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28/10/2010

Le boycott culturel d'Israël : un nouveau "Statut des Juifs"?, Pierre Itshak Lurçat

 

JE REMETS EN LIGNE CET ARTICLE PARU IL Y A PLUSIEURS MOIS, EN GESTE DE SOUTIEN A L'ECRIVAIN YANN MOIX. P.I.L

A CINQ HEURES.jpgDisons-le d'emblée : l'affaire de la déprogrammation du film israélien "A cinq heures de Paris" par le réseau Utopia est l'expression de l'antisionisme le plus abject et le plus délirant, qui fleurit aujourd'hui en France et en Europe. La décision de ce réseau indépendant a été justifiée par sa directrice, Anne-Marie Faucon, comme un geste de "protestation contre l'agression israélienne contre des navires pacifistes" [sic]… Mais il s'agit en réalité d'un boycott culturel, qui rappelle le sinistre Statut des Juifs de 1940. (LETTRES D'ISRAEL)

 

Le plus affligeant dans cette affaire est que même ceux qui se sont élevés, à juste titre, contre ce boycott culturel du cinéma israélien, ont souvent cru bon d'ajouter que celui-ci était inutile puisque "les cineastes israéliens étaient majoritairement de gauche" (comme si cela changeait quelque chose…) et que leur protestation n'ôtait évidemment rien au caractère "criminel" du gouvernement israélien (terme employé par l'éditorial des Inrockuptibles). Les cinémas Utopia n'en sont pas à leur coup d'essai : ils avaient déjà défrayé la chronique cinématographique en publiant des textes virulents contre Israël, ce qui leur avait valu alors une réponse cinglante du critique Yann Moix, dont je reproduis un extrait.

"Ce sont les Brasillach d’aujourd’hui. Ils ne se déguisent plus en officiers allemands, avec des bottes et des insignes ; ils portent des sandalettes et se parfument au patchouli, aiment la poterie et les bougies bio. Ils sont très à gauche mais de la manière dont, dans les années quarante, on était très à droite. Ils ont la haine des juifs parce que les juifs représentent à leurs yeux la force impériale dark-vadorienne universelle. Croyant défendre la cause palestienne, ils exacerbent en réalité la haine des Israéliens ; dans leur misérable shaker intellectuel, où leurs idéologies ressemblent à leurs fromages qui puent, ces alter-bobos-mondialistes utopisés, inventent chaque jour, avec un vieux Tee-shirt « Sauvons le Larzac » très délavé, le visage nouveau de l’antisémitisme contemporain : celui des babas cools inoffensifs et intellos, cinéphiles et idiots, qui en voulant défendre des victimes réelles, définissent une manière inédite de vouloir, une fois encore et comme d’habitude, en finir avec tout ce qui est juif dans l’économie du monde".

Un film original et émouvant

Rien que pour cela, il faut aller voir A cinq heures de Paris. Vous ne serez pas déçus ! Ce film original et sans prétention du réalisateur Leonid Prudovsky est un petit bijou de cinéma populaire et de qualité. Il raconte une histoire d'amour impossible entre un chauffeur de taxi israélien, Igal (Dror Keren) et une professeur de musique d'origine russe, Lina (Helena Yaralova). Avec beaucoup de tact et de finesse, Prudovsky décrit la rencontre entre ces deux cœurs solitaires et l'éclosion de leur amour, jusqu'au dénouement, sur fond de musique française (car c'est un film francophile…). Ce film appartient à la vague contemporaine du cinéma israélien, qui montre un visage différent et très humain de la société israélienne, à mille lieues des films "engagés" (et souvent mauvais) des cinéastes favoris de la critique européenne, comme Amos Gitaï. Parmi les autres films récents de la même veine, citons "Sumo" de Sharon Maymon, ou encore "Tout commence à la mer", d'Eytan Green. Ces films ont en commun de raconter avec talent des histoires simples et de ne pas aborder les sujets politiques. Merci Leonid Prudovsky !

A cinq heures de Paris, film de Leonid Prudovsky avec Dorit Lev-Ari, Dror Keren, Vladimir Friedman. En salle en France le 23 juin.

25/10/2010

Soutien à Pierre-André Taguieff, cible d'une campagne de diffamation et d'intimidation

http://www.upjf.org/actualitees-upjf/article-19075-110-1-soutien-pierre-andre-taguieff-cible-campagne-diffamation-intimidation.html


taguieff.jpgIl nous paraît urgent d’apporter notre soutien à Pierre-André Taguieff (membre de l'équipe de rédaction de Drzz, note de JPG) face à la campagne d’intimidation et de diffamation qui se développe contre lui, visant à le discréditer et à le faire taire. Cette campagne, lancée le 18 octobre 2010, est d’autant plus odieuse qu’elle se fonde non pas sur un texte publié par le chercheur, mais sur une phrase de facture polémique qu’il avait lui-même supprimée de son « mur » de Facebook, en principe destiné à converser librement avec ses seuls « amis ». Ses discussions étaient en réalité surveillées par des professionnels de l’inquisition et de la délation. Tirant les leçons de cette intrusion dans un espace supposé privé, suivie par une campagne haineuse contre sa personne, Taguieff a choisi de quitter Faceboook dans la matinée du 22 octobre 2010. [DRZZ]

 

Jean-Philippe Desmet

 

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Chers amis,

Pierre-André Taguieff vient d’être interpellé par le MRAP et précisément par son Président Mouloud Aounit. De quoi s’agit-il ? D’une réflexion passagère posée sur son « mur » de Facebook à propos de Stéphane Hessel. Dans un forum très agité,   où se commente, avec la passion que l’on imagine et que l’on comprend, l’appel au boycott contre les produits israéliens auquel s’associe Stéphane Hessel, Pierre-André a tenté de modérer l’un des intervenants qui s’en prenait violemment à l’ancien ambassadeur. Citant Voltaire, « L’autre jour au fond d’un vallon,Un serpent piqua Jean Fréron ; Que croyez-vous qu’il arriva ? Ce fut le serpent qui creva », il a ajouté une phrase  malencontreuse : « Quand un serpent venimeux est doté de bonne conscience, comme le nommé Hessel, il est compréhensible qu'on ait envie de lui écraser la tête ».

Le retrait quasi immédiat de cette phrase par notre ami vaut pour regret. Elle a été remplacée par cette appréciation : « Stéphane Hessel aurait certainement pu finir sa vie d'une façon plus digne, sans appeler à la haine contre Israël, joignant sa voix à celles des pires antijuifs. Même le grand âge ne rend pas imperméable à la vanité, et ne met pas fin au goût d'être applaudi." On peut certes regretter l’outrance du premier propos, y voir l’illustration d’une polémique à chaud que l’effet Facebook, par sa confusion entre espace privé et espace public, ne fait qu’amplifier. Sortie de son contexte et malaxée, la formule est d’ores et déjà devenue  pour nombre de sites islamiques « Pierre-André Taguieff  a envie d’écraser la tête de Stéphane Hessel ».

On rit jaune quand on voit Mouloud Aounit déclarer que la formule de Taguieff est un «coup de poignard contre les militants de la paix ». Défiler avec des « militants de la paix » qui brûlent des drapeaux israéliens et en appellent à la disparition d’Israël ne le met apparemment pas en colère. Pour le moment, « Le MRAP demande avec force que le CNRS et l’IEP condamnent sans équivoque Pierre-André Taguieff ». Le Monde diplomatique prépare un article dont on imagine la tonalité sur les « dérives d’un penseur autrefois honorable… » Pierre-André Taguieff n’a pas stigmatisé une religion ou une population. L’affaire va peut-être tourner dans quelques sites islamistes et faire long feu. On peut l’espérer. Rien n’est moins sûr. On peut aussi s’attendre à une campagne qui rappelle celle qui a déjà visé certains écrivains qui ont violé le code du politiquement correct (Alain Finkielkraut, Éric Zemmour, etc). A la position de surplomb moral toujours affichée dans ces « affaires » par les censeurs, s'ajoute le terrorisme intellectuel et la dénonciation professionnelle auprès de l'employeur. Derrière les attaques contre la personne de Pierre-André, c’est en outre la campagne pour le boycott – aujourd’hui des « territoires occupés », demain de l’État d’Israël –  qui est relancée. Le politiquement correct a ses militants, ses avocats, ses indignés de la république. En cas d’offensive, il y aura bien d’autres causes – dont celle de la liberté – à défendre.

 

SIgné : le Comité de Soutien à Pierre-André Taguieff.

 

 

Historien des idées, philosophe et politologue, Pierre-André Taguieff, né en 1946, est directeur de recherche au CNRS. Il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont La Force du préjugé (1988), Les Fins de l'antiracisme (1995), La Nouvelle Judéophobie (2002), Prêcheurs de haine (2004), L'Imaginaire du complot mondial (2006), Les Contre-Réactionnaires (2007), La Judéophobie des Modernes (2008), La Nouvelle propagande antijuive (2010). Enfin, il fait partie de l'équipe de rédaction de Drzz.

Rejoignez le groupe de soutien sur Facebook (merci d'y inviter vos nombreux amis et d'en faire la pub en partageant la page sur votre mur Facebook

13:14 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : taguieff, facebook

22/10/2010

JCALL SUR AKADEM, Meir Ben-Hayoun

akadem.jpgEn corollaire à la polémique autour de Jcall qui agite le monde Juif depuis le mois de mai dernier, sur le site Akadem, la réunion publique de Jcall qui a eu lieu le 6 octobre dernier a été retransmise. Quelques instants après, suite à de vives protestations, elle a été retirée du site.

Akadem est le site culturel du Fond Social Juif Unifié, un site de très bonne facture offrant aux internautes francophones, des conférences de culture et d’histoire juives ainsi que d’actualité de très haut niveau. Toutefois, il est déploré par beaucoup que ce site, mis à la disposition de l’ensemble de la Communauté juive et financée par son organe de collecte le FSJU, fasse la part belle à certains courants d’expression au détriment d’autres courants juifs d’opinion, pourtant non moins représentatifs. D’une façon générale, on déplore qu’Akadem fasse un écho disproportionné au lien gordien judaïsme libéral/désaveu d’Israël.

En l’occurrence, il est reproché au site Akadem de s’être fait la caisse de résonnance aux personnalités et aux cercles proches de Jcall. La première réunion publique de Jcall à Paris qui a eu lieu le 6 octobre dernier à la mairie du 9ème arrondissement avait été filmée. (Voir notre article http://www.israel7.com/2010/10/reunion-publique-de-jcall-a-paris/)

Plusieurs personnes ont été consternées depuis que Daniel Cohen-Bendit, une des personnalités éminentes de Jcall, a signé un appel de solidarité avec des boycotteurs d’Israel qui passent actuellement en procès au Tribunal de Pontoise. Jusqu’à présent, les autres initiateurs de Jcall comme Maurice Zsafran, BHL ou Claude Askolovich, etc. n’ont toujours pas réagi à cet appel de Cohn-Bendit, ni pour le soutenir, ni pour s’en détacher.

Récemment, le site Akadem a mis à disposition de ses internautes la réunion publique de Jcall du 6 octobre dernier à Paris sur le lien suivant :http://www.akadem.org/public/streamvideo/

D. Cohn-Bendit était assis sur le podium parmi d’autres personnalités invitées. Or, voir le film de la réunion de Jcall du 6 octobre paraitre sur le site culturel de la Communauté juive a été une source d’émoi pour de nombreux Juifs qui en ont immédiatement fait part au responsable du site Akadem. Ils ont exprimé leur indignation par email et sur la page d’Akadem sur Facebook. L’administrateur d’Akadem a nié le fait que ce film était en ligne sur son site. Suite à ces échanges, le lien du film de la réunion publique de Jcall sur Akadem n’était plus disponible et disparaissait.

Jusqu’à présent, le responsable d’Akadem nie que le film vidéo de la réunion publique de Jcall était disponible sur leur site. Ceux qui ont vu ce film vidéo, affirment mordicus qu’il y était disponible jusqu’à hier soir, mardi 19 octobre sur le lien susmentionné avant d’y disparaitre comme par enchantement suite à leurs protestations.

 
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