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15/05/2009

La liste "anti-sioniste" de Dieudonné-Soral : une suite française de Durban 2 - Cyrano

Excellente analyse de CYRANO sur RIPOSTE LAIQUE, un site dont la reputation n'est plus a faire!

SUPPLEMENT WEED-END

http://www.ripostelaique.com/La-liste-anti-sioniste-de.html

vendredi 15 mai 2009, par Cyrano


En écoutant la conférence de presse donnée par Dieudonné-Soral (1) et les vingt premiers co-listiers de la liste dite « anti-sioniste », on reste sur un sentiment étrange.

Les médias ont relevé la disparité de la liste, qui ferait son originalité. On y trouve des personnes revendiquant leur syndicalisme à Sud ou à la CGT, un ancien leader du Front National Jeunesse, un cinéaste qui se dit issu de la LCR, Ginette Skandrani - accusée même par certains pro-palestiniens d’être compagne de route des milieux négationnistes - qui a même réussi à se faire exclure de chez les Verts, Maria Poumier, une universitaire supportrice de Chavez qui dit vouloir réconcilier la culture chrétienne et communiste, mais qui s’est vu reprocher par ses collègues sa connivence avec Garaudy, un gourou mystique, psychosociologue et psychothérapeute d’extrême centre ( !), un républicain qui veut virer tous ceux qui n’aiment pas la France, deux catholiques traditionalistes, la voilée de service, et même un européiste !

Mais on voit surtout, outre Dieudonné, les deux personnes qui pèsent vraiment dans cette liste, qui sera uniquement parisienne.

Lors de la présentation, on a vu la place du centre Zahra dans cette liste. Dieudonné et Soral étaient encadrés de Yahia Gouasmi, religieux chiite qui se réclame du Parti de Dieu, sur la gauche, et d’une voilée du même centre Zahra, qui n’a jamais pris la parole, sur la droite. L’image est parlante. Yahia Gouasmi est à la fois le président du Parti anti-sioniste (PAS), et du centre Zahra. Il a participé à la récente manifestation du Parti des Musulmans de France, réclamant l’annulation de la loi contre les signes religieux à l’école. Riposte Laïque s’est intéressé au centre Zahra, situé dans le nord de la France, qui prône ouvertement la disparition d’Israël et ne cache pas ses liens avec l’Iran (2). Jean-Marie Le Pen, lors des trente ans de la Révolution iranienne, y avait même accepté invitation et interview, disant tout le bien qu’il pensait de la révolution des ayatollahs. Nous nous étions également intéressés aux propos sans ambiguïté de Yahia Gouasmi, qui a vraiment beaucoup de mal à masquer sa haine des Juifs derrière un discours anti-sioniste prônant l’éradication de l’Etat d’Israël (3).

Tout au long du déroulement de cette conférence, on a bien vu que si Gouasmi tenait les cordons de la bourse, puisque, sur le financement de la campagne, il a fait sa seule intervention de la conférence de la presse : « Il n’y a pas de problème d’argent », c’était Alain Soral le véritable patron, celui qui écrit la musique, qu’interprète Dieudonné, dans le registre provocateur qui est le sien. Alain Soral, essayiste, polémiste, marxiste, longtemps au Parti communiste français, est devenu, le temps d’une campagne présidentiel, conseiller spécial de Jean-Marie Le Pen, mais vient de quitter avec pertes et fracas le Front national, affichant un conflit ouvert avec Marine Le Pen.

Il a créé son mouvement, « Egalité et Réconciliation », qui se veut un mouvement de réconciliation nationale.

C’est un intellectuel iconoclaste, qui est en guerre contre la pensée unique de ce qu’il appelle l’UMPS. Nous aussi, certes, mais cela ne fait pas de nous des partisans de Soral.

Il combat le communautarisme. Nous aussi, certes, mais cela ne fait pas de nous des partisans de Soral.

Il pense que le NPA fait le jeu du système capitaliste, et qu’en détruisant le Parti communiste et sa culture populaire, l’extrême gauche Besancenot a contribué à l’affaiblissement de la classe ouvrière. Nous aussi, bien que n’ayant aucune nostalgie pour les pratiques passées du PCF, mais cela ne fait pas de nous des partisans de Soral.

Il aime la joute oratoire, et la provocation ne lui fait pas peur. Nous aussi, certes, mais cela ne fait pas de nous des partisans de Soral.

Il est convaincu que les malheurs du monde viennent du complot sioniste international, et que ce sont ces gens là qui gouvernent la France et le monde. Pas nous. Nous nous inscrivons en faux contre cette pensée.

Toutes ses analyses politique découlent de là. N’oublions pas un machisme provocateur revendiqué contre la « vaginocratie », qui lui occasionne des débats souvent houleux avec les féministes.

Ainsi, sa vision du complot sioniste et son machisme lui ont fait tenir des propos ahurissants sur le mouvement Ni Putes Ni Soumises. Il n’a pas vu pas dans le combat de Samira Bellil, celui de Fadela Amara, ou dans la campagne pour ne pas banaliser l’assassinat de Sohane, la preuve des violences faites aux femmes, mais l’œuvre (sic !) du Parti socialiste, inféodé au sionisme, qui stigmatisait les jeunes immigrés arabes ! Il est même allé jusqu’à reprocher aux jeunes beurettes des cités de préférer sortir avec les jeunes « Français », abandonnant leurs frères à leur misère sexuelle….

Pour justifier sa défense du voile, celui qui se présente comme un grand amateur de femmes ira jusqu’à l’opposer au string. Comme le dit Christine Tasin (4), dans notre livre « Les dessous du voile : « Ainsi, pour Soral, comme pour l’extrême droite islamiste, comme pour l’extrême droite politique (et même quelques hommes ou femmes politiques de gauche comme Ségolène Royal, il faut le reconnaître), tous des adorateurs de la femme, évidemment, le string serait une scandaleuse façon d’afficher "la liberté du désir" de la femme, ce qui la réduirait illico presto à "un objet de désir" quand le voile, au contraire, serait le porte-drapeau du respect du corps (on s’étouffe !), la demande de reconnaissance d’une certaine pudeur, la demande d’exister, d’être reconnue comme un être humain grâce à son seul regard. »

SUITE SUR RIPOSTE LAIQUE

Commentaires

Toutes les démocraties égalitaires, détribalisées et sécularisées d'Occident sont confrontées aux mêmes défis du communautarisme et de la réislamisation d'une partie de l'immigration - accrus par un continuel afflux de " clandestins " : le problème de l'intégration se pose donc moins en termes franco-français de " République " que plus globalement de " société ouverte ". Dans la perspective de Kart Popper (La Société ouverte et ses ennemis) et en usant de la liberté d'esprit et de parole chère à Jean-François Revel, il s'agit ici, à partir des faits, de montrer que cette situation critique résulte d'abord de la forfaiture morale et parfois juridique de politiques qui n'ont pas voulu faire respecter le droit commun démocratique. Mais, surtout et en amont, de l'emprise d'une idéologie prétendument " antiraciste ", " sans-frontiériste " et acquise au relativisme multiculturel qui a perverti les valeurs de tolérance et d'ouverture : en elle se retrouvent les véritables et paradoxaux nouveaux ennemis de la société ouverte. A force de faire grand cas de l'émergence d'une résistance intellectuelle de tradition anti-totalitaire (aux antipodes de l'extrême droite) à cette bien-pensance et du combat émancipateur des
" musulman(e)s libres ", on finit par se confronter au pathos masochiste qui fait œuvrer les sociétés ouvertes contre elles-mêmes.

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http://www.bivouac-id.com/2009/03/04/un-depute-bulgare-denonce-les-conversions-forcees-a-lislam-de-villages-entiers/

Bien que la Bulgarie fasse partie de l’Union Européenne, certaines régions du pays auraient besoin d’une deuxième libération du joug ottoman, a déclaré Yane Yanev, membre du Parlement Bulgare, cité par l’agence de presse bulgare, BGNES.

Y. Yanev, qui est le chef de l’opposition et le leader du parti “Ordre, Loi, et Justice” (RZS) a parlé lundi à Blagoevgrad comme le rapporte le correspondant local de l’agence BGNES.

Les dirigeants du parti RZS ont visité lundi plusieurs villages dans le sud de la Bulgarie pour rencontrer des enseignants et des parents inquiets, qui leur ont présenté des preuves concrètes de conversions forcées à l’islam dans la région.

L’exemple du village de Ribnovo, dans la municipalité de Gurmen, a été présenté comme le plus frappant. Dans ce village, le directeur de l’école, Feim Issa, avait imposé une dictature sur le personnel enseignant, les forçant à porter des vêtements musulmans traditionnels et à encourager les élèves filles à faire de même. Lire la suite sur Bivouac-ID.

Aux urnes, Citoyens ... (?)

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 17/05/2009

* Mes excuses à M. Yahia Gouasmi... Je ne savais pas que c'était un sketch, M. Macina.

http://www.upjf.org/actualitees-upjf/article-16401-145-7-excuses-yahia-gouasmi-savais-pas-etait-sketch-macina.html

* Les "psys" ne sont pas tous fous !

http://www.bivouac-id.com/2009/05/15/un-psychologue-danois-%e2%80%9cl%e2%80%99integration-des-musulmans-dans-nos-societes-occidentales-est-impossible%c2%bb/

Un Psychologue Danois : “L’intégration des Musulmans dans nos sociétés occidentales est impossible».

* Finance islamique : Les islamistes nous attrapent par les bourses.

http://www.bivouac-id.com/2009/05/17/finance-islamique-les-islamistes-nous-attrapent-par-les-bourses/

Aux burnes, Citoyens ... (?)

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 18/05/2009

On a la société qu'on mérite.

L'histoire de la question d'Orient ne commence pas, comme on le croit trop souvent, au XVIIe siècle. Pour être intelligible, elle doit aller de la période hellénique à nos jours. Dans cet esprit, il faut chercher à suivre l'évolution des frontières - spirituelles et politiques - entre l'Europe et l'Asie. Ces frontières ont singulièrement varié au cours des siècles. Pour l'Athénien du Ve siècle, elles se situaient entre Milet et Sardes. Avec Alexandre, les frontières de l'Europe, englobant d'un seul coup toute l'Asie antérieure, sont brusquement portées jusqu'au-delà de Samarqand et de Lahore, au seuil de l'Asie centrale et de l'Inde gangétique. A l'époque des rois grecs de Bactriane, vers 150 avant J.-C., la vallée du Caboul se trouve en Europe, comme Antioche et Alexandrie... Cette conquête politique, cette hégémonie spirituelle de l'hellénisme dans l'Asie proche, eurent comme conséquence inattendue la pénétration du monde hellénistique par l'esprit oriental. A partir du Ile siècle de notre ère, les religions orientales s'élancent à la conquête du monde romain. L'Empire byzantin ne sera, à bien des égards, que l'iranisation, au point de vue politique, et la sémitisation, au point de vue religieux, de l'Empire romain et de l'esprit grec. A la pénétration morale de l'Europe par l'Asie s'ajoute, vers le milieu du VIIe siècle, la grande révolte de l'Asie qu'on appelle l'islam. Byzance va lutter pendant plus de deux siècles contre les invasions arabes...

Si d'aucuns, aussi célèbres soient-ils, énoncent que l'Europe est placée sous le double héritage d'Athènes et de Jérusalem, il semble bien à ce jour, que ce soit Jérusalem et le peuple juif, qui servent une fois de plus de bouc-émissaire pour régler ce contentieux antique, nullement pensé par nos démocraties.

Le "PROTOCOLE DU CENTRE ZAHRA", programme de gavage idéologique pour les têtes creuses, appelant à rayer Israël de la carte, à l'instar des psychopathes iraniens, s'incrit dans le droit fil de ce règlement évoqué.

Après avoir accueilli Khomeini, la France, "terre d'asile", autorise une secte prosélyte de fous enturbanés, qui seront très représentatifs de la démocratie, lors des prochaines élections européennes.

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 18/05/2009

Bizarrement, le mythe de l’Europe prévaut.

http://www.desinfos.com/spip.php?page=article&id_article=13979


Par Caroline B. Glick | Adaptation française de Sentinelle 5769

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 18/05/2009

Financement islamique en France : l’administration fiscale publie l’instruction.


http://www.bivouac-id.com/2009/03/02/financement-islamique-en-france-ladministration-fiscale-publie-linstruction/

La ministre de l’économie, Christine Lagarde, avait annoncé la couleur fin novembre (voir la vidéo). En voici la conséquence. La France est donc désormais fin prête à s’ouvrir largement aux financements islamiques, et ce en suivant les règles islamiques, c’est à dire la charia. La France ne vaut-elle pas plus qu’une poignée de pétrodollars aux yeux de la classe politique ?

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 18/05/2009

Le Centre Zahra .

Cette association musulmane chiite du nord de la France diffuse une propagande “antisioniste” très virulente. Et tient des conférences dont certains invités ont été condamnés pour antisémitisme. Quel est son vrai visage?

C’est un ancien corps de ferme entièrement rénové, dans la banlieue de Dunkerque. Les bâtiments de brique rouge, donnant sur une cour intérieure, abritent le siège du centre Zahra France, une association musulmane chiite fondée en 2005. Son objet? Faire “connaître le message de l’islam”. Ses membres, parmi lesquels de nombreux convertis, viennent ici célébrer la prière, profiter “d’une structure d’accueil à caractère social, familial et religieux”. Ils assistent aussi à “des colloques, des journées d’étude” ou peuvent animer le site Web de l’organisation.

La consultation de ce site révèle rapidement une autre activité récurrente du centre: la diffusion d’images et de déclarations “antisionistes” très virulentes. A la date du 20 février, on pouvait ainsi visionner, sous la rubrique Galerie photos, des images terrifiantes, comparant le sort réservé aux juifs par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale à celui des Palestiniens face à l’armée israélienne actuelle. Le tout sous ce titre: “Le nazisme d’hier et le sionisme d’aujourd’hui”. Un amalgame souvent utilisé pour propager la haine contre les juifs, et qui va bien au-delà de la seule critique du sionisme, parfaitement recevable.

L’ultradroite en quête d’alliés

La mise en scène, nocturne, martiale, rappelle de sombres périodes. Le 6 février dernier, vers 20 heures, 150 militants d’extrême droite se sont rassemblés, à la lumière des flambeaux, aux abords de l’Assemblée nationale, à Paris. Une manifestation autorisée, mais placée sous forte surveillance policière. Les principaux courants de la droite ultra étaient présents: vieux nostalgiques du IIIe Reich, skinheads, jeunes garçons et filles se réclamant du “nationalisme social”, venus honorer la mémoire des morts des émeutes antirépublicaines du 6 février 1934. Si le mot “juif” n’a jamais été prononcé dans les allocutions, tous les poncifs antisémites des années 1930 ont été passés en revue: “forces occultes qui dominent la nation”,”financiers apatrides”, “purs produits de la Compagnie financière de Rothschild”…

Peu nombreux -ils seraient environ 3 500 en France- les tenants de l’ultradroite ont vu dans les récents appels à la haine antijuive une occasion de souffler sur les braises. L’instrumentalisation de la cause palestinienne à des fins antisémites n’est pas un procédé nouveau. Mais cette tentation a suscité, ces derniers temps, des alliances de circonstance pour le moins inattendues… Ainsi, un groupuscule “nationaliste-socialiste”, le Parti solidaire français (PSF), a noué des contacts avec Kémi Séba, gourou du Mouvement des damnés de l’impérialisme, qui rêve de rallier jeunes musulmans et Noirs pour “éradiquer le sionisme”. Des groupes aux idéologies a priori totalement opposées. “Ils se retrouvent sur un terrain: combiner la haine du système et l’antisémitisme en vitupérant indistinctement Israël, le sionisme et les juifs”, analyse le politologue Jean-Yves Camus. “L’ultradroite a compris qu’elle pouvait surfer sur la radicalité de certains manifestants propalestiniens”, poursuit-il. Lors du défilé du 24 janvier en faveur de Gaza, on pouvait voir, notamment, des membres du PSF s’inviter dans la frange extrême du cortège, au côté de groupuscules scandant des slogans favorables au Hezbollah et appelant à la “disparition d’Israël”.

“Redonner le pouvoir à la France et aux Français”

Ce site permet aussi d’avoir un aperçu d’une conférence organisée au centre Zahra en juillet 2008. Lors de ces journées consacrées à un improbable “appel à l’initiation d’une alliance stratégique amicale entre judaïsme et islam contre le sionisme”, on a pu voir défiler des personnages coutumiers de déclarations incendiaires. L’inévitable Dieudonné était présent. Certes, à l’époque, l’humoriste ne s’était pas encore affiché avec le négationniste Robert Faurisson, mais il avait déjà été condamné pour diffamation publique à caractère racial, notamment pour avoir qualifié le souvenir de la Shoah de “pornographie mémorielle”.

Autre participant à la conférence de juillet 2008: Mohamed Latrèche. Interviewé à cette occasion, le président du Parti des musulmans de France (PMF) -qui regroupe quelques centaines d’adhérents - y allait de son couplet sur la “nébuleuse sioniste en France”. Antisémite, Mohamed Latrèche ? Il s’en défend vigoureusement, même si, en 2004, il s’était déclaré “fier et content de connaître Serge Thion”, un chercheur révoqué du CNRS pour négationnisme.

Le centre Zahra a également accueilli, en août 2008, Kémi Séba, un extrémiste noir dont le premier mouvement -la Tribu Ka- avait été dissous en 2006 pour “incitation à la haine raciale” et “antisémitisme”. Kémi Séba, qui s’est converti depuis à l’islam, dirige aujourd’hui le Mouvement des damnés de l’impérialisme (MDI). Il multiplie les provocations et les déclarations de sympathie pour le Hezbollah, parti chiite libanais qui ne reconnaît pas l’existence de l’État d’Israël.

L’Express a demandé au président du centre Zahra des précisions sur ses visiteurs et ses différentes activités. “En voyage à l’étranger et injoignable par téléphone”, Yahia Gouasmi, 59 ans, de nationalité française, a répondu par mail. Dans le même temps, son argumentation, assortie de quelques formules d’intimidation, a été mise en ligne sur le site Web du centre chiite. Curieusement, alors qu’aucune question adressée ne comportait le mot “antisémitisme”, Yahia Gouasmi recommande de “ne pas faire d’amalgame entre nos activités et une quelconque activité antisémite”.

Le leader du centre Zahra, par ailleurs président de la Fédération chiite de France, détaille ensuite les objectifs de son Parti Anti Sioniste (PAS). Créé en janvier, pendant l’offensive israélienne sur Gaza, ce groupuscule entend notamment “éradiquer toutes les formes de sionisme dans la nation”, “libérer l’État, le gouvernement et les médias de la mainmise sioniste” et " redonner le pouvoir à la France et aux Français”. Un programme inquiétant qu’il cherche à diffuser sur la voie publique. Les 17 et 24 janvier, une quarantaine de militants du centre Zahra et du PAS s’agrégeaient au cortège des deux grandes manifestations propalestiniennes, à Paris. Sur fond de slogans appelant au djihad, ils défilaient accompagnés de drapeaux du Hezbollah et de drapeaux israéliens marqués de croix gammées. Parmi les orateurs qui dénonçaient alors la “bête immonde du sionisme parisien et israélien” se trouvait un “théologien” du centre Zahra, un homme qui sait adapter son message en fonction de son auditoire.

En décembre 2008, il était invité à représenter le culte musulman lors d’une journée consacrée au dialogue entre les religions, organisée par un collège catholique de la région dunkerquoise. Ce jour-là, assis aux côtés d’un prêtre et d’un représentant de la communauté juive, il délivrait un discours apaisé devant des élèves de quatrième. Pour obtenir un brevet de respectabilité ? Son intervention était filmée par le centre Zahra, afin d’être ensuite diffusée sur son site Internet.


Le principal de ce collège réalise aujourd’hui qu’il a été piégé: “Ce double discours n’a rien à voir avec les valeurs de tolérance et de fraternité que nous inculquons à nos élèves.”

Source : l'Express .

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Pendant ce temps, les femmes font reculer les islamistes au Koweït !!!

http://www.courrierinternational.com/article/2009/05/18/les-femmes-font-reculer-les-islamistes


Pour mieux comprendre le réveil des chiites :

- Chiisme et politique au Moyen-Orient Iran, Irak, Liban, monarchies du Golfe.

Laurence Louër, Autrement, 2008.

- Les Mondes chiites et l’Iran .

Sabrina Mervin (dir.), Karthala/Ifpo, 2007.

L’invasion de l’Irak a fait apparaître à la une des médias un thème inattendu, celui du " croissant (ou arc) chiite ", qui, à partir d’un cœur iranien, étendrait sa diplomatie de l’Afghanistan au Liban. Deux livres se penchent sur les réalités de ce " réveil " chiite. "La déposition du régime de Saddam Hussein en avril 2003, rappelle Laurence Louër, a provoqué un bouleversement radical des équilibres au Proche-Orient." Les élections en Irak, dont la population est chiite à 60 %, ont logiquement mené au pouvoir des mouvements islamistes chiites. L’Iran y a vu une opportunité pour affirmer ses ambitions hégémoniques. Il tente d’influencer, en sus des partis politiques irakiens, toute une palette de mouvements chiites. Si le Hezbollah libanais est le plus connu, la présence de chiites dans nombre de pays du Moyen-Orient (Afghanistan, Bahreïn, Arabie Saoudite…) inquiète les régimes autoritaires de ces pays.

L’auteure ne croit pas pour autant à l’émergence d’un chiisme moyen-oriental gravitant autour de l’Iran. Elle observe une autonomisation des partis politiques chiites dans leurs contextes nationaux respectifs. Dans un cadre global de sécularisation, ces mouvements sont en effet entrés dans une logique de séparation des politiques et du clergé traditionnel. Elle mentionne la montée du millénarisme chiite comme une illustration de son analyse : Mahmud Ahmadinejad par exemple, président de la République islamique d’Iran et laïc, légitime ses positions en se disant inspiré par le Mahdi (Messie), ce qui lui permet de s’affirmer à la barbe des autorités religieuses.

Les Mondes chiites et l’Iran prolonge cette analyse… Pour Sabrina Mervin, directrice de l’ouvrage, l’expression " croissant chiite " ne saurait rendre compte d’une réalité complexe et changeante. " Il n’y a ni croissant, ni arc susceptible de constituer un bloc homogène répondant aux directives de la République islamique d’Iran, mais un ensemble disparate de zones qui dépassent largement le Moyen-Orient puisqu’elles vont de l’Afrique à la Chine (…). Sans compter les diasporas d’Europe, des Amériques et d’ailleurs. "

L’ouvrage considère donc une pluralité de " mondes chiites ". Les articles (quelques-uns en anglais) analysent successivement les stratégies iraniennes d’exportation de la révolution et les réactions des partis locaux, au Moyen-Orient, en Afghanistan, dans les monarchies du Golfe et au Liban ; la construction d’identités chiites en Turquie, Azerbaïdjan, Ouzbékistan et autour de la diaspora libanaise au Sénégal ; l’évolution du « modèle iranien » chez les partisans du jeune chef fondamentaliste Muqtadâ al-Sadr et dans les écoles coraniques de femmes au Pakistan ; les itinéraires et pensées des grands intellectuels iraniens, dont l’écrivain ‘Ali Shari’ati (1933-1977), le mollah réformiste Hasan Yusofi Eshkevâri et le philosophe moderniste ‘Abdolkarim Soroush.

S’il y a bien renouveau, voire "réveil " du chiisme, les auteurs s’accordent à y diagnostiquer l’émergence d’identités diverses, toujours plus affranchies des autorités religieuses traditionnelles.

- Chiites et sunnites .

Serge Lafitte, Plon, 2007.

Cette synthèse illustrée expose les grandes étapes historiques du chiisme opposant les deux grands rameaux de l’islam. Sunnites et chiites se sont séparés à la mort de Mahomet, en 632, sur une question politique : qui a vocation à diriger la communauté des croyants ? Le plus sage des musulmans, désigné par un conseil, répondent les sunnites, qui se réclament de la tradition (sunna) ; le gendre du Prophète, ‘Ali, puis ses descendants, défendent les chiites, du parti (chi‘a) de ‘Ali.

Ce conflit structure nombre des fractures morcelant le monde musulman aujourd’hui : l’Iran et l’Azerbaïdjan sont chiites. Le Maghreb et l’Afrique noire islamisée sont sunnites, de même que les musulmans d’Indonésie, de Bosnie… Est chiite une très large fraction des populations irakiennes, libanaises et bahreïnies, discriminée socialement et politiquement. Divers pays – Syrie, mais aussi Turquie,Arabie Saoudite, Afghanistan, Koweït, lnde et Pakistan – abritent des minorités chiites, parfois divisées en plusieurs groupes.

Le fondamentalisme sunnite incarné par le wahhabisme saoudien est porté par les pétrodollars. La révolution islamique chiite est défendue par les réseaux religieux et caritatifs iraniens…


Le Moyen-Orient est aujourd’hui le théâtre d’une surenchère entre ces deux courants, qui ont pourtant en commun d’exécrer l’Occident et d’islamiser les sociétés. L’objectif reste politique : qui aura vocation à guider les croyants ?


A signaler

- Sunnites Chiites. Pourquoi ils s’entretuent ?
Martine Gozlan, Seuil, 2008.

Une autre rapide synthèse de l’histoire tumultueuse des deux grandes branches de l’islam, qui entend expliquer le présent à la lumière du passé.

- Les Chiites. Contribution à l’étude du chiisme des origines à l’époque contemporaine.

Djaffar Mohamed-Sahnoun, Publibook, 2007.

Une histoire érudite et exhaustive des multiples courants qui fragmentent le chiisme. On peut en regretter le manque d’objectivité, l’auteur multipliant les références à son appartenance confessionnelle.

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Les religions en Europe et à ses portes : état des lieux démographique .

http://www.nouvelle-europe.eu/index.php?option=com_content&task=view&id=577&Itemid=55

- Quelques chiffres pour illustrer ces mutations de plus en plus rapides .

Certainement le plus affecté par ces évolutions, le judaïsme européen, traditionnellement situé de manière prépondérante en Europe centrale et orientale, de Berlin à Moscou et de Riga à Chisinau (judaïsme ashkénaze), se concentre aujourd’hui principalement dans les agglomérations de Paris (environ 300 000 personnes – tous les chiffres présentés dans cet article sont des estimations provenant de sources diverses, qui bien souvent ne font pas de distinction entre tradition religieuse familiale et réelle pratique ; ces chiffres sont donc à considérer uniquement comme des ordres de grandeur), Londres (environ 200 000 personnes), Moscou, Saint-Pétersbourg, Kiev et Budapest.

Après plus de six millions de morts et une émigration massive vers les États-Unis, le Canada, l’Argentine et Israël, le judaïsme européen se retrouve aujourd’hui d’abord en France, conséquence notamment du retour d’Afrique du Nord de nombreux séfarades. De plus, il est intéressant de constater qu’après une immigration massive des Juifs d’ex-URSS vers Israël, une partie de ces derniers commence à rentrer en Russie et dans une moindre mesure en Ukraine. Enfin, Berlin est aujourd’hui la ville au monde connaissant la plus grande croissance de sa population juive, et ce depuis 1991, de nombreux Juifs d'ex-URSS venant s'y établir.

- Quelle Europe des religions en 2050 ?

Lire la suite sur le lien cité ...

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 19/05/2009

* Incitation à la haine .

http://www.upjf.org/actualitees-upjf/article-16400-109-1-propos-paranoides-president-chiite-parti-anti-sioniste-francais-liberateur-monde.html

Propos paranoïdes du président (chiite) du Parti Anti-Sioniste (français), «libérateur du monde».


* Comment l'Europe est devenue complice du Califat qui vient, Bat Yeor.

http://www.upjf.org/actualitees-upjf/article-16348-145-7-comment-europe-est-devenue-complice-califat-vient-bat-yeor.html


* Le FN, quand à lui, ne doit pas être envisagé comme une simple résurgence du passé mais comme un mouvement politique évolutif qui appréhende totalement les circonstances politiques, sociales et économiques actuelles. Il en est de même pour Soral.

La défense du fondamentalisme islamique par l'extrême droite et l'extrême gauche n'a rien d'étonnant. Il est bien dans la tradition de ces familles politiques de se soumettre à l'ennemi. C'est déjà ce qu'elle firent dès septembre 1938. Après avoir accepté devant le Munich nazi, elles se réjouissent du Munich islamiste, qui menace de détruire l'Occident judéo-chrétien honni.

De la fameuse phrase de Voltaire, "je désapprouve ce que vous dites mais je défendrai jusqu'à la mort votre droit de le dire", on pourrait conclure au caractère absolu de la liberté d'expression qui, dès lors, ne devrait souffrir d'aucune limitation. Reste que l'expression a une dimension collective et conflictuelle qui peut donner lieu à des abus soit envers d'autres hommes, soit envers la société, et c'est pourquoi, au même titre que toutes les libertés, elle ne peut se déployer que jusqu'à la limite de la nuisance à autrui ou à l'intérêt général, où l'on voit la difficulté du problème posé par l'existence de limites à son exercice. La problématique est d'autant plus épineuse que la liberté d'expression est un corollaire de la liberté d'opinion (qui elle n'est pas juridiquement limitée) et induit la liberté d'information (dans des dimensions actives et passives, cf art 19 PIRDCP 1966) soumise à un encadrement juridique dans un but de pluralisme. Or, dans cette chaîne de libertés, la liberté d'expression en tant qu'elle implique une manifestation,
"l'extériorisation de la conscience" est la première à pouvoir être limitée ( pour éviter les abus et l'anarchie) mais la plus importante à préserver (pour préserver l'indépendance de l'esprit et éviter le fascisme). Un exemple typique : la laïcité . Ce principe est celui de la séparation de l'Eglise et de l'Etat : il n'existe plus aucune religion "officielle" en France, par exemple . D'une part ce principe autorise la libre pensée, donc aussi bien la liberté de culte (religion) ; mais d'autre part, et pour garantir ce droit, il interdit toute expression qui équivaudrait à une forme de prosélytisme (vouloir imposer une croyance), du moins dans le cadre de l'espace public. L'homme aspire à l'infini, au sans-limite. La liberté et l'expression (donc la liberté d'expression) en sont les moyens. Mais cela ne peut constituer qu'un horizon, un idéal pour l'esprit, qu'il serait contradictoire de traduire en actes, surtout violents

Dieudonné M'blabla est un homme conscient des limites qu’il entend transgresser . A force de vouloir briser les limites, il relâche la bride et permet aux haineux et exaltés de tout poil de délirer. Il revendique des droits, mais oublie que les droits impliquent aussi des devoirs et que la démocratie n’a pas de sens, sans régulation. Ce sont des personnalités de ce type qui importent le conflit du P.O. à bon compte .

La thèse conspirationniste est tellement surprenante qu'on tend souvent à la nier ou à en réduire la portée. S'agirait-il d'un mauvais procès intenté à ceux qui critiquent la politique israélienne ? De provocations imbéciles de gamins irresponsables ? De la colère de quelques jeunes français issus de l'immigration maghrébine qui épousent la cause palestinienne?

Si c'est le Juif qui est responsable de ce qui va mal, qui est la cause du mal, et il doit être maudit, rejeté dans des ghettos ou expulsé du territoire. Poussant ce raisonnement jusqu'à l'extrême, les nazis en conclurent qu'il fallait les exterminer. Identifier les Juifs comme tels, c'est les vouer au sacrifice - hier à Auschwitz comme aujourd'hui par le passage à l'acte terroriste.

Telle est la haine antisémite qui agit comme une drogue utilisée contre une douleur qui a d'autres causes mais qu'on continue d'utiliser, à doses plus ou moins massives.

Pourquoi cette fixation sur le peuple juif ? Sans doute parce que, longtemps privés de territoire, vivant parmi les nations, les Juifs était à portée de la main. Mais l'explication est trop courte : maintenant qu'ils ont un territoire national, la haine flambe de plus belle. Sans nier l'importance du conflit israélo-palestinien , ni les accusations portées par les catholiques et les musulmans contre les juifs, il faut se poser la question essentielle: c'est quoi, être Juif ?

Tous les Juifs demeurent les agents d'une transmission symbolique, spirituelle et temporelle, dès lors qu'ils continuent à se dire juifs, même s'ils ne savent pas clairement ce que cela signifie - le mot, le nom, évoque la relation essentielle. Il est donc facile de reprocher aux Juifs tout et le contraire de tout. On craint le juif errant, on récuse le juif territorialisé en Israël ; certains antisémites de droite souhaitaient qu'ils partent tous au Proche Orient mais beaucoup sont restés... ailleurs. On ne veut pas voir que cette errance est métaphysique, comme l'écrivait Vladimir Jankélévitch et que la création d'un État souverain implique la mise en oeuvre de moyens militaires: dès lors, les Juifs inquiètent et surtout exaspèrent. Pas seulement pour des raisons circonstancielles ou sociologiques: la haine des Juifs est antérieure à la création d'Israël, à la diaspora, aux deux autres monothéismes. Et la théorie du bouc émissaire (qui assure que n'importe quel être "différent" dans son apparence peut être désigné à la vindicte publique) ne permet pas de comprendre pourquoi c'est surtout sur les Juifs que ça retombe.

Tous ceux qui rêvent d'une identité à la fois simple et totale et qui, ne trouvant pas en eux et dans leur communauté cette plénitude, jugent que les Juifs, avec leur "identité barrée" et leur questionnement infini, sont responsables de cette carence identitaire et de tous les problèmes non résolus.

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 20/05/2009

ils font de la politique à la "Le Pen", c'est-à-dire qu'ils arrivent avec un programme creux (pour ne pas dire pas de programme) et font parler d'eux en choquant ... Guéant aurait peut-être mieux fait de ne rien dire!

Écrit par : Gringoire | 22/05/2009

L’historiographie du Proche-Orient a largement été écrite à travers le prisme tiers-mondiste. Ce que les antisionistes ont à coeur de nier, c’est le fait national juif dont il veulent fournir une vision macabre, funeste, scandaleuse. L’antisionisme cherche à déshumaniser de la sorte une fraction de l’humanité et relève du même coup du négationnisme.

Spécialisation de l’argument : le sionisme est un colonialisme. Le nationalisme juif s’est développé au détriment du monde arabe – spoliation – et appuyé pour ce faire sur certaines puissances occidentales, d’abord la France et la Grande-Bretagne, puis l’URSS (avant son revirement) et les États-Unis.

Ensuite, l’antisionisme, tout en prétendant critiquer le sionisme au nom du droit naturel des peuples arabes, omet que ces peuples, notamment celui de Palestine, ont accédé à la souveraineté par le biais de politiques coloniales, comme en témoignent la formation de l’Arabie saoudite et des États de la péninsule Arabique, de la Syrie, de l’Irak et de la
(Trans)jordanie. Surtout : c’est faire fi de l’histoire politique, économique et sociale de l’Empire ottoman dont la Palestine n’était même pas une subdivision autonome. Le projet d’une
« colonisation de la Palestine » s’effectue à proportion de la marge de manœuvre ouverte, précisément, par les autorités ottomanes. Il est avéré que la politique d’« achat des terres », réalisée par le sionisme utopiste dès les années 1850 et
systématisée par le sionisme politique à partir du congrès de Bâle en 1897, n’aurait tout simplement pas été possible sans les dispositions juridico-politiquesdécisives pour l’avenir adoptées par les Turcs : le décret en date du 3 mars 1857 légalisant et
promouvant l’immigration à l’intérieur de l’Empire et la loi de réforme foncière qui obligeait les propriétaires, en échange d’une reconnaissance de leurs droits individuels, à faire enregistrer leurs titres, et puis les soumettait à l’impôt comme à la conscription. La vente de terres « aux colons juifs » fut bien souvent le fait de grands propriétaires arabes. Sans compter que les petits propriétaires palestiniens recouraient à la procuration des premiers pour échapper à l’impôt et à la conscription. La fameuse «spoliation » des terres arabes, régulièrement dénoncée par l’antisionisme, n’a pas été le fait du mouvement sioniste, mais celui des dignitaires de l’Empire qui ne les restituèrent pas à leurs propriétaires.

La « colonisation juive de la Palestine » n’a rien à voir avec celle de l’Algérie par la France. L’honnêteté commande aux intellectuels de ne pas céder, justement, à l’amalgame. Il s’agit ici d’une situation unique qui interpelle aujourd’hui encore les parties responsables.

Dette tragique : celle de l’Europe post-chrétienne qui établit, d’ailleurs traditionnellement, une corrélation entre l’indépendance d’Israël et l’histoire du christianisme. Le peuple juif, élu (Histoire sainte) et témoin (Augustin), est admis dans le concert des nations au titre de victime absolue qui expie les péchés de l’Europe. Le tribut payé par les juifs dans l’enfer nazi provoque sur le continent un sentiment général de dette. Voilà pourquoi les Européens ont admiré Israël jusqu’en 1967, tant que le pays se trouvait en position d’infériorité ou de détresse ; le rôle, en définitive, de la victime qui l’emportait sur ses persécuteurs. Conception « lacrymale » de l’histoire juive (Salo W. Baron). Le triomphe militaire a suscité un tournant : les Israéliens voulaient se débarrasser des attributs de l’opprimé et s’affirmer en tant qu’État souverain, mieux : comme fraction souveraine du peuple juif. C’est le moment historique où apparaît le syntagme d’« État hébreu » qui ne serait même plus l’État juif préconisé par Herzl. Au fond, ce qui est reproché aux Israéliens, c’est qu’ils veulent à jamais liquider chez eux les marques de la condition juive en Europe. Deux images : celle de l’entité juive qui a trahi son patrimoine éthico-diasporique et se distingue par son agressivité.

Ceci dans la phase précise où les Européens tournent le dos à leur passé collaborationniste. Et ce sont les antisionistes qui vont permettre à l’Ouest du continent de trouver la parade compensatoire : ils font endosser à la nation arabe palestinienne les guenilles des communautés juives du ghetto, du shtetl, voire même par endroits l’habit gris rayé du déporté. Accréditant de la sorte unecondition juive du peuple palestinien soumis aux crimes de l’« État sionistefasciste».

L’Europe trouvant ici un moyen d’afficher un héroïsme dont elle n’a pas su administrer la preuve en situation historique et alors qu’elle manqua à tous ses devoirs de fraternité quand l’histoire
l’exigeait ; et rencontrant désormais une chance inouïe de travestir et orienter le cours de l’Histoire. La « cause » palestinienne, curieusement, apportait une solution peu
coûteuse à la « question » juive.

L’antisionisme, c’est l’accord d’aujourd’hui entre dominants et dominés d’hier. Évidemment sur le compte d’un tiers exclu. Les héritiers historiques du colonialisme s’alliant aux victimes de celui-ci. Comme l’Europe n’a jamais voulu penser frontalement son passé colonial, le génie de l’antisionisme, ce sera de déplacer le problème en direction du Proche-Orient et vers le conflit israélopalestinien où les Européens ne se sentent pas partie prenante. Ce qui va permettre à l’intelligentsia européenne, précisément, d’apprécier avec force et passion une histoire dont elle juge qu’elle ne la concerne pas. On parle de soi tout en faisant porter la critique sur l’autre, c’est-à-dire sur Israël. Réconciliation immémoriale dans la critique post-coloniale qui permet, au demeurant, de réarticuler l’archaïsme antisémite du christianisme médiéval – réduction de la souche hébraïco-juive et « croisade », c’est-à-dire l’appropriation des Lieux saints et leur sauvegarde.

Les deux parties trouvent donc leur compte à cette alliance de type nouveau. Les dominants d’hier font leur mea culpa à l’égard des dominés d’hier. Et il y a là à n’en pas douter geste de réparation. Par exemple en France où le souvenir de la guerre d’Algérie sert de paradigme à l’interprétation de la confrontation proche-orientale. Mieux : le remords entraîne un refus de toute renaissance du colonialisme et la critique violente d’Israël permet de conjurer celle-ci, comme si Israël et le sionisme constituaient une réitération de l’aventure coloniale. Les dominés d’hier, pour leur part, se gardent bien de renvoyer les enfants des dominants à leur propre refus archaïque de toute souveraineté juive en terre d’islam. Ils préfèrent évidemment camper dans la posture anticoloniale, ce qui leur permet d’exploiter la culpabilité de ceux-ci. Sous-jacente à ce pacte obscur, une garantie morale : les deux parties se disculpent à l’avance par une condamnation unanime de l’antisémitisme, concomitante à leur réprobation commune d’Israël. Ils vont du même coup au devant de toute accusation de parti pris et s’irradient de l’humanisme, des Lumières, de la démocratie, donc, de l’âge d’or européen.

Soigneusement refoulés, en même temps, le conflit séculaire entre l’islam et la chrétienté, mais aussi bien la présence, à l’intérieur du premier, de traces de convergences avec la seconde, comme en atteste la lecture du Coran. Cette entente cordiale a des ressorts puissamment archaïques à propos desquels la psychanalyse pourrait utilement renseigner. Il y a ici une occasion idéale, pour les uns comme pour les autres, de se dédouaner de la « question juive », car c’est avec l’appui éventuel de certains juifs se réclamant de la morale universelle que la condamnation d’Israël peut se donner libre cours. On fustigera en les juifs israéliens, par contre, les « nazis et
colonialistes » contemporains. Après tout, ni les anciens
dominés, ni l’Église ne sont, au moins en apparence, responsables de ces parenthèses que sont l’antijudaïsme, les bûchers de l’Inquisition et la Shoah.

En somme : la mémoire de l’Europe qui inclut les croisades, le colonialisme et le fascisme se rachète dans l’antisionisme une bonne conduite à l’égard des populations naguère dominées qui ont fait souche sur le territoire européen. Mais ses «penseurs » qui acceptent l’alliance ne le peuvent qu’au prix d’une dhimmitude (relevant de la protection contractuelle) idéologique. Tout cela produit un cocktail explosif, la fabrication d’une opinion entièrement structurée par son israélophobie, mais sur des bases radicalement distinctes : convergence entre la gauche anticolonialiste, certes, et l’ethnocentrisme judéophobe ; collusion rouge-brun, voire rouge-brun-vert. Le tout sous la bannière de la morale et du droit international.

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 25/05/2009

Question à méditer:

Qu'est ce qui a poussé et qui pousse Dieudonné à agir de la sorte.

Faites un sujet de thèse et vous verrez le nombre d'étudiants qui répondront favorablement à votre demande.

Mais attention, vous encourez le risque de voir leurs conclusions vous choquer. A vos risques et périls.

Écrit par : Rachid | 14/06/2009

Chiche !

Mais des étudiants de quelle obédience ?

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 14/06/2009

je demande le nouveau contacts de dieudonne et yahia gouasmi

Écrit par : alhousseine | 06/11/2009

Monsieur,

Vous apportez de bonnes paroles.
C'est très bien ce que vous écrivez.
Je suis heureux de voir que le Monde Musulman s'organise.

fayçal

Écrit par : fayçal | 13/11/2009

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