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30/11/2008

Hébron : les dessous de l'affaire de la "Maison de la Paix"

Interview de Pierre Lurçat par Claire Dana-Picard (Aroutz 7)

Maison de la Paix à Hébron : un débat antidémocratique ?

Bet Hashalom, la Maison de la Paix, est une bâtisse de trois étages qui se trouve sur la route empruntée par les fidèles de Kiriat Arba, lorsqu'ils descendent vers  Hébron pour prier à la Maarat Hamahpela, le Caveau des Patriarches. Cette maison a été achetée par des Juifs à un Arabe et plusieurs familles s'y sont installées il y a plus d'un an. Depuis quelques temps, ces familles sont menacées d'expulsion par les instances du gouvernement et la propriété de la maison est contestée. Pierre Lurçat, avocat et journaliste, nous donne des précisions sur cette affaire qui suscite beaucoup d'émotion en Israël.

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Claire Dana-Picard : Cette maison a été achetée à un Arabe par des Juifs qui en sont donc devenus les propriétaires. Vous pouvez nous dire en quelques mots comment s'est passée la transaction ?

Pierre Lurçat : Toute la transaction a été filmée, et on voit le vendeur qui reçoit l'argent des acheteurs. Cela rappelle un peu la transaction d'Avraham Avinou (le patriarche), qui a été relatée dans la Paracha que nous avons lue la semaine dernière (lorsqu'il a acheté la Maarat Hamahpela). Cette transaction a été parfaitement documentée, à dessein bien évidemment, en pensant qu'un jour, il y aurait certainement des contestations comme c'est souvent le cas dans cette région d'Israël. Par ailleurs, il est important de préciser que l'argent qui a permis de financer cette acquisition n'est pas n'importe quel argent. C'est l'argent d'un Juif américain, qui n'est pas un riche millionnaire comme ceux qui soudoient bien souvent, malheureusement, nos hommes politiques ces derniers temps. Il s'agit d'un donateur qui a "cassé sa tirelire", qui a utilisé toutes les économies de sa retraite parce que son grand-père faisait partie de ces Juifs de Hébron qui avaient été massacrés en 1929 lors du tristement célèbre pogrom.

CDP : Et c'est une maison qui a coûté cher, je crois qu'elle a coûté un million de dollars, n'est-ce pas ?

PL : Oui. L'argent a été payé, il n'y a aucune contestation possible sur le paiement et il n'y a aucun vice juridique. Ce qui est en jeu, ce n'est pas tellement la légalité de la transaction. C'est bien au-delà de cela : c'est le droit des Juifs à habiter et à acheter des maisons à Hébron.

CDP : Il est peut-être important de souligner que le vendeur arabe est passé par un intermédiaire jordanien : pourquoi toutes ces précautions, pourquoi a-t-il tenu à garder l'anonymat ?

PL : Parce que – on le sait, même si les médias israéliens et les autres médias ne le rappellent jamais - la peine de mort est infligée par l'Autorité palestinienne et dans beaucoup d'autres pays arabes à toute personne qui vend un bien à un Juif. Il y a des lois antisémites, qui ressemblent à celles de l'Allemagne nazie, qui sont en vigueur tout près de chez nous en Jordanie et même dans l'Autorité palestinienne.  Et cela, évidemment, les médias ne le rappellent pas assez. C'est cela, à mon avis, le vrai scandale. C'est contre cela que devrait s'élever la Cour suprême et le pouvoir israélien s'ils avaient un semblant de logique et de justice dans leur attitude.

CDP : Revenons maintenant à la vente de la maison. Dans le cas présent,  pourquoi le titre de propriété a-t-il été contesté ? Et s'il s'agit d'une affaire judiciaire, comment se fait-il que le gouvernement y soit mêlé ? En quoi cette affaire le concerne ?

PL : A priori, elle ne le concerne pas du tout. Dans un Etat de droit, ce sont les tribunaux qui doivent trancher sur ce genre de litiges, si litige il y avait. Mais en fait, on s'aperçoit en grattant un peu à la surface que ce n'est pas du tout un problème de propriété et de justice; il s'agit d'un problème politique. On le voit bien d'ailleurs puisque c'est la Cour suprême qui s'en mêle alors que normalement, la compétence pour ce genre de litiges incombe aux tribunaux de première instance et de grande instance. Et là, tout d'un coup, c'est la Cour suprême qui s'en mêle parce que c'est Hébron, parce que c'est la ville symbole, symbole de notre attachement et de notre présence en Eretz Israël. Pour une certaine frange de l'establishment politique et juridique en Israël, elle est une ville détestée et considérée comme une ville arabe, comme l'écrivait ce matin (lundi) Nadav Shragaï dans le quotidien Haaretz. Pour eux, Hébron est la ville des Arabes alors que nous savons que c'est la ville des Patriarches, c'est la ville qui est le symbole même de notre présence ici (en Israël) avant même Jérusalem. C'était la première capitale du royaume de David.

 

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CDP : Est-ce que cela veut dire qu'il y a une crise sérieuse dans le système juridique  israélien ?

PL : Oui, vous avez raison. Si on veut vraiment comprendre les dessous de cette affaire, on est obligé finalement de se poser la question suivante : comment en est-on arrivé là ? Comment a-t-on aujourd'hui un système judiciaire, dans un Etat qui se dit démocratique, qui est capable de prendre une telle décision. Parce qu'il y a un déni de droit qui est évident pour toute personne quelque peu objective. Je pense que tout le monde s'aperçoit qu'il y a un déni de droit fondamental. Et si on veut comprendre, à mon avis, les motivations profondes, on est obligé de se demander au nom de quoi cette décision est prise par la Cour suprême (Bagatz) et au nom de quoi elle est appliquée d'une certaine manière, tout à fait extrémiste, par le procureur de l'Etat et par le ministre de la Défense Ehoud Barak qui considère que c'est la priorité alors qu'on sait par ailleurs qu'il est incapable de mettre fin aux tirs de Kassam. Comme si la priorité aujourd'hui, pour le gouvernement israélien, était d'empêcher une famille juive de vivre dans une maison à Hébron.   

CDP : Finalement, quelle a été exactement la décision de la Cour suprême ?

PL : La Cour suprême a dit que tant que la question de la propriété n'était pas tranchée, les Juifs n'avaient pas le droit d'habiter dans cette maison. Donc, elle laissait la porte ouverte à une expulsion sans dire qu'il fallait les expulser immédiatement : cela, c'est une interprétation faite par Ehoud Barak et par d'autres personnes au gouvernement et auprès du Procureur de l'Etat.

Mais déjà, en soi, cette décision était à mon avis gravissime. Et on est amené à s'interroger sur la nature même du système judiciaire en Israël. Pendant de nombreuses années, pendant plusieurs décennies, en fait depuis la révolution constitutionnelle du juge Aaron Barak, on pensait qu'il y avait cette notion d'Etat juif et démocratique, tout à fait problématique d'ailleurs, mais qui constituait malgré tout un semblant de consensus, de pacte social sur lequel pouvait   s'édifier et vivre la démocratie israélienne. D'abord, on s'est aperçu que l'Etat juif et démocratique n'était pas juif, le juge Barak l'a dit lui-même. Il a dit que l'Etat juif, c'était ce que lui et les membres de "l'élite éclairée" considéraient comme juif. Ce sont ses propres termes et c'est lui qui parlait d'une "'élite éclairée", qui se considérait comme le représentant de "l'élite éclairée". Donc, on s'est aperçu que l'Etat juif et démocratique n'était pas juif, et aujourd'hui, on s'aperçoit qu'il n'est même pas démocratique. Les juges n'ont même pas l'élément fondamental du Tsedek, de la justice, qui est à la base de tout système de droit démocratique.

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A.Barak

CDP : En fait, cela semble être devenu un débat politique entre la gauche et la droite.

PL : A mon avis, il transcende le clivage entre la gauche et la droite. Il s'agit pour moi d'un débat politique entre les tenants d'une véritable démocratie et les tenants de ce que le politologue Jacob Talmon a appelé il y a déjà assez longtemps la démocratie totalitaire, c'est-à-dire le pouvoir accaparé par une petite élite qui est prête à employer tous les moyens pour faire triompher sa conception du Droit et sa conception de ce que doit être l'Etat d'Israël.

CDP : On a la nette impression que tout est fait pour tenter de prouver que les militants de droite sont des gens violents, qui ne respectent pas la loi. Comment faire, dans ce cas, pour ne pas céder aux provocations ?

PL : Je pense qu'il y a toujours ces provocations et des actes qui sont montés en épingle par les médias et on peut souvent suspecter qu'ils sont le fait de provocateurs du Shin Bet. On l'a déjà vu par le passé. La majorité des habitants juifs de Hébron sont pacifiques comme tous les Juifs de Judée–Samarie et on essaie de les présenter aux yeux du public et de l'opinion internationale comme des gens violents, comme des délinquants, alors que la violence, en fait, est de l'autre côté. La violence, c'est celle d'un pouvoir illégitime qui voudrait expulser les gens de leur maison, comme l'ont bien compris un certain nombre de commentateurs et les Juifs de Hébron eux-mêmes qui ont dit : "Si on ne peut pas habiter cette maison, acheter cette maison, cela veut dire que les Juifs n'ont plus le droit d'habiter à Hébron". C'est gravissime d'en arriver à cette situation, dans l'Etat juif souverain revenu sur sa terre.

CDP : Vous avez certainement entendu qu'il y a un grand mouvement de solidarité qui vient d'être lancé pour que cette maison ne soit pas évacuée. Vous croyez qu'on arrivera à éviter une confrontation ?

PL : Je l'espère, bien entendu. J'espère que la mobilisation du public juif israélien va arriver à faire reculer le pouvoir dans cette démarche totalement antidémocratique et quasiment totalitaire, consistant à vouloir interdire aux Juifs d'habiter Hébron qui était la première capitale de l'Etat juif.    

21/11/2008

Une nouvelle affaire Boniface ? Itshak Lurcat

Pascal Boniface attaque les intellectuels juifs, depuis Alger

 

 "Le Bonifacisme ne passera pas", avait déclaré il y a quelques années Michel Gurfinkiel, alors que venait d'éclater l'affaire Boniface. Pascal Boniface, directeur de l'IRIS (Institut de Recherches Internationales et Stratégiques) affirmait, dans une note interne au Parti socialiste sur la situation au Proche-Orient en avril 2001, qu'une politique équilibrée au Proche Orient, mettant sur le même plan Palestiniens et Israéliens, serait ressentie comme une injustice par la communauté arabo-musulmane, et la détournerait aux prochaines élections, de Lionel Jospin et du Parti Socialiste.

 

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Pascal Boniface, adepte de la theorie du complot juif

 

Sept ans plus tard, une nouvelle affaire Boniface est-elle sur le point d'éclater ? On peut le penser en lisant les propos de l'expert en géopolitique, prononcés dans une récente conférence en marge du Salon du livre d'Alger... Ces dernières années pourtant, Boniface avait voulu améliorer son image, quelque peu écornée par la polémique. Il avait été aidé en cela par la journaliste Elisabeth Schemla, qui avait cosigné un livre avec lui intitulé, avec hypocrisie et sans la moindre ironie, "Halte au feu"... Mais Boniface est resté Boniface, et il vient de le prouver en réitérant ses propos contre les Juifs, dans une conférence organisée à Alger. Ses propos, rapportés par le quotidien algérien El-Khabar, sont en effet sans équivoque. Extraits :

 

"Les Arabes et les Musulmans ne disposent pas d'un lobby en Occident, capable de corriger l'image erronée de l'Islam, alors que des célébrités médiatiques s'emploient à ternir leur image". Et pour enfoncer le clou, Boniface précise encore que "Ces campagnes hostiles à l'islam sont commanditées par des intellectuels et des journalistes connus dans la sphère francaise, comme Bernard-Henri Lévy, Alain Finkielkraut et Philippe Val, ce qui rend plus facile d'injurier et d'insulter les musulmans..."

 

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 Ainsi, aux yeux de Pascal Boniface, ce sont des intellectuels juifs qui attisent la haine contre l'islam en France et qui "commanditent" des campagnes hostiles à l'islam... Vocabulaire qui suggère une sorte de complot contre l'islam, dirigé par BHL et Finkielkraut ! En clair, il y aurait un complot juif contre l'islam, affirmation qui constitue un leitmotive du discours islamiste contemporain, depuis Sayyid Qutb et le grand Mufti pronazi Al-Husseini, jusqu'à Qaradawi et Tariq Ramadan... On comprend la délectation du journal algérien, qui rapporte les propos de Pascal Boniface sous le titre trompeur "Règlement de comptes entre intelletuels Francais en Algérie". Mais en fait de règlement de compte, il n'y en a qu'un, le compte ancien de Boniface avec les Juifs... Le Bonifacisme ne passera pas ? Affaire à suivre.

18/11/2008

PRIMO, Les ancêtres de Bôle-Richard

EXCELLENT EDITO DE PIERRE LEFEVBRE SUR PRIMO!

 Un archéologue israélien a découvert un minuscule fragment de poterie, à 20 kilomètres de Jérusalem, sur lequel figure une inscription en hébreu.

Il s’agirait du plus ancien texte hébreu, remontant à 3 000 ans. Il a été trouvé sur le site d’une forteresse qui aurait appartenu à l’ancien royaume juif de Judée à l’époque du roi David.

Même si certains historiens mettent en doute l’importance du royaume de David, ils sont en revanche tous d’accord pour dire que celui-ci aurait vécu aux environs de l’an mil AVANT Jésus-Christ.

Ce qui nous fait à peu près 3000 ans.

Et tout cela est évidemment très embêtant pour ceux qui affirment, contre toute évidence, que le peuple juif n’a aucune légitimité sur la terre qu’il habite actuellement.

Tout d’abord, cela est très ennuyeux pour les islamistes du Hamas dont les principaux chefs ne cessent de clamer qu’Israël est un occupant.

Cela est très ennuyeux également pour le Fatah, l’actuel mouvement dirigeant en Judée Samarie. Son ancien chef, Yasser Arafat, n’a jamais accepté la petite démocratie israélienne. Dans ces discours en arabe, il niait que les Juifs aient été présents avant les Palestiniens.

Selon lui, Jésus était Palestinien. Jérusalem n’avait aucune origine juive et le Temple de Salomon était une pure invention.

Mais Arafat croyait mordicus que le prophète Mahomet s’était rendu de la Mecque à Jérusalem sur le dos d’un cheval-femme-aigle. Ce vol était, selon lui, la preuve que Jérusalem devait appartenir à la nation arabe, donc musulmane puisqu’il confondait ces deux notions avec beaucoup de constance.

Une autre famille de pensée est, elle aussi, profondément embêtée.

Ce sont les idéologues à la petite semaine que l’on retrouve dans nos contrées, professeurs, journalistes, avocats, militants pro-palestiniens. Quand il fait beau, on y trouve aussi des membres du clergé.

Tous sont très heureux de pouvoir dénoncer les "crimes israéliens" et affirmer haut et fort, appuyés en cela par Ahmadinejad et Kadhafi (des références !) qu’Israël doit cesser d’exister.

Cette proximité de pensée ne les gêne pas du tout. Ils n’en sont plus à un retournement de veste près.

Comme cela ne les gêne absolument pas de se retrouver dans les partis politiques d’extrême gauche et d’extrême droite, parfois en même temps, par une de ces gymnastiques intellectuelles dont ils ont le secret.

Eux en général si prompts à dénoncer l’impérialisme américano-sioniste n’ont pas un seul mot de condamnation pour l’impérialisme arabe qui a colonisé durant des siècles, au nom de l’Islam, à peu près toute la terre, par la fureur, le sabre et le sang.

Certains d’entre eux se retrouvent, par hasard et également par nécessité, dans de grands médias nationaux. Et lorsque, par chance, ils sont nommés correspondants permanents au Proche Orient, ils font profiter la terre entière de leur interprétations erronées.

Chaque fois qu’ils peuvent distiller un petit doute sur le caractère légitime d’Israël, ils ne s’en privent pas.

Il en est ainsi du Monde et de Michel Bôle-Richard.

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Bôle-Richard n’a visiblement pas visité la cité du Roi David, à Jérusalem. Les fouilles, le passé, l’Histoire, ce n’est pas son truc.

Il n’a pas pu (pas voulu) voir la petite source qui alimentait la ville à l’époque de David. Il n’a peut-être pas marché dans ces souterrains, aux pierres usées par 3000 années de passage constants.

Il aurait bien voulu passer sous silence la découverte de cet indice extraordinaire. Seulement, là, il est très embêté. Libération en a parlé dés le 3 novembre 2008, il ne pouvait se taire plus longtemps.

Il a donc pondu un article mi-fable mi-raison, dans lequel il parle du Royaume de David comme « élevé au rang de mythe en Israël ».

A croire que Bôle-Richard ne fréquente pas beaucoup d’Israéliens. Car même les plus laïcs d’entre eux savent qu’ils résident sur une terre où vivaient naguère leurs ancêtres, au rang desquels David, Salomon et les prophètes.

Une phrase d’une bêtise rare

Car Bôle-Richard, non content d’exprimer avec force conditionnel, ses doutes sur la validité d’une telle découverte, émet une opinion qui est une contre-vérité absolue, une manipulation de l’Histoire :

Comme, ici, l'archéologie n'est jamais loin de la politique, cette découverte renforcerait la légitimité de la création d'Israël sur ces terres, même s'il est établi que les Philistins, les ancêtres des Palestiniens, vivaient déjà dans cette région.

Ce qui pose problème et qui témoigne d’une ignorance crasse de l’histoire du Moyen-Orient, c’est cette petite phrase de Bôle-Richard : « même s'il est établi que les Philistins, les ancêtres des Palestiniens… ».

Si Bôle-Richard était doué de raison, s’il était muni d’un QI supérieur à celui d’une amibe, s’il avait le quart de l’once de la moitié de la culture générale d’un star’académicien analphabète, il saurait qu’effectivement le Moyen Orient a vu se développer et mourir des peuples entiers.

Des civilisations ont disparu, non sous les coups du peuple Juif, mais parce qu’il en est ainsi dans l’histoire des hommes.

Où sont les Nabathéens ? Que sont les Edomites devenus ? Et les Amalekites ? Qui habite maintenant à Petra ?

Parmi les tribus néolithiques, Anakim, Emim, Zanzoumim, Réphaïm, laquelle peut venir témoigner devant l’ONU ?

"Au secours, on recherche le petit Moabite qui est attendu d’urgence par sa maman Bôle-Richard au bureau d’accueil de l’Histoire".

Dans lequel il est établi que Bôle-Richard fait preuve d'inculture

Les Philistins ne sont pas les ancêtres des Palestiniens.

Et, puisqu’il faut, en quelques mots – le correspondant permanent ne mérite guère plus – dire d’où vient le mot Palestine, voici.

Il provient du mot hébreu Pelechet, qui veut dire « pays des philistins ». Les grecs, marins et marchands, appliquèrent ce mot, tout d’abord à ce qui est maintenant la Bande de Gaza, puis l’ont étendu à toute la région.

Les premiers habitants connus étaient les Cananéens. Leur religion, un naturisme légèrement débridé, laissait beaucoup de place à la nature et à ses manifestations. Ils pratiquaient l’ivresse extatique et la débauche sacrée. Fort joli programme, certes, mais entaché par une coutume plus sanguinaire : le sacrifice des enfants. A Thaanac, à Guézer, on a trouvé de véritables cimetières de nouveaux nés.

Est-ce de ces habitants-là de Palestine que veut parler Bôle-Richard ? Et à quel titre ? Aurait-il discerné quelque ressemblance avec les palestiniens d’aujourd’hui ?

Mais les Cananéens ont disparu, miné par les mariages consanguins, les maladies et le manque de culture politique, au sens de la cité.

Les Philistins, peuple de la mer, étaient une peuplade de guerriers et de marins exceptionnels. Sans système politique unifié, et malgré la richesse qu'ils ont pu accumuler dans le commerce, la trace de ce peuple, disparait au 2° siècle avant Jésus Christ.

Rome est venu ensuite égaliser tout cela sous la férule de quelques empereurs aux velléités dominatrices. C’est à partir de ce moment là que le mot « Palestine » est entré dans le langage courant. Les Romains ne voulaient plus entendre parler du mot « Hébreu » ou « Juif », ou encore « Israël ».

Ils ont donné à cette région le nom de Palestine, en référence aux Philistins, qui avaient disparu depuis longtemps. N’ayant pu briser la mémoire et l’histoire des Juifs, ils ont tenté alors de proclamer leur disparition en affublant la terre du nom de leurs ennemis séculaires.

Beau calcul en vérité, que ce révisionnisme romain ! Assez beau et efficace pour trouver encore, dans les manchettes d’un quotidien du soir, quelque plume enkystée pour faire la propagande de ce mensonge, vieux reste d’un génocide, culturel celui-là.

Les Palestiniens ne sont en aucun cas les descendants des Philistins. La population non-juive est constituée en grande majorité d’une immigration forcée ou désirée. Circassiens, Kurdes, Turcomans, Algériens, Bosniaques et d’autres nationalités arrivèrent au 18° siècle en Palestine.

Un historien a calculé que 141.000 musulmans étaient établis en Palestine en 1882 et que 25% d’entre eux étaient arrivés récemment. Ce phénomène se reproduira plus tard, notamment en 1934, lorsque 30 000 Syriens furent transplantés en Palestine par les Britanniques suite à une grande sécheresse, puis en 1936 quand 100 000 Arabes immigreront pour trouver du travail.(Lire, de Liliane Messika)

Et c’est parmi ceux-là que Bôle-Richard prétend trouver les descendants des Philistins !

Ses ancetres vivaient dans un marecage... dont il n'est apparemment pas sorti!

Ce que l’on peut dire avec certitude, c’est que les ancêtres de Bôle-Richard, au temps du roi Salomon, vivaient dans des marécages grouillants de vermine, dans ce qui deviendra Lutèce, puis Paris.

A la même époque, la Jérusalem, juive, irradiait déjà d’une sagesse pluri-millénaire avec en toile de fond la phrase « Tu ne tueras point ».

Ce commandement s’applique aux individus. Il s’applique aussi à un peuple lorsqu’on tente, comme Bôle-Richard, à longueur d’article, d’en nier l’existence et la légitimité.

Pierre Lefebvre © Primo, 17 novembre 2008

 
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