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24/02/2009

C’était la Gauche - Luc Rosenzweig

Luc Rosenzweig, ancien journaliste au Monde, auteur de plusieurs livres, qui fut mon témoin dans le procès que j'ai gagné contre Enderlin et France 2 (avec Richard Landes), vient de publier un article fort intéressant, sur le sujet du déclin de la gauche. Il écrit notamment ceci :

"Israël, toujours un peu en avance sur le mouvement, avait montré la voie: en moins d’un quart de siècle la gauche travailliste ne se trouva plus représenter que les nantis, les intellectuels, les artistes et les enseignants, alors que les défavorisés votent Likoud, Shas, ou Lieberman…"

Le problème est malheureusement que la droite israélienne, majoritaire dans l'opinion et dans la nouvelle Knesset, est toujours prisonnière des idées catastrophiques de la gauche, et notamment du fameux slogan "Deux Etats pour deux peuples" hérité d'Oslo, qui nous a mené au retrait de Gaza, du Liban et de Samarie, avec les conséquences que l'on sait. La gauche israélienne est moribonde, mais il reste encore a enterrer ses idées...

C’était la Gauche, Luc Rosenzweig

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Le “Longtemps, je me suis couché de bonne heure” de bon nombre de Françaises et de Français à la recherche de leur temps perdu pourrait bientôt être : “Longtemps, j’ai voté à gauche…” Les plus talentueux pourront alors commencer à évoquer dans la forme artistique de leur choix un monde disparu, pour le plus grand plaisir esthétique des générations futures.

La gauche est en train de sortir de l’Histoire, mais on la retrouvera, à coup sûr dans les romans, au cinéma, en BD, objet de mémoire et de thèses universitaires. Constater son décès n’est pas chose facile: son cœur a cessé de battre, son cerveau de fonctionner, ses poings de frapper, mais elle passe encore pour vivante dans les lieux où s’élaborent les représentations – instituts de sondages, IEP, services politiques des grands médias.

Et pourtant, tout observateur un peu attentif de la vie politique et intellectuelle de l’Europe et de ses dépendances devrait s’apercevoir que nous sommes en train de changer de paradigme.

La coïncidence du binôme sociologique dominant/dominé avec le binôme politique droite/gauche n’a certes jamais été totale, mais elle a tout de même permis, aussi imparfaite soit-elle, de structurer de manière plutôt satisfaisante la vie politique, et sociale et intellectuelle des démocraties au XXe siècle. Chacun la déclinait à sa manière, latine, scandinave ou britannique pour le plus grand bonheur des classes moyennes.

On lui doit une prospérité sans précédent, le développement inégalé dans l’Histoire des libertés publiques et individuelles, la protection collective contre les aléas de la vie, et surtout la fin de la guerre civile intra-européenne.

Ce modèle a néanmoins échoué à s’imposer à l’échelle mondiale : on serait bien en mal de distinguer où se situent la gauche et la droite, ou même le milieu, dans les régimes autoritaires et/ou corrompus qui sévissent dans la majorité des pays siégeant à l’ONU. Adversaire, puis régulatrice du capitalisme, la gauche n’est plus aujourd’hui que spectatrice d’un monde qu’elle a d’abord renoncé à changer, puis à comprendre.

Les premiers à déserter la gauche, en France et dans les pays comparables, ont été les ouvriers: ce sont eux qui ont pris en pleine figure l’échec tragique et, n’en déplaise à Badiou, sans doute définitif, de l’utopie communiste. Non seulement ils n’ont pas rejoint en masse les rangs de la social-démocratie, mais ils ont constitué, pendant les deux dernières décennies, les gros bataillons du Front National, qui fut un temps le premier parti ouvrier de France. Partout en Europe on voit surgir des partis populistes faisant leur pelote sur les angoisses du petit peuple. SUITE...

13:10 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : gauche, israel, france

Commentaires

On constate dans la plupart des pays un déclin des passions politiques au fur et à mesure que le consensus sur les grandes orientations s’est instauré. La France s’est définitivement tournée vers l’Europe et vers le libéralisme dit social — du moins les partis de gouvernement.

Dans ce cas, l’enjeu n’est donc plus sur le fond (libéralisme, socialisme, etc.) mais sur la forme (faut-il opter pour un capitalisme financier, industriel, ou encore populaire... ? veut-on une Europe fédérale, confédérale... ?).

Ainsi les différences entre droite et gauche s’estompent dans tous les pays. La France n’y échappe pas : la plupart des questions qui nourrissaient traditionnellement la controverse entre droite et gauche ont trouvé leur solution, ou ont cessé de passionner ; ainsi pour les institutions, pour la laïcité, ou encore pour le statut de l’entreprise. De ce fait droite et gauche n’ont plus matière à s’opposer et à se définir contradictoirement.

Cependant, il est intéressant de noter que les politiciens se "ré-idéologisent" souvent à l’approche des élections, ce qui sous-entend que l’image est déterminante, mais qu’elle ne suffit pas toujours — à moins que le rappel idéologique ne soit qu’un élément de marketing électoral ?

En deuxième lieu, les hommes politiques sont souvent confrontés à une remise en cause de leurs pouvoirs et de leur statut, tant par le "haut" que par le "bas". "Haut", parce que les grands choix politiques se font de plus en plus à l’échelon international (onusien, européen...), mais aussi "bas", parce que les instances régionales, départementales, ou même locales, ne cessent de réclamer toujours plus de décentralisation et d’autonomie.

L’interpénétration des pouvoirs politique et économique ne cesse de prendre de l’ampleur. Si cette relation étroite a toujours existé, on pouvait penser, pendant longtemps, qu’elle se faisait à l’avantage du pouvoir politique. Particulièrement en France, où l’intervention étatique (de droite comme de gauche) affectait aussi le secteur privé.

En résumé, l’homme politique se trouve donc remis en cause dans sa fonction et dans son pouvoir.

Si la différence entre les politiques peut de moins en moins se faire sur le fond (idées et programmes d’action), il ne reste alors que la forme pour se distinguer : l’image et la personnalité de l’homme politique lui permettent de conserver un minimum d’originalité. C’est en l’occurrence une des explications de l’emprise des médias sur la politique.

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 25/02/2009

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