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17/03/2009

Durban : Madame Fourest se fout du monde - Alain Rubin

Je reproduis l'article d'Alain Rubin sur l'excellent site de RIPOSTE LAIQUE. Extrait : "Madame Fourest se fout du monde. J’imagine que pour être si affirmative, elle doit régulièrement prendre ses petits déjeuners avec les chefs de la nomenklatura bruxelloise". Effectivement, son statut de prof à Sciences Po et de chroniqueuse du Monde ne place pas Mme Fourest en bonne position pour critiquer l'islamisation de la France et de l'Europe... Et elle nous explique doctement que "Ce n’est pas par racisme que Israël a commis des crimes de guerre!". De quels crimes de guerre parle-t-elle??? On voit que le discours de Soeur Fourest n'est finalement pas tellement different de celui de Frere Tariq... Plus généralement, son attitude participe de cette tendance commune à beaucoup d'intellectuels en France, qui renvoient toujours dos-a-dos les protagonistes du conflit israélo-arabe, ou qui veulent toujours donner des gages "d'objectivité", au prix d'entorses à la vérité... Caroline Fourest condamne le Hamas, mais aussi les soi-disant "crimes de guerre" israéliens. Tout comme Frédéric Encel qui, pour mieux attaquer le Hamas, loue le "courageux président Mahmoud Abbas"... Le statut d'intellectuel médiatique en France vaut bien quelques mensonges!

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DURBAN II

Le conte à dormir debout de Madame Fourest pour justifier la participation française à Durban II

lundi 16 mars 2009, par Alain Rubin


Des amis viennent de me faire parvenir un texte de Madame Fourest, paru dans Le Monde du 14 mars. Elle s’y emploie à nous expliquer qu’il ne faut surtout pas boycotter le cirque de Durban2. L’Union européenne veille, nous écrit-elle.

Nous ne serions pas menacés par une véritable tentative, d’envergure internationale, de l’islamisme, visant à donner le pouvoir à la charia et à ses hommes de mains, ses polices en religion, dans tous les pays, au moyen des processus onusiens.

Il n’y aurait pas vraiment à être préoccupé, si l’on en croit Madame Fourest. Rien de grave en vérité, rien en tout cas, au point de boycotter Durban 2, et rien justifiant de contre-attaquer en refusant de cautionner la prétendue lutte contre le racisme mettant un signe égal entre racisme et opposition à la charia.

Non, à en croire Madame Fourest, on aurait seulement à redouter quelques dérives, pas vraiment alarmantes, face auxquelles notre vaillante Union européenne nous promet de faire obstacle, avec la pugnacité coutumière qu’on lui connaît.


On n’avait jamais remarqué, jusqu’à ce jour, que le nomenkatura bruxelloise menait un combat acharné pour préserver nos libertés, et défendre le modèle laïque français, et la séparation du religieux et du politique. Mais peut-être que la bureaucratie libre échangiste a changé. Peut être que les farouches défenseurs du marché libre et la concurrence « non faussée », qu’elle héberge, vont devenir, à Genève pour Durban 2, des chevaliers Bayard de la défense des libertés assises sur la laïcité de l’état, sur la liberté de conscience et d’expression, sur le droit de croyance religieuse et d’athéisme, y compris le droit de libre et publique analyse des actes et des convictions de tous les prophètes, même celui de l’islam. Peut-être que l’eau insipide qui orchestre le démantèlement des services publics va devenir un vin grand cru de la résistance laïque ! ô miracle !

Pas de quoi s’inquiéter donc. L’union européenne va défendre nos libertés, à Durban 2.

Tout va très bien madame la marquise…

« Le texte - nous explique Madame Fourest - insiste sur la traite négrière transatlantique dans l’espoir d’obtenir des réparations financières, au risque d’esquiver les responsabilités des négriers noirs ou arabes ».

La complaisance capitularde est telle, dans l’affaire, que l’on veut nous faire chercher des mobiles financiers comme justificatif d’un diktat incroyable, que l’on a déjà observé avec la loi Taubira.

On nous parle, à Durban 2, d’un risque quand il s’agit, par exemple, d’un interdit absolu de parler et dénoncer l’esclavage au quotidien en Mauritanie, pays ou la loi de 1981 signifie que les Africains sortis de l’esclavage doivent se racheter jusqu’à la fin de leurs jours.

Rappelons nous encore, pour comprendre ce que peut signifier ce risque dont nous parle Madame Fourest. Pour avoir écrit « les traites négrières » et pas la traite négrière (atlantique), un universitaire français subira une violente campagne de dénigrement, sera menacé de procès. Une chasse à l’homme, un véritable lynchage intellectuel se déploiera pendant des mois.

Olivier Pétré Grenouilleau, puisqu’il s’agissait de lui, a été décrit comme un ignoble apologiste de ce crime contre l’humanité : la traite négrière atlantique ; on l’a traité de délinquant parce qu’il avait osé essayer de traiter de l’ensemble de la traite qui, vers les Amériques, l’Afrique du nord, l’Arabie, la Perse, l’Asie jusqu’en Indonésie, et même jusqu’en Chine, -pendant deux siècles pour la traite occidentale et treize siècles pour la traite orientale- s’est appropriée les forces vives de millions d’africains.

Il avait eu l’inconvenance d’écrire à propos de la traite dans son ensemble. Il avait osé montrer que la traite orientale était chronologiquement la première et la dernière, et qu’elle fut la plus importante, tant en volume qu’en durée ; il avait aussi étudié la traite l’atlantique, qui lui a succédée et avait cessée avant que les puissances européennes s’emparent de l’Afrique.

Ce faisant, Pétré Grenouilleau n’innovait pas ; il poursuivait dans la voie tracée par les travaux de l’équipe de chercheurs africains réunie autour de Claude Meillassoux dans les années soixante (voir notamment l’ouvrage « l’esclavage en Afrique précoloniale », bibliothèque d’anthropologie- édition François Maspero-1975, 580 pages).

S’il s’était agi d’une affaire d’indemnisation, comme veut nous faire croire Madame Fourest, on en aurait déjà entendu parler à l’occasion de la censure légale que le député guyanais prétendait instaurer.

Meillassoux et son équipe montraient, avant 1968 et pendant les années 70, que la colonisation fera la guerre aux négriers autochtones après avoir pactisé avec ceux d’entre eux qui favorisaient la puissance coloniale, et que s’est parmi les esclaves émancipés par la puissance coloniale que se recruteront les soldats dévoués et combatifs des troupes africaines (tirailleurs, méharistes…).

Un autre grossier personnage, mais le député de Guyane ne peut plus rien contre lui. Il est mort. Il s’agit de Joseph Kessel. En 1931, Kessel fit un voyage africain et un retentissant reportage, paru dans le quotidien populaire « l’intransigeant ». Kessel montrait à ses lecteurs des cohortes de malheureux africains, femmes, hommes, enfants, se rendant à pied au travers le désert jusqu’aux ports négriers de la mer rouge. Les marchés aux esclaves et les lieux d’usage voraces en chairs humaines privées de tout droit, c’étaient principalement la patrie de l’islam wahhabite, l’Arabie saoudite, c’était encore le Soudan, mais aussi la Perse, ainsi que le Bengale ou un dignitaire féodal musulman possédait encore, en propriété personnelle, plusieurs milliers d’Africains.

Avec Durban 2, rappeler ces faits historiques deviendrait irrespect, ce serait du racisme. Il faudrait détruire les collections de l’intransigeant. Kessel devrait être mis au pilon.

Donnons la parole à notre égérie du féminisme à fleuret moucheté.

Pour elle, le texte qui devrait être voté par Durban2 « insiste sur la traite transatlantique ». Insiste seulement, ou ne connaît que cette traite ? Mais, rassurons nous, « l’union européenne aura raison de briser le consensus », en venant dans la cage aux fauves. L’union européenne, mes amis, ça, c’est un dompteur doté d’un regard si puissant et tellement magnétique que les fanatismes tomberont, désarçonnés.

Pour faire bonne mesure, notre nouvelle Jeanne, qui veut bouter les anti laïques par la participation à leur carnaval armé, n’oublie pas l’autre bout de l’offensive.

Il y a bien sur la mise en cause de l’existence d’Israël, qui devrait être décrétée d’accusation par le forum onusien. Que nous dit-elle à ce propos ?

Lisons : « (…) comme si le mort de civils palestiniens relevait du racisme et non de crimes de guerre dus à un conflit territorial (…) ».

Voyez la bonne âme impartiale. Voyez comme elle nous invite à résister pour barrer la route aux comparses et aux alliés du djihad international (Hamas, Hezbollah, gouvernement iranien, talibans, El quaida…), grâce à l’action des fonctionnaires de l’union européenne qui méritent toute notre confiance.

Vous aurez aussi noté que, pour Madame Fourest, à Gaza, l’affaire est entendue : "Ce n’est pas par racisme que Israël a commis des crimes de guerre". Merci pour lui.

Je m’interroge, elle est pourtant informée Madame Fourest ; n’aurait-elle pas encore pris connaissance de l’appel public lancé par la palestinienne Nonnie Darwich ?

Mais peut-être qu’elle se demande toujours : Quel est intérêt de ce vibrant appel contre Hamas et contre tous ceux qui ont fait des Palestiniens, de génération en génération, des réfugiés à vie, pour toujours destinés à reconquérir au statut de chair à ceinture explosive, pour reconquérir le petit bout du « Dar el islam », qui fut le pays de la nation juive et dont celle-ci a recouvré une portion qu’elle habite avec une partie des Palestiniens devenus arabes israéliens ; arabes israéliens élisant des députés, certains appelant à détruire Israël ; arabes israéliens pouvant manifester librement contre la « naqba » ; arabes israéliens, dont la langue est co-langue nationale avec l’hébreu de la majorité juive.

Non, pour ne pas choquer les fauves que l’on va lâcher dans l’arène de Durban 2 ou parce qu’elle le pense, Madame Fourest ne veut pas écouter ces médecins palestiniens de Gaza, qui disent qu’il faut diviser par deux le nombre de victimes du derniers conflit, et que deux tiers d’entre elles (4 à 500) sont des combattants, des jeunes gens réquisitionnés par le Hamas pour aller se faire tuer en s’installant au milieu de civils, le plus souvent non consentants, pour tirailler sur les soldats israéliens. Cela, ces propos de palestiniens qui savent ce qu’il en coûte de ne pas approuver Hamas, mademoiselle Fourest ne veut pas en entendre parler, son propos le prouve. Elle a fait un choix ; elle ne veut pas en tenir compte de ses paroles de Palestiniens, ils démentent Hamas et ceux qui préparent Durban 2.

Pour elle, certes, Israël n’a pas tué par racisme, mais il a tué illégitimement ; ce sont des crimes de guerre.

Au fait, mais ai-je mal lu ? Elle ne propose pas d’exiger de Durban 2 qu’il dénonce le dictateur soudanais et les milices Jenjawid ? Pourquoi ? Parce que 200 à 400 mille personnes africaines noires, pillées et massacrées, ce n’est rien ? Non, semble-t-il, ce n’est rien parce que ce n’est pas Israël qui a commis ces massacres à répétition, alors pourquoi en parler ?

Rassurons-nous : « L’union européenne a bien compris et ne cédera rien là-dessus. (…) il ne s’agit pas de déserter la lutte contre le racisme (…) mépriser la négociation ne permettrait pas d’expliquer ».

Madame Fourest se fout du monde. J’imagine que pour être si affirmative, elle doit régulièrement prendre ses petits déjeuners avec les chefs de la nomenklatura bruxelloise.

On devrait accepter de se réunir et débattre, comme si on causait des étapes du prochain tour de France, avec des forces qui exigent de décréter racisme la liberté de parole, pour lutter contre le « racisme » ? En participant à ces jeux du cirque, -dont les organisateurs voudraient jeter à la fosse aux lions ou s’agitent les talibans et autres suicidaires à la ceinture explosive, les libertés fondamentales et leur utilisation-, que peut-on espérer ?

Que peut-on espérer de la participation à Durban 2 et négocier à la façon de l’union européenne, sinon jouer les bourgeois de Calais des libertés fondamentales constitutives de la Démocratie politique, sinon devenir de la laïcité les bourreaux malgré nous ?

Alain RUBIN

Pétition contre Durban II :

http://www.petition.fm/petitions/durban2/

Lire également : Se retirer ou non de Durban ? de Malka Marcovich

http://malkamarcovich.canalblog.com/archives/laicite/inde...

Commentaires

* Le coup fourré de Caroline !

Prochoix est une revue qui se dit " pour les droits de l’homme ", pour " la laïcité " et contre le fondamentalisme religieux, quel qu’il soit.

Tirs croisés : La laïcité à l’épreuve des intégrismes juif, chrétien et musulman Fourest, Caroline - Venner, Fiammetta - Collection Le Livre de poche - 2008 . ( Paru en 10/2003 chez Calmann-Levy )

En résumé, les auteures montrent que l’intégrisme n’est pas l’apanage du seul islamisme. Elles attirent l’attention sur le fait que les attentats du 11 septembre 2001 sont significatifs d’une montée de tous les intégrismes et d’un retour vers l’obscurantisme. L’intégrisme religieux contribue à faire reculer le contre-pouvoir de la laïcité et a mené à l’état de tension actuel.
Depuis le 11 septembre 2001, le monde vit dans la hantise du terrorisme musulman.

Caroline Fourest et Fiammetta Venner apportent un démenti à l’idée que seul l’islam peut susciter la barbarie. Elles démontrent que, sur bien des points (comme les droits des femmes, la sexualité, l’intolérance culturelle ou la violence), le monde dont rêvent les intégristes musulmans ressemble à s’y méprendre à celui que prônent les intégristes juifs et chrétiens.

La véritable ligne de fracture pourrait surtout séparer partout dans le monde les démocrates des théocrates - autrement dit, les partisans d’une cité ouverte, tolérante et protectrice des libertés individuelles, des intégristes, fondamentalement d’accord pour prendre la laïcité sous les tirs croisés de leurs fanatismes.

Parce que pour elles, il n’existe de fondamentalistes que chez les religieux. Pas chez les partisans de la laïcité. Et encore moins dans la gauche dont elle font partie. Je pense que ces dames ont des causes personnelles à défendre et que " leur " monde ne serait pas menacé par un " choc des civilisations ", comme il a pu être dit, mais par l’offensive menée par l’ensemble des intégrismes - chrétiens, juifs et musulmans, alliés subjectivement et objectivement - contre la laïcité ; et ce depuis la fin des années 70.

Tout leur livre nous donne, en effet, à voir la puissance de ces " lobbies " chrétien et juif intégristes, non seulement leur ascendant sur les sociétés occidentales et américaines mais surtout leur influence et leur implication directe au niveau des institutions à l’échelle nationale (gouvernement Bush) et internationale (ONU).

Quant aux intégristes juifs, leur influence, selon les deux auteures, serait ascendante de même que leur implication directe à tous les niveaux où se prennent et s’appliquent les décisions. " L’avis des extrémistes est devenu incontournable."(298) " Les extrémistes religieux sont devenus les principaux obstacles à la fin de l’occupation des Territoires. "(310) " Quand bien même les partis religieux ne dépasseraient jamais les 20% de suffrages, leur ombre plane désormais sur tous les pans de la société israélienne. "(299) " Le seul fait qu’ils (les orthodoxes et les ultra-orthodoxes) incarnent le judaïsme dans un pays établi à l’emplacement même de la Terre promise confère aux juifs religieux une force symbolique que n’ont pas les laïcs. " À terme, on ne voit pas comment leur emprise pourrait ne pas faire basculer le destin d’Israël. "(294)]

Entre intégrisme athée et intégrisme religieux, il existe peut-être une spiritualité laïque : Nir Barkat, le nouveau maire de Jérusalem, pris en photo devant le Kotel, le mardi 11 novembre 2008, a promis d’être le maire de tous les habitants de Jérusalem qu’ils aient ou non voté pour lui.

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 18/03/2009

Cher Gilles-Michel, Merci pour votre commentaire eclairant.
J'ai tout de fois du mal a comprendre ou vous voulez en venir...
Quel est, en deux mots (ou trois, je suis genereux..) votre avis sur Fourest et Venner? Vous parlez (ou est-ce une citation?) des "raisons personnelles" des auteures... Est-ce une allusion a leurs preferences sexuelles? Eclairez-nous!

Écrit par : Pierre-Itshak Lurcat | 18/03/2009

Après s'être fait remarquer comme pourfendeuse de Tariq Ramadan, tout le monde a applaudi face à cette virtuosité, notamment télévisuelle.

En revanche, au niveau de la production écrite, on a peu fait cas de cet anti "siono-sémito-israëlisme" qui se répand, au sein de toutes les tendances politiques, et dans une certaine gauche bourgeoise, qui par snobisme intellectuel, se veut gardienne de la laïcité.

Quand à la condition féminine, elle est certainement un moteur de sa motivation, qui plus est avec les prises de position "vaticanes". Mais c'est un combat qui lui appartient, et qui peut s'entendre.

Mais "Ce n’est pas par racisme qu'Israël a commis des crimes de guerre", ne peut passer inaperçu et doit être dénoncé comme tel, avec l'antériorité de pensée "fourestienne" que j'ai décrite.

En deux mots, comme en trois, il faut se méfier, sous couvert de "globalisation" des combats vertueux, de ne pas cautionner au nom des concepts de Laïcité et/ou d'Europe, une instrumentalisation de Durban, que l'on prétend par ailleurs, vouloir dénoncer.

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 18/03/2009

"Amertume et confusions au dîner du CRIF"

Caroline Fourest, dans Le Monde du samedi 7 mars 2009.

Cette année encore, lors de son dîner annuel, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) était très remonté. Sa colère a une histoire. Avant même le 11 septembre, le climat de la deuxième intifada a marqué le début d'une remontée impressionnante des actes et injures antisémites dans ce pays. Embarrassés par le contexte au Proche-Orient, les politiques, les militants associatifs et même les journalistes n'ont pas immédiatement réagi. Pendant des mois, très peu d'organes de presse - hormis la presse communautaire juive - s'en sont seulement inquiétés. Comme toujours dans ces cas-là, le sentiment d'isolement a nourri le repli communautaire. Et parfois des peurs irraisonnées.

[...]

Le président du CRIF n'ajoute-t-il pas à la confusion ambiante en dénonçant, comme son prédécesseur, une dérive « rouge-vert-brun » ? Cette dérive existe. Elle doit être dénoncée. Mais pas au point d'amalgamer l'ensemble des partis de gauche ou même l'extrême gauche avec ces tentations obscurantistes. Ce que laisse entendre le CRIF lorsqu'il refuse de recevoir les représentants du Parti communiste ou des Verts à son dîner annuel.

Ces partis n'ont sans doute pas assez dénoncé les dérapages, graves, observés lors des manifestations de soutien aux victimes de Gaza. Le Parti communiste, les Verts et le Parti de gauche ont signé un texte contre l'instrumentalisation communautaire du conflit, où ils ont dénoncé les actes contre les synagogues. Mais leurs positions resteront illisibles tant que les humanistes n'organiseront pas des manifestations de soutien aux Palestiniens séparées des cortèges islamistes et des antisémites, comme ce fut le cas à Strasbourg. Il en va de la clarté de ce combat. Voilà ce qu'aurait pu leur dire le président du CRIF, au lieu de les boycotter.

A force de mélanger ses casquettes, celle de la lutte contre l'antisémitisme, et celle qu'il utilise pour organiser des manifestations de soutien inconditionnel à la politique d'Israël, le CRIF porte lui aussi une part de responsabilité dans cette confusion ambiante. Elle ne justifie en rien le racisme de ceux qui pensent pouvoir venger les Palestiniens en prenant des juifs français pour cibles. Mais elle n'aide pas à y résister.

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 19/03/2009

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