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Notre ami Klugman, Par Guy Millière (Metula News Agency)

Klugmoche.jpgL’avocat parisien Patrick Klugman avait déjà marqué ses préférences en s’associant à l’Initiative de Genève et à J Call. Il s’était, en outre, révélé incapable de donner correctement la réplique au très antisémite Marc-Edouard Nabe en direct à la télévision.

Cela ne l’empêche pas d’adopter, de temps à autres, une posture qu’il affectionne particulièrement : celle du donneur de leçons. Par cet exercice de haut vol, Klugman tente de se concilier tout le monde, mais finit par présenter ce qui ressemble à s’y méprendre à des troubles de la perception.

Dès lors qu’il est un membre directeur du Crif, où, effectivement, toutes les sensibilités sont représentées, c’est sur le site du Comité Représentatif des Institutions Juives de France lui-même qu’il a élu cette fois-ci de sévir.

Le texte qu’il y présente s’intitule « Eaux troubles à Gaza ». Klugman a effectivement l’impression que ce sont les eaux qui sont troubles, sans s’apercevoir que les eaux sont parfaitement limpides, mais que sa vision, elle, en revanche…

Le texte commence par traiter de la « gageure à laquelle il faut se risquer » et promet une « analyse froide ».

La gageure, on la découvre sans effort dès les première lignes : on pourrait même parler de défi pleinement relevé, consistant à écrire un texte censé défendre Israël, tout en donnant l‘impression qu’on fait l’inverse.

Témérité oblige, à force d’insister pour se dire « sioniste et pro-palestinien », Klugman pourrait fort bien, s’il poursuit sur cette voie, en arriver à oublier la première partie de la proposition.

Quant à l’analyse, dans l’article en question, elle demeure introuvable, à moins que je ne sache plus ce que c’est qu’une analyse.

La froideur (sang froid, impartialité ?) n’est pas décelable non plus : je la remplacerai avantageusement, pour la précision de l’argument, en parlant de tiédeur, molle et sinueuse à en donner la migraine.

A « flottille » de soutien au Hamas, Klugman préfère la définition d’ « expédition maritime » : qu’en termes galants ces choses là sont dites !

Décidément fin limier, Klugman s’empresse d’ajouter que, oui, tout de même !, ce « n’était certainement pas un simple convoi humanitaire ». On ne peut qu’être séduit par tant de perspicacité.

Le fait qu’il ne s’agissait pas d’un convoi humanitaire, ajoute-t-il, « n’excuse en rien sa funeste fin » - c’est le lobe propalestinien du cerveau de Klugman qui s’exprime -, mais, poursuit-il, « l’explique en partie », Klugman se souvenant soudain qu’il ne peut pas être trop ouvertement hostile à Israël tout en étant membre du Comité exécutif national du Crif.

Après une explication de ce qu’est et de ce que n’est pas l’aide humanitaire, semblant tirée d’une copie de première année d’un étudiant en droit, Klugman, visiblement très bien informé, précise - attention scoop ! - : « La défiance [des participants à la flottille. Ndlr.] vis-à-vis des autorités israéliennes était une des données de l’expédition ».

On reste à nouveau sans voix devant pareille découverte !

Suivent une citation tirée du Monde, et une autre venue d’Aljazeera : mais pas de celles relatant l’intention revendiquée de gens montés à bord du Mavi Marmara de devenir « martyrs », non.

Klugman, prudent, ne désire pas, citant des professions de foi prononcées par les islamistes eux-mêmes, que quelqu’un puisse le taxer d’islamophobie dans les salons parisiens du Mrap et d’Sos Racisme.

Aujourd’hui, après que Jean-Paul Ney dans la Ména eût décrit les manifestations propalestiniennes de soutien à la flottille, à Paris, et ses slogans "je hais la France !" et "Juifs dans les fours !", il suffit de relater certains aspects de la réalité pour passer immédiatement pour un islamophobe ou un anti-palestinien. Ce qui n’est pas le cas de Klugman, qui l’affirme lui-même.

Klugman, c’est l’immense hauteur de vue et le courage intense. Que l’on retrouve dans la formule : « sans jugement aucun porté sur l’action ». Et dans cette déduction, dense et lucide : les « animateurs » de l’ « action » ont fait prévaloir « l’aspect politique » sur « l’aspect humanitaire ». Ouah !

Autrement dit – suivez mon regard et ne le poussez pas à dire ce qu’il n’a pas dit ! -, Klugman établit qu’il y avait bel et bien une dimension humanitaire, mais qu’il y avait, néanmoins, aussi et sans doute, une intention politique.

Puis, c’est un mot de Klugman sur la présence à bord de commanditaires dont « l’islamisme ne fait pas question », ce qui m’amène, n’ayons pas peur des mots, à parler d’audace de la part de l’avocat.

Mais le lobe propal de Klugman compense aussitôt, lui faisant admettre que le blocus de Gaza peut être jugé « inepte et excessif », et il impose une « souffrance » aux Gazaouis.

Autrement dit, en clair - seconde condamnation d’Israël dans le texte -, Israël a tort et prend des décisions ineptes et excessives.

Des décisions qui ne seraient pas prises si, plutôt que d’être avocat à Paris, Klugman était ministre du gouvernement israélien.

Israël fait souffrir les Gazaouis qui, l’homme de robe a raison, peuvent moins facilement faire la bombe, comme on disait avant l’imposition du blocus, pour parler de leurs soirées festives.

Le lobe propalestinien de Klugman reprend la parole : « c’est la moindre des choses » de « vouloir exprimer sa solidarité avec les Palestiniens qui vivent dans une situation de misère et de frustration qui n’est pas contestable ».

Certes, c’est vraiment la moindre des choses ! Contre un Israël ignoble au point d’infliger ces souffrances à ces pauvres gens si doux et si charmants !

klugman.jpg

Maître Patrick Klugman

"C’est quand même tout autre chose !"

Puis, derechef, le lobe Crif de Klugman, songeant que l’autre est allé un peu loin intervient : « lancer des bateaux civils dans un théâtre de guerre larvée pour rompre un blocus », c’est quand même « tout autre chose ».

Ah oui : tout autre chose ! En rhétorique, soit on a le sens de l’économie du verbe superfétatoire soit on ne le possède pas. Vive ceux qui peuvent être concis et éviter que l’on saisisse exactement ce qu’ils entendent exprimer, sans se couvrir de préciosité et de ridicule ![...]

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Commentaires

  • Un "bobo" juif est avant tout un "bobo" !

    Il fallait oser l'écrire :

    [ ... Mais comment ne pas prendre en compte l’hypothèse selon laquelle le pouvoir israélien aurait voulu reproduire à l’échelle de la flottille, ce qu’avait été au début de l’année 2009 l’opération Plomb durci, justement à Gaza, à savoir un usage bref et extrêmement violent de la force dans un but dissuasif – qui en l’occurrence n’a jamais été atteint- en dépit de pertes en vies humaines importantes, toutes proportions gardées, dans un cas comme dans l’autre ? Comment écarter la possibilité, que les israéliens aient choisi d’assumer la confrontation qui leur était imposée par les militants propalestiniens histoire de faire comme on dit, un exemple ... ]

    Peu importe que la tentation de donner des conseils soit irrésistible, puisque la faculté de les ignorer est universelle.

    Être conscient de ce que l’on est est le seul moyen de ne pas trop se tromper sur ce que l’on peut faire ! La principale source de problèmes c’est la distance entre ce que l’on est vraiment, et ce que l’on pense être. Souvent, on observe une distance entre le comportement d’un individu et son discours. Le comportement est lié à ce qu’il est, et son discours à ce qu’il pense être !

    Etre authentique, c’est ne pas renier sa nature, au profit des circonstances, des relations, des expériences. Chercher à être responsable et assumer chaque instant de notre vie, sont aussi des manières d’être authentique. On a pas envie d’être coupable d’erreurs ou de fautes. Cela donc nous force à l’introspection, pour déterminer si ce que nous faisons est en accord avec nos principes et notre nature.

    Notre identité profonde se fonde sur la conviction que l'homme est peu de chose sur cette terre et qu'il doit rejeter toute trace d'orgueil et de vanité qui lui font oublier sa finitude.

    Pourtant, ainsi que disait Émile Touati (zal) : " Après la Shoah, nous aurions dû être vaccinés, surtout nous les juifs, contre toutes les vanités et les hochets liés à la richesse, aux titres, au statut social, aux performances physiques ou mondaines, à la foire médiatique. Nous aurions dû apprendre, non pas l'humilité mais la discrétion, la réserve, une certaine distance à l'égard de ce monde clinquant et de toc qui nous a trahis ".

    Le " am Israël " forme un seul corps , comme nous l’enseignent nos sages. Israël est le point de convergence de toutes les forces du Judaisme, car d’Israël a jailli et jaillira encore la lumière de la Torah et de la parole divine. La loi qui fut donnée pour nous unir ne doit pas aboutir à diviser les pratiquants d’Israël et ceux de la Diaspora. Ce lien avec la Terre et le Peuple se renforcera si l’unité se réalise autour de la Torah.

    Un peu hors-sujet, quoique ... je ne peux résister à ce petit cadeau !

    http://judaisme.sdv.fr/histoire/historiq/morejud/morejud.htm

    Le serment "more judaïco" et son abolition en Alsace
    par Lazare LANDAU.

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