Avertir le modérateur

25/12/2009

Une nouvelle guerre civile israélienne ?

 

Dans la paracha que nous lirons demain, nous assistons aux retrouvailles émouvantes entre Joseph et Yehouda, qui scellent la réconciliation entre les frères ennemis. Mais cet épisode de l'histoire biblique ne signifie pas que les différends internes au peuple juif auraient miraculeusement pris fin. Toute notre histoire est en effet jalonnée par les scissions, les conflits idéologiques ou politiques, qui ont parfois pris la figure d'affrontements sanglants et d'une véritable guerre civile intrajuive. L'histoire moderne d'Israël – depuis les débuts du sionisme politique jusqu'à la création de l'Etat et au-delà – est elle aussi marquée par des conflits incessants, dont nous vivons aujourd'hui le dernier épisode en date.

 

Shavei SHomron.jpgLa mort tragique d'un habitant de Chavé Chomron – localité juive portant le nom tellement évocateur et lourd de sens de "Ceux qui reviennent en Samarie", construite sur les ruines de l'antique ville de Chomron, ancienne capitale du royaume de Judée – tué par des assassins arabes à 500 mètres d'un barrage militaire supprimé sur ordre du ministre de la Défense, en signe de "bonne volonté" pour récompenser les Palestiniens (de quoi ?) et pour plaire aux Américains, est la dernière et tragique illustration de l'aveuglement des dirigeants israéliens – de droite comme de gauche, car Barak et Nétanyahou sont exactement du même avis – lorsqu'ils font passer la guerre politique contre leurs opposants avant l'impératif vital de défense de tous les citoyens d'Israël.

 

barak bibi.jpg

 

Plus de quatre ans après le traumatisme de l'expulsion des familles juives du Goush Katif – dont beaucoup sont toujours privées d'habitation – sur l'ordre du Premier ministre Ariel Sharon, qui se trouve toujours entre la vie et la mort, comme s'il avait été frappé d'un terrible chatiment divin, les leçons de cet épisode tragique n'ont pas été tirées. Bien au contraire : le ministre de la Défense Ehoud Barak voudrait, avec l'encouragement des élites postsionistes qui dirigent les principaux médias et la Cour suprême, parachever la sinistre entreprise de déjudaisation du cœur historique et spirituel d'Eretz Israël, en expulsant des milliers de familles juives de Judée et de Samarie pour édifier, à D. ne plaise, un nouveau Hamastan à quelques kilomètres de Tel Aviv et de Jérusalem...

 

tanktef.jpgL'avenir dira si ces projets funestes aboutiront, ou si le peupe d'Israël, hostile dans sa majorité à cette politique, parviendra à les contrecarrer. Le récent débat sur les yechivot hesder a montré une nouvelle fois que les forces vives de la nation – ces jeunes hommes qui allient l'étude de la Torah au service militaire dans les unités d'élite – sont devenus l'ennemi à abattre pour l'establishment politique incarné par les deux Barak. En voulant utiliser nos soldats pour ses basses besognes politiques, Ehoud Barak détruit non seulement les meilleures unités de Tsahal, qui se sont illustrées et ont versé leur sang au Liban en 2006 et à Gaza il y a un an, mais il risque aussi de détruire toute notre armée et d'entamer l'esprit de sacrifice des meilleurs de nos fils. Un récent sondage a montré que la majorité des Israéliens considéraient les habitants de Judée-Samarie comme les nouveaux Hasmonéens. Prions pour que l'esprit des Makkabim triomphe encore une fois contre celui des Mityavenim et contre la volonté autodestructrice d'une partie des élites israéliennes ! Netsa'h Israël lo-Yishaker.

Itshak Lurçat

 

10/12/2009

Amos Kenan et le paradoxe israélien - Itshak LURCAT

Amos Kenan, décédé le 4 août dernier, était un artiste aux talents divers (journaliste, dramaturge, sculpteur), représentant de la "génération de 1948" – dont les rangs s'amenuisent – et membre du Lehi (groupe Stern) devenu un militant pacifiste, adhérent du mouvement cananéen de Yonathan Ratosh et postsioniste avant l'heure... Il était surtout l'incarnation du paradoxe israélien, à la fois politique et culturel, dans ses relations ambivalentes avec la tradition juive, avec la terre d'Israël et avec le peuple juif. Portrait d'un artiste pétri de contradictions.

 

Kenaz1.jpgComme tous les représentants de la génération de 48, Kenan a été marqué avant tout par la guerre d'Indépendance, la plus difficile et la plus meurtrière des guerres d'Israël. Né à Tel-Aviv en 1927, dans une famille laïque socialiste, il a fréquenté le mouvement de jeunesse Hachomer Hatzair. Mais dans les années de combat contre la puissance mandataire, il rejoint les rangs du Lehi, organisation clandestine dissidente de l'Irgoun. Premier paradoxe : on range souvent le Lehi parmi les mouvements de "droite", voire d'extrême-droite, alors que beaucoup de ses membres rejoindront après l'Indépendance la gauche, voire l'extrême-gauche de l'échiquier politique (comme Nathan Yellin-Mor, qui fut un des trois dirigeants du Lehi, après la mort de son fondateur, Yair Stern, aux côtés d'Itshak Shamir et d'Israël Eldad).

STERN.jpg
Avraham STERN

 Amos Kenan est lui aussi un exemple d'ancien du Lehi qui a évolué vers la gauche pacifiste : dès 1956, après la campagne de Suez, il se joint au "groupe d'action sémite", un des premiers mouvements politiques à proposer la création d'un Etat arabe entre la mer et le Jourdain, avant même le tournant de 1967. Après la guerre des Six Jours, Kenan sera parmi les fondateurs du Conseil pour la paix israélo-palestinien. Mais son engagement politique va bien au-delà de la question territoriale ou du combat pour la "paix", dont on fait aujourd'hui l'alpha et l'oméga (ou l'aleph et le tav) de la politique israélienne, en oubliant tout le reste... Kenan milite ainsi au sein du mouvement cananéen, fondé par le poète Yonathan Ratosh, qui prône la création d'une culture hébraïque coupée des racines juives et l'insertion d'Israël dans le Moyen-Orient [voir encadré].

 

Kenan, sculpteur.jpgIl est cependant un artiste tout autant qu'un militant, et c'est en France, où il séjourne entre 1954 et 1962, qu'il s'adonne à ses deux principales passions, la sculpture et le théâtre. Une de ses pièces sera adaptée par Maurice Béjart. Kenan inspire aussi à l'écrivain Christine Rochefort son livre Le repos du guerrier, qui sera adapté à l'écran par Roger Vadim en 1962. De ses années françaises, Kenan gardera un amour prononcé pour la cuisine, la bonne chère, et aussi pour la "dive bouteille"... Il publiera en 1970 Le livre des plaisirs, inspiré par l'esprit hédoniste de son séjour parisien. De retour en Israël, il se fait connaître en tant que chroniqueur de presse, et surtout comme satiriste, notamment dans les colonnes de Ha'aretz. Amnon Dankner le considère comme un des journalistes les plus talentueux de sa génération.

 

 

La culture israélienne et le rejet de la tradition juive

 

Amos Kenan illustre aussi et surtout le paradoxe de la culture et de l'intelligentsia laïque israélienne, partagée entre ses racines juives (qu'elle ignore ou rejette souvent), son admiration pour l'Occident et son attirance ou sa nostalgie d'un Orient, réel ou imaginaire. Il n'est pas anodin qu'il ait appartenu au courant cananéen – dont l'importance a été bien plus grande qu'on ne le soupçonne généralement. A travers le rêve d'une culture hébraïque "libérée" du passé juif, c'est en effet toute l'ambivalence du projet sioniste laïque qui se fait jour. La question posée par les "cananéens" est celle de l'identité culturelle du jeune Etat, tiraillé entre des aspirations contradictoires et entre des conceptions radicalement opposées du peuple Juif et de son patrimoine. Israël est-il un peuple, une langue, une religion, un Etat, une culture ? Les questions apparues dès le début du mouvement sioniste – et bien avant, avec l'émancipation et la Haskala – continuent de se poser avec une acuité renouvelée après 1948, et en fait jusqu'à nos jours.

 

David Shahar, photo de Yehoshua Glotman.JPGIl est intéressant de comparer Kenan à un autre écrivain israélien de sa génération, qui a plusieurs traits communs avec lui : David Shahar. Tous deux sont des sabras, le premier né à Tel-Aviv, le second à Jérusalem. Tous deux rejettent la religion juive. Et tous deux ont séjourné plusieurs années en France, pays dont ils ont aimé la langue, la nourriture et les femmes. La ressemblance s'arrête toutefois là. Shahar n'a jamais milité dans aucun parti ou mouvement politique, même s'il a pris position, à la fin de sa vie, contre le processus d'Oslo. A la différence de Kenan. Shahar trouvait aussi une source d'inspiration dans la thématique de la kabbale, même s'il ne lui attribuait aucune signification religieuse. Cela ne l'empêcha pas de dépeindre sous des traits féroces les Juifs orthodoxes de Méa-Chéarim, quartier où il avait passé son enfance.

 

 

 Un écrivain pacifiste poseur de bombes...

 

Amos Kenan, lui, ira bien plus loin encore : non content de militer pour un Israël laïque, il commettra un attentat à la bombe contre le ministre des Transports, David Zvi Pinkas. Arrêté et jugé, il sera finalement relaxé par "manque de preuves" ! Certains commentateurs ont vu dans cet épisode – souvent oublié par les articles retraçant la vie de Kenan – la preuve du parti-pris des médias israéliens, qui auraient trop facilement pardonné à l'écrivain pacifiste son attentat politique... Cet épisode obscur montre en tout cas que la violence politique n'a jamais été l'apanage d'un seul camp en Israël (on pourrait même démontrer qu'elle a plus souvent été utilisée par l'establishment de gauche que par ses opposants, mais cela fera l'objet d'un autre article).

 

Amos Kenan (photo yael Bardachi).jpgPar-delà la polémique politique, Kenan illustre en tout cas l'ambivalence du projet politique et culturel israélien, tant par ses côtés lumineux que par ses côtés obscurs, sous ses multiples facettes. L'écrivain engagé, combattant de l'Indépendance devenu pacifiste, amoureux d'Eretz-Israël militant pour une paix illusoire, soldat du Lehi au visage rabelaisien, journaliste satiriste et provocateur détestant la religion et aimant par-dessus tout la bonne chère : par tous ses aspects, des plus élevés aux plus bas, des plus admirables aux plus antipathiques, mesquins, voire aux plus dérisoires, il était profondément israélien.

 

 

Itshak LURCAT

 

Livres d'Amos Kenan parus en français : La route d'Ein Harod (Albin Michel), Holocauste II (Flammarion).

 

(ARTICLE PARU DANS VISION D'ISRAEL) 

 

 

Le mouvement cananéen

 

Le mouvement cananéen – dont Kenan fut membre – a été actif sur une période qui va des années 1930 aux années 1970. Son influence politique et culturelle a été considérable, et continue de s'exercer aujourd'hui, dans une certaine mesure. Le projet cananéen est à la fois politique et culturel, et peut se définir comme visant à faire renaître la nation hébraïque antique, en rompant tout lien avec le judaïsme de la diaspora. Son fondateur, le poète Yonatan Ratosh (Ouriel Halperin de son vrai nom), était un ami d'Avraham (Yair) Stern, dirigeant mythique du Lehi. Ratosh fut le rédacteur en chef du journal de l'Irgoun, "Ba-'Herev" ("Par l'épée"), avant que Jabotinsky ne l'écarte en raison de ses opinions extrémistes, en 1937. Ratosh se rendit alors à Paris, où il fonda en 1939 le mouvement cananéen, aux côtés d'Adia Gourevitch, qui enseignait les langues sémitiques à la Sorbonne.

 

RATOCHE.jpg
Y. Ratosh

Les Cananéens, qui se dénommaient aussi les "Jeunes Hébreux", prétendaient faire revivre la culture et la religion du pays de Canaan, et rejetaient en bloc le judaïsme diasporique et la religion juive. Parmi les membres les plus influents du mouvement figuraient notamment, outre Ratosh, les écrivains Aharon Amir, Amos Kenan, Yéhochoua Kenaz et d'autres. Certaines de leurs idées se perpétuent jusqu'à nos jours, notamment à travers le journal Ha'aretz, flambeau de l'intelligentsia israélienne laïque, hostile à la religion juive.

 I. LURCAT

03/12/2009

Les Juifs pro-minarets, hier et aujourd'hui

Réponse au rabbin Bernheim et à Richard Prasquier

 

Pierre Itshak Lurçat

 

Pourquoi donc ces juifs et ces ex-juifs se rallient-ils aux Turcs ou aux musulmans, à tel point qu'en Europe, sinon en Turquie, leur attitude pro-turque passe pour un fait avéré ?

B. Lewis, Les Juifs pro-islamiques *

 

Le retour de l'islam.jpgDans un article écrit il y a plus de quarante ans, l'historien de l'islam Bernard Lewis analysait un phénomène curieux et peu connu, celui de l'attirance que de nombreux Juifs éprouvaient au dix-neuvième siècle pour les études islamiques, pour l'islam en général et pour l'islam turc en particulier. Cette attirance concernait principalement des intellectuels et des érudits, parmi lesquels on peut citer Gustav Weil (auteur d'une biographie de Mahomet), James Darmesteter, Evariste Levi-Provençal, ou Ignaz Goldhizer – le plus fameux de tous – au sujet duquel un historien turc disait, de retour d'Europe, que ce qu'il y avait vu de plus étonnant était "un professeur juif expliquant le Coran à une classe d'élèves chrétiens..."

 

PRASQUIER.jpg
Richard Prasquier

Cette anecdote racontée par Lewis m'est revenue à l'esprit, en lisant les déclarations stupéfiantes (et consternantes) de plusieurs dirigeants juifs français au sujet du référendum suisse sur les minarets. Les circonstances ne sont évidemment plus les mêmes, et les motivations qui conduisent Richard Prasquier (au nom du CRIF) et le grand rabbin Bernheim à "déplorer" le résultat de la votation suisse sont avant tout politiques, alors que l'attrait d'un Darmesteter ou d'un Goldhizer pour l'islam était avant tout intellectuel. La comparaison n'est pourtant pas dénuée de sens, car il subsiste sans doute chez Prasquier et chez Bernheim, comme chez Goldhizer, les traces de ce vieil atavisme juif achkénaze qui amenait nos ancêtres de Pologne et d'ailleurs – ayant beaucoup souffert sous le joug d'Esau – à porter un regard empli d'une naïve bienveillance sur notre cousin Ishmaël, réputé plus tolérant...

 

Dans son article cité plus haut, Lewis aborde brièvement le thème du mythe andalou – c'est-à-dire de la coexistence pacifique entre le judaïsme et l'islam et de la soi-disant tolérance dont bénéficiaient les Juifs et les chrétiens en terre d'islam – mythe auquel succombèrent plusieurs savants juifs au dix-neuvième siècle. Cette croyance romantique était partagée par beaucoup d'écrivains et d'intellectuels non Juifs, qui portaient sur l'islam un regard plein d'intérêt, voire de fascination (contrairement à la thèse mensongère d'Edward Said, qui  a connu le succès que l'on sait). Or ce mythe andalou a perduré jusqu'à nos jours et il est aujourd'hui au cœur de la construction politique euroméditerranéenne, à laquelle l'historienne Bat Ye'or a donné le nom d'Eurabia.

 

EURABIA.jpg

On en trouve le lointain écho dans le propos convenu du grand rabbin de France, qui parle de "notre mission de dialogue, de lutte contre les préjugés et de construction d'un avenir commun". Le président du CRIF est plus insidieux, lorsqu'il attribue le résultat de la votation suisse à une "réaction populiste"... Je dois avouer que je ne suis guère surpris d'une telle réaction – avec tout le mépris qu'elle renferme pour l'expression démocratique d'une nation et l'ignorance des motivations véritables qui ont amené les Suisses à interdire la construction de minarets sur leur sol. Dans un livre paru il y  a quelques années, Shmuel Trigano avait montré comment le CRIF avait – depuis l'époque Mitterrand – été instrumentalisé par le pouvoir politique français, dans le combat contre l'extrême-droite qui permit au président d'alors de laminer la droite républicaine. Cette instrumentalisation se poursuit aujourd'hui dans le "dialogue judéo-musulman", dont un des épisodes les plus lamentables fut la rencontre CRIF-UOIF, erreur monumentale sur laquelle le CRIF accepta de revenir (du bout des lèvres), lorsqu'il finit par comprendre qu'il était inutile et illogique de dialoguer avec les Frères musulmans en France, tout en approuvant (avec raison) le refus israélien de dialoguer avec le Hamas, branche palestinienne des mêmes Frères musulmans...

 

bernheim.jpg
Le grand rabbin Bernheim

Le propos du grand rabbin est certes plus nuancé, puisqu'il convient que "l'opinion des Suisses doit être entendue". Mais il conclut cependant en affirmant qu'il "nous faut agir pour que les Européens changent d'opinion sur l'islam". Cette idée que les Juifs (ou les hommes de religion) auraient un rôle à assumer pour "changer l'image de l'islam" en Europe peut paraître saugrenue, voire scandaleuse. On peut y voir une résurgence de l'attitude de ces Juifs pro-islamiques dont parlait Lewis, qui "firent beaucoup pour inculquer aux esprits d'Occident une appréhension de l'islam ou entraient moins de préjugé et plus de sympathie". Mais ces savants juifs parlaient, eux, du fond de leur bibliothèque, à une époque qui n'avait pas encore connu le réveil de l'islam, sous ses formes les plus radicales et les plus guerrières, du Mufti pronazi al-Husseini jusqu'aux attentats du 11 septembre **.

 

L'attitude du rabbin Bernheim est d'autant plus incongrue qu'il incarne au plus haut point la survivance de cette idéologie aujourd'hui désuète – dans ce qu'elle a de plus démodé mais aussi de meilleur – que fut le franco-judaïsme. Or rien n'est plus contraire à l'esprit du franco-judaïsme que l'idée selon laquelle les religions pourraient s'exhiber en public – comme le font les Musulmans à Paris tous les vendredis, transformant des rues entières en mosquées – et causer des nuisances, sonores ou autres, à leurs concitoyens par l'appel public à la prière du haut des minarets. J'ai du mal à croire que M. Bernheim, Juif érudit et Français cultivé, ignore tout cela... En rejetant le vote d'une majorité de citoyens suisses, de concert avec les élites politiques et médiatiques en France, il accrédite aussi l'idée fausse et dangereuse que les Juifs appartiendraient aux élites et seraient coupés du peuple, donnant ainsi raison à ceux qui critiquent la lutte exclusive contre l'antisémitisme d'organisations et de personnalités juives, qui restent étonnamment muettes face au racisme antiblanc et anti-occidental qui sévit aujourd'hui en France et en Europe...

Barb-s_pendant_le_ramadan_2009-d8294.jpg

 

Le rabbin Bernheim serait bien inspiré de lire les ouvrages du juriste musulman suisse Sami Aldeeb, farouche opposant aux minarets qui, en conclusion de son livre sur l'avenir des Musulmans en Europe, donne en exemple les Juifs qui ont accédé à la citoyenneté en acceptant les lois de l'Etat. Car c'est bien de cela qu'il s'agit aujourd'hui, en Suisse comme en France : les Musulmans doivent choisir entre la charia et la loi des pays où ils vivent. La question des minarets n'est qu'un aspect restreint de cette question beaucoup plus large, comme l'ont bien compris des millions de citoyens suisses, et comme refuse de le voir notre éminent rabbin. En conclusion, la prise de position de MM. Prasquier et Bernheim ne sert ni les intérêts de la France et de l'Europe, ni ceux des Musulmans en Occident, ni ceux des Juifs et d'Israël.

 

* In Judaïsm, XVII, 1968, repris dans Le retour de l'islam, Gallimard 1985.

** Voir sur ce sujet le livre fort instructif de Matthias Kuntzel, Djihad et haine des Juifs, éditions de l'Oeuvre 2009.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu