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17/12/2008

Guy Sorman et le souhait d'un monde sans Juifs

"Le cas de Guy Sorman est révélateur, parce qu'il montre bien comment le rejet des origines conduit à douter de l'avenir d'Israël, et à remettre en cause le droit à l'existence de l'Etat juif. L'analyse du discours de Sorman et des autres "Alterjuifs" permet de comprendre la maladie qui atteint aujourd'hui une grande partie de l'establishment politique israélien : le refus d'assumer l'héritage national juif et la haine des origines", écrivais-je dans une note récente. Je publie aujourd'hui l'intégralité de mon article sur Guy Sorman, paru dans la revue Controverses consacrée aux Alterjuifs (néologisme créé par Muriel Darmon).

 

 

Essayiste prolixe, Guy Sorman a publié une quinzaine de livres 1, depuis son premier essai, La Révolution conservatrice américaine, paru en 1983. La plupart sont des ouvrages de réflexion et de vulgarisation portant sur des thèmes économiques. Il ne s'est pratiquement jamais exprimé sur Israël ou sur le judaïsme, à l'exception de rares interviews et de quelques lignes dans son livre Le bonheur français, où il retraçait ses origines familiales et se définissait comme un « Juif athée ».

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G. Sorman

 Son livre Les Enfants de Rifaa 2, comporte un chapitre intitulé « Fin du peuple juif », dans lequel Sorman fait sienne l'idée de la disparition inéluctable de l'Etat d'Israël et du judaïsme tout entier. Ce chapitre ne s'insère pas de manière très logique dans le livre, qui porte sur les rapports entre l'Islam et la modernité. Les Enfants de Rifaa est en effet une réflexion sur ce que Sorman appelle les « deux Islam » : celui de Sayyid Qotb, théoricien des Frères musulmans et de l'islamisme radical, et celui de Rifaa el Tahtawi, théologien égyptien et fondateur de la « Renaissance arabe », courant moderniste et réformateur qui incarne pour Sorman l'espoir d'une libéralisation du monde arabo-musulman.

 

Les premiers chapitres des Enfants de Rifaa sont consacrés à une biographie de Rifaa el Tahtawi, le « Tocqueville oriental », et à une réflexion sur les rapports entre le capitalisme et le monde musulman. Dans les chapitres qui suivent, Sorman mêle réflexions et comptes-rendus de ses nombreux voyages dans le monde arabo-musulman, du Maroc à l'Arabie Saoudite, du Bangladesh au Pakistan et du Koweit à la Turquie.

 

L'avant-dernier chapitre du livre, intitulé « Fin du peupe juif », n'est pas fondé, à la différence des autres, sur un compte-rendu de voyage. Le point de départ de Sorman est la constatation de l'omniprésence de la question de la Palestine chez ses interlocuteurs musulmans :

 

Où que l'on se trouve dans le monde musulman, quelle que soit la distance géographique qui sépare de la Palestine, la question surgit, même quand on voudrait l'éviter. Certes, plus on s'éloigne du monde arabe, vers le Bangladesh, Djakarta ou l'Afrique au sud du Sahara, les musulmans passent de l'engagement à l'inquiétude, de la posture à la rhétorique… Mais ne nions pas que, outre le Coran, les musulmans estiment avoir la Palestine en commun 3.

 

C'est cette omniprésence de la question palestinienne chez ses interlocuteurs musulmans qui amène Sorman à s'interroger sur les causes du conflit israélo-arabe et sur les solutions à y apporter. Mais curieusement, alors même qu'il constate avec lucidité que le monde arabo-musulman « vit en fait dans l'attente de la disparition de l'Etat d'Israël 4 », et qu'il ne se fait guère d'illusion sur la « solution andalouse », ce prétendu « âge d'or » des Juifs d'Andalousie que certains de ses interlocuteurs musulmans voudraient faire revivre en Palestine, sur les ruines de l'Etat d'Israël, Sorman ne développe pas son analyse par la revendication d'un nécessaire aggiornamento du monde musulman, sur ce point comme sur les autres précédemment abordés dans son livre. Et, loin d'encourager ses interlocuteurs musulmans à accepter le fait israélien, ce qui serait conforme à l'esprit général de son livre, Sorman en vient à faire siennes les conclusions de ceux-ci et à intérioriser le projet génocidaire du monde arabo-musulman envers Israël.

 

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La visite à Hébron

 Dans ce même chapitre des Enfants de Rifaa, Sorman nous livre, avec franchise, une clé d'interprétation de son attitude envers Israël. C'est au cours d'une visite dans la ville de Hébron, en l'an 2000, que Sorman a acquis la conviction que l'Etat d'Israël était une « erreur historique », voué à disparaître. Comme il l'explique :

 

Certains événements minuscules ou cocasses modifient radicalement le regard que l'on porte sur le monde. Avant Hébron, je ne m'étais jamais trop interrogé sur l'Etat d'Israël : on ne peut penser à tout. Depuis Hébron j'ai une conviction bien ancrée : l'Etat d'Israël est une erreur historique, les Juifs n'avaient pas vocation à créer un Etat 5.

 

 

Ce passage est surprenant et révélateur à de nombreux égards. Il est peu courant de la part d'un intellectuel de reconnaître que le jugement qu'il porte n'est pas le fruit d'une réflexion rationnelle, mais la conséquence d'un événement particulier. C'est pourtant un phénomène que nous avons déjà rencontré. Ainsi, Esther Benbassa déduisait l'absence d'antisémitisme en France du fait que ses commerçants arabes lui avaient souhaité la bonne année…

 

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E. Benbassa

Dans le cas de Sorman toutefois, l'événement « minuscule » en question n'a pas lieu dans une épicerie parisienne, mais dans un endroit chargé d'histoire et de symboles : Hébron, « ville des Patriarches » - où sont enterrés selon la tradition juive Abraham, Isaac et Jacob - et lieu d'affrontements répétés entre Israéliens et Palestiniens.

 

C'est ainsi que Sorman relate cet événement qui a transformé radicalement son regard sur le monde, et sur Israël en particulier :

 

« Etes-vous juif ? » Au cours de ma déjà longue existence protégée d'intellectuel français né après l'Holocauste, cette question ne me fut jamais posée qu'une seule fois, sur un mode agressif. C'était en Palestine, en l'an 2000, à l'entrée de la ville d'Hébron…

Le soldat était un Israélien d'origine éthiopienne : un Falacha, reconnu comme Juif en un temps où Israël manquait d'immigrés nouveaux pour meubler les bas échelons de la nation. Les Russes n'étaient pas encore arrivés ! 6.

 

La situation décrite dans ce passage du livre illustre l'attitude paradoxale de Sorman lors de sa visite à Hébron. Dès l'abord, il se sent agressé par le soldat israélien d'origine éthiopienne qui lui demande quelle est sa religion. Loin de s'identifier avec le soldat juif, dont la question n'exprime aucune animosité, mais une interrogation de routine en cet endroit, Sorman le perçoit d'emblée comme hostile. Et il en profite pour dénigrer toute l'entreprise sioniste, au détour d'une phrase, en qualifiant le soldat éthiopien de « falacha » (terme péjoratif, comparable à l'adjectif « boche ») venu en Israël pour « meubler les bas échelons de la nation ».

 

Contrairement à ce qu'affirme Sorman, les Juifs éthiopiens ne « meublent » pas les « bas échelons de la nation » israélienne, mais sont venus en Terre promise par conviction religieuse, au terme d'un périple éprouvant. Ils incarnent même un modèle d'intégration dans la société israélienne, en particulier dans l'armée, où beaucoup sont officiers, y compris dans les unités d'élite.

 

La suite du récit de cette visite à Hébron est une nouvelle falsification :

 

A l'entrée du tombeau dit d'Abraham, il me fallut à nouveau arbitrer entre les 3 confessions issues de cet ancêtre… Je fus un instant tenté par l'islam chiite ; mon compagnon palestinien m'en dissuada. Je m'en retournai donc au judaïsme et empruntai le chemin réservé à ma race. A l'intérieur du sépulcre, chaque armée protégeait les siens 7.

 

Cette description de l'arrivée au caveau des Patriarches à Hébron est pétrie de préjugés anti-israéliens, auxquels se même une hostilité visible au judaïsme. Tout d'abord, Sorman conteste le nom du tombeau d'Abraham, appellation consacrée de ce lieu depuis des générations. En mettant en doute la véracité de l'inhumation d'Abraham en ce lieu (rapportée par la Bible dans la Genèse), Sorman se conduit un peu comme un touriste béotien qui refuserait en chaque endroit d'accepter les traditions historiques et religieuses. Mais c'est contre la seule tradition juive qu'il dirige son scepticisme absolu.

 

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Interrogé à nouveau par un soldat gardant les lieux sur sa religion, Sorman semble s'amuser de cette question et envisage un instant de se prétendre « musulman chiite ». Mais il ne s'agit pas d'un jeu, comme le confirme la suite du récit : « je m'en retournai donc au judaïsme et empruntai le chemin réservé à ma race ». Cette phrase contraste par sa lourdeur presque caricaturale avec la légèreté et le détachement que Sorman affectait jusqu'alors… Ce qu'il appelle le « chemin réservé à ma race » est tout simplement l'entrée du Tombeau d'Abraham empruntée par les visiteurs juifs, chaque confession ayant son propre passage pour éviter les conflits interreligieux. Mais Sorman feint de ne pas le comprendre : il choisit de parler de sa « race », comme pour souligner le caractère irréfragable de l'appartenance au judaïsme qui lui est imposée en cet instant clé, contre sa volonté et malgré ses tentatives puériles de dénégation et de fuite vers une identité imaginaire (« l'islam chiite »).

 

Le mot race, on le sait, n'est plus guère usité dans son ancienne acception, depuis que les théories raciales en vogue à la fin du dix-neuvième siècle ont engendré les crimes monstrueux du vingtième siècle. Parler de « race juive » après la Shoah, c'est soit faire preuve d'une ignorance grossière, soit exprimer son adhésion aux théories racistes. Mais dans le cas de Sorman, c'est encore autre chose : il n'est certes pas raciste, et pas non plus ignorant des connotations de l'expression qu'il emploie. Mais c'est à dessein qu'il parle du « chemin réservé à sa race », et cette incongruité de style sonne comme un aveu : lui, qui se définit comme un « juif athée », souffre d'être confiné à son appartenance au peuple juif, au moment où il voudrait la fuir par tous les moyens.

 

Le judaïsme n'est pas une simple « religion », à laquelle on pourrait renoncer en se déclarant athée… En entrant dans le caveau des Patriarches, Sorman comprend soudain la nature quasi-indestructible des liens qui l'unissent - malgré lui - à la nation juive et à son père fondateur, Abraham. Mais cette compréhension, loin de susciter un quelconque « retour au bercail », c.-à-d. au peuple juif, se traduit chez Sorman par une hostilité d'autant plus virulente envers le judaïsme et l'Etat d'Israël.

 

Le récit de la visite à Hébron s'achève par un nouveau mensonge flagrant : « à l'intérieur du sépulcre, chaque armée protégeait les siens ». Cette phrase laisse entendre que l'armée israélienne ne protège que les citoyens juifs, alors que d'autres armées (lesquelles ?) protègeraient les Arabes chrétiens et musulmans. Ce mensonge vise à conforter la conception d'un Etat ethnique dans lequel seuls les citoyens juifs jouiraient de tous les droits : en d'autres termes, un Etat d'apartheid.

 

 

Faire disparaître Israël, pourquoi ?

 

Le chapitre des Enfants de Rifaa intitulé « Fin du peuple juif » est en réalité antérieur au reste du livre. Celui-ci, publié en 2003, se fonde sur le récit de voyages dans les pays musulmans accomplis par Sorman entre la fin 2001 et la fin 2002. Mais l'épisode clé du chapitre 11 (la visite à Hébron) a eu lieu en l'an 2000. Et l'ébauche de ce chapitre avait fait l'objet d'une tribune publiée dans Le Figaro du 24 décembre 2001. Dans cet article, intitulé « La survie d'Israël en question », Sorman envisageait l'hypothèse de la disparition de l'Etat juif, rayé de la carte par une bombe chimique ou nucléaire. « Ce scénario est réaliste » expliquait Sorman. « Il est probable que quelques Ben Laden l'ont en tête et que New York, ville juive autant que Tel Aviv, fût une répétition de ce nouvel holocauste possible ».

 

Cette hypothèse l'amenait à s'interroger sur la survie du judaïsme tout entier, menacé de destruction physique en Israël et de disparition lente par assimilation en diaspora. Mais, loin de s'émouvoir de la possible disparition des Juifs, Sorman prétendait « envisageable » un monde sans Juifs, dans lequel subsisteraient, à titre de legs du judaïsme à l'humanité, le christianisme et l'islam, et aussi « l'ironie qui naît de l'exil ». « Peut-être leur œuvre est-elle achevée et les temps sont-ils mûrs pour qu'ils [les Juifs] nous quittent », concluait Sorman.

 

C'est donc l'hypothèse d'une possible disparition de l'Etat d'Israël et du judaïsme de diaspora, d'abord envisagée dans cet article du Figaro, qui a fourni la trame au chapitre 11 des Enfants de Rifaa, intitulé « Fin du peuple juif » (sans point d'interrogation). Le titre de ce chapitre évoque également l'essai publié par le sociologue Georges Friedmann dans les années 1960, sous le titre « Fin du peuple juif ?  ». Mais c'est l'absence de point d'interrogation qui fait toute la différence.

 

Presque quarante ans avant Sorman, un autre intellectuel français d'origine juive s'interrogeait sur une possible disparition de l'Etat d'Israël. Dans un article fameux publié dans le Figaro littéraire, le 4 juin 1967, Raymond Aron écrivait ceci :

 

Que le Président Nasser veuille ouvertement détruire un Etat membre des Nations Unies ne trouble pas la conscience délicate de Mme Nehru. Etacide, biensûr, n'est pas génocide. Et les Juifs français qui ont donné leur âme à tous les révolutionnaires noirs, bruns ou jaunes hurlent maintenant de douleur pendant que leurs amis hurlent à la mort. Je souffre comme eux, avec eux, quoi qu'ils aient dit ou fait, non parce que nous sommes devenus sionistes ou israéliens, mais parce que monte en nous un mouvement irrésistible de solidarité. Peu importe d'où il vient. Si les grandes puissances, selon le calcul froid de leurs intérêts, laissaient détruire le petit Etat qui n'est pas le mien, ce crime, modeste à l'échelle du nombre, m'enlèverait la force de vivre et je crois que des milliers et des milliers d'hommes auraient honte de l'humanité 8.

 

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Aron : une "bouffée de judéité"

 La mise en parallèle de l'article de R. Aron et de celui de Sorman est révélatrice. Tous deux sont des intellectuels français, qui n'ont quasiment jamais écrit sur des thèmes juifs, et pour qui le judaïsme ne joue pas un rôle essentiel, ni dans leur œuvre, ni dans leur cheminement politique. Et tous deux sont conduits à s'interroger à un tournant décisif de l'histoire mondiale, sur la survie de l'Etat d'Israël : R. Aron en juin 1967, à la veille de la guerre des Six Jours, G. Sorman au lendemain des attentats du 11 septembre 2001.

 

Mais la comparaison s'arrête là : Aron, en effet, réagit avec une émotion non dissimulée, et son article est un véritable cri de révolte (qu'il qualifiera dans ses Mémoires de « bouffée de judéité qui fit irruption dan [sa] conscience de Français ».) En déclarant que la destruction de l'Etat d'Israël lui « enlèverait la force de vivre », Aron affirme de manière solennelle son attachement indéfectible au peuple juif, alors même qu'il se définit comme un Juif déjudaïsé et passionnément français. Et dans un aveu d'une étonnante sincérité, Aron reconnaît sentir monter en lui un « mouvement irrésistible de solidarité » dont il ignore l'origine.

 

Sorman, au contraire d'Aron, choisit d'accepter froidement et sans le moindre regret la possibilité de la disparition de l'Etat d'Israël et du judaïsme tout entier :

 

Un monde sans juifs est-il envisageable ? Il resterait alors le souvenir des juifs et une interprétation du monde qui n'eût pas été possible sans leur faculté de le décoder 9.

 

Dans son livre Les Enfants de Rifaa, Sorman va encore plus loin : il ne se contente pas d'envisager froidement la possibilité de la disparition du judaïsme, mais en fait la solution du « problème juif » : « il n'y a pas de bonne solution au fait d'être juif, hormis celle de cesser de l'être 10 ».

 

L'attitude de Sorman rejoint celle d'autres juifs atteints de cette maladie très particulière, analysée par le philosophe Theodor Lessing : la haine de soi juive 11. Le cas le plus célèbre de cette pathologie est celui d'Otto Weininger, philosophe autrichien qui a résolu de manière radicale son « problème juif », d'abord en se faisant baptiser, puis en se suicidant à l'âge de vingt trois ans.

 

 

Du suicide comme solution du « problème juif »

 

Sorman, comme Weininger, considère le judaïsme comme un « problème » qu'il faut résoudre, de manière radicale. Il ne veut certes pas se suicider, étant attaché à sa propre vie, mais envisage avec sérénité la destruction de l'Etat d'Israël, qui ne lui apparaît pas comme un scandale (comme à Raymond Aron) mais comme la fin inéluctable de l'entreprise sioniste, vouée à l'échec dès l'origine. Cette conclusion n'est pas tant le fruit d'une réflexion indépendante sur la question juive (à laquelle Sorman ne s'est jamais, de son propre aveu, intéressé) que l'intériorisation du rejet d'Israël par ses interlocuteurs musulmans, rencontrés au cours de ses nombreux voyages.

 

Sorman décrit avec précision ce processus d'intériorisation dans son livre :

 

Pour ceux qui veulent bien écouter les Arabes, l'attente de la fin d'Israël, active ou contemplative, reflète une conviction profonde. Peu le disent, de crainte de passer pour des extrémistes ; tous le pensent plus ou moins confusément. Dans l'Egypte en paix avec Israël depuis plus de 20 ans, les plus tolérants font preuve de patience, tout en nourrissant l'espoir que leur pays ne sera pas impliqué dans la disparition d'Israël 12.

 

Ainsi, Sorman est très au fait de l'opinion arabe concernant Israël et ne nourrit guère d'illusion sur les plus tolérants parmi les habitants des pays arabes, même ceux de l'Egypte, pays officiellement en paix avec Israël. Mais cette connaissance ne le conduit pas à s'indigner contre l'attente arabe de la fin d'Israël, ni à chercher à convaincre ses interlocuteurs du droit à l'existence de l'Etat juif. Au contraire :

 

Les modérés à la manière de Hassan Hanafi se demandent pour quelle obscure raison les Juifs s'accrochent à ce lambeau de terre si inhospitalier, alors que le monde est si vaste et qu'un grand nombre d'Israéliens, en sus de leur passeport israélien, ont une nationalité en réserve : française, américaine, argentine, etc. On se le demande aussi 13.

 

Sorman justifie donc l'espoir de destruction de l'Etat juif, qu'il partage avec ses interlocuteurs musulmans « modérés ». Le raisonnement de Sorman peut se résumer ainsi : le conflit israélo-arabe est insoluble, puisque les musulmans, même modérés, n'accepteront jamais l'existence de l'Etat juif. Il vaut donc mieux que celui-ci disparaisse… Ce syllogisme ressemble à celui qui sous-tend l'attitude d'un Otto Weininger : puisque les antisémites ne m'accepteront jamais et me haïront toujours, il vaut mieux que je disparaisse. Weininger a choisi le suicide comme solution radicale de son « problème juif ». Sorman prône quant à lui la disparition d'Israël comme solution du conflit israélo-arabe.

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Weininger

 

 

La responsabilité de Guy Sorman

 

Le dernier paragraphe du chapitre 11 des Enfants de Rifaa reprend, avec quelques légères modifications, la conclusion de l'article du Figaro intitulé « La survie d'Israël en question » :

 

Un monde sans Juifs est envisageable ; il y subsisterait le souvenir des Juifs, une interprétation du monde qui n'eût pas été possible sans leur faculté de le décoder. Peut-être leur œuvre est-elle achevée et les temps sont-ils mûrs pour qu'ils se dissolvent dans l'Occident ? […]

En revanche, il restera toujours des musulmans, Que cette vision d'Apocalypse sur la fin des Juifs soit excessive ou fondée, Dieu seul le sait 14.

 

L'idée que les Juifs auraient « achevé » leur œuvre et qu'ils pourraient donc disparaître évoque la conception chrétienne traditionnelle du Nouvel Israël ; mais le christianisme pré-concilaire acceptait au moins que les Juifs subsistent en tant que témoins… Sorman, qui considère comme inéluctable (et même souhaitable) la disparition totale du judaïsme, est par contre convaincu qu'il « restera toujours des musulmans ». Ainsi son plaidoyer pour un islam moderne et éclairé prend un sens tout à fait different, au regard de ses positions radicales concernant Israël. Pour lui, l'émergence d'un islam éclairé n'implique absolument pas l'acceptation du fait israélien.

 

La grande mansuétude dont il fait preuve à l'égard de l'Arabie saoudite n'a pas son pendant concernant Israël. Dans le chapitre de son livre consacré au « pays des Ben Laden », Sorman va jusqu'à faire l'éloge de la charia, avec une rhétorique qui évoque celle d'un Tariq Ramadan :

 

La charia s'y applique : il arrive que l'on coupe en public la main d'un voleur ; certaines femmes adultères auraient été liquidées, sans témoins. Il faut s'en émouvoir, tout en sachant qu'en pratique ces châtiments publics sont rares, car les voleurs peu nombreux 15.

 

Sorman a beau jeu de prétendre que sa conception de la disparition nécessaire d'Israël relève de la spéculation intellectuelle, en écrivant que « Dieu seul sait si cette vision d'Apocalypse est excessive ou fondée »… Sa responsabilité d'intellectuel n'en est pas moins grande. En envisageant froidement la disparition des Juifs de la surface de la terre, Sorman apporte une caution inestimable à ceux qui œuvrent concrètement pour que cette « vision d'Apocalypse » devienne réalité.

 

La thématique des Enfants de Rifaa est tout à fait significative de l'esprit du temps. Invoquer « l'islam des Lumières », faire preuve de compréhension envers les régimes musulmans les plus rétrogrades comme celui de l'Arabie soudite, et rejeter dans le même temps Israël du côté des ténèbres, tout en attendant sa prochaine disparaition.

 

Le discours d'un Sorman n'est pas sans conséquence : il sert en effet de légitimation aux volontés génocidaires des pires ennemis de l'Etat juif, et aux considérations de realpolitik des diplomates du Quai d'Orsay et des autres chancelleries occidentales, qui sont intimement persuadés, comme la majorité des interlocuteurs musulmans de Sorman, que l'Etat d'Israël est provisoire et qu'il aura bientôt disparu.

 

Chaque époque a les intellectuels qu'elle mérite. En juin 1967, l'ombre d'Auschwitz qui planait sur Israël avait conduit de nombreux écrivains français, juifs et non-juifs, à prendre la défense du petit Etat hébreu menacé de destruction. Quarante ans plus tard, il est beaucoup plus « fashionable » pour un écrivain français de célébrer l'Islam des lumières, de vanter les louanges de la charia, tout en prédisant la prochaine disparition d'Israël et des Juifs.

 

 

Pierre I. Lurcat 

Notes

 

1. Parmi lesquels La Solution libérale (Fayard 1984), L'Etat minimum (Albin Michel 1985), La Nouvelle Richesse des Nations (Fayard 1987), Sortir du Socialisme (Fayard 1990), Le bonheur français, (Fayard 1995), Le Génie de l'Inde (Fayard 2000).

2. Les Enfants de Rifaa, Fayard 2003.

3. Op. cit., p. 297.

4. Op. cit., p299.

5. Op. cit., p. 300.

6. Op. cit., p. 299.

7. Op. cit., p. 300.

8. Repris dans les Mémoires de Raymond Aron, Julliard 1983.

9. « La survie d'Israël en question », Le Figaro, 24 décembre 2001.

10.  Les Enfants de Rifaa, p.303.

11. Voir T. Lessing, La Haine de soi ou le refus d'être juif, Berg International éditeurs 2001. Sur la problématique de la haine de soi juive, voir également Paul Giniewski, Simone Weil ou la haine de soi, Berg International 1978.

12. Les Enfants de Rifaa, p. 305.

13. Op. cit., p. 305-306. C'est moi qui souligne.

14. Op. cit., p.305.

15. Op. cit., p. 134.

 

 

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Commentaires

Si je devais avancer 1 seule raison pour laquelle Israel et les Juifs ne doivent pas disparaitre de la surface de la terre, elle serait P.I Lurçat.

J'adore ce que vous écrivez et ça ne date pas d'aujourd'hui.

Écrit par : Jean | 17/12/2008

Félicitations, Pierre !

Il n'y a pas de bonne solution au fait d'être Sorman, hormis celle de cesser de l'être ...

Dans la même "veine", s'il on peut dire, les états d'âme d'Avaham Burg sont également questionnants.

Fils d’un dirigeant historique du Parti national relgieux (PNR) et ancien ministre de l’intérieur, Abraham Burg, un juif religieux, n’est pas n’importe qui, explique le journaliste de Haaretz (un journal qui a été décoré par Pierre Lurçat!), Ari Shavit, dans un article intitulé « Leaving the Zionist Ghetto » (Abandonner le ghetto sioniste) publié le 9 juin 2007. Il a été, après 1982, proche de Shimon Peres, et l’un des grands espoirs du Parti travailliste. Il a été président de l’Agence juive, président du Parlement et candidat à la direction du Parti travailliste. Il vient de publier un livre en Israël qui provoque un scandale, « Defeating Hitler » (Vaincre Hitler).

Q. Etes-vous toujours sioniste ?

R. « Je suis un être humain, je suis un juif et je suis un Israélien. Le sionisme a été un instrument qui m’a fait passer du sentiment d’être juif au sentiment d’être israélien. C’est Ben Gourion qui déclarait que le mouvement sioniste était l’échafaudage pour construire une maison et que, après l’établissement de l’Etat, il devait disparaître. »

Q. Donc, vous confirmez que vous n’êtes plus sioniste ?

R. « Lors du premier congrès sioniste, c’est le sionisme de Herzl qui a vaincu le sionisme d’Ahad Ha’am. Je pense que le XXIe siècle devrait être le siècle d’Ahad Ha’am. Nous devons abandonner Herzl et passer à Ahad Ha’am.»

Ahad Ha’am, de son vrai nom Asher Tzvi Ginsberg (1856-1927). Fondateur de l’organisation des Amants de Sion et l’un des pères de la littérature hébraïque, il met en doute l’idée que l’Etat juif est la solution idéale aux problèmes du peuple juif et prône, plutôt, la création en Palestine d’un centre spirituel. Il est aussi l’un des premiers à prendre conscience du "problème arabe". A l’issue de son premier voyage en Palestine, il écrit un article intitulé « Vérité de la terre d’Israël ». Il écrit : « Nous avons pris l’habitude de croire, hors d’Israël, que la terre d’Israël est aujourd’hui presque entièrement désertique, aride et inculte, et que quiconque veut y acheter des terres peut le faire sans entrave. Mais la vérité est tout autre. Dans tout le pays, il est dur de trouver des champs cultivables qui ne soient pas cultivés. (...) Nous avons l’habitude de croire, hors d’Israël, que les Arabes sont tous des sauvages du désert, un peuple qui ressemble aux ânes, qu’ils ne voient ni ne comprennent ce qui se fait autour d’eux. Mais c’est là une grande erreur. L’Arabe, comme tous les fils de Sem, a une intelligence aiguë et rusée. (...) S’il advient un jour que la vie de notre peuple [les juifs] dans le pays d’Israël se développe au point de repousser, ne fût-ce qu’un tout petit peu, le peuple du pays, ce dernier n’abandonnera pas sa place facilement. »

Mais encore ... Q. Dans votre livre, nous ne sommes pas seulement des victimes du nazisme. Nous sommes presque des judéo-nazis. Vous êtes prudent. Vous ne dites pas qu’Israël est l’Allemagne nazie, mais vous n’en êtes pas loin. Vous dites qu’Israël en est au stade de l’Allemagne pré-nazie.

R. « Oui. J’ai commencé mon livre par l’endroit le plus triste. Comme un deuil, mais un deuil d’Israël. Pendant l’essentiel du temps où j’ai écrit, j’avais un titre : "Hitler a gagné". Je pensais que tout était perdu. Mais, petit à petit, j’ai découvert que tout n’était pas perdu. Et j’ai découvert mon père comme représentant des juifs allemands, qui était en avance sur son temps. Ces deux thèmes nourrissent mon livre du début à la fin. A la fin, je deviens optimiste et la fin de mon livre est optimiste. », etc ...

Même processus d'intériorisation, cette fois-ci du rejet de la Shoah ? OUI.

Même responsabilité devant un tel engagement "intellectuel", bien que le terme soit excessif. OUI.

http://www.haaretz.com/hasen/spages/868385.html

TO WANT TO BE FASHIONABLE, IS VERY DANGEROUS !!

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 17/12/2008

Ce monsieur Sorman est le type classique du salaud qui n'a d'interet que pour sa petite personne et qui se croit un immense journaliste.
..un etrange personnage qui n'a qu'une qualité: moi, moi, moi et les autres je m'en 'contrefous";
Qu'li refuse sa judeité et ses origines..cela reste son affaire, mais qu'il condamne à la mort, au-dela des 6 millions de nos martyrs, Israel et sa population juive et ce dans un livre ouvert a tous , flattant ainsi ses amis antisemites et leurs comparses musulmans , voila qui n'est plus acceptable. Cela est du ressort de la justice francaise, puisqu'il pratique clairement le negationnisme en allant au-dela de ce que ce mouvement pratique.
Oui vraiment ce n'est qu'une ordure

Écrit par : gtr | 21/12/2008

monsieur sorman , vous etes un juif honteux et de nous avoir souyhaite la mort , D> vous punira tot ou tard, soit vous soit vos descendants .

Écrit par : l.blum | 21/12/2008

Si je vous insulte, c’est que j'ai un long contentieux avec vous, non individuellement car je ne vous connais pas mais avec le partisan de gauche qui ose DIRE DES CHOSES PAREILS

Écrit par : ftouh souhail | 22/12/2008

Je tiens à vous remercier Monsieur Lurcat pour votre analyse sérieuse et complète.

Écrit par : Sroussi | 22/12/2008

G.SORMAN et les autres "alterjuifs" ont honte de leur judéité. Les Juifs eux ont honte de les compter parmi les leurs.
Si pour ces personnages méprisables, la solution de leur "problème juif" est dans l'alternative : conversion ou suicide , il est préférable qu'ils choisissent le suicide. Bon débarras.

Écrit par : kalamat | 22/12/2008

Sorman, Weininger, même sentiments, même gêne de son appartenance, même combat, même fin...

Écrit par : Michel | 22/12/2008

Nous sommes en principe Le peuple du Livre . Or ceux qui blâment mon livre ne l'ont pas lu . Ou , ils l'ont lu avec des préjugés qui leur interdisent de comprendre la complexité talmudique du raisonnement. Donc qui est juif, qui ne l'est pas ? Etre juif , c'est questionner , comme Job . Mais il faut aussi avoir lu Job .
Guy Sorman, Paris décembre 2008

Écrit par : guy sorman | 23/12/2008

Je ne sais pas ou M. Sorman a etudie le Talmud, et je crains que la "complexite" de sa pensee concernant les Juifs et Israel ne depasse pas celle d'un Edgar Morin...
Continuez d'etudier, M. Sorman, il vous reste beaucoup a apprendre, et les portes de la Techouva sont toujours ouvertes!

Écrit par : Itshak | 25/12/2008

! חזק יצחק

Écrit par : joel | 26/12/2008

Mais laissez Guy Sorman dire ce qu'il pense enfin, je suis atterré de lire toutes ces critiques. Quelle intolérance! On le traite de "salaud", de "juif honteux", on le qualifie de "personnage méprisable", qu'on voudrait pousser au suicide parce-que soupçonné d'être "honteux de sa judéité".. tout ça parce-qu'il égratigne une certaine juiverie et Israël. C'est totalement absurde.

Guy Sorman est juste un homme libre, un juif éclairé dont "le monde est sa tribu"(1) ; on aimerait en voir plus souvent.

Le peuple juif est un peuple errant condamné à le rester pour l'éternité car Dieu l'a décidé ainsi. L'état sioniste ne peut survivre que par la force, c'est un état sans avenir, tout comme l'a été le royaume de Jérusalem des Croisés (1099-1291).


1 : Guy Sorman, ''Le monde est ma tribu'', aux Editions Fayard, 1997.


* Un livre sorti récemment à lire : Shlomo Sand, « Quand et comment le peuple juif a-t-il été inventé ? » (aux éditions Resling - en hébreu), 2008.
(* Et tout les livres de Guy Sorman bien entendu)

:)

Écrit par : Uri | 10/01/2009

Cher Uri, Personne n'interdit à Sorman de s'exprimer. Il l'a fait le 23 décembre avec un commentaire abscons sur "notre incapacité à comprendre la complexité talmudique". A partir de là, en effet il se soustrait à toute critique !
Quant à votre avis, je le trouve consternant . La malédiction divine condamnant le peuple juif à errer éternellement a été longtemps le fonds de commerce de tous les pamphlets antisémites. Comment pouvez-vous reprendre à votre compte de telles sornettes ?

Écrit par : kalamat | 10/01/2009

Il fallait bien que ce soit vous, Uri, pour citer Zand ...

Uri Avnery, je suppose ?

La plupart d'entre nous est familiarisée avec les origines de l'histoire juive grâce à la Torah. On peut retracer l'histoire du peuple juif depuis Abraham jusqu'à Moïse et probablement jusqu'à Josué, David et Salomon. On peut même arriver jusqu'à la destruction du Premier Temple.

Mais peu de gens savent vraiment ce qui s'est passé à l'époque du Second Temple, et encore moins ce qui est arrivé après. Quand notre long exil de deux mille ans a commencé, pour beaucoup d'entre nous, l'histoire juive devient nébuleuse et vague.

Deux mille ans, c'est long. Nous sommes toujours là, mais que nous est-il arrivé après la destruction de notre Temple, la perte de notre Terre, et notre dispersion sur la surface du globe?

Paradoxalement, le délire de Zand vient peut-être de son incapacité, ipso facto, à « réaliser » cette vertigineuse survivance d’un peuple auquel il ne peut appartenir.

Nous avons survécu à Pharaon,
Nous avons survécu aux Grecs,
Nous avons survécu aux Romains,
Nous avons survécu à l'inquisition en Espagne,
Nous avons survécu aux pogromes en Russie,
Nous avons survécu à Hitler,
Nous avons survécu aux Allemands,
Nous avons survécu à l'holocauste,
Nous avons survécu aux armées des sept pays arabes,
Nous avons survécu à Saddam ….

Il ne le peut, car sa « déréalisation » des faits historiques n’est pas aussi folle que la Réalité à laquelle il se trouve confronté aujourd’hui !

Dans sa quête de vouloir prouver l’inexplicable, il ne parvient pas à expliquer l’improbable.

Aujourd'hui nous possédons
Un pays,
Une armée, une aviation puissante
Une économie High-Tech, qui exporte des millions.
Intel - Microsoft -IBM ont développé leurs produits ici.
Nos médecins ont gagné des prix internationaux
Qui récompensent des développements médicaux.
Nous avons fait prospérer le désert,
Et vendu oranges et légumes dans le monde entier,
Israël a envoyé son propre satellite dans l'Espace !!
Israël fait aujourd'hui partie
De la puissante famille nucléaire mondiale
Avec les USA, la Russie, la Chine, l'Inde, la France et l'Angleterre.(Nous ne le reconnaissons pas, mais tout le monde le sait...)

Comment avons-nous survécu dans un monde cruel et particulièrement hostile ? À quoi ressemblaient nos ancêtres qui erraient d'un endroit à l'autre, farouchement accrochés à la Torah?

L'histoire d'Am Israël, pendant le plus long exil du monde, en temps comme en distance, est la plus incroyable des histoires de l'humanité. Pourtant cette fabuleuse histoire est rarement racontée comme il faut.

Nos Sages étudiaient autrement que nous le faisons aujourd'hui.

Ils n'étaient pas attachés à la chronologie des événements mais au sens de leurs messages.

Quand le fil de l'histoire ne se déroule pas sans interruption du début à la fin, il nous est difficile d'y reconnaître l'œuvre de D-, les liens infinis qu'il tisse entre les événements pendant qu'Il nous propulse dans notre voyage de la vie.

Toutefois, même l'histoire chronologique peut être une cause de confusion. Au contraire des mathématiques où, quoi qu'il arrive, deux et deux font quatre, une histoire peut être racontée de différentes façons. Qui raconte la véritable histoire du combat des juifs pour la Terre d'Israël aujourd'hui - les juifs ou les Arabes?

Un célèbre historien a dit un jour que toute l'histoire est une interprétation. Même si tous les partis utilisent les mêmes "faits", les récits peuvent être très sensiblement différents.

Il y a un siècle, Mark Twain, le célèbre écrivain américain, remarquait:si les statistiques sont vraies, les juifs ne représentent qu'un quart de pour Cent de l'espèce humaine... un pauvre souffle nébuleux de poussière d'étoiles perdu dans la voie lactée.

En fait, on devrait à peine parler des juifs.
Mais on en entend parler, depuis toujours...
De tout temps, à chaque fois qu’une civilisation à voulu détruire le Peuple du Livre, le Peuple de la Parole révélée, cette civilisation s’est éteinte.

D’un point de vue lacanien, le nom du père, pourrait être transcrit par « Le non-dupe, erre » et Attali pourrait justifier que celui qui n’est pas dupe de l’idée de D-, doit affronter l’errance.

Le peuple juif possède le nom du père, il peut donc errer.
La Loi et la Terre: quand il perd l’une, il a l’autre; quand il perd l’autre, il a l’une.

Pour conclure et en finir avec M. Zand, je vous citerai une phrase d’Imré Kertesz:

« La diaspora n’existe plus, depuis que Jérusalem est la capitale d’Israël ».

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 10/01/2009

C'est très divertissant de voir qu'il existe des adultes qui croient au père Noël ( devrais-je dire plutôt père Israël) mais l'histoire se poursuit et vous en verrez très prochainement les prémisses de ce dont parlait. M Sorman qui, soit dit en passant,ne fait que confirmer ce qui s'est dit voilà plus de 1400 ans.......peuple condammé à errer jusqu'à la fin des temps.........et Dieu ne manque jamais à sa parole

Écrit par : jules | 30/01/2009

Un livre génial sur le sionisme, sur la notion judaïque de race supérieure: http://ia351404.us.archive.org/1/items/LaControverseDeSion/REEDfrsion.pdf Extraits tirés de la Bible: « L’Éternel m’adressa la parole, et dit… À partir d’aujourd’hui, je répandrai la terreur et la crainte de toi parmi les peuples qui sont sous tous les cieux, qui entendront parler de toi, et trembleront, et seront dans l’angoisse à cause de toi ». Sept nations plus grandes et plus puissantes que toi » doivent être livrées aux mains des Judaïtes, et : « Tu les détruiras entièrement ; tu ne feras aucune alliance avec elles, et tu ne leur montreras aucune pitié… tu détruiras leurs autels… car tu es un peuple saint pour l’Éternel ton Dieu ; l’Éternel ton Dieu t’a choisi pour que tu sois un peuple spécial à ses yeux, entre tous les peuples qui sont sur la surface de la terre… Tu seras béni entre tous les peuples… Et tu consumeras tous les peuples que l’Éternel ton Dieu te livrera ; tes yeux seront sans pitié envers eux… l’Éternel ton Dieu enverra les frelons contre eux, jusqu’à ce que ceux qui restent et qui se cachent de toi, soient détruits… Et l’Éternel ton Dieu expulsera ces nations devant toi petit à petit… Mais l’Éternel ton Dieu te les livrera, et les détruira par une destruction puissante jusqu’à ce qu’il soient détruits… Et il livrera leurs rois entre tes mains, et tu détruiras leur nom de dessous les cieux ; aucun homme ne sera capable de se tenir devant toi, jusqu’à ce que tu l’aies détruit… … Va prendre possession des nations plus grandes et plus puissantes que toi… l’Éternel ton Dieu ira lui-même devant toi ; tel un feu dévorant il les détruira, et il les terrassera devant toi ; alors tu les chasseras, et les détruiras promptement, comme l’Éternel te l’a dit… Car si tu observes avec zèle tous ces commandements que je t’ordonne… alors l’Éternel chassera devant toi toutes ces nations, et tu posséderas des nations plus grandes et plus puissantes que toi-même… même les côtes de la mer occidentale seront tiennes. Aucun homme ne sera capable de se tenir devant toi : car l’Éternel ton Dieu répandra la crainte et la terreur de toi sur toute terre que tu fouleras… Quand l’Éternel ton Dieu aura exterminé les nations devant toi, où tu iras pour les posséder, que tu prendras leur place, et t’installeras sur leur terre : prends garde à ne pas tomber dans le piège en les suivant… et ne t’enquiers pas de leurs dieux.

Écrit par : Kim Jong Ilien | 02/05/2009

On sait depuis l'avènement de la génétique qu'il est difficile de garder une race pure sei la descendance se fait par la mère. Donc affirmer la judaïté des israéliens est un non-sens que même des scientifiques "juifs" rejettent. La plupart des israéléens sont des descendants de convertis à la religion juive. Donc les plus juifs en palestines sont peut-être les juifs qui ont vécu là bas depuis toujours et même les palestiniens qui ont plus de sang juif mais se sont convertis à l'islam et ont adopté la culture arabo-musulmane. Donc de ce fait et du fait de l'éloignement culturelle des communauté qui forment le peuple d 'Israël : russe maghrébins orientaux allemands polonais americains. C'est la marmite qui bouillonne, et le résultat c'est la fin des haricots.

Écrit par : Arsa | 20/12/2009

Soulagement de l'homme qui pisse

(c'en est fini de toi, l'hygiéniste!)

Par-dessus les murs, passe un flot dévastateur,
le monde n'est plus qu'un amas d'objets aimables.
Soyons joyeux! Rebondissons! Dans les cartables,
blocs-notes, verbatim et crayons de couleur.

(lire la suite sur instants-fugaces.net)

Écrit par : Valentini | 15/03/2011

salut les délirants!

(chanson à couronner les rois à courroies)

En passant par l'antichambre

J'étais crevé comme un pneu mortuaire
Je ne faisais que compter les tués
pour les reconvertir en monnaie scripturaire
J'en avais plus qu'assez de vivre à Gérardmer.
Aussi j'ai décidé de changer d'aire
Avec mon amie la grue j'ai volé
elle devant moi et moi derrière oculaire
jusqu'au paradis que personne n'a trouvé.

Wonderful word sors m'en un beau car je m'ennuie
Waterloo world mon passeport est tout jauni

J'ai d'abord pensé à Jérusalem
l'étoile des pâtres et des bergers
Joyeuse comme Malthus sur Mathusalem
la Mort même y a le goût du miel et du lait.
Nu comme un bébé je tétais au harem
N'y avait qu'hommes c'était mal fréquenté
Le sifflet l'odeur du bestiaire allez l'OM
tout cela je l'avais déjà à Gérardmer.

Wonderful word sors m'en un beau car je m'ennuie
Waterloo world mon passeport est tout jauni

Jérusalem adieu ma ville ceinte
je veux la liberté illimitée
Donc pour New-York comme une putain peinte
avec ma mie la grue je vais cherchant l'été.
Je prends une douche le tocsin teinte
Dans l'hôtel la police et les pompiers
J'attendais des gémissements contre les plinthes
allant aux ruelles j'écope de huées.

Wonderful word sors m'en un beau car je m'ennuie
Waterloo world mon passeport est tout jauni

J'ai dû remplir un tas de paperasses
New-York ta renommée est usurpée
Donc pour Moscou je laissais toute cette crasse
préférant le vieux Raspoutine et ses baisers.
Heureux des lignées tout de fard et strass
j'avalais de l'eau de longévité.
Mon âme ivre roulait bon sang de bonne race
Du paradis Lénine non n'est pas la clé

Wonderful word sors m'en un beau car je m'ennuie
Waterloo world mon passeport est tout jauni

Mais le soir vint et vint la nostalgie
la grand-cloche du Kremlin m'y poussait.
J'avais besoin de beaucoup plus qu'une simple vie
sans la poudre et le feu je reste inanimé.
La chose publique appelle l'orgie
donc je descendis juste avant Cambrai
auprès des nains beaux à cornes de Françuski
et me fis empereur sans patron sans papier.

Wonderful word sors m'en un beau car je m'ennuie
Waterloo world mon passeport est tout jauni

Écrit par : valentini | 06/01/2013

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