La une des lecteursTous les blogsles top listes
Envoyer ce blog à un amiAvertir le modérateur

30.11.2009

Esther Benbassa, hasard et nécessité médiatique - (P.I.Lurcat)

Je voulais depuis longtemps mettre en ligne cet article paru il y a quelques années dans la revue Controverses (publié sous un nom de plume sur la demande du directeur de la revue). La sortie du dernier livre (ou livret) d'Esther Benbassa, dont le nombre de pages est inversement proportionnel au nombre de critiques élogieuses parues dans les médias, m'en donne l'occasion. Le lecteur jugera si cette analyse a perdu de son actualité... P.I.L.

Esther Benbassa, hasard et nécessité médiatique

Moi, je suis une Juive du hasard. Je n'ai pas de patrie, je n'ai aucun attachement territorial

 

E. Benbassa 1

 

 

            En 1979, l'écrivain Wladimir Rabi publiait un essai au titre provocateur : Un peuple de trop sur la terre ? (2). Dans ce livre, écrit sur un ton véhément et imprécateur, Rabi s'en prenait notamment aux clercs juifs de la diaspora, qui avaient trahi selon lui les principes de la morale juive, en soutenant la « politique inique » des gouvernements israéliens envers les Palestiniens. Vingt ans plus tard, une autre intellectuelle juive publie un livre qui pose une question similaire : Les Juifs ont-il un avenir ?(3). Publié au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, avec un lancement médiatique important (l'hebdomadaire Le Point lui consacre sa couverture et en publie des extraits), ce livre est vécu par beaucoup de Juifs en France comme une provocation.

les-juifs-ont-ils-un-avenir--b_192472vb.png

 

Directeur d'études à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes (EPHE), Esther Benbassa n'est pratiquement jamais intervenue dans le débat public avant l'année 2000, excepté un article cosigné avec son mari dans Le Monde du 29 avril 1998, intitulé : « Post-sionisme, oui. Mais après ? ». Historienne, spécialiste du judaïsme sépharade, elle a publié une dizaine d'ouvrages depuis 1985, consacrés pour la plupart à la culture judéo-espagnole (4). Plus récemment, elle a élargi son champ d'étude, en publiant une Histoire des Juifs de France (5) et un Dictionnaire de civilisation juive (6), écrit en collaboration avec son mari. A partir de septembre 2000, elle intervient régulièrement dans les médias français, notamment dans les colonnes de Libération, où elle publie pas moins de neuf articles entre le 11 septembre 2000 et le 30 août 2004.

 

 

De la tour d'ivoire de l'EPHE à l'intervention dans le débat politique

 

C'est en septembre 2000 qu'Esther Benbassa écrit son premier article polémique, au titre provocateur, « La religion de la Shoah ». Dans cette tribune publiée le 11 septembre 2000 dans Libération, Esther Benbassa aborde certains des thèmes qui lui vaudront une aura médiatique durable, comme la minimisation de l'antisémitisme et la critique de l'establishment juif et sioniste, accusé d'utiliser la Shoah à des fins politiques. Mais c'est sa dénonciation de « l'industrie de la Shoah » qui provoque le scandale.

 

            L'article de Benbassa prend pour point de départ deux livres parus aux Etats-Unis, celui de Peter Novick, The Holocaust in American Life, et celui de Norman Finkelstein, The Holocaust Industry (7). Ces deux livres évoquent ce que Benbassa appelle la « place pathologique que la Shoah en est venue à occuper dans la vie américaine ». Selon elle, la même situation prévaut en France. Pour expliciter cette thèse, Benbassa part d'un exemple personnel :

 

Je suis une praticienne de l'histoire des juifs, qui écris cette histoire et l'enseigne. Quelle ne fut pas ma surprise le jour où, à ma sortie d'un amphithéâtre bondé, un étudiant me poursuivit pour me dire : « Comment est-il possible que vous enseigniez la Shoah sans pleurer, le sourire aux lèvres ? » Pendant des semaines, cet auditeur me persécuta pour me rappeler sa vérité. Pour dispenser un savoir acceptable sur ce sujet, il convenait de se transformer en Sarah Bernhardt et de ressentir au plus fort l'émotion, pour la communiquer (8).

 

Cette anecdote, censée illustrer l'attitude pathologique de certains Juifs (nous verrons tout à l'heure qui est visé) envers la Shoah, en dit plus long qu'il n'y paraît sur le raisonnement de Benbassa. Tout d'abord, sur sa façon de tirer d'un exemple unique une règle générale. Nous verrons qu'elle utilise cette méthode pour démontrer qu'il n'y a pas d'antisémitisme en France. Par ailleurs, on trouve dans cet extrait une ironie hautaine caractéristique de l'enseignante, qui ne ressent aucune compassion pour cet étudiant, bouleversé par le cours sur la Shoah, et surpris de la froideur manifestée par son professeur.

Esther-Benbassa165x150.jpg

 

Loin de s'émouvoir de l'attitude de son étudiant, somme toute très humaine et compréhensible, Benbassa n'a que mépris pour lui, et le dépeint sous un jour caricatural. Face à cet auditeur hyper-émotif, qui la « persécute » (le terme est choisi à dessein), Benbassa revendique le droit d'enseigner la Shoah comme tout autre sujet, avec la froideur et l'objectivité qui conviennent au professeur d'université… A partir de cette anecdote, Benbassa en vient à sa thèse principale, qui s'énonce ainsi :

 

Au fil des années, la mémoire du passé, la mémoire de la Shoah se sont imposées jusqu'à parfois étouffer, aujourd'hui, la vie. Jusqu'à légitimer une étonnante tendance à la victimisation. C'est ainsi que, dans un Occident où l'antisémitisme est actuellement loin de représenter un quelconque danger pour le quotidien des juifs, on traque chaque mot suspect, chaque phrase, le moindre cyberdérapage…

 

Nous allons voir comment Benbassa maintiendra envers et contre tout son affirmation - énoncée en septembre 2000 - de l'absence de danger d'antisémitisme, alors même que les Juifs font face à une vague grandissante d'attaques verbales et physiques, qui culminera au moment de la conférence de Durban. Notons au passage l'emploi du verbe « traquer », là encore choisi à dessein, qui semble vouloir dire que, dans la France de l'an 2000, ce sont les Juifs qui sont devenus les traqueurs (ou les persécuteurs, comme l'étudiant évoqué ci-dessus) alors que les malheureux antisémites en sont réduits à se cacher…

Benbassa cheveux rouges.jpg
Une "juive du hasard"...

  

Le « lobby de la Shoah » et le « Disneyland du génocide »

 

Dans la suite de cet article, Benbassa explique comment « la victimisation immunise le juif contre toute critique et immunise par là même Israël ». Cette affirmation, devenue un poncif du discours anti-israélien, a été mille fois entendue depuis lors. Mais Benbassa va encore plus loin. Faisant sienne l'expression de « Shoah-business », qui appartient au vocabulaire des négationnistes 9, Benbassa développe ce thème, sur un ton qui évoque plus le discours d'un Le Pen ou d'un Faurisson que celui d'une enseignante à l'EPHE :

 

Par-delà le lobby de la Shoah, ses récupérations politiques et intellectuelles, ses faiseurs larmoyants, ses compromissions financières, son centre Simon Wiesenthal à Los Angeles, sorte de Disneyland du génocide, par-delà ses faussaires comme Jerzy Kosinski (…) et par-delà son « industrie », qu'en est-il vraiment de la Shoah, de celle vécue dans la chair?

 

Ce morceau de bravoure, qui pourrait figurer dans une anthologie de la prose antisémite contemporaine, est une véritable attaque en règle contre la communauté juive et contre tous ceux qui luttent contre l'antisémitisme au nom du souvenir de la Shoah. Esther Benbassa, qui n'est certes pas antisémite, reprend pourtant à son compte les accusations traditionnelles contre les Juifs. Plus tard, elle reviendra sur certaines des outrances de cet article - regrettant sans doute de s'être laisser emporter avec une virulence bien peu conforme à sa vision de l'attitude qui convient à un universitaire… Ainsi, dans le livre d'entretiens écrit à quatre mains avec son mari, Les Juifs ont-il un avenir ?, elle prend la défense d'Elie Wiesel contre Norman Finkelstein, et rejette l'expression de « Shoah business » :

 

Des hommes comme Elie Wiesel, leur œuvre et leur personnalité, ont contribué à sensibiliser un public jusque-là ignorant, ont pu jouer un rôle informatif capital… L'accusation lancée contre un Wiesel et quelques autres d'avoir favorisé le développement d'un « Shoah Business » - qu'on songe seulement au livre de Norman Finkelstein, L'Industrie de l'Holocauste - ne m'intéresse pas, cependant. Je ne sais pas à partir de quel moment on fait du business. Après tout, tout est affaire de business(10).

 

Mais qui faut-il croire ? La Benbassa qui, dans les colonnes de Libération, dénonce le « lobby de la Shoah », les « faiseurs larmoyants » et le « Disneyland du génocide », ou bien celle qui, dans un livre au ton bien plus mesuré, défend Wiesel contre les attaques de Finkelstein ? Nous tenterons plus loin d'expliquer cette contradiction.

Benbassa Attias.jpg
Avec son mari. J.C. Attias

 

 

Y a-t-il des actes antisémites en France ?

 

L'article provocateur d'Esther Benbassa a été publié le 11 septembre 2000. Un mois plus tard, c'est le début de l'« Intifada Al-Aqsa », très vite relayée en Europe, et en France notamment, par une vague d'agressions antijuives sans précédent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Comment réagit notre historienne ? En reconnaissant avoir sous-estimé le danger de l'antisémitisme ? Pas du tout. En s'interrogeant sur les causes de ce nouveau phénomène ? Encore moins… Benbassa réagit exactement comme la quasi-totalité des médias français, face à la vague d'antisémitisme de l'automne 2000 : par le déni de réalité.

 

 

"Pensons à ces jeunes musulmans de France qui ont mis le feu à des synagogues, au début de la seconde Intifada, à l'automne 2000. Doit-on parler, comme on l'a fait, d'agressions antisémites ? Ces jeunes gens se sont identifiés à la cause palestinienne, aux lanceurs de pierres palestiniens, à une souffrance qui n'était pas directement la leur. Et cette proximité, réelle ou fantasmée, a été plus forte que toutes les belles leçons de l'éthique républicaine" (11).

 

Ainsi, pour Benbassa, l'incendie de synagogues n'est pas un acte antisémite, dès lors que son auteur s'identifie à la « cause palestinienne » et aux « lanceurs de pierres palestiniens » (Notons au passage que l'historienne a un train de retard… sur l'histoire. Au cours de la seconde Intifada, les pierres - symbole de la première Intifada - ont laissé la place aux armes à feu et aux bombes humaines). Mais le comble de la mauvaise foi et du ridicule est atteint lorsque Benbassa entend démontrer l'inexistence de l'antisémitisme par un exemple concret, tiré de son expérience personnelle :

 

Ceci dit, pas de panique excessive : au moment même où tout cela se passait, j'allais faire mes achats dans le XVIIIe arrondissement, et mes commerçants arabes et musulmans n'ont pas oublié de me souhaiter un bon Nouvel An juif.

 

Ici encore, la « praticienne de l'histoire des juifs » innove, en tirant de sa vie privée une leçon générale et universelle. Des synagogues ont brûlé, aux Ulis, à Trappes, à Bondy ? Des juifs ont été agressés, insultés, pris à partie, tabassés et roués de coups ? Soit.. Mais au même moment, Madame Benbassa faisait ses courses dans le XVIIIe arrondissement, et ses commerçants arabes et musulmans lui souhaitaient la bonne année.  Pas de panique, donc… Ce raisonnement s'apparente à une forme de solipsisme : seule mon expérience personnelle compte. Peu importe ce que subissent les Juifs dans le fond de leur banlieue, dans le « 9-3 » et ailleurs, puisque je peux moi, Esther Benbassa, continuer à faire mes courses tranquillement et à être saluée par mes commerçants arabes…

EstherrrrBenbassaGGG.jpg
La "preuve par le moi"

 

Cette « preuve par le moi » sera utilisée par d'autres sophistes juifs, qui seront régulièrement invités par les médias pour témoigner de l'absence d'agressions antisémites. L'avocat Théo Klein - qui use et abuse de son titre d'ancien président du CRIF - apportera lui aussi son témoignage de Juif des « beaux quartiers » (son cabinet est situé sur les Champs-Elysées), jurant que premièrement, il n'y a pas d'antisémitisme en France, et que deuxièmement et par ailleurs, les agresseurs des Juifs sont eux-mêmes des « victimes de l'exclusion »… Plus récemment, Jacques Attali a soutenu lui aussi qu'il n'y avait pas d'antisémitisme en France, en donnant pour preuve son parcours exemplaire...

 

Dans la postface à ce même livre d'entretiens, rédigée à l'occasion de sa nouvelle édition en poche en juin 2002, Esther Benbassa et son mari mettent un peu d'eau dans leur vin et reconnaissent la réalité de la vague d'agressions antijuives. Mais c'est pour accuser aussitôt les dirigeants juifs d'avoir instrumentalisé ces agressions, au bénéfice de l'Etat d'Israël…

 

Les actes antijuifs avaient commencé au tout début de la première [sic] Intifada, dès l'automne 2000, mais après le 11 septembre 2001, l'atmosphère ne fit que se dégrader. Ben Laden avait-il servi de modèle à certains jeunes Maghrébins ? L'islamophobie qui se donna libre cours après l'effondrement des Twin Towers n'encourageat-t-elle pas aussi le leadership à user de ces manifestations d'agressivité antijuive comme d'un instrument politique susceptible de favoriser un redressement de l'image d'Israël, qui pendant des mois n'avait cessé d'être écornée ? Songeons également que les dirigeants israéliens ont pu se bercer de l'illusion que cette flambée « antisémite » encouragerait les Juifs de France à émigrer en Israël en grand nombre (12).

 

Ce dernier argument sera repris par un politicien démagogue, José Bové, qui accusera le Mossad d'avoir brûlé des synagogues en France pour inciter les Juifs à émigrer en Israël… Quant au thème de l'islamophobie et de l'instrumentalisation de l'antisémitisme par le leadership juif, il a été développé avec insistance dans les colonnes de nombreux médias (13).

 

 

Benbassa contre les « intellectuels organiques »

 

Une des clés de l'attitude d'Esther Benbassa, depuis le début de la seconde Intifada et de ses répercussions en France, se trouve dans son attaque contre les « intellectuels organiques de la communauté [juive]  ». Ce concept, emprunté au marxiste italien Antonio Gramsci, est utilisé à plusieurs reprises par Benbassa dans son livre Les Juifs ont-ils un avenir ?

 

Pendant que les victimes civiles du conflit se multipliaient, aussi bien en Israël qu'en Palestine, les intellectuels organiques de la collectivité juive de France estimaient plus urgent d'exercer leur talent réthorique dans la dénonciation des effets pervers de la Conférence mondiale, tenue à Durban du 31 août au 7 septembre 2001, sur la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance… Plusieurs ONG y avaient certes tenu des discours de type clairement antisémite, et la presse elle-même avait stigmatisé cette honteuse dérive. Mais fallait-il à tout jamais s'interdire, en raison des excès scandaleux dont Durban avait été le théâtre, de formuler la moindre critique à l'encontre de la politique israélienne vis-à-vis des Palestiniens ? (14)

 

Ce raisonnement exprime un syllogisme maintes et maintes fois répété en France depuis quelques années. La dénonciation de l'antisémitisme ne doit pas nous empêcher de critiquer la politique israélienne… (Ceux qui recourent à cet argument sont en général préoccupés de manière exclusive par la « critique » - c'est-à-dire en fait par le vomissement - de l'Etat d'Israël, et la dénonciation de l'antisémitisme ne constitue pour eux qu'un simple passage obligé, comme une formule de politesse.) Mais pour Benbassa, comme pour Pascal Boniface (15), ce sont les intellectuels juifs qui empêchent tout libre débat d'idées, en interdisant de formuler « la moindre critique à l'encontre de la politique israélienne… » Et pour étayer cette affirmation, Benbassa établit à son tour, comme Boniface (ou comme Tariq Ramadan), une liste de ces fameux « intellectuels organiques » (ceux que Ramadan appelle les « intellectuels communautaires »). La liste Benbassa comprend les noms de l'avocat Gilles William Goldnadel, de l'universitaire Raphaël Draï, du journaliste Guy Konopnicki, et du sociologue Shmuel Trigano (16).

 

Benbassa, à la différence de Tariq Ramadan, n'inclut pas le philosophe Pierre-André Taguieff parmi les « intellectuels organiques » de la collectivité juive… Mais elle lui reproche d'avoir « fourni au leadership juif la caution "scientifique" dont il pouvait avoir besoin » dans la lutte contre l'antisémitisme. Et elle ironise, dans une tribune publiée par Libération (17), sur ceux qui « parlent à tort et à travers d'antisémitisme » et qui se « pâment devant le mot tout nouveau de judéophobie » - allusion au livre très remarqué de P.-A. Taguieff… Le concept d'« intellectuels organiques » utilisé par Esther Benbassa laisse penser que tous ces intellectuels - qui ont en réalité des opinions très diverses - sont inféodés à un mythique « lobby juif » qui leur dicte leurs prises de position… A en croire Benbassa, les intellectuels organiques de la communauté juive perdent tout jugement critique dès lors qu'il est question d'Israël : ils se conduisent en porte-parole du gouvernement israélien… (Cette accusation rejoint celle portée par Tariq Ramadan dans son fameux article contre les « nouveaux intellectuels communautaires », qui avait été refusé par Le Monde et Libération, avant d'être finalement publié par le site islamiste Oumma.com.)

 

 

Le piège de l'intellectuel médiatique

 

La dénonciation par Esther Benbassa des « intellectuels organiques » permet de comprendre sa position paradoxale d'intellectuelle juive qui revendique son identité sépharade, pour critiquer et dénoncer de manière exclusive l'Etat d'Israël et la communauté juive. C'est en effet par opposition systématique à ces derniers qu'elle prend position dans le débat politique français. On aurait du mal à trouver un exemple d'une déclaration de Benbassa en défense de la communauté juive et de ses représentants… Même lorsqu'elle accepte de reconnaître l'existence des actes antisémites, après en avoir pendant longtemps nié la réalité, c'est pour mieux accuser le leadership juif d'instrumentaliser l'antisémitisme et de favoriser l'islamophobie. C'est contre la figure de l'« intellectuel organique » que Benbassa se définit, en tant qu'intellectuelle « du dehors », invoquant à ce sujet la figure d'Edward Said :

 

Comme on l'a récemment rappelé à propos d'Edward Said, l'intellectuel est « l'homme du dehors, il n'appartient pas à ses appartenances, ne se résume pas à ses origines, ses intérêts, ses positions ». Parce qu'il « n'y a pas de pensée sans un effort de désappartenance »…(18)

EdwardSaid.jpg
Edward SAID

 

A une autre occasion, elle cite encore Said, qui écrit dans son autobiographie :

 

Ma priorité a toujours été celle de la conscience intellectuelle plutôt que la conscience nationale ou tribale, malgré la solitude qu'un tel choix risque d'imposer (19).

 

Ces deux citations d'Edward Said permettent de comprendre l'attitude d'opposition systématique de Benbassa, qui dirige toujours son esprit critique contre Israël et contre les dirigeants de la communauté juive de France. Notons au passage que l'attitude d'Edward Said était loin de correspondre à cette définition avantageuse de l'intellectuel. On se souvient qu'il s'était fait photographier avec complaisance en train de lancer une pierre par-dessus la frontière israélo-libanaise, aux côtés de militants du Hezbollah… Contrairement à Benbassa, Said dirigeait ses pierres (et sa plume) contre ses ennemis, pas contre sa propre communauté.

 

Obsédée par son refus d'être prise pour une « intellectuelle organique » et par sa volonté de « désappartenance » permanente, c.-à-d. de critique systématique de son peuple et des siens, Esther Benbassa est devenue une intellectuelle médiatique. Son désir d'échapper à ses appartenances et à ses origines l'a emporté sur sa fierté de Juive sépharade, qu'elle exprimait au tout début de sa carrière d'historienne. A force de vouloir rejeter ses origines et toute attache ou loyauté envers les siens, elle a fini par devenir, comme elle le reconnaît dans un rare moment de sincérité, une « juive du hasard », sans patrie et sans attachement territorial.

 

Pierre Itshak Lurçat

 

 

Notes

1. Les Juifs ont-ils un avenir ?, p. 245.

2. Wladimir Rabi, Un peuple de trop sur la terre ? Les presses d'aujourd'hui, 1979.

3. E. Benbassa et J.-C. Attias, Les Juifs ont-il un avenir ?, Jean-Claude Lattès, 2001. Réédité en poche en 2002 par Hachette Littérature.

4. Parmi lesquels : Cultures juives méditerranéennes, Syros 1985 ; Un grand rabbin sépharade en politique, Presses du CNRS 1990 ; Juifs des Balkans, La Découverte 1993.

5. Seuil, 1997, 2e édition 2000.

6. Larousse, 1997, 2e édition revue et corrigée 1998.

7. Traduit en français et publié aux éditions La Fabrique, avec une préface de Rony Brauman.

8. « La religion de la Shoah », Libération, 11 septembre 2000.

9. Voir à ce sujet, P.-A. Taguieff, La nouvelle Judéophobie, Mille et une nuits 2002, p. 132.

10. Les Juifs ont-ils un avenir ?, p. 98.

11. Les Juifs ont-ils un avenir ?, p. 219.

12. Les Juifs ont-ils un avenir ?, p. 261.

13. Citons par exemple l'article de X. Ternisien, « Les dangers de l'islamophobie », Le Monde, 12-13 mai 2002.

14. Les Juifs ont-ils un avenir ?, p. 268.

15. Voir son fameux brûlot, A-t-on le droit de critiquer Israël ?

16. Les Juifs ont-ils un avenir ?, p. 269, n.1.

17. E. Benbassa, « Entre la honte et la rage », Libération 10 avril 2002.

18. Interview d'Edward Said dans Le Point, 13 juin 2002, cité dans Les Juifs ont-ils un avenir ?, p. 279.

19. E. Benbassa, « Tariq Ramadan et l'islam "mou" de Turquie », Le Monde, 20 novembre 2003.

 

****************************************************************************************************

 [PUBLICITE]

Lurcat.JPG

24.11.2009

Le tournant eurabien de Caroline Fourest - Paul Landau

Je reproduis l'article de Paul Landau paru sur l'excellent site Riposte Laique.

Une intellectuelle engagée au service d’Eurabia

fourestcaroline1.jpgCertains lecteurs se sont étonnés du dernier article de Caroline Fourest dans Le Monde, intitulé "Israël contre Obama", dans lequel la chroniqueuse du quotidien du soir attaque l’Etat hébreu, avec une virulence inédite sous sa plume, employant des expressions telles que "fanatisme" ou "violence disproportionnée" que n’aurait pas reniées Tariq Ramadan lui-même... Pour comprendre cette évolution, il faut lire l’analyse éclairante que vient de publier Radu Stoenescu dans Riposte Laïque. Analysant la récente joute télévisée entre Fourest et Ramadan, Stoenescu remarque que la militante des droits des homosexuels s’est montrée dogmatique et peu convaincante face au prédicateur islamiste, concentrant toutes ses attaques sur le thème réducteur des opinions de Ramadan sur l’homosexualité, au lieu d’exposer publiquement son projet politique.

La malhonnêteté intellectuelle de Caroline Fourest

L’explication profonde de cette attitude, révèle Stoenescu, tient au fait que Mme Fourest travaille depuis plusieurs mois pour une institution européenne très marquée politiquement, la Fondation Anna Lindh. Avant de montrer les implications de ce fait capital, je voudrais faire une parenthèse personnelle. J’avais moi-même constaté depuis longtemps l’insuffisance du raisonnement de Caroline Fourest concernant l’islam politique, et la malhonnêteté de son attitude intellectuelle. En effet, lorsque j’ai publié mon premier livre – Le Sabre et le Coran, portant sur le même sujet que celui de Fourest, à savoir la famille Ramadan – j’ai été étonné de constater que mon manuscrit, remis au printemps 2005, a "dormi" dans un tiroir chez mon éditeur jusqu’à la rentrée de septembre, alors qu’il portait sur un sujet d’actualité brûlante... La raison de cette mise au placard me fut donnée bien plus tard, lors d’une rencontre avec la chercheuse Fiametta Venner (auteure d’un livre documenté sur l’UOIF).

Sabre et le Coran.jpg

Celle-ci ayant été attaquée en diffamation par le CBSP (Comité de Bienfaisance et de Soutien aux Palestiniens), pour avoir révélé dans son livre les liens entre le CBSP et le Hamas, je lui proposai de nous rencontrer lors d’un de mes passages en France pour lui remettre des documents, réunis par les autorités israéliennes depuis plusieurs années, établissant de manière indiscutable le fait que le CBSP était l’organe de collecte du Hamas en France. Au détour de notre conversation, mon interlocutrice me révéla ingénument que Caroline Fourest avait voulu empêcher la parution de mon livre, en suggérant à son éditeur de m’attaquer pour plagiat ! Celle-ci renonça finalement à son projet mais obtint (par des moyens que j’ignore) que mon éditeur retarde la parution de mon livre sur Ramadan, pour ne pas lui porter ombrage...

Si je révèle aujourd’hui cette anecdote personnelle, c’est parce qu’elle en dit long – me semble-t-il – sur les procédés intellectuels de Mme Fourest. Plus qu’un simple sujet de recherche, Tariq Ramadan lui a servi de tremplin pour entamer sa carrière. Et de fait, elle a réussi un "beau parcours"... La journaliste-militante est aujourd’hui chroniqueuse au Monde et à France Culture, enseignante à Sciences Po et membre de la Fondation Anna Lindh. Or cette fondation n’est pas, comme on pourrait le croire, un simple organisme de recherche, mais un acteur politique aux moyens financiers considérables et aux visées bien précises... Acteur central du "Partenariat euro-méditerranéen", la Fondation Anna Lindh est en fait, comme l’a montré Bat Ye’or dans son livre Eurabia *, le cheval de Troie de l’islamisation culturelle et politique de l’Europe.

05_batyor_eurabia.jpg

Annihiler toute vélléité de résistance

De même que l’URSS recrutait autrefois des intellectuels prestigieux en Occident (comme Ernest Hemingway) pour défendre la politique de la "patrie du socialisme", l’Union européenne recrute aujourd’hui des intellectuels – par le biais de la Fondation Anna Lindh – pour défendre le projet politique euro-méditerranéen. Et si Mme Fourest pourfend aujourd’hui le "fanatisme" israélien et s’abstient de dénoncer le projet politique de Tariq Ramadan – préférant le contredire uniquement sur le sujet très réducteur de l’homosexualité – c’est parce qu’elle est devenue une intellectuelle au service du projet euro-méditerranéen. Ce projet n’est d’ailleurs pas du tout incompatible – loin s’en faut – avec celui de Ramadan : il est en fait le second versant de l’entreprise islamiste de conquête de l’Europe. Tandis que Ramadan et les autres prédicateurs de l’islam conquérant s’emploient à islamiser et à réislamiser les populations européennes, Caroline Fourest et ses collègues de la Fondation Anna Lindh s’emploient de leur côté à annihiler toute vélléité de résistance de la part de ces mêmes populations, en s’en prenant par exemple à Riposte Laïque, qui constitue le principal pôle de résistance citoyenne face à l’islamisation de la France...

Mme Fourest dévoile au détour d’une phrase de sa tribune du Monde son nouvel engagement politique eurabien, lorsqu’elle écrit que "les alliances changent de camp" [sic] et que "l’illusion d’un choc entre bloc musulman et bloc occidental a vécu..." Effectivement, les alliances "changent de camp" ! Caroline Fourest a depuis longtemps abandonné le camp du combat contre l’islam politique conquérant, pour rejoindre celui de "l’alliance des civilisations" et du "partenariat euro-méditerranéen". Ces deux expressions, caractéristiques du novlangue technocrate eurabien, désignent en fait l’alliance forgée entre l’Union européenne et les pays arabo-musulmans, au lendemain du choc pétrolier de 1973, contre Israël et contre les Etats-Unis [voir le livre Eurabia sur ce sujet] L’intellectuelle militante des droits de l’homme, recrutée par la puissante Fondation Anna Lindh, est ainsi devenue une fonctionnaire d’Eurabia.

Paul Landau

* Bat Ye’or, Eurabia, l’axe euro-arabe, éd. Jean-Cyrille Godefroy 2006.

17.11.2009

Si lointains et si proches... nos frères juifs éthiopiens - La fête du "Segd" à Jérusalem - Itshak Lurçat

SEGED 2 PHOTO P.I.LURCAT.JPG

 

 

Hier matin (lundi) je me suis rendu sur la promenade qui fait face aux remparts de la Vieille ville de Jérusalem, un des plus beaux sites de Jérusalem, à deux pas de chez moi. Des milliers de Juifs éthiopiens étaient venus, comme chaque année, fêter le "Segd" ("prosternation") – fête qui revêt un caractère à la fois religieux et national [sa signification a évolué depuis les récentes vagues d'émigration des Juifs éthiopiens en Israël, et son sens traditionnel s'est enrichi d'un nouveau sens].

 

 

SEGED 3 PHOTO P.LURCAT.JPGAu-delà de son aspect religieux, cette fête est aussi un grand rassemblement – sans doute le plus important de l'année – pour la communauté juive éthiopienne en Israël, et un moment de joie et de recueillement tout à la fois. A l'instar de nombreuses fêtes juives en Israël, le Segd a en effet une double inspiration, ancienne et moderne, mêlant allégresse et tristesse, un peu comme Yom Ha'atsmaout qui succède au Yom Hazikaron, ou comme Yom Kippour, qui a pris un sens nouveau en Israël depuis 1973.

SEGED 6 PHOTO P.LURCAT.JPG

 

A travers ces quelques photographies prises à la hâte, j'ai voulu montrer le visage multiple de la communauté juive éthiopienne en Israël aujourd'hui : celui de générations différentes dans leur habillement – les jeunes, civils ou militaires – côtoyant leurs aînés au costume traditionnel. Il y a quelque chose d'émouvant dans ces visages qui nous sont à la fois si proches et si lointains, tout comme ce judaïsme éthiopien – ces frères éloignés que nous avons retrouvés après des siècles de séparation. En les voyant, je pensai à André Neher, qui décrivait dans un de ses livres l'émotion ressentie en découvrant le judaïsme sépharade dans les années 1950. Je pensai aussi, en contemplant ces visages, au beau livre Asteraï * – relatant l'épopée des Juifs éthiopiens – dont j'ai récemment rendu compte dans les colonnes d'Israël Magazine.

 

SEGED 8 PHOTO P.LURCAT.JPGL'histoire des Juifs éthiopiens en Israël n'est pas seulement – comme pourrait le faire croire une vision purement sociologique – celle d'une acculturation ou d'une intégration, difficile et parfois cruelle. Elle est aussi, et avant tout, celle d'une transformation, vécue par toutes les communautés juives qui sont montées en Israël depuis le début du sionisme politique : la redécouverte de notre identité hébraïque, ou comme disait Manitou, la transformation des Juifs venus des quatre coins du monde en Israéliens, c'est-à-dire en hébreux. C'est le sens profond et messianique du Rassemblement des exilés – le kibboutz galouyiot.

 

 

Itshak Lurçat

 

 * VOIR Le premier roman israélien éthiopien traduit en France sur mon blog LETTRES D'ISRAEL.

 

 

 

SEGED 7 PHOTO P.LURCAT.JPG

 SEGED 5 PHOTO P.LURCAT.JPGSEGED 4 PHOTO P.LURCAT.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

**************************************************************************************

 

 

lurcat_cours_immo_double.jpg

13.11.2009

Shabbat Haye Sara - J'offre un colis de nourriture aux familles défavorisées de Hébron

JE RELAIE L'APPEL DE HASDEI AVOT, EN CE CHABBAT HAYE SARAH

di0011-hebron-1468.jpgPour offrir des Colis de Chabbat aux familles de Hébron, merci de cliquer ICI

Ce Chabbat Haye Sarah, est le Chabbat le plus important pour le peuple d'Israel. En effet, Avraham Avinou, en achetant le Caveau des Patriarches, commença la véritable mitsvah d'acquisition d'Eretz Israel. Avraham Avinou, ne voulut pas recevoir Mearat haMachpela en cadeau de la part de Hefron car il vit par prophétie, que Hébron serait aujourd'hui plus que jamais, revendiquait par le monde arabe.

Hébron est crucial pour le Saint peuple d'Israel, car y renoncer serait synonyme de renoncer a Avraham Avinou et de la même, renier l'existence du peuple d'Israel. C'est pour cela que des centaines de Tsaddikim, vivent aujourd'hui à Kiriat Arba - Hébron. Au péril de leur vie, ils sont les défenseurs d'Israel.

Leur présence a Hébron permet a notre peuple de justifier l'authenticité de nos racines que le monde entier veut nous retirer. Habiter ou soutenir Hébron est un devoir et une obligation pour tous. Malheureusement, la grande crise qui touche Israel est encore plus grande à Hébron.

Plus de travail, d'usines et d'emplois stables. En soutenant Hébron, vous continuerez l'œuvre d'Avraham Avinou et prouverez au monde, que la terre d'Israel appartient seulement au peuple d'Israel. Merci de soutenir Hébron en offrant un colis de Chabbat qui sera distribue aux valeureuses familles défavorisées de Hébron. Grande est votre mitsvah ! Que l'Eternel vous ouvre les portes de l'abondance et de la sante.

Chabbat Shalom dans la paix et que nous puissions tous participer a la construction du troisième Temple avec le Maitre du Monde comme unique Roi.

Valerie et Yair Mimouni,

Hasdei Avot - www.hasdeiavot.org

Pour offrir des Colis de Chabbat aux familles de Hébron, merci de cliquer ICI

 



Vous recevez cette newsletter car vous êtes inscrit(e) à la liste de diffusion d'Isra-mail. Pour vous désabonner, cliquez ici

10.11.2009

Révélations sur la collusion entre la police et les musulmans à Barbès

EXCELLENT ARTICLE DE NOS AMIS DE RIPOSTE LAIQUE A LIRE ET A DIFFUSER!

Je m'étonnais naivement dans ces colonnes, il y a quelques semaines, de l'affaire du boycott anti-israélien auquel avait collaboré la municipalité du 18e arrondissement de Paris... Aujourd'hui tout est clair! Le 18e arrondissement est devenue terre d'islam et son maire, M. Daniel VAILLANT, est un dhimmi qui applique en France les lois de la Charia (ou de la République islamique). P.I.L.

Barbes_9_0138-1.jpgDepuis cinq semaines, Riposte Laïque dénonce les prières musulmanes qui ont lieu chaque vendredi dans les rues du quartier Barbès. Ces jours-là, le boulevard Barbès, la rue des Poissonniers et la rue Léon sont occupés par les musulmans, et leurs trottoirs interdits aux non-musulmans pendant toute la prière des musulmans. La rue Polonceau et la rue Myrha, quant à elles, sont totalement confisquées sur plus de 100 mètres : barrées à chaque extrémité par les islamistes des mosquées Polonceau et Myrha, les véhicules et les piétons sont empêchés de les emprunter, et les habitants de ces rues ne peuvent plus ni entrer ni sortir de chez eux pendant toute la durée de la prière. (1)

Nous avons rapporté que cette situation intolérable dure depuis plus de 10 ans, et nous nous sommes élevés contre l’inaction coupable des autorités françaises – aussi bien de la Mairie du 18e arrondissement et de la Mairie de Paris que de la Préfecture de Paris et du gouvernement français – qui laissent un quartier entier de Paris être dirigé par les musulmans.

Aujourd’hui, nous sommes en mesure d’apporter des révélations choquantes sur la collusion entre la police et les musulmans à Barbès. Car la situation est bien plus grave que ce que nous dénoncions lors des semaines passées : en effet, non seulement la police n’agit pas contre les musulmans bloqueurs de rues, mais encore elle soutient ces derniers contre les non-musulmans, et les laisse délibérément contrôler tout le quartier Myrha-Polonceau pendant la prière du vendredi.

Les barrières bloquant la rue Myrha.

1) Un accord secret entre l’imam de la mosquée Myrha et le commissaire du 18e arrondissement de Paris :

Le 21 septembre 2009, France Ô a diffusé à 20h35 un reportage intitulé "Mosquées de Paris" (rediffusé le mardi 22 septembre à 15h15), dans lequel un passage est consacré à la mosquée de la rue Myrha et au blocage de la rue du même nom. (2)

Dans ce reportage, l’imam actuel de la mosquée de la rue Myrha (mosquée Khalid Ibn Walid), Hamza Sallah, déclare ceci :

– Il y a une quinzaine d’années, donc, j’ai demandé au commissaire de l’époque, si mes souvenirs sont bons c’était monsieur Maucourant, qui était divisionnaire ici dans le 18, et je lui ai posé la question, je lui ai dit « moi, il faut que vous me fermiez la rue, je ne veux pas d’incidents », donc il a fait… donc ensemble nous avons pris la décision de fermer la rue, à midi, pendant l’heure des prières, où on met des barrières, mais ce n’est pas suffisant. »

Dans le même reportage, Hamou Bouakkaz, adjoint au maire de Paris, chargé de la démocratie locale et de la vie associative, élu conseiller de Paris le 16 mars 2008, membre du groupe socialiste, radical de gauche et apparentés, apporte les précisions suivantes :

– Les arrangements comme ça avec le commissariat du coin, c’est des arrangements qui sont portés par personne, si le commissaire s’est pas couvert, et… le commissaire demain on veut le changer, l’arrangement il est foutu… Aujourd’hui, c’est un modus vivendi qui paraît rationnel… Si l’arrangement, ça fait 17 ans qu’il dure, pourquoi ne pas le formaliser dans une convention officielle ? Parce que faudra écrire des choses que les gens veulent pas écrire. Ils veulent pas écrire que ils vont mettre des barrières pour que la pratique du culte se fasse, qu’ils vont empêcher les voitures de passer… parce que sinon, ils, comment dire, ils banaliseraient, ils autoriseraient une occupation illicite du domaine public. »

Ainsi, un accord secret a été passé entre la police et les musulmans de Barbès, il y a déjà une quinzaine d’années, au terme duquel la police laisse les musulmans bloquer la rue Myrha chaque vendredi pendant la prière ! Blocage qui, de l’aveu même de l’adjoint au maire de Paris, constitue une occupation illicite du domaine public ! Ainsi, dans le quartier islamisé de Barbès, la police cautionne-t-elle un comportement illégal !

En 2004, le commissaire divisionnaire Roland Maucourant, artisan de cet accord secret avec les musulmans du 18e arrondissement, a été remplacé par le commissaire divisionnaire Alain Gibelin, sans que rien ne change sur le terrain : le commissaire Gibelin accepte donc lui aussi que les musulmans bloquent les rues du quartier Barbès chaque vendredi pour leur prière ! (3)

2) Complicité des policiers avec les musulmans bloqueurs de rues :

Au début de l’extrait du reportage de France Ô sur les "Mosquées de Paris", on peut voir une voiture de police, arrêtée devant les barrières de la rue Myrha, dont les occupants discutent paisiblement avec les musulmans bloqueurs. Toute personne qui s’est trouvée dans le quartier Myrha-Polonceau le vendredi a pu constater que les policiers ne prennent aucune mesure pour libérer les rues confisquées par les musulmans : l’auteur a vu, le vendredi 9 octobre, des policiers verbaliser des voitures au début de la rue de Laghouat, à seulement 20 mètres des barrières de la rue Myrha ! Ainsi, au moment-même où des rues entières sont volées par des musulmans en plein centre de Paris, les policiers, au courant de ce délit, ne trouvent-ils rien de plus urgent à faire que de continuer leur train-train quotidien, sans intervenir pour mettre fin à cette occupation illicite du domaine public !

Mais il y a plus grave : le vendredi 23 octobre 2009, au croisement de la rue Myrha et de la rue Léon, l’auteur a entendu un policier déclarer, depuis la fenêtre de son fourgon arrêté devant les barrières, à une femme qui s’apprêtait à traverser la rue Léon couverte de tapis de prières surmontés de musulmans, ceci :

– Non c’est pas à vous là quand même, non c’est pas à vous maintenant ! » (4)

La femme ainsi apostrophée par le policier lui répondit : « Ben tout ça c’est bien beau, mais je travaille aussi », puis elle se lança dans un exercice d’équilibriste pour franchir la rue Léon en marchant dans les interstices de bitume entre les tapis.

Le policier, à la fenêtre du fourgon, vient de déclarer à cette femme qu’elle n’a pas à traverser la rue Léon pendant que les musulmans y prient !

Ainsi, des policiers du 18e arrondissement admonestent-ils des non-musulmans qui veulent simplement pouvoir se déplacer dans le domaine public ! Ainsi des policiers du 18e arrondissement prennent-ils fait et cause pour les musulmans bloqueurs de rues !

Et il ne s’agit pas là d’un cas isolé : des femmes qui s’étaient fait refouler de la rue Myrha par les employés de la mosquée, et qui voulaient porter plainte auprès des policiers, se sont vu répondre par ceux-ci : « Mais c’est normal, c’est la grande prière ! » (5)

3) Les policiers laissent les musulmans gérer la circulation à leur place :

Au commencement de la rue des Poissonniers, sur le boulevard Barbès, c’est une autre scène qui a lieu chaque vendredi : des employés de la mosquée, portant sur le bras gauche un brassard orange marqué "Sécurité", règlent la circulation à la place de la police.

Un membre de la police musulmane parallèle, réglant la circulation au début de la rue des Poissonniers.

SUITE (ET PHOTOS) SUR LE SITE RIPOSTE LAIQUE

09.11.2009

EUREKA! Quand Jacques Attali découvre... l'antisémitisme

attali.jpgJacques ATTALI, qui expliquait doctement dans les colonnes de Ha'aretz, il y a quelques semaines, que l'antisemitisme n'existait pas en France, et qu'il était une "invention de la propagande israelienne" [sic], accuse aujourd'hui Jean-Louis BIANCO d'etre antisémite!

Nouvelle preuve du solipsisme de M. Attali, pour qui tout ce qui le touche personnellement existe, mais tout le reste n'est qu'illusion ou propagande... P.I.L

ARTICLE DE L'EXPRESS

Chute du mur de Berlin

Jacques Attali accuse Jean-Louis Bianco d'antisémitisme

Par Thierry Dupont, Eric Mettout, publié le 09/11/2009 15:20 - mis à jour le 09/11/2009 16:15

Pour le député PS, si, en 89, l'ex-conseiller de François Mitterrand était réticent à la réunification allemande, c'est parce qu'il est juif. De "l'antisémitisme inconscient", selon Jacques Attali.

Jacques Attali a la colère froide. Il l'a manifesté une nouvelle fois, ce lundi matin, sur i>Télé, où il était l'invité de Jean-Jérôme Bertolus, à l'occasion du 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin. Quelques heures plus tôt, Jean-Louis Bianco, secrétaire général de l'Elysée en novembre 1989, s'était exprimé sur le même sujet dans les colonnes du Journal du dimanche. Et notamment sur le rôle qu'avait joué selon lui Roland Dumas, alors ministre des Affaires étrangères, et Jacques Attali, le conseiller spécial du président, dans la réaction sans enthousiasme de François Mitterrand à l'idée de la réunification allemande.

Argument de Jean-Louis Bianco? Contrairement à lui, et finalement à François Mitterrand, Roland Dumas et Jacques Attali éprouvaient une "certaine peur des Allemands", le premier en raison du passé de résistant de son père, le second parce qu'il "est juif", ce dernier essayant "d'ailleurs de tirer Mitterrand vers ses propres préoccupations. Mais sans succès."

Jacques Attali, qui nous avait alerté dès hier soir par e-mail, voit dans cette remarque une forme "d'antisémitisme inconscient", qu'il a demandé au Parti socialiste, le parti de Jean-Louis Bianco, de ne pas laisser sans suite. "Si une telle phrase avait été prononcée par Le Pen, accusant un collaborateur du président de la République d'être biaisé par ces origines, elle aurait fait scandale", s'indigne-t-il.

Contacté par LEXPRESS.fr, Jean-Louis Bianco a reconnu que "dans le JDD, [il a] écrit que Roland Dumas, parce que son père avait été fusillé par les nazis, et Jacques Attali, parce qu'il était juif, avaient sur l'Allemagne une sensibilité particulière". Mais "dire cela voulait manifester une sympathie et non exprimer de l'antisémitisme", se justifie-t-il.

Pas suffisant pour Jacques Attali, toujours scandalisé, malgré les "excuses" du député des Alpes-de-Haute-Provence. "Cela reste absolument honteux. Epouvantable. Ma position sur l'Allemagne n'a rien à voir avec une des dimensions de mon histoire. Dire que mes conseils au président étaient déterminés par mon judaïsme est ignoble. Et cette déclaration est, évidemment, antisémite."

08.11.2009

BUYCOTT ISRAEL - Achetez bleu et blanc!

buycott-israel.jpg

 

 

Je me faisais ici récemment l'écho de la triste impression d'impuissance des organisations juives  françaises (et notamment du CRIF), face à la recrudescence d'appels au boycott et de provocations organisées par les ennemis d'Israël ces derniers mois. Dans ce contexte, il faut souligner l'initiative importante du Comité Canada-Israel, qui a lancé le projet "BUYCOTT ISRAEL". Ce néologisme désigne l'appel à acheter des produits made in Israel, ou comme on disait autrefois, acheter "bleu et blanc'.

medium_Drapeau_Etat_d_Israel_2.jpgJ'appelle tous les lecteurs de ce blog à se joindre à cette initiative, en relayant l'appel de BUYCOTT ISRAEL et en prenant des initiatives similaires en France. Ne laissons pas les néo-nazis de la CAPJPO occuper le terrain et les magasins!

AM ISRAEL HAI! P.I.L.

 

nicht_kaufen.jpg
Le boycott antijuif, une pratique nazie
(Photo reprise du site de l'UPJF)

 

 

 

Toutes les notes

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu