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19/09/2011

Les deux visages du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas

Docteur Mazen et Mister Abbas :

[Article paru en janvier 2011 qui reste d'actualité...]

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Quand Alain Finkielkraut se disait "impressionné par la sincérité du leader palestinien Mahmoud Abbas" et par sa "culture de la paix", lors de la récente visite de celui-ci en France, il ne faisait que reprendre un poncif véhiculé par les médias occidentaux depuis de nombreuses années. On peut bien entendu déplorer qu'un intellectuel comme Finkielkraut ne fasse pas preuve d'un minimum d'esprit critique, mais il faut dire à sa décharge qu'il est loin d'être le seul… Récemment encore, on a ainsi pu entendre l'écrivain et Prix Nobel de la Paix Elie Wiesel expliquer, sur les ondes d'une radio juive parisienne, que Mahmoud Abbas incarnait "l'aile modérée" palestinienne, avec laquelle Israël pouvait parvenir à la paix. Et même un spécialiste de géopolitique averti comme Frédéric Encel répète doctement, depuis plusieurs années, qu'Abbas est un "dirigeant courageux" qui a choisi la voix des négociations…. Mais, derrière ce langage convenu et ces clichés, quelle est la réalité ?

 

 

Un négationniste Premier ministre de la 'Palestine' ?

 

A la veille de la constitution du gouvernement palestinien dirigé par Mahmoud Abbas, en mars 2003, le docteur Rafael Medoff, spécialiste de l'histoire de la Shoah, publiait un article intitulé "Un négationniste Premier ministre de la 'Palestine' ?" Il y rappelait des faits bien connus (mais peu souvent mentionnés) concernant la formation universitaire de Mahmoud Abbas. Celui-ci a en effet achevé un doctorat à l'université Patrice Lumumba de Moscou, en 1982, portant sur le sujet "La connexion entre les nazis et les dirigeants sionistes, 1933-1945". Dans cette thèse, Abbas soutenait l'idée d'une collusion entre le sionisme et le nazisme et d'une responsabilité conjointe des sionistes et des nazis dans la Shoah.

 

Mais Abbas ne s'arrêtait pas là… Il contestait également le nombre de 6 millions de victimes juives de la Shoah, en citant notamment les travaux de "l'historien" Robert Faurisson ! Dans ces circonstances, on comprend pourquoi le docteur Medoff concluait son article de 2003 par ces mots : "Si Abbas est promu au poste de Premier ministre de l'Autorité palestinienne, la communauté internationale tout entière sera confrontée à la question de savoir si Abbas mérite d'être traité différemment de Tudjman, de Haider et de Le Pen". >>>


 

 

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Or, la réponse à cette question est que la communauté internationale a non seulement traité Abbas différement d'un Haider ou d'un Le Pen – en l'absolvant de son négationnisme – mais que certains Juifs et certains Israéliens se sont aussi prêtés à cette triste mascarade, en donnant au négateur de la Shoah palestinien un certificat de "cacherout" et de respectabilité. Selon le député israélien Arieh Eldad, le ministère israélien des Affaires étrangères et le State Department ont meme demandé au Centre Simon Wiesenthal de cacher toute information concernant le passé négationniste d'Abbas, avant la signature des accords d'Oslo, pour ne pas ternir la belle photo sur la pelouse de la Maison blanche !

 

L'incitation à la haine et l'objectif véritable d'Abou Mazen

 

oslo.jpgOn objectera sans doute que tout cela relève du passé et que Mahmoud Abbas – Abou Mazen a très bien pu évoluer et devenir un sincère partisan des négociations et de la paix (comme le prétendirent à l'époque les supporters des accords d'Oslo conclus avec Arafat). Mais l'examen attentif des prises de position du dirigeant de l'Autorité palestinienne depuis 2003 montre qu'il n'en est rien. Abbas est resté le même, tout comme Arafat qui, jusqu'à son dernier jour, demeura fidèle à ses engagements politiques et à sa conception du djihad contre Israël, n'hésitant pas à envoyer ses hommes, déguisés en membres du Hamas, commettre des attentats terroristes contre Israël, alors même qu'il était en train de "négocier la paix" avec Ehoud Barak à Camp David, comme l'a révélé récemment dans son livre extraordinaire l'espion israélien du Hamas, Mosab Hassan Yousef… *

 

Pour comprendre les intentions véritables de Mahmoud Abbas, il faut se référer à ses discours en arabe, et pas à ses déclarations politiquement correctes prononcées à l'intention des médias et des chancelleries en Occident. Abbas, comme Arafat autrefois – et même mieux que lui – a en effet su adopter le ton qui plaît aux occidentaux, celui d'un "pragmatique" et d'un "modéré" (le fameux "dirigeant courageux" vanté par des intellectuels juifs français atteints de myopie et de surdité…). Abbas sait dire ce qu'il faut pour continuer d'engranger la manne de l'aide occidentale, tout en refusant d'entamer les négociations avant d'avoir obtenu des concessions unilatérales d'Israël.

 

Mais dans le même temps, Abou Mazen promet à son peuple le djihad et glorifie les "martyrs", ces terroristes aux mains ensanglantées qui sont devenus sous son autorité les grands hommes de l'Etat palestinien en voie de constitution… Elie Wiesel peut bien louer le "modéré" Mahmoud Abbas, mais celui-ci tient exactement le même discours à son peuple que les "extrémistes" du Hamas, avec lesquels il n'a d'ailleurs pas de désaccord fondamental sur la stratégie et sur l'objectif final – une Palestine judenrein de la Méditerranée au Jourdain – mais uniquement sur les moyens pour y parvenir.

 

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Le double langage de Mahmoud Abbas, qui déclarait en 2003 "Il n'y a absolument aucune autre alternative que le dialogue", mais qui promet, en 2010, qu'il "n'autorisera aucun Israélien à vivre sur la terre palestinienne", n'est pas seulement la marque d'une duplicité fondamentale, ou d'un manque de sincérité. Il est aussi la preuve que le président Abbas est resté fidèle à la philosophie politique du Fata'h, celle de la "libération de la Palestine" par tous les moyens – à la fois par l'épée et par les négociations – selon la leçon apprise de son maître, Yasser Arafat de sinistre mémoire.

 

Pierre I. Lurçat

 

* Voir "Le Prince vert, du Hamas aux services secrets israéliens", Denoël 2010, dont nous avons rendu compte dans les colonnes d'Israël Magazine.

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