31.08.2010
La rencontre Jabotinsky – Delcassé, 1915
Une occasion manquée pour la France au Proche-Orient
La diplomatie française au Proche-Orient est souvent, on le sait bien, faite de gesticulations sans grande portée. Pourtant, la France aurait pu jouer un rôle plus important dans notre région, à l'époque décisive de la Première Guerre mondiale, si seulement elle avait su saisir sa chance historique... En 1915, le mouvement sioniste cherchait un allié en Europe. La rencontre entre Vladimir Jabotinsky et Théophile Delcassé fut pour la France – comme le relate le dirigeant sioniste ci-dessous, une occasion manquée. Si le ministre français des Affaires étrangères de l'époque avait été plus intelligent, la face du monde aurait sans doute été changée… Le récit que fait Jabotinsky, avec son acuité et sa modestie coutumières, apporte un éclairage inédit sur une période essentielle dans la formation du Moyen-Orient contemporain. P.I.Lurçat
"Hervé me présenta au ministre des Affaires étrangères – le grand et célèbre Delcassé. Comme il n'est plus de ce monde, je ne souhaite pas dire des choses qui porteraient atteinte à sa mémoire, mais je ne veux pas non plus dissimuler mes impressions. Cette conversation m'a révélé pour la première fois un secret, qui s'est confirmé plusieurs fois par la suite lors de mes rencontres avec les grands de ce monde : chez les peuples bienheureux, qui ont un pays, des frontières et un gouvernement, il n'est pas besoin d'être un génie pour atteindre le sommet de l'échelon politique. Mais cela est autrement plus difficile chez nous, au sein du mouvement sioniste...
Par ailleurs, ce Delcassé était resté fidèle à l'ancienne école "classique" de la diplomatie : celle des adeptes du secret et du mystère, dont Talleyrand a résumé la doctrine dans une formule immortelle – "la parole a été donnée à l'homme pour déguiser sa pensée". Et peut-être cette doctrine avait quelque fondement dans le passé : mais en 1915, cet usage était déjà considéré comme infantile, et chacun sait que les meilleurs diplomates le tournaient en ridicule et se paraient, au contraire, d'un masque de sincérité artificielle. Mais la France, à cette époque, croyait encore à Racine et à Corneille...
Je ne voudrais pas exagérer le rôle que je jouai alors, rôle qui fut sans aucun doute de peu de valeur ; mais je suis absolument certain que ce matin-là, la France perdit, par la faute de ce même Delcassé, une chance qui, à ses propres yeux, n'était pas du tout dénuée de valeur. Je veux parler non seulement de la possibilité de créer une légion hébraïque dans le cadre de son armée, mais d'une chose encore bien plus importante. Avant ma visite, j'avais consulté le Dr Weizmann, qui était venu à Paris passer quelques jours. Il avait déjà entamé alors les négociations avec les hommes politiques de Londres, et il était déjà certain de leur sympathie. Le plus grand obstacle qu'il rencontra était leur crainte d'offenser le gouvernement français, s'ils osaient accomplir une démarche concernant l'avenir de la Terre Sainte. A cette époque, en effet, la tradition internationale remontant aux générations antérieures n'avait pas encore été enterrée, qui reconnaissait à la France un droit sur le littoral "syrien", de manière il est vrai peu claire et sans formulation précise. Weizmann souhaitait se rendre compte si, oui ou non, le gouvernement français avait une position précise quant à nos revendications, positive ou négative. Si elle était positive – alors nous serions contraints de mener les négociations sur deux fronts ; si non – alors nous concentrerions notre action diplomatique à Londres, en tentant de renforcer dans le cœur du public local la sympathie naturelle pour le rêve sioniste, et peut-être – et c'était le pas décisif – éveiller en Angleterre aussi 'l'appétit" en les habituant au son du slogan "British Palestine" et à l'idée d'une offensive militaire en Orient.
[SUITE]
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28.08.2010
Menahem Begin (en 1977) : « Qui tient la Judée et la Samarie tient la veine jugulaire d'Israël »
28 juin 2009

Première parution : The Jerusalem Post (11/9/2003)
Repris par Jewish World Review Sept. 17, 2003 / 20 Elul, 5763
Traduction française : Henri Orquera
Jimmy Carter, fermier cultivateur d’arachides, avait transformé la Maison Blanche en un établissement austère. En accord avec ses convictions calvinistes, il se moulait dans le rôle d’un citoyen-président. Il interdisait qu’on l’appelle Chef, avait presque supprimé le budget loisirs, vendu le yacht présidentiel, réduit la flottille de limousines, et, plus généralement, débarrassé son palais de toutes ses manières, artifices et prétentions. Il portait lui-même son attaché-case.
Aussi, lorsqu’il accueillit le Premier Ministre Menahem Begin à la Maison Blanche, en juillet 1977, avec une cérémonie aussi flamboyante que pour un roi, une salve de 19 coups de canon, une revue de tous les services armés et une parade chorégraphique de la Vieille Garde du Corps des Fifres et Tambours, en livrée blanche, de l’Armée Révolutionnaire, les médias estimaient, avec juste raison, qu’il s’agissait d’une marque de haute estime, ou de pure flatterie.
L’ambassadeur américain, Samuel Lewis, a confié qu’il s’agissait d’un peu des deux : «Le Président était persuadé qu’en traitant Begin avec du miel, il en obtiendrait bien davantage qu’avec du vinaigre.»
Et, de fait, les discussions avaient démarré d’une manière décente. Les deux dirigeants et leurs conseillers avaient échangé leurs points de vue sur des sujets aussi sensibles que les pourparlers de paix israélo-arabes de Genève, la mauvaise conduite soviétique dans la Corne de l’Afrique, et les menaces de l’Organisation Armée de la Palestine au Sud Liban. Ensuite, il y avait eu une pause, et quand le café avait été servi, le Président [américain] et le Premier Ministre [israélien] l’avaient siroté en silence, chacun jaugeant l’autre, comme si, d’un commun accord, ils se préparaient à ce qui allait suivre.
Ensuite, Begin présenta, d’une manière extrêmement détaillée, la croyance du Likoud au droit inaliénable du peuple juif sur la terre d’Israël. S’agissant du premier sommet entre un Premier Ministre du Likoud et un Président américain, Menahem Begin avait décidé que Jimmy Carter entendrait sa position à la source même.
Le Secrétaire d’État, Cyrus Vance, homme habituellement calme, commença à s’agiter en entendant dire qu’Israël ne renoncerait ni à la Judée, ni à la Samarie, ni à la bande de Gaza. Il soutenait que cela rendrait vain tout plan de paix pour une conférence de Genève.[...]
22:22 Publié dans Heroisme juif | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : israel, usa, menahem begin, carter
25.08.2010
Courrier International boycotte la littérature israélienne
"Le premier blog littéraire franco-israélien" : c'est ainsi que j'avais intitulé mon blog littéraire "Lettres d'Israël", créé en janvier 2008 sur le site de Courrier International. J'y rendais compte de l'actualité littéraire et y publiais mes recensions et interviews. En deux ans et demi d'existence, je peux me flatter d'avoir publié de nombreux portraits d'écrivains (Haim Gouri, Etgar Keret, Yehoshua Kenaz…) et interviewé en exclusivité plusieurs auteurs, comme par exemple Zeruya Shalev. [photo ci-contre] J'ai aussi été un des premiers à rendre compte du beau livre de Tatiana de Rosnay, Elle s'appelait Sarah (devenu depuis lors un best-seller international !) ou de celui de Gerald Tenenbaum, L'Ordre des jours (tous deux parus aux editions Héloïse d'Ormesson). Mon blog était un des plus fréquentés parmi ceux hébergés par le site Courrier international… jusqu'au mois de juin 2010.
Le 26 juin dernier, j'ai reçu un message anonyme (une lettre anonyme !) m'annonçant que le "service d'hébergement de blogs" était interrompu… Naïvement, j'ai pensé que cette mesure concernait l'ensemble des blogs et j'ai cherché un autre hébergeur (sans pouvoir transférer la totalité de mes posts, ce qui aurait représenté un travail de Sisyphe…). Mais, rentrant de vacances quelques semaines plus tard, j'ai constaté que cette mesure de "fermeture" visait uniquement mon blog ! Courrier International (que j'avais choisi pour héberger mon blog car son nom était pour moi synonyme d'ouverture d'esprit et de tolérance… cruelle erreur !) continue d'héberger des blogs algériens, tunisiens, africains ou polonais…. Mais le blog Lettres d'Israël est fermé, en application de la politique inique et raciste du boycott d'Israël !
Les responsables du site n'ont même pas eu la décence de me signifier les motifs de leur décision discriminatoire et scandaleuse (ce qu'ils auraient bien entendu été en mal de faire, sans avouer leur turpitude…). Mais il ne fait aucun doute à mes yeux qu'il s'agit d'un nouvel épisode du boycott culturel d'Israël. Un ami me faisait remarquer qu'il n'était pas étonnant que cette mesure de boycott émane de Courrier International, qui publie uniquement les articles de la presse israélienne d'extrême-gauche (Ha'aretz) et en particulier les articles de Gideon Levy (que P.A. Taguieff qualifie de "l'un des plus exaltés des accusateurs professionnels d'Israël"). Un peu comme si un journal israélien prétendait rendre compte de l'actualité française en se fondant uniquement sur les éditoriaux de Minute ou de L'Humanité…
J'ai souvent dénoncé dans les colonnes de mon blog la stupidité et l'inanité du "boycott culturel", notamment à l'occasion de la récente déprogrammation du beau film "À cinq heures de Paris" par le réseau indépendant Utopia. Je qualifiais à l'époque le boycott culturel de "Nouveau Statut des Juifs", sans me douter que j'en serais bientôt la nouvelle victime… Mais je continuerai d'écrire sur la littérature, israélienne notamment, dans les colonnes de mon nouveau blog, et partout où il restera possible d'écrire librement. Ceux qui empêchent des Israéliens de s'exprimer, dans des colloques universitaires (comme dans l'affaire de ma collègue Esther Orner), ou sur des blogs doivent savoir qu'ils trouveront face à eux tous les amis de la liberté, liberté d'écrire et de penser, liberté des écrivains et de la plume. Je continuerai quant à moi d'écrire et de me battre avec ma plume contre les ennemis de la liberté !
Pierre Itshak Lurçat, Jérusalem
NB Retrouvez mon nouveau blog LETTRES D'ISRAEL sur Overblog!
ZERUYA SHALEV, PHOTO P.I.LURCAT
14:41 Publié dans Antisemitisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : boycott, israel, courrier international, litterature
24.08.2010
ISLAMISATION - Et les associations juives, quand se réveillent-elles ?
EXCELLENT ARTICLE DE RIPOSTE LAIQUE QUI POSE UNE QUESTION IMPORTANTE. J'y avais apporté des éléments de réponse dans mon article "Les Juifs pro-minarets", publié au lendemain de la votation suisse, critiquée par le grand-rabbin Bernheim. J'y écrivais notamment les lignes suivantes, qui n'ont malheureusement rien perdu de leur actualité... PIL
"L'attitude du rabbin Bernheim est d'autant plus incongrue qu'il incarne au plus haut point la survivance de cette idéologie aujourd'hui désuète – dans ce qu'elle a de plus démodé mais aussi de meilleur – que fut le franco-judaïsme. Or rien n'est plus contraire à l'esprit du franco-judaïsme que l'idée selon laquelle les religions pourraient s'exhiber en public – comme le font les Musulmans à Paris tous les vendredis, transformant des rues entières en mosquées – et causer des nuisances, sonores ou autres, à leurs concitoyens par l'appel public à la prière du haut des minarets.
J'ai du mal à croire que M. Bernheim, Juif érudit et Français cultivé, ignore tout cela... En rejetant le vote d'une majorité de citoyens suisses, de concert avec les élites politiques et médiatiques en France, il accrédite aussi l'idée fausse et dangereuse que les Juifs appartiendraient aux élites et seraient coupés du peuple, donnant ainsi raison à ceux qui critiquent la lutte exclusive contre l'antisémitisme d'organisations et de personnalités juives, qui restent étonnamment muettes face au racisme antiblanc et anti-occidental qui sévit aujourd'hui en France et en Europe..."
APERO REPUBLICAIN 4 SEPTEMBRE
Et les associations juives, quand se réveillent-elles ?
lundi 23 août 2010, par Salomon Edzot
Fidèle lecteur de votre journal (et parfois modeste contributeur), je me félicite de votre initiative du 4 septembre. Je trouve en effet que c’est une bonne idée, quelques semaines après votre apéro saucisson-pinard très controversé (j’étais sur les Champs-Elysées, et j’avais trouvé cela très bien) de reprendre immédiatement l’initiative, et d’avoir choisi cette date pour commémorer le 140e anniversaire de la naissance de la IIIe République. 70 ans après l’appel du 18 juin, 140 ans après la naissance du 19 juin, il ne vous reste plus qu’à trouver quelque chose, en 2011, qui marque un 210e anniversaire. Je vous souffle une idée : le concordat de 1801 !
Je redeviens sérieux, malgré tout. J’ai bien regardé les noms des associations qui appelaient à cette initiative. J’ai lu que la liste n’était pas close. Je l’espère bien, car des absences me posent problème. Et l’une d’elle particulièrement : les associations juives ! Elles ne sont pas concernées par la montée de l’islam, et par l’ampleur de son offensive contre la République laïque ? Elles n’ont pas remarqué que la montée de l’antisémitisme, en France, progressait avec le détricotage de notre République une et indivisible ? Les revendications communautaristes des musulmans, la progression du voile, y compris chez les fillettes, le débat sur la burqa, l’offensive du halal, les mosquées où on enseigne la charia, les prières dans les rues, le refus de la mixité à l’hôpital, les manifestations en faveur de Gaza où on crie "Mort aux Juifs", et où on brûle le drapeau d’Israël en le nazifiant, cela ne les fait pas sortir de leur sommeil ?
J’avais vu avec plaisir que des loges du Bnai Brith avaient invité des représentants de Riposte Laïque à plusieurs conférences. C’est fort bien, mais cela suffit-il ? C’est dans la rue qu’il faut se montrer, et les associations juives auraient tout à gagner à sortir de leur isolement, et à se joindre à cette initiative, qui défend des idéaux partagés par la majorité des Juifs qui se reconnaissent dans la République laïque, une et indivisible.
J’espère qu’au moins on verra nombre d’entre eux le 4 septembre, et que des associations juives vont se réveiller, et signer cet appel. C’est juste notre survie, et surtout celle de nos enfants, sur le territoire français, qui est en jeu...
Salomon Edzot
11:44 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : islam, france, juifs, crif
17.08.2010
Vous avez dit Abou Ghraib ? Pas de vacances pour la désinformation… P.I.Lurçat
"Scandale de type Abou Ghraib en Israël", titre le site France 2, citant Ha'aretz. France 24 est plus explicite " "Une officier israélienne se met en scène aux côtés de prisonniers palestiniens"… En fait de mise en scène, la soldate en question, Eden Abergel, s'est contentée de se faire photographier devant des prisonniers palestiniens – assis sur des parpaings les yeux bandés – et de publier les photos sur son profil Facebook. Quel rapport avec Abou Ghraib ?
Comme le rappelle justement le site Rue89, l'affaire Abergel est "beaucoup moins choquante" que celle de la soldate américaine Lyndie England, qui avait posé en compagnie de détenus torturés dans la prison américaine d'Abou Ghraib. A Abou Ghraib, il s'agissait effectivement de sévices et d'humiliations (ah… la fameuse humiliation arabe !) et de photos obscènes, prises par des soldats aux tendances sadiques.
Rien de tout cela dans "l'affaire Abergel" : Eden Abergel est simplement une soldate israélienne qui, dans un moment de désœuvrement, a pris des photos où elle pose devant des prisonniers palestiniens, qui ne sont ni torturés ni humiliés et qui ont l'air aussi bien portants qu'un Gazaoui ventripotent en période de "siege"… Le seul 'crime' d'Eden Abergel est d'avoir posté ses photos sur Facebook, qui est – comme chacun sait – un endroit public où tout est partagé.
Ce qui est choquant dans ce "petit Abou Ghraib" [selon Rue89], c'est l'empressement avec lequel les journalistes occidentaux accusent Israël de tous les maux et établissent des comparaisons injustifiées, sans même prendre la peine de vérifier les faits, uniquement pour le 'plaisir' de critiquer l'Etat juif. Rue89 écrit à ce sujet, citant un bloggeur, qu'Eden Abergel, comme Lyndie England, est devenue un visage pour la "banalité du mal" (allusion au nazisme, reprenant une expression fameuse de la philosophe juive allemande Hannah Arendt). Voila le fin mot de l'histoire : comment une banale affaire de photos innocentes postées sur Facebook devient un acte d'accusation contre Israël, émule des Nazis…
LIRE LA SUITE SUR UPJF.ORG
http://www.upjf.org/actualitees-upjf/article-18750-114-2-...
10:17 Publié dans Antisemitisme | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : israel, abou ghraib, desinformation
06.08.2010
La barrière de sécurité, les pacifistes juives et les violeurs arabes : une fable israélienne
Dans un volume de sa grande fresque, Le Palais des Vases brisés, qui se déroule à Jérusalem dans les années 1920-1930, le romancier israélien David Shahar décrit le personnage ridicule mais très réaliste de Léa Himmelsach, Juive allemande pacifiste pétrie de bonnes intentions, qui harangue les foules arabes et tente vainement de leur inculquer les rudiments de la théorie marxiste de la "lutte des classes". Un jour, croisant une jeune paysanne Arabe enceinte, suivant son père monté sur un âne, elle tente de leur expliquer que c'est à l'homme de marcher à pied pour laisser sa fille se reposer… Mal lui en prend : elle est insultée et rouée de coups par la jeune femme, indignée que cette Juive maudite ait porté atteinte à l'honneur de son père !
Je me suis souvenu de Léa Himmelsach en lisant ce matin dans Makor Rishon un article intitulé "Stage confidentiel pour les manifestantes gauchistes de Biliin : comment affronter les agressions sexuelles de leurs camarades palestiniens". L'article, signé Ishai Friedmann, décrit les multiples agressions sexuelles (incluant des tentatives de viol) subies par les militantes de gauche, qui participent chaque vendredi aux manifestations contre "l'occupation" aux côtés de jeunes Palestiniens, aux yeux desquels les Israéliennes légèrement vêtues qui viennent les soutenir sont des femmes de mœurs légères, en un mot : des catins. Dans certains cas, les notables arabes du lieu ont prié instamment les manifestantes de venir dans une tenue "décente" pour ne pas porter atteinte aux valeurs de l'islam et entraîner la jeunesse musulmane dans la "débauche"… Dans d'autres cas, ce sont les jeunes Arabes eux-mêmes qui ont profité de la foule et des gaz fumigènes au milieu desquels se déroulent les manifestations pour voir de plus près ce que les manifestantes israéliennes cachaient sous leurs courtes jupes…
Cet épisode illustre le fossé culturel qui sépare la société arabe de la société juive en Eretz-Israel, fossé qui existe depuis le début du sionisme politique et qui a été souvent décrit par des reporters et des écrivains. Ce qui est nouveau et intéressant – et presque amusant, n'ayons pas honte de le dire – dans l'affaire de Biliin, comme dans le roman de Shahar, c'est que ce sont précisément les militantes de la gauche radicale, venues sympathiser avec les Arabes et les soutenir dans leur "juste combat contre l'occupation", qui sont victimes à leur tour des agressions sexuelles de leurs camarades et qui découvrent le sexisme et le mépris des femmes qui règnent dans la société arabe.
Cette histoire qui ressemble à une fable pourrait bien servir de parabole pour illustrer la situation d'Israël au Moyen-Orient et l'attitude des gauchistes israéliens, prêts à subir toutes les humiliations pour venir en aide aux "pauvres Palestiniens"… Lorsque les femmes de la gauche radicale tel-avivienne arrivent à Biliin, avec leur minijupe et leurs bons sentiments, pour manifester contre le "mur" (la barrière de sécurité, qui empêche les terroristes kamikazes de rentrer en Israël, comparée par la propagande propalestinienne au mur de Berlin), elles se heurtent à un mur bien plus haut et infranchissable : celui du statut de la femme dans la société arabo-musulmane.
De la même manière, à une autre échelle et avec des conséquences bien plus graves, lorsque nos hommes politiques et nos dirigeants viennent, munis de leurs intentions pacifiques et de leur mauvaise conscience occidentale, offrir aux Palestiniens sur un plateau la moitié de notre pays, ils se heurtent (et c'est une chance pour Israël) au mur du refus et de l'intransigeance arabe. Car aux yeux des Arabes palestiniens, du Hamas comme du Fata'h, les Barak, les Pérès et même les Netanyahou qui multiplient les concessions unilatérales et sont prêts à tous les renoncements pour obtenir un "accord de paix" ne valent guère mieux que les "sharmoutot" juives [sic] de Biliin et d'ailleurs…
Nos voisins arabes n'ont aucun respect pour la femme qui montre ses cuisses, ni pour l'homme politique qui dévoile sa faiblesse et renonce à sa propre terre en vue d'une paix hypothétique. Je ne sais pas si les manifestantes gauchistes de Biliin retiendront quelque chose du stage organisé par des assistantes sociales pour leur apprendre à affronter les violeurs arabes. Mais j'espère que nos dirigeants, eux, apprendront un jour à se comporter face à nos ennemis, et retiendront la leçon. Car nos voisins arabes, malgré leurs mœurs cruelles et primitives, leur mépris de la femme, leur haine des Juifs et de l'occident, ont sans doute quelque chose à nous apprendre sur la manière de mener des négociations et de défendre l'honneur national.
Pierre Itshak Lurçat
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16:33 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : israel, palestiniens, biliin, pacifistes, viol, arabes











