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30.01.2009

La haine de soi juive, du pathologique au politique - Itshak Lurçat

Le 4 octobre 1903, le jeune et brillant écrivain juif Otto Weininger fut retrouvé inconscient, allongé sur le sol, dans la chambre qu’il avait louée la veille dans la maison du 15 Schwarzspanierstrasse, à Vienne, maison où Beethoven avait vécu ses derniers jours. Weininger s’était tiré une balle en plein cœur. Emmené à l’hôpital, il décéda quelques heures plus tard. Son suicide, à l’âge de 23 ans, ajouta encore à sa célébrité précoce et suscita aussi une vague de suicides par imitation. Weininger était le cas le plus connu de Juif atteint d’une maladie très particulière, qui fut désignée plus tard comme la « haine de soi juive ».

 

 

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O. Weininger

C’est le philosophe juif allemand Theodor Lessing qui créa l’expression « Jüdische Selbsthass » - haine de soi juive – pour décrire ce phénomène bien particulier, affectant une partie de l’intelligentsia juive européenne au début du siècle dernier. Dans un livre paru en 1930, Lessing décrivait six cas de Juifs atteints de haine de soi caractérisée, sous sa forme la plus aiguë, qui les conduisit presque tous au suicide. Le plus célèbre parmi eux est Otto Weininger, qui se suicida un an après s’être converti au protestantisme.

 

Le cas de Weininger est particulièrement frappant, et mérite qu’on s’y arrête. Le jeune philosophe, auteur du livre à succès Sexe et caractère, eut une influence marquante sur plusieurs intellectuels célèbres, parmi lesquels Ludwig Wittgenstein, Franz Kafka ou Franz Musil. On prête à Adolf Hitler cette boutade sinistre, au sujet de Weininger : « Il n’y avait qu’un seul Juif honnête, et il s’est suicidé ». Selon une des explications, Weininger aurait voulu échapper définitivement à sa condition juive, ayant expliqué dans son livre que le christianisme était « la plus haute expression de la foi », tandis que le judaïsme était à ses yeux la « forme extrême de la couardise… ». Il attribuait à l’influence juive la décadence de son époque, ce qui explique que les nazis eurent utilisé certains extraits de son œuvre dans leur propagande.

 

Du pathologique au politique

 

Si Otto Weininger est le spécimen le plus achevé de la haine de soi juive sous sa forme extrême et suicidaire, il est loin d’être le seul. Paul Giniewski, qui a consacré un livre à la philosophe Simone Weil, elle aussi touchée par cette maladie, passe en revue plusieurs Juifs célèbres atteints de haine de soi. Rachel Levine-Varnhagen (1771-1832), femme de lettres juive allemande, avait pour « aspiration centrale de se dépêtrer de son judaïsme », selon sa biographe Hannah Arendt (qui avait elle-même un rapport ambigu au judaïsme et à Israël). Varnhagen ira jusqu’à écrire, à propos de sa judéité : « Jamais, à aucune seconde, je n’oublie cette infamie. Je la bois dans l’eau, je la bois dans le vin, je la bois avec l’air, à chaque respiration ». Elle dira encore que « le Juif doit être exterminé en nous, même au prix de nos vies ». Giniewski compare Varnhagen à Simone Weil, elle aussi atteinte de haine de soi, de manière explicite : « Mon attitude envers moi-même est un mélange de mépris, de haine et de répulsion ».

 

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Simone Weil

 

Plus près de nous, les cas de Juifs atteints de haine de soi sont nombreux, même s’ils poussent rarement leur maladie jusqu’au suicide. On les voit plutôt sur les plateaux de télévision ou les chaires des universités, appeler au boycott d’Israël (comme le rédacteur en chef du supplément littéraire du journal Haaretz), signer des pétitions pour la Palestine ou contre l’armée de défense d’Israël… Si la haine de soi juive a pris aujourd’hui des formes différentes de celles analysées il y a 80 ans par Theodor Lessing, c’est qu’elle est devenue un phénomène politique collectif plus qu’une pathologie individuelle.

 

Les alterjuifs, en Israël et en France

 

Shmuel Trigano a consacré un numéro de la revue Controverses au phénomène des « alterjuifs » - néologisme créé par la psychiatre Muriel Darmon – ces intellectuels juifs, en France et ailleurs, qui épousent systématiquement la cause des ennemis d’Israël. En Israël même, la haine de soi juive est florissante dans tous les secteurs de la vie intellectuelle, artistique et politique… Yoram Hazony, dans un ouvrage capital dont nous avons rendu compte récemment dans ces colonnes, a montré comment certaines élites israéliennes actuelles avaient abandonné l’idéal sioniste pour devenir les défenseurs d’un « Etat de tous ses citoyens », c’est-à-dire un Etat binational. La haine de soi est sans doute un facteur d’explication de l'attitude de groupes tels que "Chalom Archav", qui imputent toujours à Israël la responsabilité du conflit et des guerres imposées par nos ennemis arabes.

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Braitberg, un Juif antijuif

 

Et c'est aussi cette haine de soi pathologique qui explique le comportement délirant de certains "alterjuifs" en France (et ailleurs), dont nous avons eu plusieurs illustrations récentes, à l'occasion de la guerre contre le Hamas à Gaza. Quand un auteur de guides touristiques (membre de l'association de Juifs antisémites UJFP) écrit dans les colonnes du Monde qu'il faut "effacer le nom de son grand-père à Yad Vashem", il fait preuve d'une haine de soi qui apparaît bien dans ces lignes : "En conservant au Mémorial de Yad Vashem, au coeur de l'Etat juif, le nom de mes proches, votre Etat retient prisonnière ma mémoire familiale derrière les barbelés du sionisme...". (Voir la reponse brillante que lui a faite Menahem Macina). En fait de "barbelés", ce ne sont pas ceux du sionisme qui emprisonnent la mémoire de M. Braitberg, mais plutôt ceux de son refus d'assumer la condition juive, et son choix de rejoindre, pour échapper au destin collectif de son peuple, le camp des bourreaux de son grand-père.

 

(Article paru initialement dans VISION D'ISRAEL, magazine culturel francophone)

 

 

Pour en savoir plus :

Paul Giniewski, Simone Weil ou la haine de soi, Berg International 1978.

P. Giniewski, Israël et l’Occident, Cheminements 2008.

Y. Hazony, L’Etat juif. Sionisme, postsionisme et destins d’Israël, éd. de l’Eclat 2007.

Theodor Lessing, La haine de soi ou le refus d’être juif, Berg International.

Revue Controverses, février 2007, « Les alterjuifs », éditions de l’Eclat.

 

28.01.2009

Qui expliquera à Franck Ribery qu’un terrain de football n’est pas une mosquée ? - Pierre Cassen

Je reproduis l'excellent article de Pierre Cassen, publie sur le site RIPOSTE LAIQUE :

Dans un article intitulé « Les prières de Ribery ont-elles leur place dans un stade », (1) j’avais expliqué que l’attitude prosélyte de l’international français, faisant ses prières avant le coup d’envoi, était contraire à l’esprit du sport et aux principes laïques de notre pays. Je m’étonne encore que personne, ministre des Sports, président de la Fédération française de football ou sélectionneur, ne le rappelle à l’ordre, quand il joue pour l’équipe nationale.

Manifestement, à lire l’interview qu’il a accordée à un journal italien, le garçon persiste et signe : nous aurons droit à ses prières, nul ne l’empêchera, dit-il, avant chaque match de football (2). Le parcours de ce joueur brillant, issu d’un milieu populaire, aujourd’hui idole des supporters du Bayern de Munich, est révélateur d’un ensemble de phénomènes nouveaux auquel est confrontée la société française.

Chaque sportif, comme chaque citoyen, a la parfaite liberté de croire, ou de ne pas croire, et cela relève de sa sphère privée. Mais à partir du moment où il affiche publiquement son engagement religieux, on est en droit de l’interroger : a-t-il été contraint à cette conversion, pour pouvoir épouser une musulmane ? Or, dans l’interview, il se refuse à répondre à cette question, ce qui prouve que la réponse est probablement oui, et confirme la pression que subissent de nombreux citoyens de nationalité française pour épouser un conjoint musulman : pas de conversion à la religion d’amour et de paix, pas de mariage !

Ses deux filles s’appellent Hizya et Chahinaz. Franck Ribery vient d’aller faire un pèlerinage à La Mecque. (3) Est-il excessif de dire que ce joueur est en train de devenir un militant musulman, prêt à utiliser sa renommée internationale pour faire de la propagande pour sa religion, en imposant ses prières à ses équipiers, à ses adversaires, et au stade entier ?

Faut-il signaler que l’équipe de France était, dans le dernier euro, celle qui comptait le plus de joueurs musulmans ? (4) Cela pourrait demeurer un choix privé… si la vie quotidienne du groupe n’en était transformée, devant s’habituer à des rites particuliers, à des comportements alimentaires spécifiques, et à des démonstrations de plus en plus visibles.

Ces derniers temps, même Thierry Henry, la vedette de l’équipe, meilleur buteur de tous les temps de l’équipe de France, a fait connaître son intérêt pour l’islam (5).

C’est donc dans ce contexte que Franck Ribery annonce que nous devrons continuer à subir ses prières, dans les stades, et ajoute, avec toute la subtilité dont il est capable : « Quand je récite mes prières, je me fous de ce que les gens en pensent ». Une nouvelle version de « Le voile c’est mon choix, c’est ma liberté ». On a su expliquer aux jeunes filles, en France, que l’école de la République nécessitait d’en préserver la neutralité, et de ne pas y exhiber leur voile. Qui expliquera à Ribery et à ses amis qu’il y a une différence entre un terrain de football et une mosquée ?

Devons-nous nous attendre, dans un contexte où La Marseillaise est sifflée par des citoyens nés en France dès que notre pays rencontre un pays d’Afrique du Nord, où les internationaux français sont conspués dès qu’ils touchent le ballon (sauf les convertis à l’islam), à ce que Ribery fasse des émules ? Un autre français, qui joue en Espagne, Frédéric Kanouté, qui ne cache pas son militantisme pour l’islam, à, lui, retiré son maillot, lors des événements de Gaza, pour exhiber un tea-shirt exprimant sa solidarité à la Palestine.

Dernièrement, l’international William Gallas exprimait son malaise, au lendemain de la pitoyable élimination de l’équipe de France, au dernier euro, devant le fossé qui se creusait entre générations. Il y décrivait l’arrogance de beaucoup de jeunes joueurs, déjà milliardaires à vingt ans, et leur absence de respect pour les anciens. (6)

Faut-il s’attendre à différents phénomènes de communautarisation, dans cette équipe où, outre les problèmes jeunes et anciens, on assiste à la montée d’un clan cimenté par la conversion à l’islam d’un nombre de plus en plus important de joueurs, qui, tels Ribery, imposent leurs pratiques à l’ensemble ?

Peut-on compter sur la Fédération Française de Football pour effectuer quelques élémentaires rappels à l’ordre républicain ? A voir son ridicule dernier clip, (7) surfant sur la vague Obama, ce n’est pas d’elle que peut venir ce sursaut.

Dix ans après le titre de champion du monde, on est bien loin de l’équipe de France de 1998, derrière laquelle tout le monde se reconnaissait. Aimé Jacquet n’aurait jamais accepté cela, et Zidane n’aurait jamais imposé une prière aux spectateurs. Faudra-t-il que les spectateurs en arrivent à siffler Ribery, dès qu’il touche un ballon, pour lui signifier ce qu’ils pensent de son attitude ?

Pierre Cassen

(1) http://www.ripostelaique.com/Les-prieres-de-Ribery-ont-el...

(2) http://algerienews.football.fr/2009/01/24/455-franck-ribr...

(3) http://www.paris-hallal.com/blog/index.php/2009/01/16/rib...

(4) http://www.algerie-dz.com/forums/sports/87907-musulmans-d...

(5) http://www.paris-hallal.com/blog/index.php/2008/12/22/thi...

(6) http://sansure.over-blog.com/article-25029637-6.html

(7) http://www.dailymotion.com/video/x83cy0_equipe-de-france-...

 

 

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26.01.2009

La France conduit l'offensive diplomatique pro-Hamas en Europe

Article instructif du Monde, qui montre comment le Quai d'Orsay est en tete de l'offensive diplomatique pro-Hamas en Europe... A lire et faire lire a tous ceux qui avaient encore des illusions sur la diplomatie francaise!
Proche-Orient : Paris pousse l'Europe à avoir une attitude plus souple avec le Hamas
LE MONDE | 26.01.09 | 10h35  •  Mis à jour le 26.01.09 | 10h35


stimant que la guerre de Gaza a imposé de nouvelles priorités et que l'administration du nouveau président américain, Barack Obama, pourrait rompre avec la ligne de soutien inconditionnel à Israël, la diplomatie française tente d'imprimer, au niveau européen, un changement de ton à l'égard du Hamas.
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Alors que les ministres des affaires étrangères de l'Union européenne (UE) devaient se réunir, lundi 26 janvier à Bruxelles, pour discuter d'un plan d'action européen pour le Proche-Orient, Paris s'est mis à plaider discrètement pour une forme d'ouverture en direction du mouvement islamiste. "Mais en prenant soin de ne pas affaiblir Mahmoud Abbas", le président de l'Autorité palestinienne, souligne-t-on côté français.

L'idée est de rompre avec l'ostracisme dans lequel le Hamas est tenu officiellement, et de l'inciter à adopter une attitude constructive qui permettrait un processus de réconciliation interpalestinienne, souhaité par les Européens.

Les Vingt-Sept devaient lancer, lundi, un appel à la formation d'un gouvernement palestinien "de consensus", qui aurait le soutien à la fois du Fatah et du Hamas, et pourrait servir d'interlocuteur à l'UE, à l'Egypte et à Israël.

Officiellement, l'ouverture d'un dialogue avec le Hamas, qui est placé sur la liste européenne des organisations terroristes, reste une question taboue au sein de l'UE. Celle-ci avait suspendu en 2006 ses versements financiers directs à l'Autorité palestinienne, après la victoire électorale du Hamas.

 

Aujourd'hui "beaucoup de capitales ne veulent pas répéter la politique d'isolement du Hamas menée après sa victoire électorale car elle a été jugée contre-productive", analyse un diplomate européen. Paris apparaît en pointe sur le sujet.

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Un glissement a eu lieu dans le vocabulaire officiel français. Le Hamas est désormais qualifié d'"interlocuteur", terme employé par le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner. Le Quai d'Orsay met en outre l'accent, depuis plusieurs jours, sur l'une des trois conditions fixées au Hamas pour qu'un dialogue puisse s'enclencher : la renonciation à la violence. Celle-ci est décrite comme "l'élément fondamental".

SUJET POTENTIELLEMENT EXPLOSIF

Cependant un éventuel rapprochement avec le Hamas est un sujet potentiellement explosif entre les pays de l'UE. Les pays nordiques et d'Europe centrale s'y opposent, tandis que ceux de la bordure méditerranéenne, à l'exception notable de l'Italie, y seraient prêts.

Les Pays-Bas refusent toute inflexion. L'Allemagne, traditionnellement proche des positions d'Israël, est partagée. "Ce n'est sans doute pas le bon moment pour obtenir un consensus sur le sujet", remarque un diplomate scandinave. "Si le Hamas change, ce sera une opportunité. Mais si le Hamas vise la destruction d'Israël, il est difficile de le considérer comme un partenaire", commente le ministre tchèque des affaires étrangères, Karel Schwarzenberg, dont le pays assure la présidence du conseil européen.

Dimanche 25 janvier, lors d'un dîner organisé par les Européens à Bruxelles avec des représentants de l'Autorité palestinienne, de l'Egypte, de la Turquie et de la Jordanie, les Pays-Bas ont souligné que le Hamas devait remplir les conditions posées par l'UE et le Quartet (Etats-Unis, UE, ONU et Russie), avant toute initiative d'ouverture : outre la renonciation à la violence, l'acceptation des accords de paix passés, et la reconnaissance de l'Etat d'Israël.

Côté français, on estime cependant que si le Hamas acceptait "le processus de paix" cela équivaudrait à une forme de reconnaissance d'Israël. Du moins faudrait-il "faire preuve de créativité", en jouant sur les flous, dit un diplomate.

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"Les Américains vont évoluer d'une position de soutien inconditionnel à Israël à une position de soutien fort, mais plus nuancé", commente-t-on dans l'entourage de Nicolas Sarkozy. L'UE veut jouer sa carte dans ce contexte.

Dans un document commun, cinq pays (Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Espagne) ont suggéré un "plan d'action" en vue de la mise en place d'un cessez-le-feu durable dans la bande de Gaza. Ce "non-papier", qui devait être mis sur la table des discussions lundi, évoque, sans plus de précisions, "d'éventuelles mesures d'accompagnement" des Européens en vue de la mise en place d'un gouvernement palestinien "de consensus".

L'Europe est prête à déployer des observateurs aux points d'entrée de Gaza. Non seulement en reprenant la mission EUBAM (Mission européenne d'assistance à la frontière) de 2005 qui existait à Rafah, à la frontière égyptienne, mais en élargissant ce dispositif aux points de passage entre Gaza et Israël. Les Israéliens sont très réservés sur un tel élargissement.

Les Européens réfléchissent, en outre, à la manière dont ils pourraient contribuer concrètement à la lutte contre la contrebande et le trafic d'armes vers Gaza, un point sur lequel Israël insiste fortement. Cela se ferait, selon le "plan d'action", en coordination avec les Etats-Unis. Des discussions ont lieu sur un apport de technologie pour un dispositif sécuritaire à la frontière égypto-gazouie, et aussi sur un éventuel projet de surveillance maritime.

Celui-ci pourrait mobiliser des bateaux actuellement déployés au large du Liban, dans le cadre de participation européenne à la force FINUL. La France a pris les devants en annonçant vendredi l'envoi d'une frégate au large de Gaza.

Les Européens estiment que la réouverture des points de passage entre Gaza et Israël, pour acheminer toutes formes marchandises et pas seulement des vivres et des médicaments, serait également un argument contre la contrebande. Les responsables français rappellent enfin que l'UE est le principal bailleur de fonds de l'Autorité palestinienne, et que le Hamas a tout intérêt, s'il veut des aides à la reconstruction, à trouver un accord avec cette Autorité.

Intensifiant la diplomatie sur le dossier du Proche-Orient, l'UE et les Etats-Unis ont décidé de dépêcher lundi dans la région leurs émissaires respectifs, Javier Solana et George Mitchell.

 

Natalie Nougayrède et Philippe Ricard (à Bruxelles)

20.01.2009

Shlomo Sand : déconstruire le peuple Juif

Le négationnisme « soft » d'un nouvel historien israélien

 

Pierre I. Lurçat

  

Au printemps 2001, en pleine Intifada des banlieues, un hebdomadaire français affichait sur les murs de Paris son titre provocateur : « Les Juifs ont-ils un avenir ? » Il ne s'agissait toutefois pas d'un énième dossier consacré aux « Juifs en France » – véritable marronnier d'une certaine presse – mais du lancement tapageur d'un ouvrage écrit par deux historiens de l'EHESS (Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales) : Esther Benbassa et Jean-Christophe Attias. Sept ans plus tard, l'EHESS frappe une nouvelle fois, et encore plus fort : un de ses professeurs, israélien de surcroît, publie chez Fayard un livre intitulé Comment le peuple juif fut inventé.

 

L'auteur, Shlomo Sand, est  spécialiste d'histoire contemporaine et n'a jamais rien publié sur l'histoire des Juifs, ce qui pourrait inciter à traiter par le silence et le mépris son livre provocateur. Mais ce serait une erreur, notamment pour la raison que les ennemis d'Israël de tous bords ont réservé à ce livre un accueil triomphal. Avant même sa parution en France (en septembre 2008), il était ainsi annoncé sur de nombreux sites Internet propalestiniens, altermondialistes ou trotskistes. A la rentrée 2008, il fit l'objet d'un grand article dans Le Monde Diplomatique, et d'une émission élogieuse sur France Inter (celle de Daniel Mermet, ce qui n'étonnera guère les lecteurs de notre revue). Des traductions sont annoncées dans une douzaine de langues, y compris l'arabe...

 

 

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Shlomo SAND

 

I. Shlomo Sand, un historien anonyme en quête de gloire médiatique

 

L'examen attentif du curriculum publié par Sand sur le site de l'université de Tel-Aviv (où il enseigne) ne laisse apparaître aucun indice permettant de deviner son intérêt pour l'histoire juive. Il indique que ses principaux thèmes d'enseignement sont les relations entre cinéma et histoire (objet de son livre Cinéma et mémoire paru en 2002 en hébreu), l'histoire intellectuelle française (objet de la plupart de ses publications) et la nation et le nationalisme (thème de son livre Les mots et la terre). Mais dans une longue interview au quotidien Ha'aretz ¹, à l'occasion de la parution en Israël de son livre Comment le peuple juif fut inventé, Sand explique ses motivations.

 

Lorsque le journaliste de Ha'aretz lui demande quelle est sa compétence pour écrire sur des périodes aussi longues, sur lesquelles il ne dispose d'aucune aptitude particulière (son livre retrace l'histoire du « non peuple » juif depuis la destruction du Temple jusqu'à nos jours...), Sand a cette réponse étonnante : « Il est vrai que je suis un historien [spécialisé dans l'étude] de la France et de l'Europe, et pas de la période ancienne... Je savais qu'en commençant à traiter de ces périodes, je m'exposais aux critiques virulentes des historiens spécialisés... Mais je me suis dit que je ne pouvais pas me contenter d'étudier l'historiographie moderne, sans examiner les faits qu'elle décrit... Si j'avais continué à m'occuper de la France, j'aurais peut-être obtenu une chaire à l'université et une gloire provinciale. Mais j'ai décidé de renoncer à la gloire ».

 

La fausse modestie affichée par Sand peut prêter à sourire. Car il n'est pas naïf au point d'ignorer que son livre – au titre provocateur – allait attirer sur lui les feux des projecteurs médiatiques. Mais il y a bien quelque chose de vrai dans cette déclaration hypocrite. En abandonnant ses thèmes de recherche traditionnels (Sorel, le fascisme en France, l'histoire intellectuelle européenne) pour publier un livre sur « l'invention » du peuple Juif, Sand quitte son rôle d'universitaire, pour assumer celui du polémiste et de l'intellectuel médiatique. Ce faisant, il troque une hypothétique reconnaissance universitaire, acquise au prix d'un labeur patient étalé sur de longues années, contre une gloire médiatique plus facile à acquérir, mais aussi plus éphémère. (Son parcours ressemble à cet égard à celui de l'historienne Esther Benbassa, elle aussi universitaire anonyme, qui a acquis la notoriété dans les médias français lorsqu'elle a quitté le terrain de l'histoire pour s'aventurer sur celui de l'actualité brûlante, devenant une contemptrice virulente de l'État d'Israël et de la communauté juive ²).

 

 

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Esther Benbassa

Mais cette fausse modestie dissimule mal l'incroyable prétention et l'hybris intellectuelle de l'historien de Tel-Aviv, qui n'a pas échappé au journaliste de Ha'aretz : « A la différence des autres 'nouveaux historiens', qui ont tenté de s'attaquer aux hypothèses de l'historiographie sioniste, Sand ne se contente pas de remonter à 1948 ou aux débuts du sionisme, mais il remonte en fait plusieurs milliers d'années en arrière ». C'est sur cette « houtzpa » intellectuelle caractéristique des nouveaux historiens que je voudrais m'arrêter à présent.

 

 

II. Les nouveaux historiens : hybris intellectuelle et falsifications historiques

 

Les nouveaux historiens se présentent comme les premiers à avoir étudié de manière objective et véritablement scientifique l'histoire du conflit israélo-arabe, le sionisme, voire l'histoire juive tout entière (dans le cas de Sand). Cette prétention incroyable révèle une bonne dose de « houtzpa », d'orgueil intellectuel, et aussi une présentation falsifiée de l'historiographie juive. La « houtzpa » caractéristique des nouveaux historiens apparaît par exemple dans cette citation de Tom Segev, qui conteste l'appellation de « nouveaux historiens » en lui préférant celle de « premiers historiens » ³ :

 

A mon avis, il serait encore plus judicieux de considérer la plupart de ces gens comme des 'premiers historiens' : ils travaillent en effet dans un pays où il n'existait pas de véritable historiographie. Ce dont le pays disposait, c'était d'un dogme mythologique... C'est pourquoi il faut parler d'une première génération d'historiens, des historiens qui explorent des terres vierges...

 

On retrouve la même hybris chez Sand, lorsqu'il répond au journaliste de Ha'aretz, qui lui demande comment il est parvenu à la conclusion que les Juifs d'Afrique du Nord étaient à l'origine des berbères qui se sont convertis :

 

Je me suis demandé comment des communautés juives aussi importantes étaient apparues en Espagne. Et ensuite j'ai réalisé que Tariq Ibn Ziyad, commandant des armées musulmanes qui conquirent l'Espagne, était un Berbère, et que la plupart de ses soldats étaient des Berbères... Il existe plusieurs sources chrétiennes affirmant que les conquérants de l'Espagne étaient des convertis juifs.

 

Cette réponse déroutante laisse apparaître l'absence de rigueur intellectuelle du raisonnement de Sand. A partir d'une question ingénue et presque naïve (d'où viennent les Juifs d'Afrique du Nord), il parvient à une conclusion radicale (ce sont tous des convertis), en se fondant sur des sources chrétiennes. On retrouve ces procédés intellectuels peu rigoureux dans tout le livre et aussi chez d'autres nouveaux historiens, comme l'a démontré Ephraim Karsh, un des premiers à avoir démonté les raisonnements trompeurs des nouveaux historiens 4. Comme l'explique Karsh, « un examen attentif montre que [Benny] Morris et les autres nouveaux historiens ont entrepris une falsification systématique des preuves ». Il donne pour exemple le cas d'une lettre de Ben Gourion à son fils, dans laquelle le dirigeant sioniste écrit (en 1937) : « Nous ne souhaitons pas expulser les Arabes pour prendre leur place ».

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Benny MORRIS

 

Dans le livre La naissance du problème des réfugiés palestiniens, toutefois, la citation de Ben Gourion devient, sous la plume de Morris : « Nous devons expulser les Arabes pour prendre leur place... » Cet exemple est le plus flagrant, mais il est loin d'être le seul ! Curieusement, fait observer Ephraim Karsh, la traduction tendancieuse (ou plus exactement la trahison) du texte de Ben Gourion figure uniquement dans la version anglaise originale du livre (publiée en 1989), alors que dans sa version ultérieure en hébreu, Morris a rétabli les propos authentiques de Ben Gourion, se doutant que les lecteurs israéliens seraient plus attentifs à ce petit « détail »...

 

 

III. Déconstruire le peuple Juif : le négationnisme soft de Shlomo Sand

 

            L'argumentation de Shlomo Sand, dans son livre Comment fut inventé le peuple juif, peut être résumée ainsi : le « peuple juif » est une invention de l'historiographie sioniste (et proto-sioniste) ; la diaspora juive est une invention fondée sur un mythe chrétien ; le judaïsme s'est propagé par la conversion ; les Juifs d'Afrique du Nord sont des Berbères convertis ; les Ashkénazes sont des descendants des Khazars. On se doute bien, en lisant cette énumération d'affirmations pseudo-historiques, qu'il s'agit d'un raisonnement idéologique et non pas de découvertes fondées sur le réexamen des sources. Car en fait de découverte, le nouvel historien S. Sand n'a, lui,  rien inventé... Il l'avoue d'ailleurs, dans l'émission de Daniel Mermet : « Je me suis contenté de réorganiser le savoir ».

 

Sa thèse centrale – l'invention du peuple juif – est en effet celle énoncée par l'OLP à l'article 20 de sa Charte, qui proclame que le judaïsme étant une religion uniquement, les Juifs ne sauraient avoir de droits légitimes en terre d'Israël. Les autres arguments qui viennent étayer et « démontrer » cette thèse sont tous empruntés à différents auteurs. Ainsi, l'idée que les Juifs ashkénazes seraient les descendants des khazars était largement répandue au XIXe et au XXe siècles, et elle a été employée par certains diplomates anglais pour s'opposer aux revendications sionistes 5.

 

La réfutation de chacun des arguments de Sand pourrait faire l'objet d'un livre entier. Contentons-nous, dans le cadre restreint du présent article, de faire une observation générale sur la méthode « historique » de S. Sand et des autres nouveaux historiens. La thèse défendue dans Comment le peuple juif fut inventé est énoncée dès le début du livre (et dans son titre même). C'est dire qu'il ne s'agit pas de la conclusion de ses recherches, mais bien du point de départ de toute sa construction. Sand, en effet, comme d'autres nouveaux historiens, part de la conclusion pour bâtir ensuite tout son édifice idéologique, afin d'en apporter la « preuve ». Ce renversement logique et méthodologique est caractéristique de l'écriture des nouveaux historiens.

 

Contrairement à l'image avantageuse que les nouveaux historiens veulent donner d'eux-mêmes – celle d'explorateurs abordant les contrées encore vierges de l'histoire juive et israélienne – ils ne « découvrent » en effet que les faits historiques (avérés, supposés ou totalement imaginés comme dans l'exemple de la lettre de Ben Gourion précitée) qui viennent appuyer leur thèse, c'est-à-dire la négation du sionisme, et du peuple juif (dans le cas de Sand). Ils ne sont donc pas des historiens, au sens propre, mais plutot des idéologues, voire des propagandistes. Les historiens véritables, eux, sont souvent beaucoup moins affirmatifs dans leur présentation des faits historiques. On en donnera un seul exemple, qui concerne l'histoire des Juifs ashkénazes (que Sand décrit comme les descendants des Khazars). Théodor Reinach, auteur d'une Histoire des Israélites parue en 1884, ne craignait pas d'écrire que « nous ne savons pas comment les Juifs sont arrivés [en Europe] ni d'où ils venaient ». On chercherait en vain, dans toute la construction idéologique de Shlomo Sand, la trace d'une telle modestie intellectuelle.

 

 

IV. Saper les fondements de l'État d'Israël et de l'Occident

 

Le thème de Comment le peuple juif fut inventé se trouve déjà, en filigrane, dans un autre livre de Shlomo Sand, Les mots et la terre, où il est abordé de manière moins systématique et moins péremptoire. A partir d'une réflexion sur le concept d'exil (« galout ») et sur son rôle dans la littérature et la pensée sioniste, Sand en arrive à contester l'existence du peuple juif. « L'ancien mythe tribal de la 'semence d'Abraham' – écrit-il notamment – est devenu une "vérité scientifique juive"... A partir de là, le concept "d'exil" a commencé à induire l'idée selon laquelle les juifs de l'ère moderne sont les descendants biologiques directs des "enfants d'Israël"... L'invention du "peuple juif" deux fois millénaire était lancée ». On comprend, en lisant les différents articles qui constituent ce livre, que Sand n'a rien d'un historien, et que sa construction idéologique ne vise pas tant à réécrire l'histoire (projet partagé par tous les « nouveaux historiens ») qu'à déconstruire l'histoire juive, et au-delà même, les fondements de l'Occident judéo-chrétien.

 

Le style universitaire et les nombreuses références ne doivent en effet pas faire illusion : Shlomo Sand est avant tout un militant, au service d'une cause radicale. Il cherche explicitement, dans sa déconstruction de l'histoire juive, du concept même de « peuple juif » (auquel il substitue le « peuple yiddish », curieux néologisme désignant les communautés juives ashkénazes avant la Shoah, dans une vision esthétisante empreinte d'idéologie bundiste) et des fondements de l'existence nationale juive, à détruire toute justification à l'existence de l'État d'Israël. Car si le peuple juif n'existe pas, l'État juif n'a pas lieu d'exister (sans parler des conséquences d'une telle conclusion pour les chrétiens). L'entreprise post-sioniste de Sand et des autres nouveaux historiens rejoint ainsi l'assaut post-moderne contre le judaïsme et contre les fondements de la civilisation occidentale.

 

Conclusion : sociologie néo-marxiste et propagande palestinienne

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Warschawski

 

Il n'est pas anodin que l'inspirateur de certains des thèmes principaux du livre de Sand soit un sociologue, Uri Ram 7 , et non un historien. Chronologiquement, et méthodologiquement, les nouveaux historiens israéliens ont en effet été devancés par les « nouveaux sociologues ». C'est à Ram que Sand emprunte l'idée que les historiens sionistes seraient des « agents du pouvoir ». Mais cette idée-phare qui revient comme une obsession chez les sociologues – souvent marxistes ou néo-marxistes – cités par Shlomo Sand, peut aussi bien s'appliquer à son propre parcours. L'historien du fascisme européen, qui dit avoir « renoncé à la gloire » pour s'attaquer au thème de l'histoire juive, est en effet devenu un vecteur de la propagande propalestinienne en Europe. Promu au rang d'ambassadeur officieux de la cause palestinienne, il donne régulièrement des conférences en France, aux côtés de Michel Warschawski 6, autre renégat israélien qui a été condamné à plusieurs mois de prison pour soutien au terrorisme du FPLP... Récemment encore, Sand participait à une conférence intitulée « Palestine : exister c'est résister », organisée par la municipalité de Sainte-Tulle, en hommage au « grand poète palestinien » Mahmoud Darwish. L'historien de Tel-Aviv, négateur de l'existence du peuple juif, est devenu un agent de la propagande au service du « peuple palestinien ».

Pierre I. Lurçat

 

Article paru dans France-Israel Information

 

Notes

1. Cette interview a été traduite en français sur le site www.protection-palestine.org.

2. Je renvoie à ce sujet à mon article, « Esther Benbassa, hasard et nécessité médiatique », publié dans la revue Controverses, no. 4, février 2007.

3. Segev cité par D. Vidal, in Le péché originel d'Israël, Editions de l'Atelier.

4. Voir Ephraim Karsh, « The 60-Year War For Israel's History », www.jewishpolicycenter.org/pf.php?id=109

5. Voir à ce sujet Robert Wistrich, « Antisemitism Embedded in British Culture », Jerusalem Center for Public Affairs, No. 70, juillet 2008.

6. Sur Warschawski, je renvoie  à mon article, « Michel Warschawski : s'identifier à l'ennemi d'Israël », publié dans la revue Controverses, no. 4, février 2007.

7. Sociologue de l'université Ben Gourion du Néguev.

 

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19.01.2009

Selon le CRIF, au moins un tiers des fonds du Hamas proviendrait de la France

SOURCE : http://www.crif.org/

Des associations sont soupçonnées d'apporter un soutien financier aux islamistes de Gaza, informe l’Express du jeudi 15 janvier 2009.
Chèques, promesses de dons, virements postaux... Le déclenchement de l'opération israélienne dans la bande de Gaza a eu, en France, un effet immédiat: le Comité de bienfaisance et de secours aux Palestiniens (CBSP) a vu sa collecte de fonds prospérer plus vite qu'à l'ordinaire.
Depuis au moins trois ans, l'association loi 1901, dont le siège est à Paris, réunit chaque année environ 5 millions d'euros. L'argent est ensuite transféré en Egypte, où une autre association s'occupe de l'affecter à des projets humanitaires à Gaza, ainsi que dans les camps palestiniens au Liban.
Selon Israël et les Etats-Unis, le CBSP serait en réalité un financier occulte du Hamas. George W. Bush lui-même a cité comme telle l'association installée en France dans un discours officiel en 2003. De ce côté-ci de l'Atlantique, le CBSP a aussi fait l'objet de soupçons. Mais ils n'ont jamais pu être confirmés. Fondé en 1990 à Nancy par deux étudiants palestiniens, le comité dispose de bureaux à Lille, à Lyon et à Marseille. En 2001, le Crédit lyonnais, qui était alors sa banque, avait signalé à deux reprises au service antiblanchiment du ministère de l'Economie et des Finances, des mouvements de fonds suspects.
L'intérêt porté par les services de renseignement français aux associations caritatives musulmanes d'aide aux Palestiniens s'est renforcé.
Selon Antoine Sfeir, directeur des Cahiers de l'Orient, « au lendemain de la guerre du Golfe, en 1993 et 1994, près de 30 % des fonds collectés par le Hamas provenaient déjà de France ».
 
Photo (logo de l’association CBSP) : D.R.

 

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14.01.2009

Premières leçons de la guerre contre le Hamas - Pierre I. Lurçat

Alors que la guerre contre le Hamas déclenchée par Israël pendant la fête de Hannoukah entre dans sa troisième semaine, il est certes encore trop tôt pour dresser un bilan, même provisoire, mais on peut déjà tenter de tirer quelques leçons, qui concernent notamment les aspects militaires, psychologiques, politiques et médiatiques de l'opération "Plomb fondu".

I. Aspects militaires : un succès pour Tsahal

Du point de vue strictement militaire, cette guerre apparaît d'ores et déjà  comme un succès indéniable de Tsahal. Même si le Hamas n'était pas totalement détruit (objectif difficile à atteindre) et s'il conservait, à l'issue des opérations en cours, la capacité de nuire et d'envoyer des missiles, il en sortira cependant très diminué : plus de 400 membres de l'organisation islamiste ont déjà  été éliminés, parmi lesquels plusieurs de ses dirigeants, ses infrastructures civiles et militaires ont été gravement endommagées, et sa capacité de riposte s'est avérée très réduite jusqu'à maintenant. Mais c'est surtout sur le plan psychologique que le Hamas a subi une défaite importante et que Tsahal a déjà remporté une victoire, qui efface très largement l'échec cuisant de la Deuxième Guerre du Liban.

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A cet égard, la guerre actuelle apparaît de plus en plus comme la "revanche" de Tsahal, après l'échec subi à l'été 2006 face au Hezbollah et à ses patrons iraniens et syriens. En effet, si l'échelon politique israélien (et le Premier ministre Ehoud Olmert en premier lieu) n'avaient à l'époque pas voulu tirer les conclusions du rapport Winograd, l'armée, elle, a visiblement travaillé sans relâche, depuis deux ans, pour tirer les leçons de ses défaillances et pour combler les lacunes apparues au grand jour lors de la guerre du Liban. La liste – non exhaustive – ci-dessous illustre les leçons tirées par Tsahal :
- Logistique et approvisionnement : les graves carences ont été comblées et le spectacle désolant de soldats privés de nourriture et d'équipement de base ne s'est pas reproduit.
- Définition des objectifs : Tsahal a soigneusement défini ses objectifs, ("porter un rude coup au Hamas et améliorer la situation des habitants du Sud du pays"), sans fixer la barre trop haut. Ces objectifs, modestes mais réalistes, sont pour l'instant en voie d'être atteints.
- Coordination tactique entre les différentes armes : à l'exception du cruel incident qui a coûté la vie à plusieurs soldats, atteints par un tir ami, elle s'avère excellente.
- Présence des officiers supérieurs sur le terrain : Tsahal a retrouvé sa grande tradition – illustrée par le fameux commandement "Aharaï", "suivez-moi !" – de l'exemple donné par les officiers, de tous grades, sur le terrain. Le chef d'état-major Gaby Ashkénazi et le commandant de la région Sud, Yoav Galant,  se sont notamment illustrés par leur présence effective sur le terrain, suivant de près les opérations au jour le jour et d'heure en heure, au lieu de les suivre de loin sur un écran "plasma", confortablement installés au fond du "bor" (salle d'état-major à Tel-Aviv)...

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- Frappes aériennes et renseignement : la réussite impressionnante des frappes menées pendant la première semaine des combats a été comparée par certains observateurs à la destruction de l'aviation égyptienne, aux premières heures de la guerre des Six Jours. Ce succès reposait sur la précision et l'exactitude des renseignements. Contrairement à la propagande du Hamas, souvent relayée par des médias occidentaux peu scrupuleux, le ratio entre les cibles militaires atteintes et les victimes collatérales dans la population civile (400 / 900 au jour où ces lignes sont écrites) est sans doute un des plus élevés jamais atteints dans une guerre de ce type, et l'Opération "Plomb fondu" deviendra certainement, à cet égard, un exemple qui sera étudié dans les écoles militaires.

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II. Aspects psychologiques : la confiance retrouvée de Tsahal

Mais c'est surtout sur le plan de la guerre psychologique que cette campagne militaire – quelle qu'en soit l'issue finale – s'avère d'ores et déjà  une victoire incontestable. Le Hamas s'est en effet préparé pendant longtemps à une éventuelle invasion de Gaza par Tsahal, minant les routes et piégeant les maisons. Mais il semble qu'il ne pensait pas que cette possibilité deviendrait une réalité, intoxiqué par sa propre propagande et croyant que Tsahal n'oserait pas entrer avec des forces terrestres à Gaza... Les soldats de Tsahal eux-mêmes, d'après les premiers témoignages que la presse commence à publier, redoutaient d'entrer à Gaza, après avoir entendu pendant des mois les médias israéliens claironner que le Hamas s'était préparé et qu'il les attendait de pied ferme... Le succès de la première semaine d'opérations au sol a de ce point de vue brisé le "mythe" de Gaza. Le Hamas, plus encore que le Hezbollah en 2006, a été défait dans tous les affrontements directs (qu'il a presque toujours cherché à éviter) et les "combattants" du Mouvement de la Résistance islamique se sont montrés sous leur vrai visage : celui de lâches qui se cachent derrière femmes et enfants, trouvent refuge dans des mosquées et des hôpitaux et mettent les civils en première ligne...

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Psychologiquement, cette victoire militaire a effacé l'échec du Liban, redonné confiance à Tsahal dans ses propres capacités et dans celles de ses chefs et montré au pays – et accessoirement, au monde entier – que l'armée de Défense d'Israël était redevenue Tsahal, c'est-à-dire une armée capable de se battre avec force et détermination et de vaincre, y compris dans le cadre d'un conflit asymétrique 1. C'est en effet un lieu commun de la pensée militaire et stratégique contemporaine qui a volé en éclats ces deux dernières semaines : celui qui voudrait qu'un Etat  démocratique soit impuissant face à une "guérilla" (c'est-à-dire un mouvement insurrectionnel ou terroriste, comme le Hamas à Gaza ou Al-Qaida en Irak). La réalité est tout autre : Tsahal est en train de montrer qu'elle est capable de vaincre le Hamas, et sans doute de l'écraser, pour peu que le gouvernement lui en donne l'ordre et lui laisse le temps et les moyens nécessaires... Ce qui nous amène aux aspects politiques et médiatiques de ce conflit.

 

 

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II. Aspects politiques et médiatiques : questions et incertitudes

Depuis 1948, Israël a gagné presque toutes les guerres sur les champs de batailles. Mais c'est sur le terrain politique et diplomatique que les choses se sont révélées les plus difficiles. Les interventions de la communauté internationale, Etats-Unis, Russie et Europe principalement, ont souvent empêché Israël de transformer ses victoires militaires en victoires diplomatiques et ont parfois privé Tsahal des fruits de sa victoire. A cet égard, il est bien évidemment trop tôt pour juger de ce que sera l'issue de la présente guerre et savoir si Israël parviendra à transformer sur le plan politique l'essai qu'il est en passe de remporter sur le champ de bataille de Gaza. Aucun scénario ne peut être exclu à ce stade : poursuite des opérations jusqu'à l'écrasement quasi-total du Hamas, ou conclusion plus ou moins rapide d'un cessez-le-feu dans des conditions plus ou moins favorables à Israël... Il convient de souligner que la durée de la guerre (plus de 2 semaines) est déjà exceptionnelle, ce qui témoigne du choix fort opportun du moment de son déclenchement (entre l'élection et l'entrée en fonctions du nouveau président américain).

Sur le front médiatique, beaucoup de commentateurs affirment qu'Israël a de nouveau "perdu la guerre"... Il convient de se montrer circonspect pour évaluer cet aspect, certes important, mais dont les enjeux sont délicats à apprécier. La guerre médiatique entre Israël et les palestiniens est devenue depuis plusieurs années un conflit asymétrique, dans lequel Israël est aujourd'hui le protagoniste le plus faible. Dans la guerre actuelle, le Hamas dispose en effet de nombreux avantages, parmi lesquels on peut citer l'utilisation cynique des civils comme "boucliers humains" et des victimes civiles, pour émouvoir l'opinion publique et la retourner contre Israël, et aussi la présence de populations musulmanes importantes – en Europe notamment – qui servent de caisse de résonance à la propagande du mouvement islamiste et donnent l'illusion que la majorité des habitants des pays occidentaux sont hostiles à Israël. L'examen attentif des manifestations de soutien au Hamas qui ont eu lieu ces derniers jours montre cependant que les participants étaient pour la plupart des musulmans ou des membres des partis d'extrême-gauche alliés de l'islam radical.

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Conclusion

En conclusion, en nous gardant d'émettre de jugement définitif, à ce stade, sur l'issue du conflit et sur ses conséquences, nous pouvons toutefois constater que Tsahal a tiré les leçons de la guerre du Liban. Les deux premières semaines d'opérations ont montré de manière éclatante que, malgré l'érosion de sa force de dissuasion depuis plusieurs années et malgré l'ethos "postsioniste" qui a gagné de larges secteurs de l'establishment israélien – notamment dans les médias, l'université et la justice – Israël reste un pays fort, déterminé à triompher de ses ennemis et prêt à payer le prix de sa survie. 


1. Voir sur ce sujet l'article du général Yaakov Amidror, "Winning Counterinsurgency War : The Israeli Experience", www.jcpa.org.

 

Copyright © 2008 JCPA

PUBLIE SUR LE SITE DU C.A.P.E. (Centre des Affaires publiques et de l’Etat de Jérusalem)

13.01.2009

La guerre de la Emouna et du Kiddoush Hashem

 

Cette guerre commencée à Hannoukah et qui se poursuit, à ce jour, restera peut-être gravée dans la mémoire collective d'Israël comme la guerre la plus juste et la plus indispensable que l'Etat juif aura dû mener, contre des ennemis impitoyables, qui tuent femmes et enfants – y compris les leurs – au nom d'une idéologie islamiste apocalyptique et mortifère.

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Mais elle restera sans doute aussi gravée dans la mémoire collective comme une guerre remplie d'héroïsme, de dévouement, d'amour gratuit et de Emouna. "Emouna" : il n'existe pas de traduction appropriée de ce terme en français. Ce n'est pas vraiment la "foi", ni la "confiance". Mais ce mot exprime ce que ressentent des milliers d'Israéliens, des soldats, des parents de soldats, des mères, des pères, et tout simplement des citoyens qui ont (re)découvert à l'occasion de cette guerre que nous étions tous membres d'une même famille...

 

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Plusieurs reportages ont déjà été consacrés aux nombreux soldats sionistes-religieux qui prennent part aux combats, et aussi – hélas -  à ceux qui sont déjà tombés pour le Kiddoush Hashem (la Sanctification du Nom) et pour défendre leur pays. Mais en vérité, l'incroyable Emouna qui se manifeste actuellement ne concerne pas que les soldats religieux. Nous avons vu de nombreux Juifs non pratiquants redécouvrir le livre des Psaumes et le pouvoir de la prière, à l'occasion de cette guerre. Peut-être parce que nous nous battons contre un ennemi qui invoque lui aussi le nom de Dieu –mais d'un Dieu de mort et de folie – le peuple d'Israël s'est mis soudain – en pleine guerre, à redécouvrir sa vocation et son identité profonde, et il a compris qu'il se battait Leshem Shamayim et que c'était Dieu qui lui donnait la victoire.

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*

*     *

 

 

L'association Hasdei Avot de Hébron (sous la direction du Rav Dov Lior) distribue des Talitoth et des "kaméot" aux soldats qui entrent à Gaza. Je relaie ici leur témoignage et leur appel aux dons.

 

Shalom,

Nous avons passé une dure journée, mais une super journée, un melange de rire et de larmes…
Nous avons croisé des centaines de soldats entrant se battre à Gaza ou sortant se reposer une heure ou deux…

Ils nous ont tous dit:
” Nous avons la force de nous battre grace à votre soutien et amour pour nous..”. Ils pleuraient de joie en recevant les cadeaux que nous leur avons offerts grace à vos dons.. Nous devons recommencer la semaine prochaine…
Nous leur devons bien ça…

Ce qu’ils ont le plus aimé et se sont empressés de prendre, ce sont les kamaot du Ben Hich Hai, protection Kabbalistique très puissante qui protege les soldats…

Pour un soldat pas très religieux, un kaméa, c’est très important car il sent D’ plus proche de lui… Un kaméa c’est pour lui la certitude qu’il reviendra vivant du combat… Je vais mettre sur Paypal un don en ligne special kaméa.

Je m’engage à mettre dans chaque kamea, votre nom, prénom et numéro de téléphone pour que chaque soldat puisse vous rappeler s'il le souhaite.. Nous avons besoin de centaines de Kameot…

Film sur le site de l'association Hasdei Avot de Hébron

Honte aux idiots utiles de l’islamofascisme !, Roger Heurtebise

Honte aux idiots utiles de l’islamofascisme !

lundi 12 janvier 2009, par Roger Heurtebise


Alors que se préparait la manifestation pro-palestinienne de Paris, l’AFP chapeautait son premier communiqué sur celle de Toulouse : « Entre 1.600 et 4.000 personnes défilent dans les rues de Toulouse aux cris de « Israël assassin », à l’appel du « collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens », a constaté un journaliste de l’AFP. »

Toute l’ambiguïté de ces manifestations est résumée dans cette phrase. Ce curieux « collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens » a organisé la plupart des rassemblements. Or ce « collectif » intègre localement des organisations comme l’UOIF ou ses filiales qui ne reconnaissent pas l’Etat d’Israël et qui soutiennent ouvertement le Hamas sur leurs sites internet. Dès lors, comment peut-on demander la paix entre Palestiniens et Israéliens si on dénie le droit à Israël d’exister ?

Il y a une autre contradiction flagrante dans ce « collectif » et ses slogans : on ne peut à la fois reconnaître les Israéliens comme capables de pacifisme en les appelant à la paix, et traiter d’« assassin » Israël tout entier, donc le peuple de cette nation. Toujours à Toulouse, selon l’AFP, d’autres slogans et banderoles étaient du même acabit : « Etat d’Israël, Etat criminel », « Israël = crime contre l’humanité ». A Paris, des drapeaux israéliens étaient brûlés, tandis que d’autres étaient recouverts d’une croix gammée.

Etrangement, ces appels ouvertement racistes ne semblaient pas gêner des représentants de la gauche ou de l’extrême gauche française qui défilaient en leur compagnie, ni les professionnels de l’« antiracisme » du Mrap ou de la Ligue des Droits de l’Homme qui se sont joints au « collectif » et aux appels aux manifestions. Mais comment peut-on « stigmatiser » tout un peuple comme criminel de par son appartenance nationale, et par ailleurs prétendre lutter contre toute forme de racisme ? C’est ubuesque.

Le surréalisme de ces défilés ne gênait guère Jean-Pierre Dubois, président de la LDH, qui déclarait au micro de France-Info au départ de la manifestation parisienne : « Nous sommes là parce qu’il est extrêmement important de ne pas laisser croire que les gens qui s’intéressent à ce qui se passe à Gaza ne le font que sur une base communautaire. C’est totalement faux. Il y a une émotion grandissante dans l’opinion. »

C’est l’une des déclarations parmi les plus idiotes que j’ai entendues ce samedi. D’une part, « les gens qui s’intéressent à ce qui se passe à Gaza », ça veut dire quoi ? Il n’y a pas que les manifestants de samedi qui se préoccupent de la situation au Proche-Orient ! Jean-Pierre Dubois prend ses désirs pour des réalités en pensant que les Français qui sont inquiets de cette situation sont tous de son avis partisan.

D’autre part, il se met également le doigt dans l’œil en prétendant également que ces manifestions ne seraient pas « communautaires ». Non seulement on vit fleurir les cris de guerre « Allah Akbar ! » et les prières islamiques dans les défilés, mais également, à Paris, des slogans qui affirmaient ouvertement le caractère ethnique et religieux de ceux-ci, comme : « Israël, t’est foutu, les musulmans sont dans la rue ! ». Et il suffisait de voir les images télévisées pour constater que la quasi-totalité des manifestants étaient d’origine nord-africaine, alors que les « Français de souche » se réduisaient aux permanents de la protestation gauchiste. Le peuple de France n’est pas descendu dans la rue.

Parmi ces professionnels de la contestation, il y avait évidemment Olivier Besancenot et Marie-George Buffet, et quelques représentants de leurs faméliques mouvements respectifs : la LCR et le PCF. Le parti qui est largement majoritaire à gauche, à savoir le Parti Socialiste, a su éviter le piège islamique. Seuls quelques personnalités locales du P.S. se sont jointes aux rassemblements, mais à titre individuel.

Mais le plus surprenant dans le quarteron de politiciens en tête la manifestation parisienne, c’était la présence de Jean-Luc Mélenchon. Son Parti de Gauche avait également appelé aux rassemblements, sans être aucunement gêné de le faire aux côtés de l’UOIF ou des groupuscules de voilées-barbus créés par Tariq Ramadan. Je pensais pourtant que Jean-Luc Mélenchon défendait la laïcité et pourfendait les religieux, et d’ailleurs il ne manque jamais une occasion de taper sur les cathos ou sur le Dalaï-Lama. On peut donc constater que les fous d’Allah ne font pas partie de ses cibles dans son combat laïque et anticlérical.

Comment en est-on arrivé à toutes ces contradictions ?

Je ne vais pas revenir à l’histoire de l’alliance islamo-gauchiste contre-nature, mais plutôt au conflit actuel qui justifie ces manifestations partisanes. Comme beaucoup de Français qui sont ni Juifs ni Arabo-musulmans, je tente de m’en faire une idée dépassionnée. Et je constate que cela est quasiment impossible, car les informations dont nous disposons ne proviennent que de parties prenantes au conflit, et par conséquent sont noyées dans les opérations de propagande respectives. A Gaza même, Israël interdit l’entrée aux journalistes étrangers. On peut évidemment le condamner, mais l’effet de cette censure est que les rares correspondants sur place qui fournissent des témoignages ou des images sont des Palestiniens, et par conséquent leur objectivité est plus que relative. Et même les organisations internationales peinent à faire croire à leur neutralité.

Prenons par exemple l’affaire du bombardement d’une école gérée par l’UNRWA (l’agence de l’ONU pour l’aide aux réfugiés), qui a fait de 30 à 40 victimes. Les autorités israéliennes prétendent que des « terroristes » du Hamas y étaient réfugiés et citent le nom de deux d’entre eux. L’ONU dit qu’il n’y avait aucun « combattant » dans cette école. On peut penser naturellement que l’ONU, organisation internationale, a ici une version plus objective qu’Israël qui est l’un des belligérants. Mais le fait même que cette école soit gérée par l’ONU rend celle-ci partie prenante dans l’affaire, et donc sa thèse devient un plaidoyer de défense pro domo. En effet, on voit mal l’ONU avouer que ses établissements abriteraient des « terroristes », car elle se discréditerait automatiquement. On ne peut donc pas savoir qui a raison dans cette affaire d’école bombardée, et pourtant les manifestants de samedi ont largement évoqué cette « horreur ».

Les mêmes manifestants brandissaient des photos du quotidien l’Humanité, qui avait fait un dossier spécial regroupant des images insoutenables. En particulier, on pouvait voir en couverture du journal communiste la photo d’une tête livide d’enfant mort qui émergeait de décombres. Interviewé sur RMC, le journaliste qui a fait ce dossier était interrogé sur l’authenticité de cette image de couverture : provenait-elle réellement du conflit actuel à Gaza, et comment l’Humanité vérifie-t-elle ses sources, alors qu’aucun journaliste étranger n’est admis sur place ? Le journaliste communiste ne put répondre précisément à ces questions, mais on comprit que ses seules sources étaient des correspondants palestiniens, donc certainement peu objectifs, et que les photos de l’Humanité n’étaient aucunement recoupées. Ce qui n’empêche pas ces images peu sûres de fleurir dans les manifestations pro-palestiniennes de samedi.

France 2 se fit piéger également, en diffusant des images d’horreur qu’elle disait prises le jour même à Gaza, alors qu’elles y avaient été tournées en 2005… et suite à une explosion accidentelle d’une roquette islamiste. La chaîne publique s’excusa, mais sans expliquer que les victimes étaient dues non pas à Israël, mais à une bavure terroriste. Le mal était donc fait, et l’association entre les images et Israël n’était pas effacée. Lors de la dernière guerre au Liban, il y eut d’autres « erreurs » dans ce sens, comme cette chaîne belge qui présentait comme libanaise une blogueuse qui se plaignait de bombardements, alors qu’il s’agissait d’une internaute israélienne victime de roquettes du Hezbollah. Qui peut vérifier s’il y a des erreurs de ce type dans les informations que nous recevons de Gaza, et dans quelle mesure ?

Pour sa défense, Israël nous présente des vidéos anciennes d’écoles de Gaza servant de base de tir de roquettes du Hamas, ou de Palestiniens en armes utilisant des camionnettes de la Croix-Rouge. Cela ne prouve pas qu’il en est de même dans le conflit actuel, et rien ne dit le contraire non plus. Les responsables de la Croix-Rouge reconnaissent que sur place, ils utilisent principalement des employés palestiniens du Croissant Rouge, dont évidemment certains peuvent être sympathisants ou militants du Hamas. Là encore, on n’a guère de moyen de distinguer information et prosélytisme.

Ainsi, les manifestations de samedi sont principalement basées sur une « émotion », pour reprendre le terme du président de la LDH, et non sur des faits vérifiés ou même vérifiables. Les militants antiracistes ou gauchistes qui y ont participé ont été doublement manipulés par une propagande islamique, car non seulement les mouvements musulmans ont exploité des images et des informations peu fiables et à sens unique, mais ils ont piégé certains laïques sincères sous les cris « Allah Akbar ! »

Certains manifestants prétendent que leur combat humaniste a été détourné. Mais quand on voit la liste des signataires des appels aux défilés, largement relayées dans les mosquées et sur les sites musulmans radicaux comme celui de l’UOIF ou oumma.com, ils n’ont aucune excuse. Et la nature même du conflit aurait dû les avertir, car ce n’est pas une guerre entre deux peuples belligérants mais entre l’Etat d’Israël et le Hamas qui est un mouvement islamiste, jihadiste et terroriste, qui impose par ailleurs une charia sanglante à Gaza. Or curieusement, seul Israël était vilipendé violemment dans les manifestations de samedi, et pas du tout le Hamas.

Ces manifestants auraient pu également écouter le double langage de Tariq Ramadan, qui prétendait aux côtés d’Amar Lasfar de l’UOIF dans une mosquée de Lille que « la question israélo-palestinienne n’est pas religieuse, elle est politique », en appelant paradoxalement les musulmans à se montrer « solidaires » de leurs coreligionnaires de Gaza, et à légitimer - sans le nommer - le Hamas en disant que « la résistance palestinienne est légitime ».

Evidemment, Tariq Ramadan se défend de tout « antisémitisme » et de toute importation du conflit du Proche-Orient en France. Même son de cloche chez son allié en islamogauchisme Mouloud Aounit, président du Mrap. On se demande alors pourquoi la manifestation parisienne de samedi a mobilisé 3800 policiers, pour éviter tout « débordement », et que les commerces juifs étaient sous haute surveillance. La mobilisation des forces de l’ordre était également importante lors des manifestions pro-israéliennes à Paris, Marseille et Lyon, mais curieusement, ce n’était pas pour les mêmes raisons, puisqu’il s’agissait alors de protéger les manifestants majoritairement juifs contre les agressions extérieures. On ne saurait mieux illustrer non seulement l’« importation » du conflit, mais également son asymétrie, à savoir une hostilité jihadiste contre les Israéliens et les Juifs d’un côté, alors que ceux qui défendent Israël de l’autre côté se sont abstenus de crier « Palestine assassin ! » et de brûler des drapeaux palestiniens.

A la manifestation pro-israélienne de dimanche du Crif à Marseille, un début de slogan jeta un vent de panique : « Solidarité avec le peuple palestinien… » S’agissait-il d’une provocation de contre-manifestants ? La suite de la phrase dissipa le trouble : « Solidarité avec le peuple palestinien otage du Hamas ! » Sans approuver cette manifestation où des religieux intégristes voisinaient curieusement avec des pancartes « Le progrès contre l’obcurantisme », on aurait aimé voir la même dénonciation du terrorisme dans les défilés islamogauchistes.

Ca a été tout le contraire, mais comment s’en étonner ? Quand le Hamas a établi la charia islamique à Gaza, avec amputation des mains des voleurs et lapidation des personnes qui consomment de l’alcool, quand ce mouvement a liquidé des centaines de civils palestiniens trop laïques à ses yeux, ni Jean-Luc Mélenchon ni Mouloud Aounit ne s’en sont indignés. Tant pis pour les victimes de l’islam radical à Gaza ou dans les banlieues françaises. Elles seront passées par pertes et profits par le Parti de Gauche et la Ligue des Droits de l’Homme. Il ne faut pas désespérer le nouveau prolétariat de Saint-Denis !

Saint-Denis, où justement une synagogue vient d’être attaquée à coup de cocktail Molotov. Les actes anti-juifs se multiplient depuis le début du conflit à Gaza. Même si l’on ne peut encore en connaître les véritables auteurs, il est évident que le fait de brûler des drapeaux israéliens dans des manifestations en France sans que cela ne choque les « antiracistes » qui y participent, est de nature à favoriser une « paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens » et à rassurer les juifs de France. Tout au contraire, ces manifestations prétendument pacifistes, où les drapeaux du Hamas et du Hezbollah voisinent avec ceux du Mrap et de la LCR, ne font que risquer d’attiser la haine et la violence. Pourtant, à ma connaissance, aucune plainte n’a été déposée contre ces actes racistes anti-israéliens.

Heureusement, la grande majorité des Français ne tombent pas dans ce piège, ni dans la propagande médiatique de part et d’autre. Selon un sondage CSA publié lundi par le quotidien Aujourd’hui en France/Le Parisien, 28% estiment que le gouvernement israélien et le Hamas sont aussi responsables l’un que l’autre, 23% désignent le Hamas, 18% jugent Israël premier responsable, et 31% ne se prononce pas. Et s’il y a « une émotion grandissante dans l’opinion », ce n’est sans doute pas celle qu’espère le président de la LDH. C’est plutôt l’indignation de constater à la télévision – et là sans censure aucune – qu’on ose appeler au jihad islamique dans des manifestations majoritairement religieuses et ethniques en France, à l’instar des défilés hystériques dans les pays musulmans. Non seulement la grande manipulation islamiste du conflit est un échec, mais elle s’avère contre-productive.

Il ne faudrait cependant pas s’en réjouir, car le danger est désormais devant nos yeux. La faute n’en est pas seulement aux islamogauchistes qui mettent de l’huile sur le feu, mais également aux politiciens de droite et de gauche qui ont fermé pendant trente ans les yeux sur une communautarisation des populations issues de l’immigration musulmane, et qui continuent à financer avec nos impôts des mosquées où Tariq Ramadan lance ces appels à la « résistance », et où Hassan Iquioussen vient cracher sa haine des Juifs.

Les enfants de Gaza ne sont pas seulement otages du Hamas, ils sont aujourd’hui l’instrument de « fascislamistes » auxquels notre République a abandonné des « territoires perdus », et, depuis deux semaines, a abandonné les rues de nos villes. Honte à ces élus drapés de l’écharpe tricolore qu’on a vu en tête de manifestations où l’on a traité le peuple israélien de « criminels » et de « nazis », et où on vénérait Allah et les terroristes antijuifs ! Honte aux autorités de l’Etat qui n’intentent aucune action judiciaire contre ces slogans et ces banderoles racistes, haineuses et guerrières !

Honte au maire de Saint-Denis qui vient de condamner l’attaque contre la synagogue de sa ville, et qui pourtant appelait la semaine dernière à une manifestation pro-palestinienne organisée… par la municipalité ! Des associations juives avaient alors demandé à la Préfecture l’interdiction de ce rassemblement « à haut risque ». Ce qu’elles redoutaient est arrivé. La mairie appelle à un rassemblement de condamnation de l’« antisémitisme », et « demande que les mesures de protection nécessaires soient mises en place par le Ministère de l’Intérieur ». De qui se moque-t-on ?

Evidemment, il ne faut pas assimiler tous les manifestants pro-palestiniens avec ceux d’entre eux qui veulent nous rejouer l’intifada dans nos villes et nos banlieues. Et encore moins en rendre responsable tous les musulmans ou les personnes d’origine musulmane en France. Mais en tolérant, voire en encourageant le communautarisme islamique, on déplace dangereusement le curseur vers la guerre civile. Les irresponsables politiques de tous bords ne peuvent dire « nous ne savions pas ». En effet, cela fait des années que, depuis le rapport Obin jusqu’aux arrestations d’« islamistes parfaitement intégrés », en passant par l’échec du CFCM noyauté par les Frères Musulmans de l’UOIF, tous les indicateurs allaient dans le même sens : l’islam est le terreau de l’islamisme. Encourager le premier ne fait donc qu’encourager le second, à Gaza comme à Saint-Denis.

Roger Heurtebise

Guerre de Gaza : les pompiers pyromanes

Je reproduis le debut de l'excellent edito de Cyrano sur Riposte Laique

L’EDITO DE CYRANO

Les laïques ne manifestent pas avec des fanatiques religieux

lundi 12 janvier 2009

"Il ne faut pas importer le conflit israélo-palestinien en France", clament à l’unisson tous les responsables politiques à qui on tend un micro. Noble intention, qui devrait couler de source dans un pays où on ne reconnaît pas les communautés, mais les citoyens de la République. Pourtant, par leur attitude, ces dernières semaines, certains, qui veulent aujourd’hui jouer les pompiers, ne se sont-ils pas comporté en pyromanes ?

Ainsi, la plupart des reportages ou commentaires, sur les chaînes publiques, sont d’une partialité incroyable et d’une complaisance rare vis-à-vis du Hamas. Montrer principalement des images d’enfants ensanglantés, inviter sur les plateaux de télévision un Tariq Ramadan ou la porte-parole des « Indigènes de la République », sans leur opposer d’interlocuteurs capables de contrer leurs discours démagogiques et haineux, contribue-t-il vraiment à diminuer les tensions ?

Dans ce contexte, 130.000 manifestants, dans toute la France, ont encore défilé samedi dernier, certains pour réclamer la paix mais beaucoup pour brûler des drapeaux israéliens, faire flotter le drapeau des fascistes du Hamas, et scander des « Allah akbar ».

Ces manifestations contribuent-elles à diminuer les tensions ?

Question taboue : qui constitue majoritairement ces cortèges ?

D’après une dizaine de nos correspondants, les chiffres donnent environ 70 à 80 % de manifestants de culture arabo-musulmane, et 20 à 30 % de « Souchiens », pour reprendre l’élégante expression de la porte-parole des « Indigènes de la République », (1) admiratrice du Hamas, dont les propos sur les Blancs n’ont rien à envier aux provocations racistes de Jean-Marie Le Pen, autre admirateur du Hamas.

Il est d’ailleurs fort intéressant de noter la similitude étonnante entre les propos de patron du Front national, ceux des islamistes et ceux de certains gauchistes. (2)

Au regard des images subies, et des commentaires assénés, midi et soir, faisant état d’un véritable massacre, voire d’un "génocide" du peuple palestinien, on a connu le « peuple de gauche » capable de se mobiliser davantage.

On est bien loin de l’onde de choc qu’avait provoquée la guerre d’Irak, et des manifestations monstres qui avaient suivi la décision de Bush.

Comment s’en étonner ? Pourquoi les esprits libres iraient-ils manifester avec des fanatiques religieux, alors que quotidiennement, ils perçoivent la menace que ces gens-là font peser sur la laïcité et sur les valeurs républicaines de notre pays ?

Pourquoi iraient-ils manifester avec des gens dont ils sentent ... SUITE SUR LE SITE

11.01.2009

Le sens de la bataille de Gaza, Antisionisme radical et nouvelle judéophobie (P. A. TAGUIEFF)

Entretien d'Aleksandra Rybinska avec Pierre-André Taguieff publié dans l'édition datée du 10-11 janvier 2009 du grand quotidien polonais Rzeczpospolita ("La République") de Varsovie (entre 225 000 et 260 000 exemplaires vendus)

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P. A. TAGUIEFF

La guerre entre Israël et le Hamas a encore donné lieu à des manifestations de sympathie pour la Palestine à travers le monde. « Nous sommes tous des palestiniens » semble être le motto de beaucoup d'intellectuels en Occident.
D'où provient cette sympathie presque aveugle ?

Pierre-André Taguieff : Ces manifestations, souvent violentes, sont d’abord le fait de barbus et de femmes voilées, donc d’islamistes, accompagnés de divers milieux de la nouvelle extrême gauche, anti-impérialiste et néo-tiersmondiste, dont les deux ennemis absolus sont les États-Unis et Israël. La tendance dominante chez les intellectuels occidentaux est toujours la préférence pour l’extrémisme : la radicalité, qu’elle soit communiste ou islamiste, continue de les séduire.

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Où sont passées les voix de la raison ? Pourquoi l'État d’Israël, malgré des efforts de propagande, ne parvient-il pas à trouver un large soutien international, et particulièrement dans les médias étrangers ? On a l'impression que même les intellectuels juifs, dans le New York Times, préfèrent ne pas trop pencher en faveur de l'État juif…

P-A.T. Israël a longtemps joui d’un capital de sympathie. Or, celui-ci a commencé à se dissiper après les massacres de Sabra et Chatila (été 1982), commis par des milices chrétiennes percevant les Palestiniens comme des envahisseurs et des pillards.

Mais, par une opération de propagande fort bien orchestrée, ces massacres ont été mis au compte du général Sharon, diabolisé par tous les moyens. Jusqu’en 2005, Israël ne s’est guère soucié de son image dans le monde, dont pourtant toutes les enquêtes d’opinion montraient la dégradation.

Dans l’après-Sharon, les tentatives israéliennes pour contrer la propagande propalestinienne se sont heurtées à un mur : le pli avait été pris, les médias s’étaient alignés sur les positions « antisionistes », alimentées par l’idéologie victimaire centrée sur la figure du Palestinien innocent, donc de l’enfant palestinien, érigé en victime maximale. Cette idéologie a été habilement diffusée par les réseaux palestiniens dans le monde entier.

Nombre d’intellectuels juifs étatsuniens et européens, souffrant de la judéophobie ambiante, pensent se faire accepter par un milieu hostile en prenant des positions radicalement anti-iraéliennes, « antisionistes », etc. Ils deviennent ainsi des « Juifs non-juifs », puis des « alterjuifs », pour finir comme des « Juifs antijuifs ». Le cas le plus évidemment pathologique est celui de l’intellectuel américain antisioniste et pro-négationniste Noam Chomsky, applaudi par Oussama Ben Laden et Hugo Chávez.

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Parfois il semble même qu’Israël est l'État le plus détesté au monde ?

P-A.T. Israël incarne l’Occident pour les anti-occidentaux, l’impérialisme pour les anti-impérialistes, les infidèles pour les islamistes, le racisme pour les propalestiniens, … Il cumule les stéréotypes négatifs. Il est perçu comme l’État en trop, qui devrait disparaître pour que les hommes soient délivrés du mal. Ce traitement absolument diabolisateur est réservé en effet à Israël.

On peut observer une haine particulièrement virulente envers l'État d’Israël chez les intellectuels de gauche, en partant de la gauche-caviar jusqu'aux mouvements antimondialistes. En France et ailleurs. La vieille propagande antisioniste de l’URSS fonctionne toujours?

P-A.T. Le berceau de l’antisionisme radical, qui représente la principale forme contemporaine de la judéophobie (ou, pour employer un mot impropre, de l’« antisémitisme »), est en effet le communisme soviétique qui, de 1948/49 au début des années 1970, a diffusé mondialement la plupart des thèmes d’accusation visant Israël (« fascisme », « impérialisme », « racisme », « colonialisme », etc.).

L’antisionisme d’origine stalinienne a fusionné avec l’antisionisme arabe mis au point dans les années 1950 et 1960 par les réfugiés nazis au Caire (Johann von Leers, ancien adjoint de Goebbels, notamment). Les milieux occidentaux tiers-mondistes ont suivi, et bien entendu toutes les variétés de l’extrême gauche, trotskistes compris.

Nous en sommes toujours là : rien de nouveau n’est apparu dans le discours antisioniste radical.

Pendant longtemps, la gauche a quand même soutenu Israël. C'était lié en partie à l’Holocauste. Ensuite on a pu observer une certaine schizophrénie : la gauche condamnait les attentats terroristes perpétués par les Palestiniens et, en même temps, soutenait la cause palestinienne. Ça a changé. Peut-on dire que la gauche a trahi les Juifs?

P-A.T. La gauche avait déjà abandonné les Juifs après 1945, lorsqu’elle était sous influence stalinienne. Après la disparition de l’empire soviétique, la gauche s’est trouvée de nouveaux maîtres à penser, des anarcho-trotskistes au sous-commandant Marcos, de Chomsky à José Bové.

Les mouvements anti-mondialisation dits « altermondialistes » ont pris la relève du « génial camarade Staline » et du « Grand Leader » Mao. Diverses combinaisons de positions anticapitalistes radicales, d’antiaméricanisme et d’antisionisme sont apparues dans les années 1990 et 2000.

Une partie de la gauche française, par exemple, la plus engagée dans l’anti-mondialisation, est revenue à ses positions anticapitalistes et antijuives d’avant l’affaire Dreyfus.

Quel intérêt réel a la gauche aujourd'hui à soutenir la cause arabe?

P-A.T. En Europe, la gauche et surtout l’extrême gauche se sont engagées dans une stratégie de conquête de l’électorat musulman. Ce qui implique beaucoup de complaisance à l’égard des islamistes radicaux comme à l’égard du terrorisme palestinien, toujours excusé au nom de la « juste révolte des humiliés ».

Les leaders de gauche, comme ceux de droite, croient pouvoir ainsi éviter l’Europe soit visé par le terrorisme. Illusion très répandue. En outre, la gauche, comme la droite, est saisie par la hantise d’être privée de pétrole. C’est la composante « réaliste » de son parti pris pro-arabe.

Pourquoi l'Occident accuse-t-il Israël de racisme...

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