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23/07/2009

L’UPJF condamne la convocation de l’ambassadeur d’Israël par le Quai d'Orsay

L’UPJF condamne, de la façon la plus ferme, la convocation de l’ambassadeur d’Israël par le représentant du Quai d’Orsay, Monsieur Bernard Kouchner, pour lui demander de stopper la construction de logements à Jérusalem-est.

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Il confond Ouighours et yoghourts...
[voir ici]
 

Cette demande constitue une ingérence inadmissible dans les affaires intérieures de l’Etat d’Israël, qui est un Etat souverain.

 

Alors que Monsieur Kouchner et son ministère sont dépourvus de tout courage pour dénoncer, comme il se doit, la répression des musulmans Ouighours par les autorités chinoises, le massacre de 25 000 tamouls par les autorités sri-lankaises, les attentats quotidiens qui se déroulent en Irak et qui font des milliers de victimes, c’est uniquement un programme immobilier, privé et parfaitement légal, qui met en émoi le Quai d’Orsay.

 

Alors que la paix et la sécurité du monde sont menacées par les efforts de l’Iran pour acquérir l’arme atomique, par les délires des dirigeants nord-coréens, et par le terrorisme islamique, le Quai d’Orsay reste obnubilé par une affaire intérieure à la démocratie israélienne, et croit trouver à bon compte une occasion de manifester son pro-palestinisme historique et inconditionnel.

 

Alors que la France a toujours mis son point d’honneur à se démarquer de l’action des Etats-Unis au Proche-Orient, Monsieur Kouchner et le Quai d’Orsay, oublient toute idée « d’indépendance » de la France, pour se comporter en suiveur servile et concupiscent du Président Obama.

 

Dure avec les faibles, et douce avec les puissants, c’est l’image pathétique et déshonorante que renvoie aujourd’hui la diplomatie française. Ses amis, et surtout ses ennemis, sauront s’en souvenir.

 

Par cette action empreinte de couardise, il est certain que Monsieur Bernard Kouchner a fait perdre pour longtemps toute crédibilité à la France et toute possibilté qu’elle joue un rôle actif et pacificateur au Proche-Orient.

 

Le Bureau de l'UPJF.

 

Tél : +33 (0)1 47 63 07 10 - Fax : 01 47 63 08 40 - contact@upjf.org

 

 

Commentaires

Bernard Kouchner, ministre urgentiste

Un homme décontracté qui n’aime rien tant que les situations de crise, mais un chef de la diplomatie souvent guetté par l’impuissance : tel est Bernard Kouchner, vu par le journaliste américain James Traub, fin connaisseur de la France.

Il est facile de se moquer de la politique étrangère de la France ; mais il est beaucoup plus difficile de savoir ce que vous feriez si vous étiez à sa place. L’autre grande puissance européenne traditionnelle, l’Angleterre, a choisi de se jeter dans les bras des Etats-Unis, son ancienne colonie. L’Allemagne, puissance du XXe siècle, est profondément marquée par le “plus jamais ça”. Mais la France ? Les politiques de tout bord ont toujours adhéré à ce que l’ancien ministre socialiste des Affaires étrangères Hubert Védrine appelle le “consensus gaullo-mitterrando-chiraquien”. La France a dessiné sa propre carte politique du monde. Elle n’est certes pas très différente de l’allemande ou de l’italienne, mais l’important, c’est que cette carte ait été conçue à Paris. A l’instar de sa cuisine, la politique étrangère de la France ne doit être confondue avec aucune autre : elle doit être française.

J’ai rencontré pour la première fois Kouchner en septembre 2007, à New York, où il accompagnait Sarkozy à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations unies. Il venait de faire son jogging et portait un tee-shirt gris, un jean et des baskets. Affalé en travers d’un fauteuil, il plaisantait avec ses collaborateurs qui entraient et sortaient de la pièce. Tous se tutoyaient – une familiarité quasiment sans précédent dans les hautes sphères de l’Etat français. J’ai appris plus tard que Kouchner demandait à tous ceux qui travaillent dans son cabinet de le tutoyer, mais un vieux routier du Quai d’Orsay m’a confié qu’il avait insisté pour continuer à appeler son patron “Monsieur le Ministre” plutôt que “Bernard”.

Comme Sarkozy, Kouchner ne cesse de répéter qu’il veut remettre la France au cœur de l’Europe et l’Europe au cœur de l’alliance occidentale. Et pourtant, sur l’Irak, il n’a guère réussi à convaincre les autres ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne (UE), ni même ses propres collègues au sein du gouvernement. “Ils pensent que je suis une sorte de missile incontrôlé, fulmine-t-il. Ils me prennent pour un crétin. ‘Que va faire cet imbécile de Kouchner en Irak ? On s’en moque, de l’Irak !’ Ils sont stupides. Ils ne comprennent pas que le danger principal se trouve là-bas, quelque part entre l’Iran et l’Irak, le Liban et la Syrie. C’est là que réside le véritable ennemi, pas seulement des Américains, mais de toutes les démocraties. Et cet ennemi commun, c’est l’extrémisme.”

Contrairement à ce qu’on pourrait penser de prime abord, Bernard Kouchner n’est pas si en porte-à-faux que cela avec le milieu si comme il faut de la diplomatie. Frisant le dandysme, cet élégant accorde une attention toute particulière à sa tenue et sait exactement comment porter son écharpe ou donner le bon pli à sa cape. Lorsque, à bord de l’avion qui le ramène du Pakistan, le steward lui apporte le vin pour son dîner, Kouchner s’exclame : “Quoi ? Pas de batailley ?” Il venait de finir le stock de ce grand bordeaux et dut se contenter d’un moindre cru. Kouchner appartient, sociologiquement, à ce que les Français appellent la “gauche caviar” – un grand bourgeois de gauche.

Un matin d’octobre dernier, j’attendais à Paris le retour du ministre, parti à Lisbonne pour une réunion de l’Union européenne, lorsque son porte-parole m’appelle pour m’informer que le ministre a décidé de ne pas regagner directement Paris, mais de faire un détour par Beyrouth avec ses homologues espagnol et italien, dans l’espoir de débloquer l’élection d’un nouveau président au Liban. Si je m’envole pour Lisbonne le lendemain matin, m’explique-t-il, je peux prendre l’avion avec Kouchner pour le Liban. (Notons que ce délai était plus généreux que celui qu’on m’avait proposé pour le voyage à Islamabad.)

Kouchner se rend régulièrement au Liban depuis 1975, année où, avec d’autres, il créa en pleine guerre civile un hôpital dans le quartier beyrouthin déshérité de Nabaa. Il connaît tous les responsables chiites, et souvent même leurs frères et leurs pères ; il connaît aussi les chrétiens et les sunnites. “Nous nous embrassons, nous nous tutoyons, nous nous emportons les uns contre les autres, nous nous tenons la main, nous plaisantons, nous nous disons réciproquement de la fermer”, m’expliqua Kouchner durant le vol. Tous ces gens, qui sont rivaux et ne s’adressent pratiquement pas la parole, lui parlent en toute franchise, affirme-t-il. Kouchner a le sentiment qu’au Liban il peut faire la différence. Mais il est vrai que ce politicien sans frontières est presque toujours convaincu de pouvoir faire la différence.

La “diplomatie intime” en échec au Liban

Le lendemain de notre arrivée, après avoir rendu visite aux 1 600 soldats français intégrés à la force de maintien de la paix de l’ONU dans le sud du pays, Kouchner regagne Beyrouth avec les ministres italien et espagnol afin d’y mener des pourparlers avec chacune des factions libanaises. Ce soir-là, les trois ministres ont tenu une conférence de presse au cours de laquelle Kouchner a évoqué avec espoir et enthousiasme le nouvel esprit de coopération qu’il sentait entre les factions chiites et chrétiennes. Au moins, souligne-t-il, ont-ils cessé de s’insulter. A minuit, nous étions dans l’avion pour Paris. Mais, au final, bien entendu, les factions ne réussirent pas à se mettre d’accord sur un compromis. Kouchner a persisté à vouloir se rendre à Beyrouth, cajolant les uns, tenant la main des autres et intimant à ses amis de la fermer. Ses efforts avaient quelque chose d’un travail de Sisyphe.

A Paris, cet activisme inquiète parfois les diplomates du Quai d’Orsay : leur patron, pensent-ils, aime tellement les situations de crise qu’il en négligerait d’autres questions qui l’ennuient, comme la réintégration de la France dans l’OTAN. Mais il y a pire. Début novembre, Nicolas Sarkozy a dépêché à Damas son conseiller diplomatique, Jean-David Levitte, et son principal conseiller [et secrétaire général de l’Elysée], Claude Guéant, pour qu’ils demandent au président syrien de faire jouer son immense influence sur l’opposition libanaise afin de sortir du statu quo. Kouchner, qui considère les Syriens comme des tueurs impitoyables, était furieux et humilié. Ses interlocuteurs libanais, eux, se sont sentis trahis. Et, ainsi que l’avait prédit Kouchner, cette intervention fit chou blanc et fut un fiasco pour la diplomatie française. A tel point que, en décembre, le président confirmait la rupture de toutes les discussions avec Damas. Plus tard, je demandai à Kouchner si cet échec au Liban avait souligné les limites de la “diplomatie intime” qu’il affectionne. “Pas du tout, au contraire ! Le problème, c’est de jouer avec Damas le jeu qu’ont toujours joué les Français.” Le problème, pointa-t-il, “c’est l’Elysée” – le cabinet du président –, et non Levitte, qui, affirme-t-il, “savait que j’avais raison. Jean-David Levitte est un type loyal.”

Mais le plus fervent défenseur de la méthode Kouchner que j’aie pu rencontrer au cours de cette enquête s’appelle Jock Covey, un responsable de l’ONU qui était son bras droit lorsque l’actuel ministre était, entre 1999 et 2001, haut-commissaire des Nations unies pour le Kosovo et qu’il tentait de remettre sur pied la province séparatiste serbe. Travailler avec Kouchner, se souvient Covey, était passionnant. Un jour, un leader serbe, furieux des attaques incessantes menées par la majorité albanaise, menace de ne plus tenir compte des accords qui assuraient une paix fragile entre les deux communautés. “Plus il devenait menaçant, raconte Covey, plus Kouchner se penchait en avant sur son siège.” Finalement Kouchner, le visage tendu vers son interlocuteur, les deux poings sur la table, explosa : “Pour qui vous prenez-vous, à me menacer ainsi ? Vous voulez jouer au radical ? Moi aussi, je suis un radical ! J’étais sur les barricades avant même que vous ne soyez né ! Et j’y suis encore, sur les barricades !” Le Serbe, démonté, ne sut que répondre. Il est exact, se souvient également Covey, que Kouchner fonçait à travers la ville chaque fois qu’il entendait une sirène de pompiers. Mais il possède le don du médecin pour réconforter les souffrants et celui du politicien pour amener des gens qui se haïssent à se parler. Pour Covey, “le seul fait que Kouchner fût présent était important. Les gens le voyaient, alors qu’ils ne voient jamais ses successeurs.” Lorsque je me suis rendu au Kosovo, en 2004, le seul représentant de l’ONU dont les Albanais paraissaient se souvenir avec sympathie et en qui ils voyaient un défenseur, c’était précisément Kouchner.


Toujours présent, toujours sur place : lorsque le ministre apprend l’assassinat de Benazir Bhutto, il veut se rendre sur-le-champ au Pakistan. Mais Sarkozy a prévu une visite officielle en Egypte, et Kouchner doit remettre son voyage au Pakistan à fin décembre. Au cours du vol qui nous conduit à Islamabad, il m’explique que l’engagement de la France en Afghanistan justifie qu’elle se préoccupe de la stabilité du Pakistan et de la démocratie dans ce pays. En dépit du fait que Musharraf, comme il l’avait fait avec d’autres, risquait de l’en empêcher, il voulait se rendre à la résidence familiale des Bhutto, à Larkana, et se recueillir sur la tombe de Benazir. “Il pourra peut-être me l’interdire”, déclara Kouchner avec grandiloquence, “mais il ne fera pas taire l’esprit de la France.”

Kouchner pense que Sarkozy et lui-même ont permis à la France de rétablir son leadership politique et moral, non pas en recourant à la vieille ficelle gaulliste de “l’autonomie de décision”, mais en plaçant les valeurs fondamentales de la démocratie et des droits de l’homme au cœur même des décisions politiques. Mais les Français sont beaucoup plus à l’aise avec le réalisme gaulliste ; et, au moins dans les salons et cafés parisiens, Kouchner est régulièrement traité de “néoconservateur”. Ce terme, qui a quasiment remplacé celui de “fasciste” comme insulte suprême à gauche, désigne en gros “quelqu’un qui veut utiliser les instruments de l’Etat pour promouvoir certaines valeurs”, même si, dans l’après-guerre d’Irak, il véhicule aussi des relents de “va-t-en-guerre” et de “laquais des Américains”.

Mais Kouchner est également traité d’hypocrite et surtout de dupe. Pourquoi ? Parce que Sarkozy s’est révélé beaucoup moins sensible en matière de droits de l’homme que ne l’avait laissé supposer une campagne électorale chargée d’émotion. Au cours des derniers mois, il a reçu au palais de l’Elysée le colonel ­Muammar Kadhafi et Hugo Chávez. Il a même félicité Poutine après sa très peu démocratique victoire aux ­élections législatives russes de décembre 2007.

A cause de Chirac, la France n’avait plus aucun poids

J’ai demandé à Kouchner s’il ressentait un malaise ou de l’angoisse devant la proximité affichée de Nicolas Sarkozy avec ces autocrates. “Un malaise, oui. De l’angoisse, non.” Lorsque Kouchner s’est rendu en Russie, il s’est entretenu avec des dissidents et des associations issues de la société civile, et a publiquement critiqué Poutine – ce qu’avait d’ailleurs également fait Sarkozy. Mais il y a un principe de réalité que les défenseurs des droits de l’homme se refusent à admettre. “Ils protestent ; c’est leur rôle. Ils doivent le faire, explique Kouchner. J’ai fait ça pendant trente-cinq ans. Aujourd’hui, mon travail est un peu particulier. Je dois leur dire : ‘Désolé, oui, oui, oui, oui’, et les écouter. Rien à voir avec le président de la France ! Lui doit serrer la main de Vladimir Poutine. C’est évident ! Sinon quoi ? Dépêcher le Charles-de-Gaulle ? C’est ridicule !”

Le sujet de débat préféré des Français, à propos de Kouchner, est le suivant : a-t-il une quelconque importance ? A les en croire, Kouchner aurait droit à tous les points chauds – le Darfour, le Liban, le Kosovo –, mais Sarkozy s’adresserait à Levitte dès qu’il serait question de diplomatie avec les grandes puissances. Pierre Haski, directeur de Rue89, site Internet de gauche spécialisé en politique étrangère, dépeint Kouchner comme “le ministre des Affaires étrangères le moins puissant qu’on ait connu, Douste-Blazy excepté”. Même certains de ses propres adjoints ne sont pas sûrs du crédit dont il dispose. Un haut responsable explique qu’il a assuré à Kouchner que, s’il continuait à dire tout ce qui lui passait par la tête, “les autres ministres [n’allaient pas le] prendre au sérieux”. Qui plus est, ajoute-t-il, Kouchner adore “gérer les crises”, les détails l’ennuient. Il redoute que son désintérêt pour les questions plus complexes ne crée un vide que d’autres ministres ne demanderaient qu’à combler.

Après un vol de treize heures de retour d’Islamabad, notre avion arrive à Paris peu après 2 heures du matin. Kouchner me propose de me déposer chez moi. Assis à l’arrière de la voiture, il consulte une liasse de papiers, mais il est clair que l’homme préfère parler que lire. Je lui demande s’il estime avoir rempli la mission qu’il s’était assignée au Pakistan. “Oui, mais ce n’est qu’un début”, réplique-t-il, tandis que nous filons dans les rues désertes de la capitale. “Ce qui importe, c’est que nous ayons repris pied au Pakistan. Et que nous soyons de nouveau présents au Moyen-Orient, dans le Golfe et en Afrique. Et, aujourd’hui, nous sommes revenus au cœur de l’Europe.
— Qu’entendez-vous par ‘revenus’ ? Voulez-vous dire que la France avait disparu ?
— Nous étions présents, mais nous n’avions aucun poids.
— A cause de Douste-Blazy ?
— Non, de Chirac. C’était à cause de Chirac !”

Et Kouchner se met à me raconter que, lorsque Sarkozy et lui ont rencontré Bush, ce dernier leur a dit : “Chirac m’a promis qu’en fin de compte il nous rejoindrait sur l’Irak. Et il nous a trahis.” Cette époque est désormais révolue. Aujourd’hui, la confiance règne. Lorsque Kouchner a expliqué à Rice que l’Europe avait besoin de six mois supplémentaires pour tenter de convaincre la Serbie d’accepter l’indépendance du Kosovo, elle a acquiescé. Pour lui, la France est bel et bien de retour, elle a recouvré son poids dans le monde. Puis Kouchner me dépose, et la voiture file vers son splendide appartement donnant sur les jardins du Luxembourg.

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 26/07/2009

Kouchner au Kärcher

Casserole / vendredi 18 mai 2007 par Xavier Monnier

Dans le bal des traîtres qui a rythmé la présidentielle, certains se sont solidement démarqués, comme l’inimitable Eric Besson. Bernanrd Kouchner, qui n’en avait pas eu le temps, a finalement rejoint cette sympathique équipe, en devenant ministre des Affaires étrangères du gouvernement Fillon.

Dépositaire du poste si envié de ministre des Affaires Étrangères, Bernard Kouchner présente le profil rêvé du poste, si, si. Un passé d’humanitaire respectable, tout fondateur de Médecins sans frontières qu’il est. Une gueule de beau mec à même de faire rayonner l’esprit français à travers le monde, droit dans la ligne d’un Roland Dumas ou d’un Dominique de Villepin. Une aura d’homme de gauche (on ne rit pas) à faire pâlir Bernard Tapie et propre à incarner l’ouverture dans la rupture chère au nouveau président Sarkozy.

Bref, le candidat idéal. « Il est très populaire, il est déjà tricard à gauche et, vu son âge, il n’a rien à perdre », lâche même un élu de droite dans le Monde (14/05).

D’autant que les états de service à l’international du sieur Bernard parlent pour lui. Outre son mandat de représentant spécial de l’ONU au Kosovo, l’ardent défenseur de « l’ingérence humanitaire » a pas mal crapahuté. Sans trop user son concept.

En Birmanie par exemple, le « French doctor » sut défendre l’entreprise Total contre les accusations de travail forcé que d’affreuses mauvaises langues colportaient. Et l’homme sait travailler pour peu. Contre 25 petits milliers d’euros et quelques jours aux frais du géant pétrolier du côté de Rangoon, Bernard a pondu un rapport au poil en 2003. Non, non, le travail forcé « une coutume ancienne, qui fut légalisée par les Anglais en 1907 » n’a pas été utilisé par l’entreprise française sur ses chantiers de Yandana. Mieux, les Birmans rencontrés à l’occasion étaient « absolument heureux de la présence de Total ». Tant pis pour la plainte déposée en 2002 contre Total…
Et son expertise ne s’arrête pas aux confins de l’Orient lointain. L’Afrique, bien après l’épisode du sac de riz les pieds dans l’eau en Somalie – photo spontanée qui a nécessité trois poses rappellent les mesquins – a eu droit aux augustes conseils de l’une des personnalités politiques préférées des français.

L’émir d’Afrique centrale, l’éminent président du Gabon Omar Bongo, a fait depuis longtemps appel à ses services. Histoire de mettre du beurre dans les épinards, l’ancien ministre de la Santé a accepté une petite mission à Libreville : une étude pour y créer une sécurité sociale à la Française.

Dans l’Afrique pétrolière et démocrate, où Total est tout à son aise, un autre fan a fait appel à son auguste personne, Denis Sassou Nguesso. Lors d’une des innombrables visites à Paris du Président congolais, Kouchner a eu l’inestimable chance d’être reçu en audience, fin février 2006. À la clé, une demande présidentielle de « réflexion sur les problèmes de Santé au Congo ». En gros, une réforme de la sécurité sociale congolaise, et, en passant, songer à prémunir l’Afrique contre la grippe aviaire. Bernard a eu l’air ravi de son entretien avec un chef d’État dont la générosité n’est pas la moindre des qualités…

« Quand on s’adresse à M. Sassou Nguesso, on s’adresse à la fois au président du Congo et au Président de l’Union africaine (NDLR, poste qu’occupait Sassou à l’époque) », a-t-il alors déclaré.

Ménagère des leaders françafricains, blanchisseuse des méthodes des grandes entreprises françaises, ségoliste assez tiède, Kouchner ne dépareillerait pas dans la galaxie Sarkozy. Sa place aux côtés d’un Juppé, numéro 2 annoncé et déjà condamné, d’un Eric Besson ou d’un Hervé Morin,
« Judas » de talent, d’une Rachida Dati si justement ambitieuse, n’a rien d’usurpé. Même l’Identité nationale ne devrait pas gêner« l’homme qui cherchait les Blancs » en équipe de France de football.

Se passer d’un tel talent au gouvernement aurait, même, été presque indécent.

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 26/07/2009

Excellent article Liliane Messika sur Primo

Le faire et le (mé)dire

http://www.primo-info.eu/recherche.php?numdoc=Ed-456537196

Écrit par : joel | 26/07/2009

* Bernard Kouchner vient de créer un pôle religions au Quai d’Orsay, une première en France.

http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40- href="mailto:0@2">0@2-3224,50-1222690,0.html

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 27/07/2009

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