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03/12/2009

Les Juifs pro-minarets, hier et aujourd'hui

Réponse au rabbin Bernheim et à Richard Prasquier

 

Pierre Itshak Lurçat

 

Pourquoi donc ces juifs et ces ex-juifs se rallient-ils aux Turcs ou aux musulmans, à tel point qu'en Europe, sinon en Turquie, leur attitude pro-turque passe pour un fait avéré ?

B. Lewis, Les Juifs pro-islamiques *

 

Le retour de l'islam.jpgDans un article écrit il y a plus de quarante ans, l'historien de l'islam Bernard Lewis analysait un phénomène curieux et peu connu, celui de l'attirance que de nombreux Juifs éprouvaient au dix-neuvième siècle pour les études islamiques, pour l'islam en général et pour l'islam turc en particulier. Cette attirance concernait principalement des intellectuels et des érudits, parmi lesquels on peut citer Gustav Weil (auteur d'une biographie de Mahomet), James Darmesteter, Evariste Levi-Provençal, ou Ignaz Goldhizer – le plus fameux de tous – au sujet duquel un historien turc disait, de retour d'Europe, que ce qu'il y avait vu de plus étonnant était "un professeur juif expliquant le Coran à une classe d'élèves chrétiens..."

 

PRASQUIER.jpg
Richard Prasquier

Cette anecdote racontée par Lewis m'est revenue à l'esprit, en lisant les déclarations stupéfiantes (et consternantes) de plusieurs dirigeants juifs français au sujet du référendum suisse sur les minarets. Les circonstances ne sont évidemment plus les mêmes, et les motivations qui conduisent Richard Prasquier (au nom du CRIF) et le grand rabbin Bernheim à "déplorer" le résultat de la votation suisse sont avant tout politiques, alors que l'attrait d'un Darmesteter ou d'un Goldhizer pour l'islam était avant tout intellectuel. La comparaison n'est pourtant pas dénuée de sens, car il subsiste sans doute chez Prasquier et chez Bernheim, comme chez Goldhizer, les traces de ce vieil atavisme juif achkénaze qui amenait nos ancêtres de Pologne et d'ailleurs – ayant beaucoup souffert sous le joug d'Esau – à porter un regard empli d'une naïve bienveillance sur notre cousin Ishmaël, réputé plus tolérant...

 

Dans son article cité plus haut, Lewis aborde brièvement le thème du mythe andalou – c'est-à-dire de la coexistence pacifique entre le judaïsme et l'islam et de la soi-disant tolérance dont bénéficiaient les Juifs et les chrétiens en terre d'islam – mythe auquel succombèrent plusieurs savants juifs au dix-neuvième siècle. Cette croyance romantique était partagée par beaucoup d'écrivains et d'intellectuels non Juifs, qui portaient sur l'islam un regard plein d'intérêt, voire de fascination (contrairement à la thèse mensongère d'Edward Said, qui  a connu le succès que l'on sait). Or ce mythe andalou a perduré jusqu'à nos jours et il est aujourd'hui au cœur de la construction politique euroméditerranéenne, à laquelle l'historienne Bat Ye'or a donné le nom d'Eurabia.

 

EURABIA.jpg

On en trouve le lointain écho dans le propos convenu du grand rabbin de France, qui parle de "notre mission de dialogue, de lutte contre les préjugés et de construction d'un avenir commun". Le président du CRIF est plus insidieux, lorsqu'il attribue le résultat de la votation suisse à une "réaction populiste"... Je dois avouer que je ne suis guère surpris d'une telle réaction – avec tout le mépris qu'elle renferme pour l'expression démocratique d'une nation et l'ignorance des motivations véritables qui ont amené les Suisses à interdire la construction de minarets sur leur sol. Dans un livre paru il y  a quelques années, Shmuel Trigano avait montré comment le CRIF avait – depuis l'époque Mitterrand – été instrumentalisé par le pouvoir politique français, dans le combat contre l'extrême-droite qui permit au président d'alors de laminer la droite républicaine. Cette instrumentalisation se poursuit aujourd'hui dans le "dialogue judéo-musulman", dont un des épisodes les plus lamentables fut la rencontre CRIF-UOIF, erreur monumentale sur laquelle le CRIF accepta de revenir (du bout des lèvres), lorsqu'il finit par comprendre qu'il était inutile et illogique de dialoguer avec les Frères musulmans en France, tout en approuvant (avec raison) le refus israélien de dialoguer avec le Hamas, branche palestinienne des mêmes Frères musulmans...

 

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Le grand rabbin Bernheim

Le propos du grand rabbin est certes plus nuancé, puisqu'il convient que "l'opinion des Suisses doit être entendue". Mais il conclut cependant en affirmant qu'il "nous faut agir pour que les Européens changent d'opinion sur l'islam". Cette idée que les Juifs (ou les hommes de religion) auraient un rôle à assumer pour "changer l'image de l'islam" en Europe peut paraître saugrenue, voire scandaleuse. On peut y voir une résurgence de l'attitude de ces Juifs pro-islamiques dont parlait Lewis, qui "firent beaucoup pour inculquer aux esprits d'Occident une appréhension de l'islam ou entraient moins de préjugé et plus de sympathie". Mais ces savants juifs parlaient, eux, du fond de leur bibliothèque, à une époque qui n'avait pas encore connu le réveil de l'islam, sous ses formes les plus radicales et les plus guerrières, du Mufti pronazi al-Husseini jusqu'aux attentats du 11 septembre **.

 

L'attitude du rabbin Bernheim est d'autant plus incongrue qu'il incarne au plus haut point la survivance de cette idéologie aujourd'hui désuète – dans ce qu'elle a de plus démodé mais aussi de meilleur – que fut le franco-judaïsme. Or rien n'est plus contraire à l'esprit du franco-judaïsme que l'idée selon laquelle les religions pourraient s'exhiber en public – comme le font les Musulmans à Paris tous les vendredis, transformant des rues entières en mosquées – et causer des nuisances, sonores ou autres, à leurs concitoyens par l'appel public à la prière du haut des minarets. J'ai du mal à croire que M. Bernheim, Juif érudit et Français cultivé, ignore tout cela... En rejetant le vote d'une majorité de citoyens suisses, de concert avec les élites politiques et médiatiques en France, il accrédite aussi l'idée fausse et dangereuse que les Juifs appartiendraient aux élites et seraient coupés du peuple, donnant ainsi raison à ceux qui critiquent la lutte exclusive contre l'antisémitisme d'organisations et de personnalités juives, qui restent étonnamment muettes face au racisme antiblanc et anti-occidental qui sévit aujourd'hui en France et en Europe...

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Le rabbin Bernheim serait bien inspiré de lire les ouvrages du juriste musulman suisse Sami Aldeeb, farouche opposant aux minarets qui, en conclusion de son livre sur l'avenir des Musulmans en Europe, donne en exemple les Juifs qui ont accédé à la citoyenneté en acceptant les lois de l'Etat. Car c'est bien de cela qu'il s'agit aujourd'hui, en Suisse comme en France : les Musulmans doivent choisir entre la charia et la loi des pays où ils vivent. La question des minarets n'est qu'un aspect restreint de cette question beaucoup plus large, comme l'ont bien compris des millions de citoyens suisses, et comme refuse de le voir notre éminent rabbin. En conclusion, la prise de position de MM. Prasquier et Bernheim ne sert ni les intérêts de la France et de l'Europe, ni ceux des Musulmans en Occident, ni ceux des Juifs et d'Israël.

 

* In Judaïsm, XVII, 1968, repris dans Le retour de l'islam, Gallimard 1985.

** Voir sur ce sujet le livre fort instructif de Matthias Kuntzel, Djihad et haine des Juifs, éditions de l'Oeuvre 2009.

Commentaires

d accord avec votre article la mentalite dhimmi a encore frappe!

Écrit par : benny | 04/12/2009

Merci à Pierre LURCAT pour ces précisions érudites.
Mais dans la nature humaine, il y aura toujours des gens brillant sur presque tout, largement mieux que la moyenne et d'une médiocrité tragique pour des choses simples, mais vitales.

Nous ne devons surtout pas prétexter le respect dû ai Grand Rabbin, pour condamner avec l'énergie et la sévérité qui s'impose, cette déclaration de Gilles BERNHEIM. Car malgré lui, elle engage tous les Juifs de France.

Plus que le fonds de son propos c'est le moment choisi qui fait problème. Cela signifie que BERHEIM prend parti pour les islamistes, contre les Européens qui en ont marre de se laisser envahir.

D'autre part, en général, les rabbins se taisent sur les question "politiques". En la ramenant sur cette affaire précise, surtout pour proférer des débilités, ces abrutis nous signifient que par leurs silences habituels, ils approuvent toutes les saloperies commises contre les Juifs. Y compris, et surtout, les saloperies commises par les dirigeants Israéliens contre les pionniers Judéo-Sionistes, de Samarie et de Judée.

Écrit par : Charles DALGER | 04/12/2009

Le supplice européen des Juifs ne remonte pas seulement au XIe siècle, c’est-à-dire à l’époque où les croisés, en route pour délivrer les Lieux saints des musulmans, se déchaînèrent au passage contre les « impies » et contre les Juifs.

Evêques et cardinaux tentèrent rarement d’empêcher les massacres et de protéger les Juifs persécutés, les prêtres attisant souvent, bien au contraire, la haine contre des Juifs sans défense. Les plus importantes et les plus anciennes communautés juives d’Allemagne – Mayence, Spire, Worms – furent décimées. Les siècles suivants furent tout aussi durs. Le souverain, en général, autorisait la fondation de communautés qui étaient par la suite dissoutes, leurs membres se voyant dépossédés de leurs droits et expulsés.

Comme la communauté espagnole, pourtant relativement bien intégrée, à la fin du XVe siècle. Seuls eurent la permission de demeurer ceux qui acceptaient le baptême et encore l’Inquisition les soupçonnait-elle de pratiquer en secret leur ancienne religion.

Au XVIIe siècle, ce furent les massacres d’Ukraine et de Pologne dans le contexte de l’affrontement entre Églises catholique et orthodoxe, le chef cosaque ukrainien Bohdan Chmielnicki, grand persécuteur de Juifs s’il en est, demeurant encore aujourd’hui un héros national dans son pays. La Révolution française de 1789 eut beau sembler émanciper les Juifs, l’égalité en droits, proclamée, ne tint pas au XIXe siècle, devant les vieux préjugés. Avec pour compléter le tableau un racisme « antisémite », des persécutions en Europe orientale qui étaient monnaie courante, puis la Shoah et le massacre de six millions de Juifs, minutieusement planifié et exécuté par les Allemands et leurs collaborateurs dans tous les pays occupés.

Après la Seconde Guerre mondiale, les conflits avec les Britanniques, éclipsés pendant une courte période par le combat commun contre l’Allemagne nazie, refirent surface alors que les Juifs étaient encore sous le choc de la Shoah. Rien n’avait changé dans les relations tendues entre la puissance mandataire et la population juive de Palestine. Les Britanniques firent obstacle à toute assistance en direction des survivants de la Shoah et comptèrent parmi ceux qui s’opposaient avec le plus d’ardeur à un État juif. Ils tinrent d’ailleurs ostensiblement leurs distances à l’égard de cet État une fois leurs troupes retirées de Palestine.

Quant aux relations d’abord amicales entre Israël et l’URSS après la Seconde Guerre mondiale, elles se muèrent vite en haine farouche. De même pour celles que les Israéliens entretenaient avec la France, « notre seul et unique ami et allié au monde » : elles s’écroulèrent en 1967, juste avant la guerre des Six Jours, quand de Gaulle eut décidé de mettre fin à ces liens particuliers et à interrompre les livraisons d’armements. En France, en Belgique, etc ... des Juifs ont été agressés dans les années 2000 ; il s’agissait de Maghrébins, de musulmans ulcérés par le Proche-Orient. Les autorités prenant longtemps leurs distances avec ces agressions parce que la majeure partie des auteurs de ces agressions avaient la nationalité française.

L’ouverture des frontières aux immigrés provenant des pays arabo-musulmans s’est faite quelques années seulement avant que la ré-islamisation de ces populations ne s’engageât, c’est-à-dire à partir de la révolution iranienne de 1979. Ce processus, les musulmans installés en France l’ont connu et il ne fait que progresser par l’apport constant de nouveaux immigrés. Cette présence de plus en plus affichée de l’islam en France a entraîné un processus de conversion d’un certain nombre de Français à cette religion.

Beaucoup d’immigrés de cette religion refusent l’intégration, celle-ci est devenue une notion parfaitement dépassée à moins qu’elle ne soit considérée par les plus perspicaces comme une arme de conquête. Les musulmans revendiquent une place de plus en plus grande pour leur culture politico-religieuse et veulent imposer les règles de celle-ci à l’ensemble de la société . En effet, un musulman ne peut vivre pleinement sa foi que dans une société musulmane.

Il ne peut pas manger n’importe quelle nourriture, il doit prier cinq fois par jour, il doit respecter les fêtes musulmanes, il ne doit pas fréquenter de femmes ni même les voir, etc. D’où le refus de la mixité, la demande récurrente de l’introduction de la viande halal dans les écoles, le refus de certains élèves de chanter ou de dessiner des personnages, la revendication de pouvoir porter le voile dans tous les lieux publics y compris dans les établissements scolaires, la revendication d’heures de pose dans les entreprises afin de pouvoir prier, la revendication de ne pas avoir d’examens ou de contrôles pour les élèves le jour de leurs fêtes, etc.

Les musulmans considérant posséder la religion la plus juste, puisque créée par le dernier des prophètes, le « sceau des prophètes », Mahomet, pourquoi devraient-ils s’intégrer à une civilisation occidentale qui, pour eux, correspond à la tolérance de l’homosexualité (punissable de la peine de mort dans les pays appliquant la charia), à la tolérance de l’adultère (punissable de la peine de mort suivant le Coran, sourate IV, verset 15), à la tolérance des rapports sexuels entre célibataires de sexes opposés, ce qu’ils appellent : « la fornication » (punissable de cent coups de fouet , sourate XXIV, verset 2).

De plus, la civilisation occidentale pose le principe de l’égalité des droits entre les hommes ce qui est parfaitement incompatible avec l’islam, puisque le Coran stipule qu’un musulman est supérieur à un non-musulman (sourate III, verset 139), elle prône aussi l’égalité entre les femmes et les hommes ce qui est également contraire au texte du Coran (sourate IV, verset 34), etc. En résumé, la civilisation occidentale est une civilisation décadente et perverse, responsable de l’apparition du sida et de sa transmission (ce qui n’est pas vraiment faux puisque l’Occident a scandaleusement vendu des pochettes de sang contaminé à certains pays d’Afrique noire et du Maghreb). La solution à tous ces maux est l’islam . Nous voyons donc que la présence d’une communauté musulmane de plus en plus importante en France entraînera automatiquement de plus en plus de pressions pour que la société française évolue vers une société en accord avec les préceptes coraniques.

Cela fait quatorze siècles que les musulmans ont été orientés vers la bonne voie et libérés de l’erreur par leur prophète et ils n’attendent rien du monde occidental. Dire que les Occidentaux vont leur apporter la démocratie ou les Droits de l’Homme se traduit pour eux par une volonté de l’orgueilleux Occident d’appliquer des principes issus d’une société décadente et laïque. Ils considèrent, au contraire, que ce sont eux qui ont quelque chose à apporter à l’Occident : l’islam, car c’est l’Occident qui est prisonnier de ses erreurs puisque majoritairement non-musulman. Dans cette optique, par exemple, le but connu des Frères musulmans est de conquérir l’Europe chrétienne et d’en faire un continent musulman. La haine de la civilisation occidentale et des « croisés » est de plus en plus alimentée et encouragée par les prêches d’imams virulents dans certaines mosquées. À cette virulence, s’ajoutent un antisémitisme et un anti-sionisme de longue date. L’augmentation des actes antisémites ces dernières années en France en est le reflet.

Comme l’a fait si justement remarquer Denis Lambert :
« Ne nous trompons pas de siècle. Les grandes invasions ne se font plus en chars (…), mais en charters. Les grandes agressions ne se font plus par canonnades mais par immigration, par attentats ou par missiles. » Les émeutes de novembre 2005, véritables « pogroms anti-français », menées par des afro-maghrébins à majorité musulmane aux cris : « Allah Akbar ! » et de « Sarkozy sale juif ! » , mettent en évidence le fait que la France est en état de guerre depuis plusieurs années. Le pays est en effet confronté à un conflit de basse intensité et asymétrique. Ce conflit qui n’engage pas des corps d’armées et des divisions blindées est un conflit plus politique que militaire et a pour but de vaincre l’adversaire par sa dé-légitimation.

Ce conflit de basse intensité se caractérise par la mort de citoyens tout simplement parce qu’ils sont là au mauvais moment , par des agressions comme dans le train Nice-Lyon du 1er janvier 2006, des incendies de voitures qui atteignent une moyenne journalière de plus d’une centaine d’automobiles , des destructions régulières d’équipements et d’établissements publics, des destructions d’établissements privés, des agressions répétées et régulières contre les forces de police, les pompiers et généralement de tout représentant de l’Etat ou des collectivités locales. Il se caractérise aussi par le développement de territoires que l’Etat ne contrôle plus et de la remise en cause des valeurs républicaines comme la laïcité, la mixité, etc.

Le terrorisme intellectuel est l’arme la plus utilisée dans le conflit que connaît la France, il prend la forme du politiquement correct, d’accusations de racisme parfaitement non fondées, de la volonté de culpabiliser la France pour son passé colonial, etc. L’objectif est toujours le même : rendre illégitime le pouvoir politique afin de le conquérir ou tout au moins de le contrôler, ce qui est en passe de se réaliser.

Dans ce conflit, aucun citoyen n’est à l’abri, car les crimes, les agressions, les destructions et les troubles de toutes natures se perpétuent au sein de la population civile afin d’y détruire les liens sociaux. L’objectif est également de parvenir à asseoir le contrôle sur une partie des institutions de la société française, l’école étant une cible privilégiée. Il arrive que ce conflit ait des poussées de fièvre qui le généralise géographiquement et l’aggrave momentanément comme lors des émeutes de novembre 2005. Les morts , les incendies de voitures, d’autobus, d’écoles et de bâtiments divers que causèrent ces émeutes ne furent pas des nouveautés en soit, ce furent l’ampleur et la durée de ces évènements qui en ont fait l’originalité.

Ce conflit de basse intensité est aussi une guerre asymétrique. Car les moyens sont disproportionnés entre ceux de l’Etat français et ceux des délinquants. Le principe de la guerre asymétrique consiste à attaquer un adversaire beaucoup plus puissant que vous et de parvenir à le paralyser idéologiquement, l’empêchant ainsi d’utiliser les moyens dont il dispose. L’Etat français entre dans ce cas, ce qui explique que les émeutes de novembre 2005 aient pu durer quatre semaines. L’Etat français, cinquième puissance mondiale, a été incapable de maîtriser les émeutiers des banlieues et les émeutes se sont relativement apaisées sans que l’action de la police y soit pour quoi que ce soit.

Il n’est pas impossible que dans l’avenir ce conflit de basse intensité que connaît la France ne mute en une véritable guerre civile. Les stocks d’armes de guerre découverts régulièrement dans les banlieues, comme en décembre 2005 à Clichy-sous-bois, commune où ont débuté les émeutes de novembre 2005, démontrent l’existence d’un danger très réel de guerre civile. L’exemple de la Côte d’Ivoire devrait nous avertir, la guerre civile que connaît ce pays est liée à la présence de 26 % d’étrangers sur son sol (estimation de 1998) et certains hommes politiques ivoiriens parlent de 40% d’étrangers présents dans le pays.

Cette population étrangère veut tout naturellement prendre une partie du pouvoir politique et pour cela n’hésite pas à utiliser la force armée. Avec des musulmans qui représenteraient, en 2025, 25% de sa population, la France atteindrait un seuil de non-retour et dans cette perspective, si les prévisions démographiques se réalisent, les musulmans devraient à un moment donné prendre le contrôle politique de la France. En effet, l’accroissement du nombre de musulmans en France s’accompagnera d’une prise de conscience de leur poids politique et d’une volonté de détenir les instances représentatives du pays ; conscience qui a déjà pris naissance lors des manifestations de 2004 contre la loi sur les signes religieux à l’école, lorsque des femmes voilées brandissaient leurs cartes d’électrices.

D’un point de vue géostratégique, l’apparition d’une France à majorité musulmane bouleverserait les données. Le fait que les musulmans prennent à terme le contrôle de la cinquième puissance mondiale avec sa force nucléaire entraînerait le risque d’un renversement d’alliance avec les pays anglo-saxons. Si les relations entre la France et les Etats Unis ont connu des crises, les mêmes principes démocratiques et les mêmes valeurs culturelles leur permettaient de surmonter ces crises et de rester alliés. Ce ne sera plus forcément le cas si la France devient majoritairement musulmane.

L’évolution de la politique française vis-à-vis de la situation au Proche-Orient serait inéluctable. Une France musulmane ne pourrait qu’accentuer une politique étrangère déjà pro-arabe. L’anti-américanisme qui s’est développé en France ces dernières années ne devrait pas rendre très difficile ce retournement d’alliance dans une opinion déjà conditionnée par les médias à voir dans les Etats Unis les causes des maux de ce monde.

L’islamisation ne se cantonnera pas à la France, elle se poursuivra en Europe, comme les Frères musulmans le prévoient , et la France ne serait que le premier maillon d’une série de pays européens à se transformer en pays musulman, d’autres états la suivront : la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne sont les mieux placés pour connaître, eux aussi, ce scénario.

Dans cette perspective, l’Union européenne s’ouvrirait non seulement aux Turcs, mais aussi aux pays du Maghreb et de l’Afrique du Nord : l’Eurabia deviendra ainsi une réalité concrète et signera la fin de la civilisation occidentale en Europe. L’avenir de la France se jouera dans les trente prochaines années parce que l’islamisation s’inscrit plus dans son avenir que dans son présent. Sa survie dépendra de la capacité des responsables politiques français à avoir le courage de reconnaître le danger et à avoir la volonté de le combattre. Le pays où vivront nos enfants et nos petits-enfants aura un visage différent selon que cette volonté existe ou non.

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 04/12/2009

Great article! beaucoup d'informations intéressantes

Écrit par : Mavis | 05/12/2009

Excellent. Belle réponse de Pierre Itshak Lurçat. Bon travail. Il est temps que les juifs prennent, soient leur distance avec le CRIF, soit se réorganisent solidement autour de bonne base avec le CRIF ; et de faire une distinction entre les juifs de droite et de gauche, ou conservateur et progressifs...

Écrit par : Otton | 06/12/2009

En petit astérisque il serait sympa que d'abord celui qui s'exprime le fasse d'abord comme français puis juif (ou même chrétien ou musulman éventuellement ) et non pas l'inverse : ça trouble mon esprit laïc bien que je sois d'abord français puis catholique .
Dans la vie on fait des choix SVP.
Quant aux minarets , peut-être qu'en ne ghettoïsant pas les français musulmans et étrangers musulmans dans notre pays , la majorité étant des croyants modérés , nous accélèrerions leur intégration.
Mais ces débats malsains et extrémistes (un peu racistes même) comme les propos tenus Pierre Itshak Lurçat ne peuvent qu'aggraver ce climat de haine.

Écrit par : ARMEN | 08/12/2009

* Bat Ye’Or : Le référendum suisse est une défaite d’Eurabia, interview de Paul Landau.


http://www.upjf.org/actualitees-upjf/article-17585-145-7-bat-yeor-referendum-suisse-est-defaite-deurabia-interviec-paul-landau.html

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 09/12/2009

* A propos des minarets ...

http://danielsibony.typepad.fr/

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 13/12/2009

Je tenais à rectifier la fin de votre article : le Dr. Sami Aldeeb n'est pas musulman, mais chrétien d'origine palestienne. Il est aujourd'hui de nationalité suisse.
source : http://www.sami-aldeeb.com/files/article/234/Sami_Aldeeb_Curriculum_publications.pdf

D'autre part, je vous remercie pour cet article qui aurait intérêt à être largement diffusé en France, car les propos du rabbin Bernheim, non seulement ne servent en rien la cause musulmane auprès de Français exaspérés par les accomodements raisonnables accordés aux musulmans, mais accroissent l'antisémitisme puisque les autorités juives se positionnent officiellement aux côtés des musulmans.

Écrit par : About Sami Aldeeb | 15/12/2009

Surtout que le Grand Rabbin Bernheim ne suive pas votre conseil et ne lise pas les écrits de M. Aldeeb que vous semblez considérer !!!
Les interventions de Sami Aldeeb ne sont plus reprises par les médias suisses depuis ses multiples dérapages a connotation antisémite.

Il utilise abondamment le poncif qui consiste a assimiler le juif au nazi (par exemple en faisant reference "aux camps de concentration") et il laisse la haine s'exprimer violement. Il va beaucoup plus loin en publiant des documents qui incitent a la haine. Par exemple :

- une interview d'Ariel Sharon par Amos Oz dans laquelle Sharon declare entre autre "Même aujourd'hui je me porte volontaire pour faire ce sale travail pour Israël, de tuer autant d'Arabes qu'il est nécessaire, de les déporter, de les expulser, de les brûler". Le probleme, c'est que, selon M. Aldeeb, "les faits donnés par Amos Oz indiquent que la personne interviewée est Ariel Sharon". Or, Amos Oz lui-meme a affirme qu'il n'avait jamais interviewe Ariel Sharon.
http://www.lpj.org/Nonviolence/Sami/articles/frn-articles/Sharon.htm
Voir la reaction du quotidien francais Le Monde a ce "pamphlet antisemite":
http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3226--280106-,00.html

- une explication selon laquelle les nazis sont partis en Israel a la fin de la deuxieme guerre mondiale avec les passeports des juifs qu'ils avaient confisques et en avaient fait un etat judeo-nazi.
http://www.lpj.org/Nonviolence/Sami/articles/frn-articles/Hitlerfr.htm

Il a participé a de nombreuses conférences en compagnie d'antisémites notoires. Même Urgence-Palestine qui invite des portes paroles du Hamas a jugé qu'il allait trop loin ...

Le site de M. Aldeeb a changé, mais vous pourrez certainement retrouver les références ... M. Aldeeb défend l'idée d'un Etat binational avec l'arrière pensée évidente que les musulmans et les juifs s'entretueront et que les chrétiens joueront le rôle central.

Mais votre aveuglement vous pousse peut-être à trouver du charme aux pires antisémites à partir du moment ou ils détestent les arabes.

Marcos, de Genève

Écrit par : Marcos | 22/12/2009

Azzam Tamini, intellectuel musulman basé à Londres :

" L’islam libère les Européens de la stupidité de leurs vies "

MEMRI Middle East Media Research Institute,


http://www.desinfos.com/spip.php?page=article&id_article=16378


http://www.memritv.org/clip/en/0/0/0/0/0/0/5051.htm?lang=fr

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 24/12/2009

Les commentaires sont fermés.

 
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