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05/04/2009

Négationnisme : Shlomo Sand contre-attaque et insulte ses détracteurs - Pierre I. Lurçat

La lecture de la réponse de Shlomo Sand à Eric Marty, publiée hier soir dans Le Monde est édifiante. On y constate que Sand n'apprécie pas que son livre soit critiqué... Il commence par accuser ses détracteurs de ne pas l'avoir lu et par se plaindre d'avoir été "ignoré par la critique pendant six mois" et victime d'un "mur du silence" ! Affirmation assez stupéfiante quand on sait que le livre de Sand avait été annoncé par de nombreux médias et sites Internet en France (il avait ainsi fait l'objet d'un grand article élogieux du Monde diplomatique) avant même sa parution !

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L'edition originale du livre de Sand


Dans la suite de l'article, Sand reprend les arguments qu'il a déjà développés ailleurs, expliquant notamment qu'il "ne traite pas directement de l'histoire des juifs mais analyse l'historiographie sioniste, en essayant de démontrer que le récit national juif sur le passé relève d'un empilement [sic] de mythes mobilisateurs...". Avec sa houtzpa habituelle, Sand invoque pour sa défense Raymond Aron, qui s'interroge dans ses Mémoires : "Que signifie le peuple juif ? Existe-t-il ? Peut-on parler du peuple juif comme on parle du peuple français ? La seule réponse valable me paraît celle-ci : si l'on parle du "peuple juif", on emploie la notion de peuple en un sens qui ne vaut que dans ce seul cas".

La citation de Raymond Aron – Juif non sioniste mais très attaché à l'Etat d'Israël – est évidemment à mille lieues de la thèse extrémiste (et antisioniste) de Shlomo Sand. Aron s'interroge sur la notion de peuple juif, et conclut à l'unicité du "peuple juif", que l'on ne saurait assimiler aux autres peuples. Cette conclusion tout à fait pertinente est diamétralement opposée à celle de Sand, qui conteste l'existence du peuple juif, dans sa tentative de "déconstruction" de l'historiographie sioniste et de l'histoire juive tout entière. Mais qui trop étreint, mal embrasse... C'est justement l'hybris intellectuelle de Sand qui l'entraîne trop loin : voulant attaquer le sionisme, il s'en prend au peuple juif tout entier...

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R. Aron


Ce qui nous amène à la question du négationnisme. Je me flatte d'avoir été l'un des premiers à comparer la démarche intellectuelle de Sand à celle des négationnistes, employant à son égard l'expression de "Faurisson israélien". Eric Marty a lui aussi comparé l'entreprise de Sand au négationnisme. Il n'est pas surprenant que Sand s'en offusque, allant jusqu'à qualifier ses détracteurs de "démagogues prosionistes"... Mais lorsque j'écrivais que Sand est un négationniste, il ne s'agissait pas d'une injure, mais bien d'une analyse (1). Sa démarche intellectuelle, comme celle des négateurs de la Shoah, relève en effet de la construction idéologique, et pas de l'histoire. Comme eux, il conteste l'évidence (la Shoah dans un cas, l'existence du peuple juif dans l'autre). Comme eux, il vise un objectif politique (remplacer l'Etat juif par un Etat de "tous ses citoyens" c'est-à-dire un Etat binational). Enfin, j'ajoute qu'à mes yeux la négation du peuple juif est encore plus grave que la négation de la Shoah, car elle ne s'en prend pas seulement au passé et à l'histoire juive, mais au présent et à l'existence du peuple juif aujourd'hui...
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Sand - Le "Faurisson israelien"?

Si cette comparaison a pu choquer, c'est parce que dans la vulgate politique contemporaine, la négation de la Shoah est très mal vue, tandis que la négation du peuple juif à laquelle se livre Sand est au contraire acceptée par l'intelligentsia occidentale avec un empressement et une unanimité suspecte (2). A quelques jours de Pessa'h, je conclurai par ces trois mots qui, loin d'être un slogan politique sioniste, comme le croit M. Sand, expriment une réalité humaine, sociologique et ontologique que les Juifs du monde entier démontreront lorsqu'ils s'attableront, mercredi soir, pour raconter la sortie du peuple juif d'Egypte : Am Israël Hai ! Le peuple juif est vivant !
Source : CAPE  Copyright © 2008 JCPA

Notes
1. Je renvoie à mon article intitulé "Le négationnisme 'soft' d'un nouvel historien israélien" paru sur le site de l'UPJF.
2. Ce sujet est abordé par Shmuel Trigano dans l'interview qu'il donne au dernier numéro d'Israël Magazine

 

Commentaires

Je suis allé à Hebron. J'y ai vu 3 tombeaux, ceux d'Avraham, d'Isaac et de Jacob. Voici donc un peuple artificiel avec trois "pères de la nation". C'est pas mal. J'aimerais savoir où est le tombeau de Vercingétorix, si on pouvait le considérer comme le père de la nation française, il serait intéressant que chaque français puisse aller fleurir sa tombe, tous les 1er novembre.

En fait, mis à part le peuple juif, il n'y a que très peu de peuples au monde qui peuvent ainsi visiter la tombe de leurs ancêtres fondateurs. Faut-il en déduire que les autres peuples de la terre sont encore plus artificiels que nous ?

Les palestiniens par exemple, sont-ils eux aussi un peuple factice, créé de toute pièce ? Y a-t-il eu, depuis 2000 ans, un seul royaume de Palestine, un seul roi de Palestine ?

Salomon me met mal à l'aise ? Et si rien n'existait du tout ? Même pas lui ?

Écrit par : le juif anonyme | 06/04/2009

Les Juifs constituent un objet incontournable pour les sciences sociales.

Les Juifs sont ainsi les témoins d’un passé fort distant et auraient donc moins de difficulté à renouer avec celui-ci. Or, si l’on admet que les Sciences Sociales se doivent de s’ancrer sur des structures anciennement établies, l’on comprend que les Juifs aient joué et jouent un rôle important dans ce domaine, qu’ils s’y distinguent: de Karl Marx à Claude Lévi-Strauss, en passant par Durkheim et Freud, Ricardo et Mauss, la liste est longue et elle concerne essentiellement des juifs d’origine germanique, Alsace comprise. Au diable Vercingétorix !

L’Occident a besoin de la mémoire juive comme il a besoin du pétrole arabe, ressource implantée de très longue date.

Les juifs sont les descendants, les vestiges d’un certain âge de l’Humanité, à la fois révolu et toujours éminemment prégnant, ils sont la mémoire vivante de l’Humanité, et en ce sens comme une sorte de livre ouvert, bien plus important que n’est la Bible.

Les Arabes se sont trouvé confrontés à des modèles, à des représentations, forgées par le monde occidental et qu’ils adoptèrent avec plus ou moins de bonheur et dont une des applications est précisément le sionisme. Ce sionisme qui justement revendique pour les Juifs les droits liés à une présence ancienne dans la région, ce qui est bel et bien symbolique de cette problématique d’une réévaluation du passé face à une société qui, elle, fonctionne sur le fait accompli et sur la prééminence de ce qui survient en dernier. Nouvelle Querelle des Anciens et des Modernes et qui souligne le fossé qui sépare judaïsme et Islam, le premier monothéisme et l’ultime, selon les dires mêmes de l’Islam. Cette résurgence du passé fait évidemment problème pour une civilisation qui n’est pas en quète de ses racines et qui serait plutôt lancée dans une fuite en avant.

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 08/04/2009

vous n'avez jamais lu Sand. Expliquez moi en quoi c'est négationiste de dire que la grande majorité des juifs descendent de berberes ou de khazars convertis; et que de très nombreux hébreux sont resté en palestine sont devenus chrétiens puis musulmans et sont ancêtres des Palestiniens. Au fait, Ben Gourion avait dit ça avant Sand. Ben Gourion était négationiste et anti-sémite?

Écrit par : bebo | 12/04/2009

Ben Gourion n'a jamais dit de telles choses.

Vous vous appuyez sur les pseudo-citations de Ben Gourion, intégralement fausses, diffusées sur des sites d'extrême-droite.

Écrit par : Leroidavid | 12/04/2009

Ben Gourion dit que les Palestiniens descendent des Hébreux dans " Eretz Israël dans le passé et dans le présent" en 1918 et Ben Zvi le dit dans "Notre population dans le pays " en 1929.

Mais répond: en quoi les écrits de Shlomo Sand sont antisémites et négationistes?

Écrit par : bebo | 12/04/2009

les juifs sont les rois des tombes,il aime bien vénerer les tombes,les marabous et tout acte de sorcelerie
en tant que francais ,j'ai visiter pas mal de pays arabes et on peut voir que les juifs qui étaient dans ces pays ont inventaient
les Sidi et compagnies pour égarer du droit chemin le maximum d'arabes ,vous allez par exemple à Fés au maroc et vous verez que les marabous et sorciers de l'époque étaient des juifs marocains

Écrit par : Claude | 16/04/2009

claude, "en tant que Francais" tu devrais apprendre a ecrire! Ya Sidi mon zami!

Écrit par : Itshak | 16/04/2009

Claude ,es-tu un nostalgique de l'époque de la "Sainte Inquisition" ?

Ni Sorcier , ni Marabout , juste un respect des anciens de grande valeur .

Le Maroc et le Tafilalet compte grands nombres de "Justes" dont nous honorons le souvenir .

Il existe mille moyens de sombrer dans le fanatisme !

Pour l'être faible , dix mille .....

Écrit par : joel | 16/04/2009

continuons à casser le verre pendant notre mariage

Écrit par : claude | 17/04/2009

Il n'y a pas que les verres que tu continues à casser !

Relis ma réponse et arrête d'aborder des sujets que tu n'appréhendes pas du tout!

Écrit par : joel | 17/04/2009

je pense que les juifs du monde devrait se mobiliser pour arrêter le génocide que le peuple palestinien subit actuellement
il y a eu dans le passé de nombreux arabes juste comme vous le dîtes mais où sont les juifs justes pour arrêter l'extermination des palestiniens

les arabes ont défendus et sécurisaient les juifs dans le passé mais que fait leur descandance au moyen-orient

quel remerciement de nous avoir aider

Écrit par : charles | 19/04/2009

La Confusion des clercs : Le cas Shlomo Sand ou la naissance du négationnisme israélien.

Georges-Elia Sarfati, Professeur des Universités. Ancien professeur à l’Université de Tel-Aviv.

http://www.desinfos.com/spip.php?page=article&id_article=13858


On savait le peuple juif capable du pire : déicide et perfide, ennemi du genre humain, annonciateur de l’Antéchrist, contempteur de l’amour du prochain, conspirateur et cupide, agent du capitalisme, apôtre du bolchévisme, suppôt de l’impérialisme, cynique et spéculateur, raciste et chauvin, cruel et sectaire.

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 02/05/2009

Je n'ai appris que récemment l'existence de ce livre et de la bouche de parsonnes qui ne me paraissent pas être des anti quoi que ce soit.
Je ne l'ai pas lu. Mais la présentation qui en est faite sur plusieurs médias, parfois par l'auteur lui-même, me laisse penser que les diverses thèses soutenues, à savoir pas de déportation en masse par les Romains, l'affaire de la tribu berbère convertie à l'origine des séfarades, celle du royaume khasar converti à l'origine des askénases, celle de l'identité originelle des palestiniens actuels etc... toutes ces thèses me paraissent étayées par des analyses sérieuses... Je veux bien admettre que ces analyses soient fausses...Mais alors il faut leur opposer des contre analyses et répondre point par point, et non se contenter d'accuser l'auteur de participer à je ne sais quelle machination ce qui revient à l'insulter... Or toutes les critiques contre ce livre, y compris cet article, ne réalisent pas ce contredit scientifique et historique et cela crée une impression bizarre : ils sont très génés mais n'ont rien à opposer que leurs certitudes!

Écrit par : Jacques Laugier | 21/05/2009

A LIRE : Enquête sur le peuple juif, Magazine "L'HISTOIRE" de juin 2009.

* la préface éditoriale à propos de Shlomo Sand (?)

* En page 8, entretien avec Sand, E. Benbassa, M. Sartre et M. Winock.

A vos appéciations.

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 29/05/2009

Il serait bon que les détracteurs de Shlomo Sand lise vraiment son livre, ainsi que par exemple celui de James Kogel : How to read the bible.

Enfin, ils pourraient avec profit lire les mémoires de R Aron qui n'était pas aveuglé par le communautarisme, ni l'Etat d'Israel p. 703 et suivantes.

"Objectivement selon les critères utilisés ordinairement pour identifier un peuple, les juifs de la diaspora n'en constituent pas un: ils se composent de minoritès qui professenr une même religion..." p. 708.

Écrit par : R. Speke | 25/06/2009

Pouvoir d'adaptation
Pour ne pas risquer de commettre des fautes dans notre politique ou dans notre
administration, il nous est essentiel d'étudier et d'avoir bien présents à l'esprit le courant
actuel de la pensée, le caractère et les tendances des nations.
Le triomphe de notre théorie est son adaptabilité au tempérament des nations avec
lesquelles nous prenons contact. Elle ne peut réussir que si son application pratique
repose sur l'expérience du passé, jointe à l'observation du présent.

Écrit par : Rachid | 28/06/2009

Il s'agit d'un essai, ni livre d'histoire, ni ouvrage politique, mais tout au service d'une idée politique. Le propos se veut logique, il apporte des sources et appelle à réfléchir ; mais demeure très manichéen et part d'un axiome très faible : que les juifs ont été inventés comme peuple par les sionistes au 19e siècle, alors qu'au départ les juifs ne sont que les adeptes d'une religion.

D'ailleurs le titre en français est explicite : « Comment le peuple juif fut inventé », on ne pose pas la question de savoir si les juifs sont un peuple ou non, on part de l'axiome qu'ils n'en sont pas un, que c'est une invention, et on va vous expliquer comment. C'est donc bien un raisonnement idéologique. Même celui qui passe dans une librairie et n'ouvre pas le livre aura au moins retenu cette information sur la couverture : les juifs sont une invention…

Mais c'est oublier comment les juifs se sont définis et vécus durant des siècles, c'est-à-dire en peuple (Am Israël, Bnei Israël, Goy Ehad…), même si dans ce sentiment il y a peut-être une part d'artifice ethnique au sens où Sand cherche à le montrer. Tous les courants du judaïsme, à part l'ultra-réforme du 19e qui voulu jouer à fond la carte de l'intégration nationale, parlaient d'un peuple et voyaient les différentes communautés juives en faire partie. C'est vrai aussi bien dans la Bible, le Talmud.

Le grand reproche qu'on peut lui faire c'est que sous prétexte d'une analyse historique, il est tout au service d'une idée politique : les juifs n'étant pas un peuple, sinon inventé récemment, le sionisme est basé sur un artifice et l'Etat d'Israël, puisqu'il existe et qu'il faut faire avec cette erreur de l'histoire, ne devrait pas être l'Etat des juifs, mais une république sans identité précise. Shlomo Sand est partisan d'un Etat binational et c'est son droit le plus stricte, mais écrire un livre "d'histoire" ne doit pas être un pamphlet politique.

Il devient surtout ridicule quand il veut comparer son rêve d'Israël dénationalisé à la Hollande ou encore à la Grande Bretagne (p.431), mais évite soigneusement d'apporter des exemples pourtant plus plausibles, notamment le voisin proche : le Liban, qui offre l'image pour le moins apocalyptique de ce que serait vite un Etat binational israélo-palestinien… Son rêve d'Europe aurait pu au moins le conduire à prendre en exemple la Belgique à la stabilité précaire …

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 28/06/2009

Mr Sand fait reconnaître une évidence niée effectivement longtemps par des gens qui pour un pourcentage important (entre 40 et 65%) se ressemblaient par endogamie régionale sur un Substrat Orientalide-Méditerrannéen. Et qui furent recoinnus et exterminés pour cela alors même que la notion de Race Unique et Homogène était déjà une ânerie scientifique.
Depuis l'Antiquité, peu importe de savoir de quel "peuplade" ils étaient, ils furent persécutés et massacrés pour CE QU'ILS DISAIENT ETRE ET FAIRE religieusement. Ceci dit qu'un peuple est une Histoire et un Destin avant d'être une race une ethnie ou une origine.
Le édébat" Sand est donc une fois de plus un coup d'épée dans l'eau de la Mode. Cette hystérie incurable qui habite massivement la majorité humaine de par le monde...
Vain débat.

Écrit par : borek | 06/07/2009

Certains des gens ci-dessus ne comprennent rien à rien: personne n'a dit que ce que Sand "rapporte" des apports ethniques divers aux Juifs d'origine sont faux!!! C'est une évidence: comment croire comme les Nazis qu'un juif Yéménite est le même qu'un Juif polonais!!! Ce que l'on dit c'est que cela n'a rien à voir avec la notion de Peuple et Nation. Les Français sont des 'moricauds crépus" ou de "gros cochons roses lorrains" et ça ne les empêche pas d'être Français et Bon citoyen républicains! nom d'une figue!

Écrit par : borek | 06/07/2009

Comme les Lyssenko soviétiques ou les Verschuer Nazis les Professeurs d'Université ne sont pas forcément exempts de maladie mentale et de troubles intellectuels afférents...
C'est le drame insoluble de l'espèce humaine...On peut être savant diplômé ET CINGLE

Écrit par : borek | 06/07/2009

Merci Borek pour ces remarques frappees au coin du bon sens...
Helas, en Israel la proportion d'intellectuels cingles est parmi les plus elevees du monde!

Écrit par : Itshak | 07/07/2009

Thomas Lepeltier nous présente le livre de Shlomo Sand, dans le n° 247 bis du magazine Sciences Humaines (Septembre 2009)

L’histoire d’Israël reposerait-elle sur un mythe fragile ? L’idée que les Juifs modernes forment un peuple descendant des anciens Hébreux serait fausse. C’est en tout cas ce qu’affirme l’historien israélien Shlomo Sand dans ce livre à haute valeur polémique. Selon lui, la diaspora juive ne naquit pas de l’expulsion des Hébreux de Palestine, mais serait issue de conversions successives en Afrique du Nord, en Europe du Sud et dans le Caucase. Et, comble de l’ironie, les descendants les plus directs des anciens Juifs seraient les actuels Palestiniens. De quoi perdre la tête !

L’histoire paraissait pourtant claire. Tout le monde a lu qu’après la destruction de son second temple, en 70 apr. J.‑C., le peuple juif a été contraint à l’exil. S’ensuivit une errance de près de deux mille ans, au cours de laquelle ce peuple aurait réussi à préserver les liens du sang au sein de communautés fermées. Enfin, au xxe siècle, après le génocide nazi, le peuple juif a pu retourner sur sa terre, qui lui revenait au nom de son ancienneté.

Mais voilà, cette version des événements serait fausse. S. Sand n’est pas le premier à l’affirmer. D’autres historiens ont déjà conclu à des conversions massives au judaïsme pour expliquer l’importance de certaines communautés juives. Si l’auteur peut reprendre et radicaliser cette thèse, c’est que depuis deux ou trois décennies, nombre de travaux ont déconstruit l’histoire traditionnelle des nations, dont celle d’Israël. S’appuyant sur toutes ces recherches, S. Sand peut montrer comment le « roman national » juif s’est mis en place et continue à se perpétuer : de même que chaque nation européenne a, au XIXe siècle, identifié son histoire à celle d’un peuple ayant des origines lointaines, les Juifs se seraient inventé une histoire qui les rattache à des « grands ancêtres » avec lesquels ils n’avaient en commun que la religion.


*** Vu la situation géopolitique du Moyen-Orient, cette thèse est bien sûr explosive. Ce n’est pas une raison pour la refuser en bloc. Elle mérite d’être creusée. Cependant, avant de réclamer plus de preuves, on se demandera s’il est vraiment légitime pour un État moderne de faire de l’origine lointaine de ses habitants un argument politique, sauf à cultiver un racialisme suspect.

http://www.scienceshumaines.com/comment-le-peuple-juif-fut-invente-de-la-bible-au-sionisme_fr_23024.html

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 29/08/2009

Vous devriez vous reporter au livre de Arthur Koestler "la 13eme Tribu" ; il épouse exactement les mêmes thèses et analyses historiques que Sand, et ne peut être, lui aussi, accusé d'antisémite.

Écrit par : SACAROFF | 13/09/2009

"A l’époque où Charlemagne se fit couronner empereur d’Occident, l’extrémité orientale de l’Europe, entre le Caucase et la Volga, était dominée par un État juif connu sous le nom d’Empire khazar… ".

Ainsi débute le récit d’Arthur Koestler sur l’une des énigmes des temps médiévaux. En historien" novateur", c'est-à-dire un nouvel historien avant l'heure, il retrace méticuleusement l’épopée des Khazars, de leurs origines à leur déclin.

Il peut paraître étrange qu'on n'ait pas pu établir avec précision l'origine géographique d'une peuplade qui est pourtant entrée dans l'histoire sur un vaste territoire entre la mer Caspienne, la Volga, la chaîne des Carpates et la Mer Noire, et s'y est maintenue entre le 7ème et le début du 11ème siècle. ??

Cependant, alors que persistent des doutes sur l'étymologie du nom Khazar, on a bien identifié l'appartenance primitive de cette peuplade à des tribus turques et persanes de l'ancien Turkestan en Asie Centrale. Après une longue période de migration, une branche de ces nomades commença à s'implanter au Nord du Caucase vers l'estuaire de la Volga. C'est la première étape qui marque la naissance de ce qui deviendra l'empire des Khazars, entre deux puissances : les envahisseurs arabes venant du Sud et l'empire byzantin, successeur de Rome, déjà dominant toute la région des Balkans et l'Asie Mineure.

A la différence de ces deux géants voisins, solidement structurés, les Khazars apparaissent dépourvus de tous les ingrédients constituant une nation, étant, au surplus absolument incultes et analphabètes. Pourtant, sous l'influence de contacts suivis avec leur entourage, tout en se sédentarisant, ils parviennent progressivement à sortir de leur état de barbarie. Aux premiers rudiments d'une vie organisée sous une hiérarchie en éveil, vient s'ajouter la notion de valeur spirituelle qu'ils ne possédaient guère, et qui leur est inculquée par les contacts de plus en plus étroits avec les Byzantins et les Arabes, ainsi qu'avec les
COMMUNAUTÉS JUIVES SOLIDEMENT IMPLANTÉES DEPUIS BYZANCE JUSQU'AU CAUCASE.

À l’heure actuelle, outre son apport à la culture ashkénaze, la majorité des traces de cet empire restent liées à l’histoire et à la culture russe et hongroise. Dernier vestige significatif de l’existence de la civilisation khazare, la mer Caspienne est toujours surnommée la "mer des Khazars".

http://sefardi.over-blog.fr/article-22537018.html

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 14/09/2009

Déjà traité Sand de Faurisson vous situe politiquement:dès que quelqu'un vous contredis c'est un Faurisson?Ridicule!

Et aller a Hébron voir les tombeaux de d'Avraham, d'Isaac et de Jacob. et prétendre que ce sont les péres de la nation juive c'est aussi risible!

Ce sont les mêmes pères pour les musulmans et les chrétiens,mais c'est vrai qu'ils ne prétendent pas être une nation!

Ces accusations de "Faurisson" que ce soit à Sand,ou à Kassovich dessert totalement votre cause si elle est autre chose que de massacrer du palestinien!

Écrit par : Jean Claude Goujat | 05/10/2009

Abraham, Isaac et Jacob pères des musulmans et des chrétiens?
J'en doute! Si Abraham est bien le père des juifs et des arabes! Il n'est pas le père de l'ensemble des arabes et encore moins de l'ensemble des chrétiens! En ce qui concerne, Issac et Jacob ... Ils sont les pères des juifs uniquement surtout Jacob qui porte d'ailleurs comme deuxième nom ... Israel! Mais à défaut de vouloir rentrer dans un débat sans fin dénuer de sens puisque lié à des convictions religieuses, il est clair que dire que le judaisme aurait été (re)crée dans l'ensemble du monde par un prosélytisme juif va à l'encontre de toute réalité objective.
Premierement, ceux qui connaissent le judaisme de plus près que connait M. Sand, soidisant juif, savent que le judaisme n'est pas une religion prosélyte, au contraire, tout au long de l'histoire, on lui a reproché son caractère communautaire.
De plus, comment il y aurait-il pu y avoir à l'époque de l'ère chrétienne un prosélitisme juif, surtout les "vrais" juifs seraient restés en Palestine? A une époque où le christianisme était en pleine émancipation, comment ke judaisme aurait pu arriver jusqu'en Espagne, au Maroc, en Russie, en Ethopie, en Inde ou encore en Chine si ce ne sont pas des populations juives qui l'ont ramenés! Comment l'ensemble des rites du judaisme aurait-il pu arriver dans ces contrées lointaines si ce n'est pas les juifs de Palestine qui les ont ramenés? Les conclusions de Sand contredisent ses propres hypothèses, c'est ce qu'on appelle un raisonnement par l'absurde en mathématiques!
Cependant, il est vrai, qu'un juif d'afrique du Nord ne ressemble pas à un juif d'Europe de l'est! Bien entendu, personne n'a prétendu que le peuple juif est resté "pure" et qu'il n'y a pas eu au cours de l'histoire des mélanges avec les peuples autochtones. Il en va de soi qu'au cours des 2000 années, il y a eu des mélanges, mais il n'empeche que la grande majorité des juifs d'aujourd'hui a une grande majorité d'ancêtres hébraiques. Le nier, est une sorte de négationnisme! Dans ce cas, les Francais ne sont pas les descendants des Gaulois puisqu'il y a eu des mélanges au cours des mille années! Quel argument grotesque!

Enfin, pour ce qui me parait le plus ridicule mais surtout le plus invraisemblable c'est de reconnaitre le peuple palestinien d'être descendant direct du peuple juif de l'époque! C'est finalement, à la fin de son argumentaire, que l'on comprend, où l'auteur veut en arriver...
Donc, les juifs d'aujourd'hui se sont mélangés mais le peuple palestinien, lui, bien entendu, est resté pure! Bizarre, Arafat prétendé, il y a à peine 20 ans, que les palestiniens était les descendants directs des Philistins de l'époque! A force de vouloir chercher une justification historique à leur présence en Palestine, ils vont jusqu'à se contredire!
Parce que, si un palestinien est un palestinien, il reste un arabe, et non pas un philistin ou un hébreu. En effet, s'il y a des populations à majorité musulmane de l'Indonésie jusqu'à la Mauritanie, ils ont gardé leurs langues et les cultures! Ainsi, un iranien parle le perse, un indonésien parle l'indonésien alors qu'un égyptien parle l'arabe, pourtant ils sont tous musulmans dans leur trés grande majorité! Alors pourquoi n'en serait-il pas autant pour un palestinien? Les palestiniens parlent arabe mais ne seraient pas des arabes émigrés d'Arabie Saoudite après l'invasion du proche orient par Saladin au 12ème siècle après JC? Ils seraient des descendants des juifs de l'époque, seraient restés en Palestine, se seraient convertis à l'Islam. Pourquoi pas! Mais ils auraient aussi renoncé à l'ensemble de leurs rites ancestraux et à leurs propres langues? J'en doute! Surtout que l'ensemble des peuples non arabes convertis à l'Islam on gardé leur propre langue et on gardé des traces de leurs cultures originelles! De plus, le peuple arabe s'est répandu jusqu'au Maroc mais ils ne se seraient, comme par magie, jamais installé en Palestine! Pourtant, les palestiniens se reconnaissent musulmans mais aussi et surtout ARABES!
Conclusion, pour croire à la théorie farfelue de Sand : une seule possibilité! Les palestiniens sont des descendants des hébreux, des arabes et probablement aussi, selon Arafat, des philistins, sinon pourquoi garder le nom de palestinien? Ils auraient perdu toute leur culture hébraique et philistine jusqu'à leur propre langue pour se concentrer sur leur culture arabe uniquement! Un peu tiré par les cheveux quand même!

Écrit par : Yaniv | 11/10/2009

Ismaël ou Isaac?

Sourate 29:27

"Et Nous lui donnâmes Isaac et Jacob, et désignâmes dans sa descendance la fonction de prophète et le Livre."

Sourate 45:16

"Et très certainement, Nous avions apporté aux Enfants d'Israël le Livre et la sagesse et la fonction de prophète, et leur avions attribué d'excellentes choses, et leur avions donné excellence au-dessus des mondes".

Il y a beaucoup d’affirmations dans l’Islam qui essayent d’attirer l’attention du monde d’aujourd’hui. Il faut être attentif, confronter les preuves et se poser des questions ardues à la recherche de la vérité.

A ce propos: "Le Coran et la Torah affirment qu’Ismaël est un prophète?"

Les Musulmans affirment que dans les mots du Coran se trouve la vérité. Il faut rechercher le fondement de cette affirmation dans la croyance de la divine inspiration du Coran: ces mots furent dits à Mahomet par Allah (Dieu). Ce qui pourrait être vrai , seulement si l’être prophète (en arabe nibua) de Mahomet et la révélation divine du Coran pouvaient être prouvées.Tous les Musulmans en effet pensent que Mahomet est un descendant d’Ismaël, bien qu’ils n’arrivent pas à le prouver. Regardons ce que le Coran affirme à propos de l’Office Prophétique.

Selon la sourate 29 (appelée Al-Ankabut), verset 27, l’Office Prophétique et la Révélation Divine ne peuvent être transmis qu’au travers de la lignée d’Abraham, Isaac et Jacob. La même sourate ne nomme nulle part l’Office Prophétique accordée aux descendants d’Ismaël, l’ancêtre de Mahomet. Et de même, la sourate ne mentionne pas que la révélation divine (le Coran) puisse arriver à travers Ismaël; il se limite à confirmer que la révélation divine (Les Saintes Ecritures) provient uniquement de la descendance d’Isaac et de Jacob. Aucune sourate du Coran ne parle d’Office Prophétique "de par les descendants d’Ismaël".

Vous, les Musulmans, vous serez tentés de penser qu’Ismaël est inclus dans cette lignée d’Abraham. La sourate en question précise qu’il s’agit d’une seule lignée (passant par Isaac et Jacob); mais ainsi faisant, chers amis, n’ajoutez-vous pas des mots au livre que vous dites venir d’Allah en le falsifiant? Et puis, ne devenez-vous pas ainsi les "derniers prophètes" en oubliant que Mahomet est, pour vous, le dernier des prophètes?

En étudiant ce que le Coran et la Torah disent à propos d’Ismaël et d’Isaac on peut remarquer différentes choses:

* Sarah est la mère d’Isaac. Elle est présentée comme la seule femme légitime d’Abraham tant dans le Coran (sourate 11:69-73) que dans la Torah (Genèse 17:19 et 18:9-10). Il est important de remarquer que le mot arabe dans le Coran (Imratuhu - sa femme) et le mot hébreux dans la Bible ('ishshâh) indique une seule (et unique) femme.

* En outre Sarah est mentionnée dans le Coran (sourate 51:29; 11:71-73) et dans la Torah (Genèse 18:14 et 17:19) comme la mère du fils né miraculeusement, l’héritier du Pacte Eternel prophétisé au travers de la lignée Abrahamitique (Genèse 17:19); tandis qu’Ismaël reçoit seulement une bénédiction pour sa descendance.

* Il est intéressant de remarquer que dans tout le Coran il n’est pas dit qui sont et d’où viennent Agar et Ismaël. La Torah au contraire affirme que Agar, la mère d’Ismaël, est une égyptienne au service de Sara (Genèse 16:3-4) et non la femme légitime d’Abraham.

* En lisant la Torah on remarque que Agar est mentionnée en tant que servante de Sarah par Abraham (Genèse 16:6), par Sarah (Genèse 16:5), par Dieu (Genèse 21:12) et par elle-même (Genèse 16:8).

Tout ceci nous amène seulement à une conclusion: la naissance miraculeuse et le Pacte du Dieu avec Abraham ne s’accomplit pas par la servante fertile mais par la femme stérile, la femme légitime d’Abraham: Sara.

Qui a le droit de revendiquer le pacte Abrahamitique?

Puisque Agar n’est pas la femme légitime d’Abraham, on peut en déduire qu’Ismaël n’est pas le fils de la promesse, le premier né, ainsi il ne peut revendiquer que la promesse qui le concerne et qui a été faite à Agar à son sujet. Ces revendications se trouvent seulement dans la Torah (Genèse 16:12; Genèse 17:20-21).

Genèse 16:12
"il sera comme un âne sauvage, sa main sera contre tous, et la main de tous sera contre lui; et il habitera en face de tous ses frères."

Genèse 17:20-21
"A l’égard d’Ismaël je t’ai exaucé. Voici je le bénirai, je le rendrai fécond, et je le multiplierai à l’infini; il engendrera douze princes et je ferai de lui une grande nation. J’établirai mon alliance avec Isaac, que Sara t’enfontera à cette époque-ci de l’année prochaine."

La promesse qu’Ismaël deviendra une grande nation ne mentionne pas du tout qu’il sera un prophète (nibua en arabe). Puisqu’on a vu qu’Ismaël ne peut pas revendiquer la promesse du Pacte avec Dieu, demandons-nous, alors: ne doit-on pas mettre en doute la revendication de Mahomet comme héritier du Pacte, voyant que les Musulmans le considèrent comme le descendant direct d’Ismaël?

Ismaël ne peut hériter aucune des promesses faites par Dieu en faveur d’Isaac (Genèse 17:19,21; Galates 4:23) et par conséquent Mahomet non plus. En effet il n’est écrit nulle part que la promesse se serait accomplie par la descendance d’Ismaël. Les seules références à la prophétie dans le Coran et dans la Torah ont été données exclusivement à propos des descendants d’Isaac et de Jacob (sourate 38:45-46).

Enfin , dans la Torah on peut lire qu’à cause des efforts impatients d’Abraham et de Sarah, Dieu a dû intervenir en éloignant Agar et Ismaël de la présence d’Abraham et d’Isaac (Genèse 21:11-12). Ceci montre que le Pacte que Dieu désirait pour toute l’humanité devait venir uniquement de l’initiative divine et non des efforts impatients de l’homme (dans ce cas d’une femme, Sara).

En conclusion: seul Isaac peut revendiquer l’Office Prophétique

Que révèlent la Torah et le Coran à propos d’Ismaël et d’Isaac?

En premier lieu: selon la sourate 29:27, la prophétie et la révélation divine appartiennent seulement à la descendance d’Isaac et de Jacob. Il n’est nulle part écrit dans le Coran ou dans la Torah qu’Ismaël fasse part de la descendance prophétique d’Abraham.

En second lieu: Le Coran et la Torah sont en accord en affirmant que Sarah est la seule femme légitime d’Abraham, la mère du fils né par miracle, héritier du Pacte. Agar est simplement la servante égyptienne de Sarah.

En troisième lieu: Ismaël ne peut revendiquer l’Office Prophétique qui avait été promis à Isaac. Il peut revendiquer seulement les promesses faites par Dieu à Agar (Genèse 17:20-21).

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 11/10/2009

Peu importe les considérations religieuses... Chacun a le droit de croire en ce qu'il souhaite à condition de respecter l'avis d'autrui! Ce qui compte c'est que ce que Sand raconte à propos du peuple juif, est complétement faux! cf message précédent!

Écrit par : Yaniv | 11/10/2009

Alors, il existe ou pas ?

http://danielsibony.typepad.fr/

En lisant ces versets et en considérant ce qui est écrit, tu peux toi aussi arriver à ta conclusion. Je te mets en garde car il est dangereux d’avoir confiance seulement en ce que tu as entendu dire. Prenant en considération les preuves qui sont devant toi, tu dois décider qui peut prétendre être le vrai prophète: Ismael ou Isaac ?

Que les musulmans n'ajoutent pas des mots au livre qu'ils disent venir d’Allah en le falsifiant ! Et qu'ils ne deviennent pas ainsi les "derniers prophètes" en oubliant que Mahomet est, pour eux, le dernier des prophètes !!!

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 11/10/2009

La conseillère spéciale d’Obama : “la charia est mal comprise par l’Occident”.

http://www.bivouac-id.com/2009/10/09/la-conseillere-speciale-dobama-la-charia-est-mal-comprise-par-loccident/

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 12/10/2009

Curieux comme certains arguments peuvent être spécieux. Par exemple, Sand n’a jamais prétendu que les Palestiniens représentaient la "race" Juive pure. Il prend bien soin de préciser qu’il y a plus de chance que ces habitants, malgré les mélanges probables qui se sont produits au cours des siècles soient originaires de ces lieux que ceux qui viennent d’Afrique du Nord ou d’Europe. Justement parce que son propos n’est pas de justifier une race contre une autre. Pour autant que cett notions puisse encore être défendue.

Ce qui fonde la malentendu, intentionnel ou non, entretenu par certains est relatif à la notion de peuple. Qui est tordue par certains au nom de représentations primitives ou prétendument spirituelle. Et là, les points de vue auront du mal à se rapprocher quand ceux-là se drapent dans une prééminence religieuse alors que d’autres se fondent sur des notions plus modernes. La notions de peuple juif devrait s’imposer à tous pendant que l’on dénonce, à juste titre, les exactions que firent les Chrétiens pour une même prétendue appartenance. Et quand le peuple Catholique aura-t-il enfin une terre. Quelqu’un s’en préoccupe-t-il ?

Mais au bout de l’histoire, quelque chose me dérange profondément. Qu’aujourd’hui des communautés aillent s’installer sur le terrain de leurs voisins la bave aux lèvre en prétendant que c’est la terre de leurs ancêtre et que nul ne pourra les empêcher de la récupérer est un fait incontournable. Qui ne cesse de faire des morts, engendrer de la haine, de l’incompréhension et nuire à la paix entre les peuples. Et effectivement, le bouquin de Sand décrédibilise complètement ces excités.

Je m'étonne que cela puisse déranger des personnes sensées.

A partir de cette réalité, les considération philosphico-psychanalitico-religieuses prétendant justifier une notion qui tout à coup prend de l’eau, se retrouvent en porte à faux et ne suffiront pas à contredire ce bouquin. Il faudra des arguments historiques, les preuves de l’exil pour commencer à contredire sérieusement le travail de cet universitaire.

Pour ma part, je retiendrais que cet ouvrage ne remet nullement en cause la religion Juive ni même la culture extraordianire qui est parvenue à se perpétuer avec elle. Pas plus qu’il ne remet en cause l‘existence d’Israël en tant qu’Etat porteur d’un idéal et d’une singularité légitimes.

Mais je serais bien aise d’apprendre que cet Etat accepte enfin de se débarrasser de quelques oripeaux qui empoisonnent les relations entre les citoyens et les populations en distillant une haine inextinguible autour de lui et en créant des clivages mortifères.

Écrit par : Franz | 28/10/2009

Le livre de Sand est un éloge des valeurs du judaïsme, tout à l'opposé du sionisme, doctrine de l'enfermement, du repli, de la peur.

Écrit par : Georges | 30/11/2009

Quant à la "Question Agar", je remarque surtout la proximité des deux demi-frères (les deux"Is"), tous deux circoncis, si proches que les deux religions les rapprochent sans cesse, jusque dans le sacrifice.

Écrit par : Georges | 30/11/2009

J'interviens bien tard dans ce débat de longue haleine mais qui est passionnant. Et je remercie tous les participants et en particulier ceux qui référencent leur citation.
Pour ma part Shlomo Sand m'a appris (rappellé) que toute nation et par extention tout groupe humain fonctionne par mythe-oui dire que les Français descendent des Gaulois est également illusoire car l'image que nous portons de ces "Gaulois" est bien mythique. La réalité gauloise n'était pas un substrat de la future idée nationale française.
Il est même intéressant à titre personnel de constater comme nous mythifions je dirais de manière quotidienne notre existence pour la transcender, nous motiver voire nous auto-galvaniser.

Il en est de même pour Israël, et l'analyse de Sand a été menée avec sérieux. L'unicité de son œuvre n'est pas tellement dans les arguments qui sont connus depuis longtemps parmi les historiens mais bien dans son agencement et de son étude détaillée des historiens Sionistes du XIXème.

Je crois que dire que Sand est révisionniste est faux, sa thèse est ni plus ni moins le consensus actuel des chercheurs (cf article dans Histoire Magazine Juin 2009)
Dire qu'il est le "Faurisson Israëlien" n'insulte que l'auteur de cette astuce facile.
Dire qu'il est anti-sioniste ou anti-israel est également faux, il prêche à mon avis à raison pour une nouvelle légitimité de son pays
Donc la verve des détracteurs de Sand nous exprime autre chose que les simple arguments utilisés. Ouvertement ils sont à ranger dans le domaine de l'affect où la raison n' a plus de place.
Récemment un rabbin me disait qu'il ne croyait pas à l'histoire dite "scientifique" et ceci est vrai pour toutes les religions du livre. Il a raison, et je dois reconnaitre que de même mon adhésion à l'histoire dite scientifique peut être également de l'ordre de la foi.
Aussi j'entends dans le ton agressif des opposants de Sand à une tourmente entre deux mondes auxquels ils appartiennent: un monde spirituel issu d'une culture vielle de plusieurs millénaires (2.700 ans, la Torah a été écrite selon nous en - 700 BCE, oui je sais là-dessus nous ne sommes pas d'accord) et un autre monde, celui de la modernité dont les mythes s'opposent parfois à ceux de leur foi.
La vérité est pourtant unique et j'espère pour eux comme pour moi que nos croyances ne nous aveugleront pas si un jour celle-ci doit nous être révélée... et qu'elle soit bien différente que nos attentes

Écrit par : Littré | 02/12/2009

* Mireille Hadas-Lebel démonte les élucubrations de Shlomo Sand.

http://www.crif.org/?page=articles_display/detail&aid=17809&returnto=accueil/main&artyd=10

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 12/12/2009

Commentaire d'un athé/agnostique:

A quand une terre à nous (si, si, NOUS... le peuple, la Nation, la communauté des non-croyants)? suspectés, assassinés, massacrés, exilés... enfin depuis la naissance du monothéïsme! Merci aux croyants extrémistes de toutes les religions du "Dieu Unique".

LOL!

N.B: c'est incroyable ce besoin de "posséder" et de le justifier dès que possible... que tout le monde, juifs, musulmans, animistes, bouddhistes, chrétiens et autres, se rassure: dans quelques décennies c'est les vers et les asticots qui seront nos locataires. Qu'importe vos détails philosophico-religieux. Nous serons tous le peuple des morts... re-LOL!

Écrit par : partidesbonobos | 20/12/2009

Conférence intéressante où Shlomo Sand revient sur la genèse de son livre "Comment le peuple juif fut inventé" : http://www.les-ernest.fr/shlomo_sand

Écrit par : Les ERNEST | 23/12/2009

en lisant l'ancien testament j'ai été surpris par les origines ashkénazes, à savoir qu'ils descendent de Cham (phon. kham) et non Sem, cela veut dire que les ashkénazes ne sont pas sémites et par conséquent pas juifs!sans commentaires!

Écrit par : tezede | 27/01/2010

J'ai lu le dernier livre de Sand, comme le precedent bien plus nuancé et moins mediadité, Les mots et la terre. Sand à mon avis ose avancer des hipothèses dans une discipline qui ne connait pas - l'histoire ancienne - et mele des evidences et des exagerations. Les evidences: le croisement "ethnique" des petites ou moins petites communautés juives avec la population majoritaire, ce qui est arrivé, evidemment, aussi avec les moriscos d'espagne, les conversions d'antiquité font des juifs une identité mixte et complexe d'origine et de choix. Il est parti de la constation que TOUTES les nations sont aussi des contructions culturelles et que TOUS les Etats sont nés de choix et de violence. Mais il a derapé dans la negation de l'existence d'un peuple juif dans ce meme sens complexe. En plus: pour affirmer son choix pour un seul Etat soi disant binational sur toute la Palestine il n'y a pas besoin de nier l'existence d'un peuple juif mais seulement de soutenir un choix politique dans ce sens. En plus sa position politique est bien plus nuancée que ça. Il a donc provoqué une enorme vague sans adequation avec ses resultats. Mais c'est aussi vrai que beuacoup de ses lecteurs l'ont mal lu: a son avis le peuple palestien est aussi artificiel que le peuple juif, français, italien etc.

Écrit par : mgm | 13/02/2010

excusez moi pour quelques coquilles
J'ai lu le dernier livre de Sand, comme le precedent bien plus nuancé et moins mediadisé, Les mots et la terre. Sand à mon avis ose avancer des hypothèses dans une discipline qu'il ne connait pas - l'histoire ancienne - et mele des evidences et des exagerations. Les evidences: le croisement "ethnique" des petites ou moins petites communautés juives avec la population majoritaire, ce qui est arrivé, evidemment, aussi avec les moriscos d'espagne, les conversions d'antiquité font des juifs une identité mixte et complexe, qui depend aussi bien d'une origine que d'une pratique et d'un choix. Il est parti de la constation que TOUTES les nations sont aussi des contructions culturelles et que TOUS les Etats sont nés d'un choix et d'une violence. Mais il a derapé dans la negation de l'existence d'un peuple juif dans ce meme sens complexe. En plus: pour affirmer sa preference pour un seul Etat soi disant binational sur toute la Palestine il n'y a pas besoin de nier l'existence d'un peuple juif mais seulement de soutenir un choix politique dans ce sens. En plus sa position politique est bien plus nuancée que ça. Il a donc provoqué des enormes vagues sans adequation avec ses resultats. Mais c'est aussi vrai que beaucoup de ses lecteurs l'ont mal lu: a son avis le peuple palestien est aussi artificiel que le peuple juif, français, italien etc. et les "antisionistes" suspects qui l'exaltent ont tort, de leur point de vue quelque peu antisemite.

Écrit par : mgm | 13/02/2010

Une petite contribution au débat:

http://www.juif.org/communaute-juive/121279,en-reponse-a-shlomo-sand.php

Écrit par : Pierre-Matthieu de Trevise | 18/02/2010

Bonjour,

Prétendre que les sépharades descendent majoritairement des berbères est une simplification historique plus que douteuse. Sachant que de nombreux juifs d'Afrique du nord sont venus d'Espagne, au 7ème siècle puis au 15ème siècle et que rien ne prouve que les juifs d'Espagne étaient eux mêmes d'origine berbères. Que de plus, des écrits anciens comme ceux de Saint Augustin semblent indiquer que dans la région qui correspond aujourd'hui à l'est algérien et la tunisie vivaient de nombreux juifs qui disaient venir du pays de Canaan etc
Que la présence juive dans le caucase, en turquie, en Bulgarie, en Serbie et même en Hongrie est attestée avant l'arrivée des Khazars etc
Il ne fait aucun doute qu'il y a eu des conversions et des mélanges mais de la à affirmer que les juifs descendent majoritairement de Khazars et de Berbères convertis relève d'une falsification de l'histoire.
Et ce n'est pas en falsifiant l'histoire que l'on arrivera à une solution!

Écrit par : Mreg | 25/05/2010

Bonjour,
J'ai lu deux fois de suite le livre de Monsieur Shlomo Sand. Je l'ai surligné attentivement, et j'ai mesuré page après page la qualité très élevée de ce travail d'historien. Après Seev Sternhell, (Aux origines d’Israël, Paris 1996), c’est un grand pas dans la lucidité partagée des humains, juifs ou non, sur l’histoire.
D'abord la fondation de la réflexion dans des cas symboliques, anecdotes éloquentes d’un historien qui fonde son soucis intellectuel dans la vie palpitante d’êtres réels, concrets. Remarquable, précis, pertinent et émouvant.
Ensuite la qualité primordiale de l'analyse préliminaire indispensable de l'avènement et des raisons de la notion de Nation. Apparue dans divers pays d’Europe occidentale et orientale, avec l’exode rural, la montée en puissance de la vie moderne fracassant le cadre des traditions communautaires locales, elle entre en concomitance avec le besoin spécifique des intellectuels juifs, religieux ou laïcs de se positionner et de se trouver leur propre chemin d'appartenance moderne. Excellente définition, clarté pour la suite.
Puis ce sont, points après points, des informations suivant pas à pas l’historiographie des intellectuels et historiens juifs principalement, et progressivement sionistes, mais aussi d’autres contributions pertinentes. On voit clairement se manifester et prendre son essor une « vision » justificatrice de l’entreprise sioniste, qui avait ses raisons, mais qui les fabriquait aussi, au fur et à mesure que se succédaient ces points de vue historiquement déterminés d’historiens. On voit bien les nuances et la pente ethno-centrée que prennent progressivement ces textes, transformant la Bible en un outil de justification dans les entreprises politiques et militaires contemporaines, comme si l’Histoire était déjà totalement pré destinée, ce qui est une attitude mystique, pas une vision politique, ni historique.
Et les modifications dans la manière de présenter les choses par les historiens et hommes politiques sionistes au fur et à mesure des évènements contemporains, je pense à 1929… Donc une histoire instrumentalisée, affiliée à des dogmes religieux, puis se basant sur des données scientistes, mais non scientifiques, comme l’archéologie trafiquée, les pseudo gènes juifs, reprenant paradoxalement les chemins « intellectuels » des nazis et des antisémites pour cette fois valoriser une catégorie humaine au mépris des autres, s’étonnant du même coup des mauvaises perceptions que cela engendre. Mais c’est aussi la question du prosélytisme, au début de notre ère et de la concurrence vivace entre religions neuves, monothéistes, qui ont fait passer selon les contraintes et les événements, des populations sous tel ou tel régime religieux… C’est une explication prosaïque mais exacte, démontrée…
Les Berbères, le Yemen, Kahina, les Kazars, le rôle des juifs d’Espagne aux côtés des musulmans, que de découvertes surprenantes et intéressantes ! Quelle pensée innovante et humble en même temps, citant ses sources émanant des historiens juifs et sionistes, et d’autres, des fondateurs politiques d’Israël, et dévoilant comment le niveau de conscience commune des israéliens, des juifs du monde et des gens en général, est en complet décalage par rapport à l’exactitude des textes des historiens professionnels.
Lorsque Shlomo Sand reprend les textes de Ben Gourion et Ben Zvi sur la filiation entre juifs restés en judée et palestiniens, ce n’est pas pour préférer les palestiniens, mais pour restituer l’évolution de la pensée des dirigeants sionistes au gré du temps et des circonstance. C’est donc un vrai travail d’éclairement de la pensée de tous (et pas seulement les antisémites, qui ont aussi besoin d’être éclairés - et le livre le fait - pour ne plus l’être).
La complicité sourde et parfois fanatique des personnes se croyant des liens au judaïsme avec les actes inhumains de l’État d’Israël, justifie utilement de lire ce livre, non pour « disparaître », mais pour acquérir une lucidité, un désenchantement salutaire, permettant de commencer à vivre ensemble.

Encore bravo à cet historien qui honore son métier et ses origines, juives et humaines !
J A

Écrit par : Auxenfans | 26/09/2010

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