Avertir le modérateur

10/02/2009

Nature et miracle dans la pensée juive

 

Qu'est-ce que le miracle ?

Qu'est-ce que le miracle, pour le judaïsme ? Est-il seulement une intervention divine dans le cours naturel des choses, qui vient suspendre le fonctionnement normal des éléments naturels ? Cette définition restrictive correspond bien, à première vue, aux "miracles" dont est parsemé le récit biblique, comme celui de l'ouverture de la Mer Rouge et celui relaté au livre de Josué, lorsque ce dernier fait appel à Dieu pour lui demander d'arrêter la course du soleil. "Et le soleil, immobile au milieu du ciel, différa son coucher de près d'un jour entier. Pareille journée ne s'est vue ni avant ni depuis lors, où l'Eternel ait obéi à la voix d'un mortel" (Josué X, 13-14).

soleil-couv.jpg

 

Mais une lecture attentive du texte précité montre que le miracle ne réside pas tant dans l'interruption de la course du soleil, que dans le fait que Dieu obéisse à la demande pressante de Josué. Le miracle n'est donc pas tant l'événement qui interrompt le cours naturel des choses et la course des astres, que la relation instaurée entre l'Eternel et sa créature et la capacité de l'homme de demander à Dieu de modifier l'ordre de la création.

 

Car en réalité, la définition du miracle comme un événement "surnaturel" - c'est-à-dire qui échappe aux lois de la nature - est étrangère au judaïsme, pour qui la nature elle-même relève du miracle. En effet, la conception juive d'un Dieu qui se manifeste à la fois dans la Création et dans l'Histoire, ne permet pas d'envisager une nature qui échapperait à l'emprise divine, et qui serait le pur fruit de "lois naturelles" ou physiques sur lesquelles Dieu n'aurait pas de prise... Opposer nature et miracle, nous allons le voir, relève ainsi d'une dichotomie étrangère au judaïsme, qu'elle soit philosophique ou scientifique.

 

 

La nature est l'œuvre miraculeuse de Dieu

Le récit biblique est celui d'une intervention permanente de Dieu, qui ne se contente pas de créer le monde, pour l'abandonner ensuite, mais qui le dirige à chaque instant. Un épisode essentiel pour comprendre la philosophie de la nature et la cosmologie juive est celui du Déluge, au cours duquel Dieu décide d'effacer toutes les créatures : "J'effacerai l'homme que j'ai créé de dessus la face de la terre ; depuis l'homme jusqu'à l'animal, jusqu'à l'insecte, jusqu'à l'oiseau du ciel, car je regrette de les avoir faits" (Berechit, VI-7).

 

Mais "Noé trouva grâce aux yeux de l'Eternel" : Dieu décide donc de sauver Noé et sa famille pour établir Son alliance avec lui. Cette alliance est proclamée après que Noé et sa famille soient sortis de l'arche, accompagnés de tous les animaux qui se trouvaient dans l'arche. Lorsque Noé offre un sacrifice à Dieu, immédiatement après avoir posé le pied sur la terre ferme, Dieu "respire l'odeur délectable" du sacrifice de Noé et dit en lui-même : "Désormais, je ne maudirai plus la terre à cause de l'homme... Désormais, je ne frapperai plus tous les vivants... Plus jamais, tant que durera la terre, semailles et récoltes, froid et chaleur, été et hiver, jour et nuit, ne seront interrompus" (Noah VIII, 21-22).

arbre.jpg

 

Cette promesse que Dieu se fait à lui-même signifie que la nature elle-même, et ses cycles apparemment immuables, manifestent la volonté divine. Dieu est présent dans la Nature, et l'ensemble de la Création célèbre la puissance de l'Eternel, comme ne cesse de le dire le Roi David à travers les Psaumes. C'est une habitude, où plutôt une déformation de la pensée, qui nous fait croire que la stabilité apparente de l'univers relève du "naturel" et non du miraculeux... En réalité, le fait que le monde se perpétue et continue d'exister est un témoignage de la clémence divine, comme il est dit "L'Eternel règne! Il est revêtu de majesté... Aussi par lui, l'univers est stable et ne vacille point" (Psaume 93).

 

Le monde est un cadeau de Dieu renouvelé chaque matin

La stabilité de l'univers est donc, tout autant que sa création, la manifestation de la volonté divine, et cela traduit l'idée fondamentale selon laquelle Dieu juge le monde à chaque instant, comme nous le proclamons solennellement dans le rituel de Rosh Hashana, où nous appelons Dieu "Juge de toute la terre".

 

Rien n'est plus étranger au judaïsme que l'idée d'un monde régi par des lois naturelles immuables, qui continuerait d'exister indéfiniment, mû par sa propre inertie. Car le Juif sait bien, au plus profond de lui, que le monde est un cadeau que Dieu lui fait et qu'Il renouvelle chaque matin. Comme l'explique l'auteur du "Déguel Mahané Efraim" 1, l'homme doit se considérer chaque matin comme une créature nouvelle, placée dans un monde qui est lui aussi une création nouvelle...

 

La nature n'est donc pas un simple "mécanisme", selon la conception scientiste mécaniste qui porte sur les phénomènes naturels le regard analytique et froid de l'observateur extérieur... La nature est plutôt, comme le dit un poète, ce "Temple où de vivants piliers laissent parfois sortir de confuses paroles". Voir le miracle, dans cette perspective, consiste pour l'homme à entendre et à interpréter ces paroles confuses. Il est d'ailleurs tout à fait significatif que les poètes soient souvent, en Occident, ceux qui aient le mieux perçu, à l'époque contemporaine, ce langage de la nature que la conception scientifique désincarnée nous a appris à regarder comme un simple "décor" purement géométrique... 2

 

Selon la Kabbale, expliquée par le rabbin Alexandre Safran, la "nature" n'existe pas véritablement ; ce qui existe vraiment, c'est la "hiyout", la vitalité qui anime la nature de l'intérieur. Le but de l'homme dans le monde est de découvrir la "pnimiout", l'intériorité des choses et leur sens véritable.

 

Restaurer l'unité fondamentale du monde

Le Rav Kook 3, dont la pensée ne porte pas seulement sur les thèmes "religieux" - comme une présentation édulcorée le fait parfois croire - mais se mesure à toutes les questions fondamentales de la philosophie, dans un dialogue permanent avec les plus grands penseurs occidentaux, se situait à mi-chemin entre les deux conceptions majeures de l'histoire de la philosophie et de la religion : le (mono)théisme pur et abstrait d'une part, et le panthéisme d'autre part.

kook2.jpg
Le rav A. I. Kook

 

C'est entre ces deux pôles, de l'affirmation de l'existence d'un Dieu unique créateur, et de l'identification entre Dieu et le monde, que réside la vision juive authentique d'un Dieu créateur qui est toujours accessible et présent dans le monde. Comme l'explique un commentateur averti 4 de la pensée du Rav Kook, "la faute majeure de l'esprit profane consiste à ignorer l'unité du monde naturel et axiologique". Ce qui veut dire, en langage non philosophique, que la sainteté (kédousha), qui est l'idéal vers lequel tend toute l'existence juive, ne réside pas dans une séparation et un détachement du monde, mais au contraire dans un "effort pour surmonter la séparation" entre les différents domaines de la vie.

 

Tendre à surmonter cette séparation et à restaurer l'unité fondamentale qui est au cœur de la conception juive de l'existence, cela signifie aussi abolir cette dichotomie entre nature et miracle, étrangère à l'esprit du judaïsme, à laquelle nous avons été accoutumés par l'imprégnation de conceptions philosophiques d'origines diverses... Retrouver dans la nature - et pas seulement dans les phénomènes les plus spectaculaires des éléments naturels, mais jusque dans leur manifestation la plus banale et quotidienne - la vision du miracle de la vie et de la Création, voilà un idéal auquel nous invite la conception juive de la nature.

Itshak Lurçat

 

Notes

1. Cité par Alexandre Safran, Sagesse de la Kabbale, Stock 1986.

2. Sur cette question, voir François Lurçat, La science suicidaire, p.104, F.X. De Guibert 1999.

3. Abraham Itshak Hacohen Kook, grand rabbin de la Palestine mandataire, est un des principaux penseurs juifs du vingtième siècle. Son œuvre n'est pratiquement pas traduite en français, à l'exception de son livre "Orot ha-Teshuva", Les lumières du Retour, traduit par Benjamin Gross, Albin Michel 1992.

4. Yossef Ben Chlomo, Introduction à la pensée du Rav Kook, Cerf 1992.

(Article paru dans VISION D'ISRAEL, magazine culturel francophone israelien).

Commentaires

L'unité de D.ieu est comprise dans le judaïsme comme unité des manifestations de D.ieu sous la forme unifiée de bonté ('héssed), de rigueur de justice (dine), et de miséricorde (ra'hamim) qui synthétise ces deux dimensions précédentes. Sans ce troisième pôle, il n'est pas d'unité ni de conception juive.

L'unité affirmée par le Chémâ Yisrael est précédée du mot ahava (amour et suivie immédiatement du mot véahavta (tu aimeras) : c'est cela le judaïsme. Cette haine envers le judaïsme continue même sous les formes policées d'aujourd'hui par la contestation de Jérusalem et de la terre d'Israël, derrière la pommade des mots de dialogue et estime, qui servent surtout à oublier la culpabilité des milliers de massacres de Juifs.

Or il est dit : c'est un peuple é'had, un, sur la terre de Celui qui est un. Ces trois unités sont inséparables. C'est pour cela qu'est mis en évidence le mot êd (témoin).

Michel Foucault a montré qu'à partir du XVIIIe siècle, la liberté formelle se révèle le corrélat obligé de la mise en place de dispositifs sécuritaires. C’est au même moment qu’apparaît de manière décisive l'espoir de trouver dans les sciences, et plus particulièrement dans la médecine une rationalité sanitaire à même de fonder une éthique sécuritaire dont la médicalisation actuelle de l'existence constitue un aboutissement. La médecine, la psychiatrie et la psychologie participent au nom de la santé publique transformée en véritable salut religieux à nous dire comment il faut nous comporter dans tous les aspects de notre vie quotidienne pour bien nous porter.

Le scientisme est un point de vue selon lequel la connaissance scientifique permettait d'échapper à l'ignorance dans tous les domaines et donc, selon la formule d'Ernest Renan (1823-1892) d'organiser scientifiquement l'humanité. Il s'agit donc d'une foi dans l'application des principes de la science dans tous les domaines; en cela, on rejoint la thèse de l'ouvrage de François Lurçat, La science suicidaire.

D'ailleurs dans la Torah, la description de la menorah adopte une terminologie végétale : tige, calice, fleurs, etc. Dans le même ordre d'idées, le centre Haï bar Yotvata créé en 1964 dans le sud du Negev, a repeuplé ce désert avec des animaux bibliques. À ce jour plusieurs dizaines d'oryx et d'onagres se nourrissant de feuilles d'acacias et des autruches ont été élevés dans cette réserve. Ces paysages bibliques construisent les territoires d'Israël en les investissant a posteriori d'histoire.

C'est ainsi que le Judaïsme a progressivement substitué l'histoire à la "nature" comme fondement de l'expérience religieuse. Ainsi, les trois grandes fêtes de l'année —les Ch'loch Regalim— de fêtes naturelles de la production agricole qu'elles étaient initialement, devinrent commémorations d'événements fondateurs : par exemple Chavouot, la "fête des premiers fruits", commémore aujourd'hui le don de la Torah dans le Sinaï. Il se peut même que le nom de Pessah, qui commémore le renouvellement d'Israël par la sortie d'Egypte, plutôt que le renouvellement de la nature après l'hiver, n'ait pas été tiré contrairement à l'acception habituelle de la racine hébraïque signifiant "passer", mais peut-être, d'un terme égyptien équivalent à "souvenir". D'ailleurs, les fêtes qui n'ont pu recevoir de signification historique sont graduellement tombées dans l'oubli. Ainsi Roche Hodeche —la fête de la nouvelle lune— ne fut tirée de l'oubli qu'au 18e avec le mouvement Hassidique.

La nature n'est pas un aboutissement, elle a besoin d'être investie d'une histoire pour exister pleinement et cette tâche incombe à l'homme, mais dans le même temps le milieu naturel n'est pas dépouillé de sens en soi. Le Talmud affirme que "comprendre la Nature c'est comprendre Dieu" car "il n'y a pas un grain d'herbe qui bouge sur Terre sans que Dieu le veuille". Ainsi, pour revenir aux fêtes, si Roch Hachana —le nouvel an— commémore la création du monde, il existe depuis 2500 ans déjà une autre fête vers février, Tou Bishvat —le nouvel an des arbres— qui marque le démarrage du cycle végétatif des plantes. L'arbre tient une place centrale dans le Judaïsme. Titus ne s'y était pas trompé qui, lors du siège de Jérusalem, a ordonné de raser tous les arbres visibles depuis le mont du Temple, parfaitement conscient de l'effet psychologique produit sur les Juifs par la disparition des arbres.

Deux mille ans plus tard, Teddy Kollek —qui fut longtemps maire de Jérusalem— étendit aux arbres un décret établi lors du Mandat britannique interdisant d'agrandir ou détruire un édifice sans permis des autorités.

La construction des paysages est révélatrice de la relation, dialectique, qu'instaure la religion juive avec la nature : il ne s'agit ni de l'asservir, ni de la vénérer, ni de s'incliner devant elle, ni de s'y opposer.

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 11/02/2009

La protection de l’environnement est indissociable des valeurs juives. Le judaïsme traite en abondance des questions portant sur la nature. À cet effet, il suffit de penser au principe fondamental de tikun olam – la réparation du monde. Ces notions sont directement liées à la façon dont les Juifs devraient respecter le monde.

"Quand tu assiégeras une ville des jours nombreux pour guerroyer contre elle pour la saisir, tu ne détruiras pas son bois en brandissant la hache sur lui, car de lui tu mangeras, et lui tu ne le couperas pas, car l’homme est-il un arbre du champ pour venir de devant toi dans un siège ?" ( Devarim 20, 19).

De ce verset, que Rachi interprète comme voulant dire : "L’arbre de la campagne serait-il un homme pour entrer dans la ville assiégée devant toi et éprouver les affres de la faim et de la soif comme les habitants de la ville ? Pourquoi le détruirais-tu ? ", s’est développée dans la Torah, toute une législation contre le gaspillage et pour le respect de l’environnement.

Si nous avions appliqué ces lois bibliques, nous aurions à ce jour un code de déontologie à l'égard de l'environnement, de portée universelle et planétaire. Mais de références thoraniques à la reconnaissance universelle ... (?)

Bien au contraire, notre refus d'affronter la réalité, nous a conduit à faire émerger une nouvelle "science écologique", chargée d'expliquer les phénomènes de pollution, de désertification, etc ... , pour nous inciter à adopter des conduites plus adaptées.

Ainsi on "réinjecte du scientifique" au travers de grands vides juridiques, ou à tout le moins, insuffisants pour être respectés par l'ensemble de la planète.

Écrit par : Gilles-MICHEL DEHARBE | 12/02/2009

Israël est une terre d’une variété biologique tout à fait extraordinaire car c’est un point de rencontre de quatre zones géographiques différentes.

C’est aussi le plus important point de passage des oiseaux migrateurs après l’isthme de Panama. Se rejoignent au-dessus du territoire d’Israël environ 90% des oiseaux de l’Europe du Nord qui migrent vers l’Afrique et aussi une bonne partie des oiseaux qui viennent d’Asie du Nord. Ils arrivent sur cet entonnoir qu’est la Terre d’Israël avant de passer au-dessus de la Mer Rouge et rejoindre l’Afrique. Au printemps, bien sûr, nous observons le mouvement inverse.

C’est enfin une terre où il y a eu, au cours de ces 50 dernières années, une poussée démographique énorme puisque c’était une terre d’immigration. Ce développement, à la fois démographique et économique, a mis une très forte pression sur les environnements écologiques. Cependant, ces environnements écologiques ont réussi à être plutôt bien maintenus malgré les problèmes qui existent dans ce domaine et qui sont les mêmes que dans tous les pays économiquement développés.

L’environnement a pu être préservé notamment grâce à une très vieille tradition. En effet, bien qu’ils ne fussent pas toujours religieux, les premiers sionistes, qui ont théorisé puis mis en pratique la renaissance politique du peuple juif sur cette terre, étaient tous imprégnés de la philosophie qu’on trouve chez les prophètes d’Israël et dans le Talmud. Ils ont donc mis en pratique cette philosophie dans leur environnement lorsqu’ils sont revenus sur cette terre.

Il est frappant de constater que l’un des tous premiers travaux réalisé dès le début de ce siècle a été de reprendre le travail que les botanistes européens, avaient fait au cours du 19ème siècle et qui avait été d’identifier les plantes avec leurs noms en latin. Ils ont donc repris ce travail d’identification de toutes les espèces végétales pour pouvoir leur redonner leurs noms hébraïques, tel qu’ils étaient mentionnés dans la Bible. Suite à ça, le besoin de créer une banque des graines de toutes les plantes sauvages du pays s’est rapidement fait sentir, sachant qu’une partie de ces espèces allaient être menacées par le développement et qu’il était important de préserver ces différentes variétés. Cela a été le travail d’une association comme la Société pour la Protection de la Nature.

Comment cette tradition du judaïsme par rapport à l’environnement se trouve mise en pratique dans ce pays ?

Il est vrai qu’il y avait une grosse difficulté au départ. Certes, on trouve tous les principes de base de ce qu’on appelle aujourd’hui le développement durable dans le Talmud, qui expose des règles juridiques et d’organisation sociale. Mais on sait très bien qu’une juridiction a besoin d’être mise en oeuvre dans la pratique et que cette pratique demande à être réactualisée à chaque génération et en fonction de chaque environnement, pour que les hommes la comprennent. Or, pendant 2000 ans, les juifs n’ont plus eu de pratique de cette législation puisqu’ils n’avaient plus la maîtrise de cet environnement - ils n’étaient que ballottés dans l’exil. Il a donc fallu qu’ils se réapproprient toute la législation par rapport à cette protection de l’environnement lorsqu’ils sont revenus sur leur terre et cela a fait partie d’un gros travail de réflexion au départ.

Ce n’est pas par hasard que l’un des résultats de ces toutes premières réappropriations aura été que la marche à pied, sport très collectif, est devenu le sport national en Israël. C’est vraiment le sport le plus pratiqué par tout le monde, et qui donne lieu aux plus grandes manifestations populaires en nombre de gens qui viennent participer à un événement sportif.
Les Israéliens ont donc repris cette vieille tradition biblique du pèlerinage où les pèlerins remontaient tous à Jérusalem, même si, aujourd’hui, cette pratique n’est pas toujours religieuse.

Les migrations d’oiseaux auxquelles j’ai déjà fait allusion posent un problème majeur par rapport au monde moderne. En effet, ces oiseaux n’appartiennent pas aux pays par lesquels ils passent puisqu’ils appartiennent à l’humanité - il faut donc les protéger pour l’humanité – mais, en même temps, le ciel est très occupé par les hommes, par les avions militaires et les avions civils, surtout dans une région où la paix n’est malheureusement encore qu’un voeu pieux. Or les oiseaux et les avions font très mauvais ménage dans le ciel, ce qui est préjudiciable aux uns et aux autres.

Il a donc fallu mettre sur pied toute une organisation dans l’ensemble du pays pour protéger les migrations d'oiseaux. Avec l’aide d’organisations comme la nôtre, qui est une ONG et non une émanation gouvernementale, un réseau de surveillance a été mis en place pour informer les militaires de toutes les migrations qui passent, de manière à ce que les avions laissent le ciel à ce moment-là. C’est une organisation complexe car les oiseaux font ce qu’ils veulent et ne suivent pas des dates très régulières. Cela signifie notamment que, chaque jour, il faut recommencer le travail pendant toutes les périodes de migration.

Cette démarche a conduit à la mise en place d’un centre d’études des migrations qui est devenu aussi un centre d’études scientifiques auxquelles participent des enfants des écoles de toute la région y compris des pays voisins d’Israël, même du temps où ces pays n’avaient pas de relations diplomatiques entre eux.

En Israël, le niveau de vie global de toute les populations a été multiplié par 4 ou 5. Cependant la quantité d’eau consommée est restée la même. Elle a été constante pendant toute la période. Pour cela, un grand nombre de mesures ont été mises en place car il est évident qu’une mesure ne peut pas résoudre, à elle seule, un tel problème. C’est un effort permanent et continu de tous les instants qui doit être à chaque fois recommencé car il est lié à la fois à un mode de vie, aux comportements individuels et à beaucoup d’autres choses... Il faut donc ré-enseigner ce travail année après année.

Le réseau d’écoles de la SPNI.

La SPNI est une ONG qui a été créée au début des années 50, c’est-à-dire au tout début de la création de l’Etat d’Israël. Auparavant, elle existait déjà sous une forme informelle qui était plutôt un réseau universitaire mais, il y a 50 ans, elle s’est vraiment installée en tant que ONG.

La SPNI est donc partie de cette idée, que l’on trouve dans la tradition juive, qui est que l’enseignement par rapport à l’environnement - comme par rapport au reste, d’ailleurs - doit être recommencé année après année, génération après génération, sinon il se perd. C’est pourquoi l’une des
premières actions que la SPNI a voulu mettre en place a été un réseau d’écoles. Aujourd’hui, 50 ans après sa création, cette ONG est la plus importante d’Israël en nombre. Elle rassemble plus de 100 000 membres. A l’échelle d’un pays de 6 millions d’habitants, c’est un bon résultat. Elle couvre la totalité de la population. Elle rassemble tout le monde puisque s’y retrouvent aussi bien les religieux que les non religieux, les Arabes que les
Juifs.

Ce réseau d’écoles comprend une trentaine d’écoles de terrain. L’association a passé un contrat avec le Ministère de l’Education Nationale de manière à ce que tous les enfants de toutes les écoles du pays passent au moins une à deux semaines par an dans une des écoles de la SPNI pour venir apprendre par les pieds, par les mains, par le contact, ce qu’est l’environnement. Le travail qu’ils ont fait s’est ensuite étendu aux populations des villes défavorisées, celles où, très souvent, il n’y avait pas la tradition européenne et où, par conséquent, la compréhension de l’environnement immédiat n’était pas aussi développée. Ils ont fait un travail très important pour impliquer au maximum la population dans toutes les actions de protection locale de l’environnement. Dans certaines municipalités, ça marche très bien car il y a un poids politique très fort de l’ONG au sein des pouvoirs locaux. Dans d’autres cas, ça marche nettement moins bien.

Ce réseau d’écoles travaille avec les enfants, génération après génération, ce qui a entraîné la constitution de tout un matériel pédagogique très développé sur toutes les notions de développement durable, protection de l’environnement, responsabilité dans les comportements individuels...

Source: Norbert LYPSZIC
Société de Protection pour la Nature en Israël
Président de la section française. 2001.

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 12/02/2009

Pour Mr.N.Lypszic,

Je suis du Royaume de la Belgique,le meilleur petit Plat-Pays,dans ce petit

Monde.

J'ai plante beaucoup d'Arbres dans le tres Doux et Mielleux petit Pays

d'Israel;surtout des Cedres et des Pins et des Oliviers,et je souhaite

a l'Etat d'Israel une tres Belle et Douce Paix.

Je souhaite que toutes les Forets de l'Etat d'Israel soient bien preservees

et conservees,et surtout celles de la Haute Galilee.

Votre Article est tres interessant,et en effet,Jerusalem est la Capitale

d'Israel depuis les Temps du Roi David et du Roi Salomon.

Avec haut Respect,

Merci,

Annie Fischler

Écrit par : Annie Fischler | 23/10/2010

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu