une ligne directrice pour notre conception des phénomènes modernes, touchant à l’individu et la société, à la morale et au monde matériel. Et même quelqu’un qui n’avait jamais rencontré le rav Kook ne pouvait pas ne pas ressentir que, derrière tout cela, il y avait une figure humaine exceptionnelle, de grande valeur ; un homme qui évoluait dans un monde particulier d’idées élevées et nobles, un homme qui édifiait sa vie quotidienne en vertu de commandements éternels et qui voyait dans chaque phénomène le plus minuscule le reflet de mystères pleins de merveilles, et l’ombre de la Chékhinah [présence divine]…

Extrait du beau livre de Simha Raz, Malakhim Ki-Bné Adam, Harav Avraham Itshak Hacohen Kook, éd. Kol Mevasser 1993.

Notes

1. Le rabbin Leib Isaac Falk (désigné tantôt le « révérend », tantôt le « Padre »), se lia d’amitié avec Jabotinsky et devint président honoraire du mouvement sioniste révisionniste à Sydney (Australie).

2. Cet épisode se déroule pendant la Première Guerre mondiale, lors de la conquête de la Palestine par les troupes du général Allenby. Jabotinsky, fondateur de la Légion juive, prit part aux combats de l’été 1918. Les Monts d’Ephraim sont situés en Samarie, au nord de Jérusalem.

18.05.2011

Le cul du Parti socialiste - par Jean-Patrick Grumberg

Une fois n'est pas coutume je reprends l'article de mon confrère JP Grumberg au sujet de l'affaire DSK, que d'aucuns comparent deja au capitaine Dreyfus (!) P.I.L

http://www.drzz.info/article-le-cul-du-parti-socialiste-par-jean-patrick-grumberg-74102908-comments.html#anchorComment

logo_ps.jpgIls ont du cul, de la chance, au Parti socialiste.

Ils trouvent des gogos, durement touchés par la crise, qui acceptent de croire que le parti de gauche, qui soutenait le candidat milliardaire DSK, peut les comprendre et les aider.


Grandissez et devenez adultes, les gogos. Regardez la débauche des derniers jours : sexe, fric et jet set. Vous allez vraiment voter pour cette gauche caviar diamants qui protège les nantis, Strauss Kahn, et crachent sur la classe défavorisée, la femme de ménage de l'hôtel ?

Vous allez encore une fois vous réveiller, étonnés d'avoir élu un candidat (lequel, c'est du pareil au même) tout empli du mépris hautain des grands de ce monde pour le petit peuple ?

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13.05.2011

‘Gvourat Ha-Sabim’ – Les grands-parents héroïques

ravshimonrosenberg.JPGRav Ben IShai.jpgDeux images resteront gravées dans la mémoire de nombreux Israéliens, au lendemain de ce Yom Ha’atsmaout, 63e anniversaire de notre jeune Etat. La première est celle des enfants rescapés de la famille Fogel, à Jérusalem, assistant à la soirée du Yom Hazikaron, et du rav Yehouda Ben Ishaï s’exprimant devant le public des familles endeuillées réunies dans la piscine du Sultan, en bas des murailles de la Vieille Ville. La seconde est celle du rav Shimon Rosenberg, le grand-père du petit Moïchi dont les parents, chlou’him de Habad, ont été assassinés à Mumbaï il y a deux ans, qui a été choisi pour allumer un des flambeaux lors des célébrations officielles de l’Indépendance d’Israël.


medium_Drapeau_Etat_d_Israel_2.jpgEn revoyant ces images et en lisant dans Makor Rishon une interview du rav Rosenberg, je me disais qu’un même destin cruel avait rapproché dans l’épreuve ces deux hommes que bien des choses séparent a priori. Le premier, hassid de Habad, habitant Afoula au nord d’Israël (dans le « Emek Jézreel »), a accepté d’allumer le flambeau sur le mont Herzl, au cours de la cérémonie phare du sionisme laïc, bravant l’interdit de certains rabbins du mouvement Habad pour accomplir, selon ses termes, un « Kiddoush Hachem » (Sanctification du Nom), devant les plus hautes personnalités de l’Etat et devant des millions de téléspectateurs. Le rav Rosenberg n’était pourtant pas le premier Juif orthodoxe ‘haredi à participer à cette cérémonie, puisqu’il avait été devancé il y a quelques années par Yehouda Meshi-Zahav, fondateur de Zaka, l’organisation israélienne qui s’occupe des victimes d’attentats. Mais son geste était courageux et symbolique, car la ‘hassidout Habad demeure – malgré son engagement dans la vie publique israélienne – largement étrangère au sionisme politique et fidèle à l’engagement du dernier Rabbi, dont l’antisionisme militant (associé à un grand amour du peuple d’Israël) est un phénomène étrange et mal connu qui mériterait de longs développements.

emouna_10.jpgLe second, le rav Yehouda Ben Ishaï, rabbin et enseignant bien connu et respecté de la communauté francophone à Jérusalem, est un représentant du sionisme religieux le plus ‘orthodoxe’, disciple du rav Zvi Yehouda Kook qui enseigne notamment la pensée du Rav Kook (et son livre-phare Orot). Après l’horrible attentat d’Itamar, il y a deux mois, le rav Ben Ishaï et son épouse Tali ont décidé d’élever les trois orphelins de leur fille aînée Ruth, assassinée avec son mari et trois de leurs enfants par des terroristes en cette nuit de shabbat Vayiqra. Le rav Ben Ishaï est devenu dans ces circonstances tragiques une figure connue de tout le pays et il est ressorti grandi de cette épreuve terrible, prononçant à plusieurs reprises des discours qui ont marqué l’esprit de milliers d’Israéliens par la hauteur de sa réflexion et par la profondeur de sa émouna, sa ‘foi’ juive demeurée intacte malgré l’épreuve.

RAVROSENBERG.jpgLe rav Rosenberg et le rav Ben Ishaï font désormais partie tous les deux de la même grande « famille des endeuillés » et leurs visages de grands-pères se sont confondus cette année pendant ces journées de Yom Hazikaron et de Yom Ha’atmsaout. Ils représentent tous deux – avec leurs épouses – des dizaines de grands-parents israéliens qui sont redevenus - forcés et contraints par la haine meurtrière de nos ennemis arabes - des parents; à un âge auquel on se repose en général après avoir élevé ses enfants… Grands-pères et grands-mères courageux, ils se lèvent la nuit et accomplissent à nouveau tous les gestes les plus anodins habituellement réservés aux jeunes parents, pour respecter un vœu prononcé dans des jours de deuil et de larmes et pour empêcher que les terroristes ne triomphent, en élevant leurs petits-enfants et en permettant ainsi, au prix de combien d’efforts et d’un héroïsme quotidien, que la vie continue. Am Israël Haï !

P.I.Lurçat

 

11.05.2011

Lettre ouverte à un rabbin qui ne célèbre pas Yom Ha’atsmaout

La population juive d’Israël, contrairement à l’image qu’en donnent souvent les medias (qui donnent presque toujours la parole aux franges ultra-laïque et ultra-religieuse minoritaires), est constituée dans sa grande majorité de Juifs traditionnalistes, pratiquant à des degrés divers mais respectueux de la tradition et des fêtes juives. Yom Ha’atsmaout est sans doute la fête la plus célébrée, qui unit dans une même ferveur et allégresse des Juifs de toutes obédiences, ‘datim et ‘hilonim, et même des Juifs orthodoxes parfois hâtivement qualifiés d’antisionistes. (Il suffit de voir le nombre de drapeaux bleu et blanc aux fenêtres des maisons de Bait Vegan à Jérusalem, pour s’en convaincre). En réalité, l’antisionisme juif religieux est largement, tout comme le sionisme marxiste du Hachomer Hatzair, une relique du passé…

 


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[Yom Ha'atsmaout a Tel-Aviv, photo P.I.Lurcat]

Dans ce contexte, il est affligeant d’écouter le cours du rabbin Ron Chaya, qu’un ami juif de France m’a envoyé hier, intitulé “Doit-on célébrer Yom Ha’atsmaout ?”. Je n’ai pas pour habitude de polémiquer avec des rabbins, sauf dans des cas exceptionnels. Ce cours, que j’ai visionné en plein jour de Yom Ha’atsmaout, m’a tellement choqué que j’ai décidé de faire exception à cette règle. Je ne ménage pas mes critiques envers certains dirigeants ou partis politiques israéliens, et pourtant je n’ai jamais pensé que l’on pouvait disqualifier certaines parties du peuple Juif en les qualifiant de “Erev rav”. Ce concept mystique doit être employé avec précaution, comme le rabbin Chaya devrait le savoir, et on ne peut s’en servir pour rejeter en bloc, comme il le fait, tous les penseurs sionistes et les dirigeants, actuels ou passés, de l’Etat d’Israël.

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La dernière partie du “cours”, dans laquelle il relate une ‘anecdote’ et compare Zeev Jabotinsky à Hitler (!), est une insulte aux disciples du fondateur du Betar, dont je fais partie, et au peuple Juif tout entier. Jabotinsky est aujourd’hui révéré par l’ensemble de la classe politique en Israël, y compris chez les héritiers de David Ben Gourion, qui avait autrefois employé les mêmes mots que le rabbin Chaya pour qualifier son redoutable opposant (alors même qu’il avait signé un accord avec lui en 1934, qui fut désavoué par son propre camp). Plus personne - sauf peut-être parmi les intellectuels d’extrême-gauche qui celèbrent la “Naqba” au lieu de Yom Ha’atsmaout - n’oserait aujourd’hui parler du Roch Betar en ces termes.

 

Je connais certes les légendes qui circulent dans le monde ‘haredi antisioniste sur nos grands hommes – Theodor Herzl notamment – qui sont décrits comme des Juifs assimilés détestant la religion dans le meilleur des cas, et comme des “faux Juifs” ou des représentants du “Erev rav”, pour reprendre les termes du rabbin Chaya. S’il prenait la peine d’étudier l’histoire du sionisme, au lieu de se contenter de colporter les rumeurs qui circulent dans certains milieux, il saurait que ces légendes ne valent pas mieux que celles que rapportaient autrefois les mitnagdim au sujet des Hassidim, ou que ces fausses rumeurs que nos ennemis ont diffusées à notre sujet pendant des millénaires, avec les conséquences que l’on sait.

herzl2.jpgHerzl était un grand Juif, un “nouveau Moïse”, comme l’a montré le Dr Weisz dans son ouvrage “Herzl, une nouvelle lecture”. Jabotinsky était lui aussi un Juif fier, certes éloigné de toute pratique religieuse (ce qui ne l’a pas empêché de se rendre chaque jour à la synagogue pendant l’année du décès de son père, mort alors qu’il avait seulement six ans, comme il le relate dans son Autobiographie, que j’ai eu le plaisir de traduire en français). Qualifier Herzl de “Erev rav”, ou accoler au nom de Jabotinsky celui du plus grand ennemi de notre peuple n’est pas seulement une insulte à tous les Juifs, disciples du Roch Betar ou non, c’est une insulte à l’intelligence. C’est une insulte qui porte atteinte au respect que l’on doit à nos grands hommes et, par ricochet, cette insulte rejaillit sur ceux qui prononcent de telles paroles.

M. Ron Chaya a le droit de ne pas fêter Yom Ha’atsmaout, de ne pas dire le Hallel, avec ou sans bénédiction, et de continuer à vaquer en ce jour sacré à ses occupations comme si de rien n’était… Il s’exclue ce faisant de la majorité de notre peuple qui, en Israël comme dans la Gola, se réjouit de voir la fin de notre exil et le début de notre délivrance, “Rechit Tsmi’hat Géoulatenou”. On m'objectera sans doute que ses propos sont des inepties ne méritant aucune réponse, mais cela serait une erreur. Car de nombreux jeunes Juifs qui ont soif de Torah et de connaissance vont étudier dans sa yéchiva, et ils sont exposés, entre deux pages de Guemara, à son fiel antisioniste. Le plus affligeant est de voir que le miracle de la création d’Israël et du Rassemblement des exilés est aujourd’hui reconnu par de plus en plus de personnes, juives ou non, et que ce sont précisément des rabbins de son obédience qui demeurent obstinément aveugles face aux Hauts faits de l’Eternel… Comme il est dit dans les Psaumes du Roi David, “Ils ont des yeux et ne voient pas, ils ont des oreilles et n’entendent pas..”. Hag Hatsmaout Saméa’h !

Pierre Itshak Lurçat

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