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01/10/2009

Vol d'organes : le web conspirationniste ''antisioniste'' se lâche

Le site Conspiracy Watch se livre a un tour d'horizon des théories de la conspiration juive, autour de l'affaire Aftonbladet. Excellente analyse, tres documentée. J'ajoute que j'ai interviewé sur le meme sujet le spécialiste de la question, Pierre-Andre Taguieff, dans le dernier numero d'Israel Magazine. P.I.L

Extrait du feuilleton syrien 'Al-Shatat' s'inspirant des Protocoles des Sages de Sion
Sous couvert d’« antisionisme », c’est une véritable campagne de haine antijuive qui s’est déchaînée sur le web au cours des dernières semaines. Le prétexte en a été fourni par la publication dans un journal suédois, le 17 août dernier, d’un article (1) établissant un lien entre un trafic de reins impliquant un rabbin américain de 58 ans et les rumeurs accusant l’armée israélienne de prélever secrètement des organes sur des cadavres de Palestiniens. Outrepassant de loin la simple critique de l’Etat d’Israël, plusieurs textes circulent sur le Net qui dénoncent le vol d’organes comme faisant partie intégrante de la culture juive. Le délire conspirationniste culmine avec la dénonciation d’un vaste complot juif international ayant des ramifications jusqu’au Maroc et en Algérie (2), où des enfants seraient kidnappés afin d’« alimenter la banque d'organes de l'entité sioniste » (3). Invité en Algérie, où la Fédération nationale des journalistes algériens lui a décerné le Prix de la distinction journalistique, l’auteur de l’article qui a déclenché la polémique, le journaliste suédois Donald Boström, a déclaré que l’armée israélienne se livrait à ce commerce depuis cinquante ans et que le nombre de Palestiniens ayant fait l'objet de vol d'organes dépassait le millier (4).
On pourrait penser que cette rhétorique est réservée à des sites d’extrême droite – comme ceux des antisémites Hervé Ryssen et Boris Le Lay. On la retrouve aussi, pourtant, sur le « site d’information alternatif » du Collectif Bellaciao, animé par le militant communiste Roberto Ferrario, qui a fait campagne pour Marie-Georges Buffet aux élections présidentielles de 2007. Bellacio.org (5) a en effet reproduit un article d’Alison Weir publié originellement sur le site américain d’extrême gauche CounterPunch.org (6) le 28 août 2009. Dans ce texte, l’auteur va jusqu’à accréditer l’authenticité des crimes rituels juifs au Moyen Age et conclut par : « Israël se sert de ses ressources considérables et planétaires afin de faire obstacle à toute enquête. Il est difficile d’en conclure qu’il n’a rien à cacher ». L’article d’Alison Weir a été traduit par Marcel Charbonnier, un militant pro-palestinien radical gravitant dans l’orbite des négationnistes (7) et dont une trentaine de traductions se retrouvent sur le site du Réseau Voltaire. Il a été repris, entre autres, sur AlterInfo (dont le fondateur, Zeynel Cekici, a été condamné cette année pour négationnisme), sur Vox-NR et Géostratégie (des sites d’extrême droite animés par Christian Bouchet, ancien secrétaire général du groupuscule néo-nazi Unité Radicale), sur le site Mondialisation.ca ainsi que sur les pages personnelles de Michel Collon, un journaliste belge proche de Thierry Meyssan (8).

Al-Manar, la chaîne de télévision du Hezbollah – pour qui, justement, Thierry Meyssan travaille (9) – a pour sa part diffusé des textes intitulés « Un expert égyptien : le Talmud ne condamne pas le vol d’organes des non juifs » ou encore « Trafic d'organes palestiniens: "Israël" est le seul qui confisque les cadavres ». Cet article a été repris sur le site d’Egalité & Réconciliation (l’association d’Alain Soral, un autre proche de Thierry Meyssan), sur Altermedia.info (un site dont la version anglophone a été fondée par David Duke, ancien chef du Ku Klux Klan, le mouvement suprématiste blanc américain), et sur les pages personnelles de l’islamiste genevois Hani Ramadan. En 2003, Al-Manar avait diffusé au Liban et en Syrie un feuilleton inspiré des Protocoles des Sages de Sion comportant une scène au cours de laquelle des Juifs assassinaient un enfant chrétien pour le vider de son sang. Cette série, intitulée Al Shatat, a été rediffusée en Iran en 2004 et en Jordanie en 2005. Elle a de nouveau été programmée sur la deuxième chaîne de télévision publique iranienne cette année, pendant le mois de Ramadan 

 

Commentaires

Je crois que vous n'êtes pas crédible, autant que l'Etat d'Isrël.
Si Israël l'était, et si vous l'étiez, quoi de plus net que d'accepter de pratiquer les enquêtes nécessaires, pour la manifestation de la vérité?

Il est trop simpliste en même temps que non crédible qu'à chaque fois que des accusations précises et documentées sont portées contre une institution ou bien des pratiques de l'Etat d'Israël, lui et vous, criez à la conspiration et accusez vos adversaires d'antisionistes et d'antisémites.

Antisionistes et antisémites sont des mots tellement galvaudés par vous et par l'Etat d'Israël, qu'ils ne veulent plus rien dire au monde d'aujourd'hui, qui aspire à une justice égallement partagée entre toutes les Nations, fortes ou faibles.

Écrit par : zaharkoum hamed | 02/10/2009

Le thème des meurtres rituels est particulièrement intéressant à étudier car il cristallise autour de lui des positions pour le moins ambiguës dans lesquelles la rumeur jouait un rôle essentiel. Ainsi en est-il du récit de meurtres d’enfants, ensuite canonisés par l’Eglise comme martyrs ou de celui du Père Tommaso, un capucin vivant à Damas, tué en 1840. Cet événement mobilisa les plus hautes autorités civiles et religieuses, y compris le pape Grégoire XVI. Ces accusations revinrent dans les années 1880 " au moment de la résurgence plus générale de l’intérêt pour le vampirisme ", puis en 1913 à propos d’un procès pour meurtre rituel à Kiev.

L’avènement de Pie IX en 1846 laisse augurer un changement mais les mouvements révolutionnaires de 1848 et son exil confortèrent le pape dans le maintien de la tradition de l’Eglise. L’affaire Mortara, illustra la continuité de la pratique du Saint-Siège. Edgardo Mortara, âgé de six ans en juin 1858 et résidant à Bologne, fut enlevé par la police sur ordre de l’inquisiteur de la ville au prétexte qu’une jeune domestique catholique l’aurait baptisé secrètement quelques années plus tôt. Il reçut une éducation chrétienne et refusa de rejoindre sa famille et fut ordonné prêtre. Son ministère de prédicateur dans toute l’Europe le fit œuvrer sa vie entière à la conversion des juifs. Cette affaire, souvent amplifiée et déformée, connut un retentissement exceptionnel dans l’opinion publique grâce à la presse catholique. En fait l’enjeu dépassait largement le cadre des relations judéo-chrétiennes. Les tenants de l’unité italienne y trouvèrent des arguments de choix pour montrer le caractère rétrograde du gouvernement du pape : le rapt de l’enfant renforça la conviction, en Italie comme en Europe, que le régime pontifical n’était jamais que le vestige d’une époque révolue, un véritable anachronisme en cette seconde moitié du XIXème siècle.

Après le démantèlement des Etats pontificaux, le Saint-Siège n’a plus de réels moyens de contrainte. Il se voit donc obligé d’utiliser un outil dont l’efficacité a été étudiée et démontrée par plusieurs historiens : la presse, et plus particulièrement la Civiltà cattolica, fondée en 1850, organe officieux de la papauté, et l’Osservatore romano, organe officiel. Tous deux développent une argumentation antisémite -terme qui n’est forgé qu’en 1879 - avec des arguments jouant subtilement sur les notions d’antijudaïsme et d’antisémitisme. Les textes, bien que souvent violents, ne vont jamais jusqu’à prôner l’extermination des juifs ; les organes de presse évoquent plutôt un retour aux lois du Moyen-Age.

En Italie, l’unité s’est faite en opposition avec l’Eglise. La situation est tout à fait différente en France ou dans l’empire austro-hongrois : " la combinaison explosive d’une tradition antisémite latente encouragée par l’Eglise et d’un mouvement nationaliste s’identifiant au catholicisme donna naissance à une nouvelle forme d’antisémitisme ".

Le journal La Croix se fit le propagateur des idées d’identification des juifs avec le capitalisme d’une part et la révolution d’autre part, et l’assimilation à la franc-maçonnerie.

Pie X, élu en 1903, se démarque de ses prédécesseurs par les liens qu’il entretenait avec des juifs, notamment Romanin Jacur, un ingénieur juif de Padoue, élu député conservateur. Il accorda en outre une audience à Théodor Herzl. Il n’est guère contestable que Pie X nourrissait plus de sympathie que ses prédécesseurs. Mais on aurait vite fait d’exagérer la portée de cette différence d’attitude, car il faut savoir à quel point les papes étaient de leur temps.

Grégoire XV, élu en 1914, est préoccupé essentiellement par la guerre. Mais il envoya le futur Pie XI en Pologne comme visiteur apostolique. Benoît XV n’aurait pas chargé cet ecclésiastique érudit d’exercer des fonctions diplomatiques à Varsovie en 1918, que toute l’histoire de l’Eglise au XXème siècle eût peut-être été changé. Achille Ratti enquêta sur la situation religieuse, sociale et politique de la Pologne et conclut à l’influence néfaste des juifs, adversaires de la chrétienté. L’encyclique " Mit brenender Sorge " de 1937 ne contenait aucune mention explicite de la persécution des juifs mais n’en était pas moins une condamnation du régime allemand.

Que ce soit en Allemagne, en Autriche ou en Italie, ni le pape ni aucune autorité religieuse ne s’opposèrent aux manœuvres nazies ou fascistes.

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On dit qu’elle court, qu’elle court, la rumeur. Elle navigue aussi, sur le réseau des réseaux, c’est une évidence. La désinformation est l’une des plus anciennes activités de l’homme, peut être même un métier pour certains, le second le plus vieux du monde. Mais la rumeur dit aussi que la Loi serait impuissante à la faire taire sur Internet. Est ce seulement vrai ?

la Loi n’est aucunement en cause dans cette perception d’impunité face à la rumeur on line.

Diffamation, injures, plus simplement dénigrement sont des délits civils ou pénaux contenus dans la Loi en vigueur, qui trouvent sans difficultés à s’appliquer devant les Tribunaux dans les cas de rumeurs on line. Les Tribunaux français se déclarent d’ailleurs compétents pour en connaître de manière extensive. Un juge français acceptera de sanctionner l’auteur d’une rumeur quel que soit son lieu d’établissement dans le monde, dès l’instant où il est démontré que cette fausse information était destinée à causer un préjudice au justiciable français . Aussi, la Loi est applicable et ... en théorie, s’applique.

Une rumeur peut naître par génération quasi spontanée, du fait de l’interprétation erronée d’un fait observé ou d’une information entendue. Dans tous les cas cependant, pour que la rumeur existe et se répande, il faut que le contexte s’y prête. En d’autres termes, il faut que l’opinion soit en quelque sorte en attente d’information. Ce n’est pas pour rien que les rumeurs les plus folles courent en période de crise grave (pendant les guerres par exemple).

Par ailleurs, la rumeur joue, dans un registre proche, avec la théorie du complot : il existe des causes cachées, des faits sciemment dissimulés ... On est en plein irrationnel. Mais c’est à cet irrationnel que fait appel la rumeur ! La rumeur court d’autant plus vite et d’autant plus loin qu’elle a trouvé dans la presse, sa courroie de transmission idéale. Et depuis l’essor des médias et d’Internet, elle se nourrit des nouveaux moyens de communication, tout comme ceux-ci se nourrissent des rumeurs. N’est-ce pas ainsi que l’avion qui s’est écrasé sur le Pentagone n’a jamais existé ?

S'il y a bien un domaine que la rumeur bouscule, il s'agit bien de l'information. Car finalement qu'est la rumeur, sinon une information amplifiée, modifée, déformée, voire falsifiée ? De fait, on peut distinguer deux rumeurs: la rumeur qui se veut revendiquée comme telle, ce fameux bruit de fond qui finalement nous attire, parce qu'il éveille en nous des sortes de peurs primales, notre goût inextinguible de l'irationnel. L'autre rumeur, au caractère plus vicieux, et plus dangereux, est la rumeur qui se veut information, qui tend constamment à nous faire croire qu'elle est vraie.
En conséquence, la profession la plus touchée par la rumeur est sans conteste le journalisme. Et ceci vaut tout aussi bien pour le jouranlisme en-dehors du cyber-espace.

Là où Internet pose encore plus de problèmes que les médias traditionnels, c'est dans la vérification de l'information. Et ce d'autant plus que les journaux deviennent eux-mêmes la cible des lanceurs de rumeurs. Ceux-ci savent en effet que sur le Net, il suffit quasiment de divulguer une information pour qu'un journal la reprenne à son compte. On assiste ainsi à un phénomène étonnant: un très grand nombre de journaux se mettent à citer des rumeurs.

Le cyber-magazine Slate décrit bien ce cheminement: "Les policiers de l'éthique ne peuvent pas contrôler les rumeurs et histoires sans substance que les gens placent sur le web... si le web le diffuse et que la télévision le répète, le journal est obligé de suivre."

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 05/10/2009

Carl Bildt suscite la colère de Tel-Aviv. / 9.10.2009

Le soutien du ministre des Affaires étrangères suédoises, Carl Bildt, au rapport Goldstone sur l’intervention israélienne à Gaza suscite de fortes réactions en Israël, relate le Dagens Nyheter. Initié par la Commission des droits de l’homme à l’ONU, Israël rejette ce texte. “C’est le même Carl Bildt qui a refusé de démentir officiellement le prétendu trafic d’organes mené par les Israéliens”, a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères israélien, Danny Ayalon. Selon lui, “les relations entre la Suède et Israël suivent une mauvaise voie”, note le quotidien suédois. Carl Bildt estime que Tel-Aviv a commis une erreur, en refusant de coopérer avec Richard Goldstone. D’après lui, les conclusions du rapport exigent des mesures immédiates.

http://www.courrierinternational.com/

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 09/10/2009

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