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25.02.2010

Tsahal, armée la plus morale du monde ? - Pierre Itshak Lurçat

Sans être un fervent lecteur du journal Ha'aretz – pain quotidien des élites israéliennes postsionistes – je dois reconnaître que le commentateur militaire Amos Harel a raison lorsqu'il écrit, au sujet de la réponse d'Israël aux accusations calomnieuses du rapport Goldstone, que "l'affirmation répétée comme un mantra selon laquelle Tsahal serait l'armée la plus morale du monde" est problématique. Non pas certes, comme le pense sans doute Harel, qu'elle soit fausse... Au contraire ! Où a-t-on vu dans le monde une armée qui envoie des SMS aux habitants des immeubles qu'elle s'apprête à bombarder ? Si cette invention israélienne avait pu être utilisée à Londres, à Dresde ou à Hiroshima, elle aurait épargné la vie de millions d'être humains pendant la Seconde Guerre mondiale.

 

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Cette affirmation est problématique précisément parce qu'elle est vraie. Elle pose un problème important, sans doute crucial, qui est celui de la morale et de la guerre. Nous autres Juifs, avons une fâcheuse tendance à nous complaire dans la posture de la victime, cédant ainsi à une tendance inhérente à la tradition juive (ou judéo-chrétienne). Nous avons certes le droit de nous flatter d'avoir une armée composée de soldats au visage humain, et non de soudards, qui est aussi efficace – sinon plus – pour sauver des vies humaines à Haïti que pour lutter contre le Hamas à Gaza. Mais cela ne doit pas nous faire perdre de vue que le but premier de Tsahal, comme de toute armée au monde, est de défendre et de protéger nos citoyens et notre Etat, et pas de gagner d'improbables concours de moralité…

 

Cette problématique n'est pas nouvelle, loin s'en faut. Dans un article éclairant paru après la Deuxième Guerre du Liban dans la défunte revue Forum Israël, Eliezer Shargorodski avait montré comment les penseurs et dirigeants sionistes avaient depuis longtemps été écartelés entre deux conceptions de la morale. La première, d'inspiration judéo-chrétienne, abhorrait le recours à la force qu'elle considérait comme un danger mortel pour les "valeurs juives". Cette conception, autrefois très minoritaire, était défendue par des intellectuels juifs allemands renommés, comme Martin Buber et Hermann Cohen. Elle s'incarna dans un courant sioniste-pacifiste, dont les représentants furent à l'origine de la création de l'Université hébraïque de Jérusalem. Ces intellectuels poussèrent leur logique jusqu'à ses conséquences ultimes : Buber, un temps proche de Herzl, s'éloigna de lui pour soutenir la création d'un Etat binational, préférable selon lui à un Etat juif pour ne pas léser les droits des habitants arabes.

 

 

L'importance vitale du militarisme juif

 

La deuxième conception fut défendue par des hommes de plume et par la majorité des penseurs sionistes. L'écrivain Haïm Brenner ironisait ainsi, en 1919, sur le pacifisme de certains intellectuels, écrivant : "Doit-on s'enorgueillir de ne pas avoir de poings ?" Jabotinsky, de son côté, comprit très tôt l'importance vitale de l'autodéfense juive (à l'époque du pogrome de Kichinev) et fut le fondateur de la Légion juive, ancêtre de Tsahal. Son militarisme n'était toutefois pas le fruit d'un amour invétéré pour le métier des armes, mais d'une analyse froide et lucide de la situation du peuple juif. Dans son Histoire de la Légion juive, Jabotinsky relate ainsi cette anecdote, que lui avait racontée le dirigeant sioniste Nahum Sokolov. En vacances en Suisse, ce dernier rencontra un Lord écossais, auquel il fit état de sa participation au Congrès sioniste."Ah oui?", lui dit l'Ecossais, "c'est intéressant, mon frère aussi fait partie de ce mouvement..." Intrigué, Sokolov le pressa de questions, et finit par comprendre que le Lord écossais confondait le sionisme et le végétérianisme !

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Aux yeux des non-Juifs, conclut Jabotinsky, sionisme et végétérianisme, en 1901, étaient des choses similaires, c'est-à-dire d'innocentes utopies sans portée pratique sur les affaires du monde. Pour que le sionisme – et le peuple Juif – existent sur la scène mondiale, il fallait qu'ils deviennent une puissance militaire. C'est cette conclusion qui amena le leader sioniste révisionniste à œuvrer sans relâche pour constituer la Légion juive, première force armée juive depuis l'époque des Maccabées, qui combattit dans les rangs de l'armée anglaise en Palestine pendant la Première Guerre mondiale et joua un rôle décisif dans la proclamation de la Déclaration Balfour.

 

Ce rappel historique est important pour comprendre que le militarisme juif, loin d'être une régression dans l'histoire de notre peuple – comme voudraient nous le faire croire certains chantres de la "paix maintenant" – est une étape indispensable de la régénération du peuple Juif, réduit au cours de son long exil à la condition de fantôme et de paria, dont l'existence était dépendante du bon vouloir de ses voisins. Tsahal, lorsqu'elle est utilisée à bon escient – et non pas, à D. ne plaise, pour chasser des pionniers juifs de leurs maisons – n'est pas seulement une armée comme les autres,  voire plus morale, ou plus efficace : elle est l'Armée de Défense d'Israël, qui se bat pour le Kiddouch Hachem, la Sanctification du Nom. Elle est, pour paraphraser une expression fameuse du rav Abraham Itshak Hacohen Kook, parlant de l'Etat d'Israël (avant même sa création !) "le fondement du siège de la royauté divine dans le monde".

 

Pierre Itshak Lurçat

(Article paru dans Ashdod Aujourd'hui, publication du groupe ISRAEL MAGAZINE)

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17.02.2010

Le patron qui a redonné au Mossad sa fierté

www.upjf.org

Le superman d’Israël.» C’est en ces termes que le quotidien égyptien Al Ahram décrivait le 17 janvier Meïr Dagan, le tout-puissant directeur général du Mossad (les renseignements extérieurs israéliens). Ce compliment inhabituel dans un journal arabe n’est pas isolé. Il s’ajoute à ceux des commentateurs israéliens et anglo-saxons qui ont, ces derniers mois, transformé le Memouneh (le pseudonyme du patron du Mossad) en une icône vivante. (S. Dumont - Le Temps.ch)

Meir_Dagan.jpgRare longévité

Nommé en 2002 par Ariel Sharon, qui souhaitait se séparer d’Ephraïm Halevy – un espion jugé trop « diplomate » et pas suffisamment « barbouze », Meïr Dagan, 65 ans, a vu son mandat constamment prolongé depuis lors. Une performance inégalée dans l’histoire de l’Etat hébreu où les dirigeants du Mossad ne restent jamais plus de trois ou quatre ans en fonction.

Cette longévité professionnelle s’explique par les velléités iraniennes de se doter de l’arme nucléaire et par la montée de l’islam radical. Deux « menaces existentielles » pour les dirigeants de l’Etat hébreu. Et deux fronts pour le Mossad qui peut désormais recruter à tour de bras et décroche régulièrement des rallonges budgétaires destinées aux opérations sur le terrain.

« Avant l’ère Dagan, le Mossad faisait figure de parent pauvre. L’Aman [renseignements militaires] ainsi que le Shabak [sûreté générale] pesaient plus que lui. En tout cas, leurs avis étaient plus écoutés », affirme un chercheur dans un institut d’études stratégiques. « Mais l’Aman s’est discrédité par la mauvaise qualité de ses informations durant la deuxième guerre du Liban [été 2006]. Quant au Shabak, il est certes toujours focalisé sur le Hamas mais l’Intifada est bel et bien terminée. » Les experts attribuent de nombreux succès au Mossad. Le dernier en date est la « liquidation », le 20 janvier dernier à Dubaï, de Mahmoud al-Mahbouh, l’un des fondateurs de la branche armée du Hamas chargé de sa logistique. Mais depuis la nomination de Meïr Dagan, les agents de l’Etat hébreu sont également soupçonnés d’avoir, le 13 février 2008, « liquidé » le chef de la branche militaire du Hezbollah Imad Mugnieh, puis, six mois plus tard, le général Mustafa Suleiman, un conseiller militaire du président syrien Bachar el-Assad chargé des contacts avec le Hezbollah.

LIRE L"ARTICLE EN ENTIER SUR LE SITE DU TEMPS

10.02.2010

Est-ce illégal d'appeler au boycott des produits israéliens ?

Bon article qui rappelle que le boycott est illegal en France

http://www.rue89.com/2010/02/10/est-ce-illegal-dappeler-a...

NPA_Boycott.jpgAprès avoir appelé au boycott de produits israéliens élaborés dans les territoires occupés, une association pro-palestinienne est convoquée par la police judiciaire d'Orléans le 10 février. Boycotter est-il un acte illégal ?

Basile Safadi, président de l'association Palestine 45, n'en revient pas. En organisant une semaine d'exposition sur la Palestine à la Maison des associations d'Orléans, en décembre dernier, il ne s'attendait pas à finir au commissariat.

Il est en effet convoqué le 10 février à la police judiciaire de la ville. Objet de l'audition : un panneau que Palestine 45 a exposé durant la semaine d'exposition. Sur celui-ci, l'association appelait au boycott de fruits en provenance d'Israël produits dans les territoires occupés.

Le président de Palestine 45 assure pourtant que l'association a fait preuve de bienveillance :

« Le premier jour, des personnes nous ont demandé de retirer ce panneau qui les dérangeait. Nous nous sommes exécutés sur le champ. Mais le samedi suivant, des bénévoles qui n'étaient pas au courant de cet échange ont ressorti le panneau. Le Crif a alors demandé ma convocation au commissariat. »

 

La mairie, de son côté, précise qu'elle avait demandé dès le premier jour de l'exposition le retrait du panneau. Un employé précise :

« Le maire a reçu un courrier du Crif. Il lui a ensuite répondu, précisant qu'il avait avait fait le nécessaire pour que le panneau soit retiré et qu'il regrettait ce qui s'était produit. »

 

Les appels au boycott d'Israël sont pourtant nombreux et fréquents. Lors de la « guerre des 33 jours » en 2006 ou pendant l'offensive Plomb durci à Gaza l'an passé, de nombreux emails circulaient sur la Toile, encourageant le boycott de certaines marques finançant l'État d'Israël.

Le boycott, un acte puni par la loi française et la CEDH

Pour le Conseil représentatif des juifs de France (Crif), cette action est interdite par la loi. Il a donc envoyé une lettre au Garde des sceaux afin de lui faire part de son mécontentement. Le ministère de la Justice s'est montré très réceptif à sa demande, comme l'explique son porte-parole, Guillaume Didier :

« Nous avons la volonté d'être ferme contre les appels à la discrimination, il est normal que l'association soit convoquée au commissariat. »

 

Car pour l'État français, le boycott engendre bien une discrimination, acte puni par la loi. Selon l'article 225-1 du code pénal :

« [La discrimination] commise à l'égard d'une personne physique ou morale, est punie de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende lorsqu'elle consiste à entraver l'exercice normal d'une activité économique quelconque. »

 

Mais l'interdiction ne s'arrête pas là, et Guillaume Didier le précise que l'appel au boycott est également sanctionné par l'article 4, alinéa 8 de la loi du 25 juillet 1981.

C'est au nom de cet article de loi que l'ancien maire de Seclin (Nord), Jean-Claude Willem, avait été condamné en 2009 pour avoir appelé au boycott des jus de fruits israéliens dans les cantines de la ville. Condamné par la Cour de cassation, il avait ensuite fait appel à la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH). L'organe communautaire avait confirmé le verdict français, condamnant l'homme politique à une amende de 1 000 euros pour provocation à la discrimination nationale, raciale et religieuse.

Le porte-parole du ministère de la Justice assure que plusieurs enquêtes sont actuellement en cours en France pour le même motif :

« Il y en a à Bordeaux, Mulhouse, Paris et Pontoise. Je ne sais pas qui elles concernent exactement, mais la loi est claire : ni les personnes, ni les associations, ni les élus n'ont le droit de boycotter ou d'encourager cet acte. »

 

La convocation de Basile Safadi le désole. Pour lui, appeler au boycott est un moyen d'attirer l'attention sur les conditions de vie dramatiques dans lesquelles vivent les Palestiniens :

« Nous ne souhaitons que le dialogue. C'est mon devoir en tant que citoyen français de dénoncer les agissements de l'État d'Israël en Palestine. Si l'État veut nous empêcher de nous exprimer, c'est très grave. »

 

Pour le porte-parole du ministère de la Justice, l'argument n'est pas recevable :

« Les gens peuvent tout à fait critiquer la politique de l'État israélien. Mais il faut bien établir une distinction entre l'expression d'un point de vue et l'appel un acte de discrimination. »

 

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