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03/02/2009

Michel Warschawski, itinéraire d'un Juif renégat - 1ere partie

Apres Shlomo Sand et Guy Sorman, je poursuis mon analyse du discours des Juifs antisionistes et/ou antisémites avec le cas Warschawski, en mettant en ligne cet article paru dans la revue Controverses, dans un numéro spécial consacré aux "Alterjuifs". L'article, écrit en 2005 et paru initialement en 2007, n'a rien perdu de son actualité... Michel Warschawski, fils juif de bonne famille, est devenu un militant antisioniste radical (condamné pour soutien au mouvement terroriste FPLP). Si je me permets d'insister sur l'origine familiale de Warschawski - dont le pere, le rabbin Max Warschawski z.l. était une figure bien connue du judaisme en France - c'est parce que cet élément est important pour comprendre la fonction que remplit Warschawski dans la propagande palestinienne en France. Ce n'est pas un hasard s'il accompagne Leila Shahid dans ses tournées de conférences dans tout l'Hexagone, et s'il est ainsi devenu une sorte d'ambassadeur itinérant de la cause palestinienne en France... En tant que juif renégat (au sens propre, c.a.d un Juif qui a renié sa famille, sa religion et son peuple) il représente un capital inestimable pour la propagande palestinienne... Raison de plus pour analyser son discours et son engagement politique radical. P.I.L.

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Le rabbin Max Warschawski z.l.

Michel Warschawski est né à Strasbourg en 1949. Son grand-père paternel, originaire de Lodz en Pologne, s'était installé à Francfort-sur-le-Main, puis à Strasbourg, où son père occupa la fonction de grand rabbin. Sa mère appartenait à une vieille famille judéo-alsacienne. A l'âge de 16 ans, il part en Israël pour étudier dans la yeshiva Mercaz ha-Rav de Jérusalem, de tendance sioniste religieuse. En octobre 1967, étudiant à l'Université hébraïque de Jérusalem, il rejoint le Matzpen, groupuscule dissident du Parti communiste israélien. Matzpen, qui veut dire « boussole » en hébreu, est l'autre nom de l'Organisation socialiste israélienne, groupuscule trotskyste qui milite pour la « désionisation » d'Israël et pour son « intégration dans le Moyen Orient arabe », et qui prône un « soutien inconditionnel au combat de libération nationale palestinien ».

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Warshawski en action

 

A partir de cette date, Warschawski va devenir un infatigable militant antisioniste, aux côtés de l'avocate Lea Tsemel, rencontrée sur les bancs de l'université. Longtemps correspondant en Israël du journal d'extrême-gauche Rouge (organe de la Ligue communiste révolutionnaire), il crée en 1984 le Centre d'Information alternative, destiné à « donner une visibilité aux nouvelles organisations palestiniennes de résistance ». En octobre 1989, Warschawski est condamné à 30 mois de prison pour « prestation de services à des organisations palestiniennes illégales ». Depuis 2000, Warschawski a publié quatre livres en français 1.

 

L'idéologie

 

L'idéologie du Matzpen, dont s'inspire largement le discours de Michel Warschawski, se caractérise par un rejet total et sans appel du projet sioniste et de l'Etat d'Israël. Selon cette conception, Israël est un Etat raciste fondé sur l'apartheid (ou « philosophie de la séparation »), qui s'est construit par l'expropriation des terres arabes et l'épuration ethnique. Le sionisme, dernier rejeton du colonialisme européen, s'est défini par la négation du judaïsme de la diaspora, en prétendant créer un « Juif nouveau, viril, blond, aux yeux bleus, européen, travailleur et guerrier ». Ce modèle du Juif nouveau exalté par le sionisme est, on l'aura reconnu, le « type aryen des affiches de propagande nazie 2 ». Paradoxalement, ce rejet du judaïsme de la diaspora et l'hostilité des pères fondateurs de l'Etat hébreu envers la religion s'accompagnent d'une « interprétation religieuse de l'histoire juive » et d'un recours à la Bible comme « texte fondateur et légitimation ultime de l'entreprise sioniste ». C'est pourquoi « le régime israélien ne connaît pas la séparation de l'Eglise et de l'Etat 3 ». Le sionisme est ainsi caractérisé selon Warschawski par une double négation : celle du judaïsme diasporique, et celle de la laïcité occidentale. La nostalgie de Warschawski pour un judaïsme diasporique idyllique antérieur au sionisme est un leitmotiv du discours antisioniste sous ses diverses formes, qui exalte tantôt la figure du « révolutionnaire juif du Yiddishland », tantôt celle du « juif-arabe » du Maghreb vivant sous la bienveillante domination de l'Islam…

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Israël n'est pourtant pas une théocratie, concède Warschawski. Mais il « n'est pas pour autant une démocratie ». Pour décrire la réalité politique israélienne, Warschawski emprunte aux « nouveaux sociologues 4 » israéliens le concept d'ethnocratie. Ce concept - créé par Oren Yiftachel, géographe de l'université Ben Gourion de Beer-Sheva - désigne un « type de régime dont l'objectif principal est de faciliter l'expansion et la domination d'une nation-ethnie sur un territoire et un Etat contestés ». Selon Yiftachel,

 

l'ethnocratie procède de la combinaison de trois principales forces historiques et politiques : (a) la colonisation, (b) l'ethno-nationalisme, et (c) la "logique ethnique" du capital… L'ethnocratie est un type de régime très répandu à travers le monde, mais il est rarement un objet d'étude dans le champ des sciences sociales. On trouve des exemples récents de régimes ethnocratiques au Sri Lanka, en Malaisie, Israël/Palestine, Estonie, Serbie ou Irlande du Nord 5.

 

Warschawski reprend à son compte l'analyse d'Oren Yiftachel, non seulement pour contester le caractère démocratique de l'Etat d'Israël, mais aussi pour sous-entendre que le sionisme est une forme de racisme (l'ethnocratie tenant lieu de « mot codé » pour insinuer l'accusation de racisme…). Ainsi, le jargon d'Yiftachel permet de donner un aspect plus « scientifique » à la vieille équation sionisme = racisme, remise au goût du jour depuis la conférence de Durban…Warschawski qualifie également Israël de « fausse démocratie » :

 

la conception israélienne de la démocratie a toujours été très particulière. Pour les Israéliens, la démocratie se limite à deux éléments : la suprématie de la majorité sur la minorité par le biais d'élections et le fait que les actes du pouvoir exécutif s'appuient sur des lois votées par la majorité parlementaire 6.

 

Cette description du régime politique d'Israël rappelle la distinction marxiste classique entre libertés « formelles » et libertés « réelles ». Pourtant, dans son livre Sur la Frontière, Warschawski reconnaît que « le régime politique [israélien] nous garantit, à nous Juifs israéliens, une liberté d'action [et] des droits démocratiques…7» Cette contradiction apparente n'est pas innocente : la contestation du caractère démocratique de l'Etat d'Israël est en effet un élément essentiel de l'argumentation antisioniste. Le discours de Warschawski repose sur le syllogisme suivant : « Israël a certes les apparences d'un Etat démocratique, mais il n'offre pas les mêmes droits à tous ses citoyens. Conclusion : ce n'est pas un Etat démocratique ». Ce raisonnement pourrait tout aussi bien s'appliquer à la France d'avant 1945, qui n'accordait pas le droit de vote aux femmes, ou aux Etats-Unis de la période de la ségrégation. Mais c'est dans le cas d'Israël, et d'Israël seulement, que la critique du régime politique aboutit à contester la légitimité de l'Etat. Nous touchons ici au cœur de l'idéologie antisioniste, fondée sur la discrimination envers l'Etat juif, tout comme l'antisémitisme est fondé sur la discrimination envers les individus juifs.

 

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Le "péché originel" d'Israël

 

La guerre qui a fait naître Israël a été une guerre d'épuration ethnique. Des villes entières, comme Jaffa, Lydda, Ramleh ont été vidées de leur population… L'historien Benny Morris a compté pas moins de 80 massacres entre 1947 et fin 1948. Pendant près de quatre décennies, Israël a unanimement nié la réalité de cette guerre : les massacres, l'expulsion, le concept même de réfugié. (…) Rarement, au XXe siècle, un mythe a été si tenace, rarement un complot du mensonge aussi efficace 8.

 

Warschawski reprend ainsi à son compte la réécriture de l'histoire d'Israël par les « nouveaux historiens » 9, tout en leur contestant la paternité de leurs « découvertes ».

 

C'est parce qu'il est l'objet du travail d'historiens que ce discours devient légitime ; les milliers de témoignages de victimes, les recherches d'historiens arabes, la réalité empirique elle-même n'avaient aucune chance de briser le monopole du narratif sioniste tant que des chercheurs israéliens ne joignaient pas leur recherche au discours des victimes 10.

 

En effet, pour Warschawski, les « nouveaux historiens » eux-mêmes ne vont pas assez loin dans la mise en accusation d'Israël et du sionisme.

 

La nouvelle histoire israélienne est prête à admettre les faits, mais elle refuse de plaider coupable. L'auteur de L'origine du problème des réfugiés palestiniens [Benny Morris] nie l'existence d'un plan préétabli et met l'épuration ethnique sur le compte d'un concours malheureux de circonstances, voir d'initiatives locales prises par des officiers trop zélés 11.

 

La critique des nouveaux historiens faite par Warschawski montre que ce n'est nullement la recherche de la vérité historique qui le préoccupe, mais bien la mise en accusation d'Israël et du sionisme. Le reproche que fait Warschawski aux nouveaux historiens est de mettre la Naqba - (la « catastrophe », terme par lequel les Palestiniens désignent l'exode des populations arabes en 1948) sur le compte d'un « concours de circonstances » et non pas d'un projet préétabli. Pour Warschawski, il est clair que l'exode des Palestiniens, qu'il préfère appeler « épuration ethnique », s'inscrivait dans un plan sioniste préétabli.

 

 

Le dossier de la Naqba est pourtant solide : il y a un mobile - la volonté exprimée de créer un Etat juif et non pas binational ; il y a une victime - plus de 600 000 réfugiés, auxquels Israël refuse depuis 1949 le droit de retour ; il y a le témoignage des victimes et de nombreuses preuves circonstanciées - les différents plans de "transfert" discutés dans les instances sionistes ainsi que des témoignages, des aveux et des documents qui démontrent la participation d'unités israéliennes à l'épuration de dizaines de villes et de villages, ainsi qu'à des massacres 12.

 

Pour Warschawski, le débat entre historiens israéliens traditionnels, « nouveaux historiens » et historiens palestiniens n'est pas un simple débat universitaire théorique, une confrontation d'idées et de thèses historiques. Il s'agit d'un affrontement entre deux versions subjectives de l'histoire : le « narratif sioniste » et le « narratif palestinien ». Son rejet de l'historiographie « officielle » sioniste n'est pas justifié par la recherche de la vérité historique, d'un récit historique objectif, mais par l'adoption d'une autre version « officielle » et subjective de l'histoire, celle des Palestiniens. Cette adoption de la subjectivité de l'ennemi est lourde de conséquences, comme nous le verrons. L'attitude de Warschawski à l'égard des nouveaux historiens est révélatrice du regard qu'il porte sur la société israélienne : en bon révolutionnaire, il voit dans ce phénomène un symptôme positif de l'état de dégradation de la société israélienne, de la « crise du projet sioniste » (thème largement développé dans ses livres 13) et l'espoir de voir l'Etat d'Israël disparaître de lui-même, se déchirer et se désintégrer sous l'effet des pressions internes, conjuguées aux coups de boutoir des ennemis extérieurs…

 

Les colons de gauche

 

La critique radicale du sionisme entreprise par Warschawski est encore plus féroce à l'endroit des sionistes de gauche (qu'il qualifie de « colons de gauche »). « Le sioniste de gauche veut qu'on l'admire pour les larmes qu'il verse, non sur le sort de la victime, mais sur sa conscience souillée, et sa jeunesse privée d'innocence » 14. L'attitude de Warschawski envers les sionistes de gauche est à bien des égards surprenante. L'hostilité qu'il leur voue confine parfois à la haine. (Cette attitude n'est pas sans rappeler la manière dont les communistes allemands exécraient la gauche social-démocrate, au point de lui préférer les nazis…). A de nombreuses reprises, Warschawski s'en prend aux intellectuels de gauche israéliens, coupables à ses yeux de ne pas dénoncer avec suffisamment de vigueur les « crimes » de l'armée, et de faire preuve de tiédeur envers Arafat.

 

En cessant de penser, la majorité des intellectuels israéliens ont perdu la capacité de distinguer le bien du mal. Alors que je lui demandais d'user de son autorité morale pour faire cesser les tirs sur les ambulances palestiniennes, un grand écrivain-de-gauche israélien m'a répondu, il y a quelques mois, lors d'un débat sur France Culture, "cessez de faire de la morale. La situation exige des positions politiques, pas des leçons de morale " 15.

 

La description du sioniste de gauche par Warschawski emprunte très largement à celle du colonisateur faite par Albert Memmi dans son Portrait du colonisé.

 

Dans une attitude typiquement coloniale, le sioniste de gauche sait à l'avance ce qu'est l'Arabe, ce qui le motive, ce qui caractérise sa conduite et ses réactions. Puisqu'il sait, il n'aura donc jamais besoin d'écouter, de chercher à comprendre : il crée l'Arabe… 16 

 

Ce portrait du « colon de gauche » illustre la nature foncièrement criminelle du projet sioniste aux yeux de Warschawski. Selon sa conception, l'attitude sioniste est viciée dès l'origine (le « péché originel ») et il débusque les traces et les réflexes de ce péché originel chez les militants les plus engagés dans le camp pacifiste israélien. Même le militant antisioniste (comme Warschawski lui-même) n'est pas exempt d'une attitude de « colonisateur » envers les Palestiniens.

 

Tout comme le sioniste de gauche, le militant antisioniste sait souvent mieux que le Palestinien ce qui est bon pour lui. Il a lu Lénine et Bauer, parfois aussi Fanon et Césaire… Il n'a, en revanche, rien lu de la littérature politique du mouvement national arabe… 17

 

Dans sa volonté de se défaire de toute attitude « colonisatrice » et de connaître le mouvement national arabe de l'intérieur, Warschawski est conduit à une identification toujours plus grande à la cause palestinienne. C'est ainsi qu'il décrit l'avocate Léa Tsemel, rencontrée à l'université hébraïque de Jérusalem en 1968 et devenue sa compagne :

 

Petite jeune femme en bottes et minijupe [qui] éloignait les contre-manifestants en faisant tournoyer un impressionnant trousseau de clés attaché à une longue chaînette d'acier, en hurlant des injures qui auraient fait rougir tout un corps de garde. J'étais fasciné 18.

 

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Lea Tsemel, l'avocate des terroristes (photo de 1978)

Léa Tsemel est bientôt devenue une avocate très engagée, spécialisée dans la défense des terroristes palestiniens. Comme le relate Warschawski, non sans fierté,

 

c'est Léa qui plaidait dans presque tous les procès liés aux grands attentats des années 70 et 80. A travers ces procès, nous avons appréhendé les récits contradictoires qui se confrontent à la frontière des deux communautés. Massacres d'innocents pour les uns, opérations militaires courageuses pour les autres - ceux qui étaient des terroristes assassins aux yeux des Israéliens étaient des héros pour les Palestiniens. Très souvent ils l'étaient aussi à nos yeux 19.

 

Ce passage traduit l'identification totale et sans aucune réserve de Warschawski à la cause de l'ennemi palestinien. Dans sa conception purement subjective de la réalité, Warschawski a choisi d'adopter le point de vue palestinien.

 

A SUIVRE...

 

Pierre Itshak Lurçat

_______________

 

1  Israël - Palestine, le défi binational, Textuel 2001 ; Sur la frontière, Stock 2002, réédité en poche, Hachette 2004 et traduit en allemand ; A tombeau ouvert, la crise de la société israélienne, Editions La Fabrique 2003 et traduit en allemand ; A Contre-chœur, les voix dissidentes d'Israël, Textuel 2003 (en collaboration avec Michèle Sibony).

2 Israël - Palestine, le défi binational, p. 52.

3  id. p. 54.

 4 Les « nouveaux sociologues » font partie de ces « nombreux et talentueux enseignants » des départements d'histoire, de sociologie, d'archéologie et de géographie de l'université Ben Gourion, « dont les recherches remettent régulièrement en question les idées reçues sur le sionisme et Israël » (A Contre-chœur, p.273). Les « nouveaux archéologues » contestent l'authenticité des vestiges archéologiques juifs et ont créé de toutes pièces une « archéologie palestinienne » pour démontrer l'ancienneté et l'enracinement du peuple palestinien en terre de Palestine… Quant aux « nouveaux géographes », on a peine à imaginer quelles sont les « idées reçues » qu'ils remettent en question… Peut-être affirment-ils, preuve à l'appui, que le Jourdain coule vers le Nord, ou bien que l'eau de la Mer morte n'est pas salée ?

5 Cité dans « L'horreur ethnocratique », www.melior.univ-montp3.fr/ra_forum/en/ world/israel/ethnocratie.html.

6 A tombeau ouvert, p. 100.

7 Sur la frontière, p. 18.

8 Le Défi binational, p. 41.

9 Pour un exposé favorable aux thèses des « nouveaux historiens », voir Dominique Vidal, Le péché originel d'Israël, Editions de l'Atelier 2002. Pour un exposé critique, voir Efraim Karsh, Fabricating israeli History, Frank Cass, Londres 1997.

10 Le défi binational, p. 43.

11 Id. p. 44. D'après Dominique Vidal, op. cit. p. 202, Matzpen a publié en Israël, entre 1973 et 1976, une liste de 384 villages arabes qui auraient été détruits par Israël en 1948 ainsi qu'une liste des agglomérations juives construites sur leurs décombres.

12 Le défi binational, p.44

13 Voir notamment A tombeau ouvert, la crise de la société israélienne.

14 Sur la frontière, p. 193.

15 A contre-choeur p.11

16 Sur la Frontière. p. 193

16 Id. p. 195

17 Id. p.107

18 Id. p. 107

19 Id p. 107 C'est moi qui souligne.

 

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Warschawski et Leila Shahid
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Commentaires

C'est le couple Warschahid ??

ben mon cochon!! la truie n'a pas l'air farouche au bras de son bon Juif ....

Écrit par : YEHOUDI | 04/02/2009

LE SIONISME EST-IL UN PHENOMÈNE COLONIALISTE ?

Les adversaires du sionisme, dès ses débuts jusqu’à nos jours, en passant par les débats de l’ONU en 1947, ont mis en avant deux thèses principales pour contester son statut de mouvement national, visant à l’indépendance du peuple juif.

Selon la première, le sionisme ne serait pas un mouvement national légitime, mais un phénomène colonialiste; d’après la seconde, la continuité du peuple juif serait un « mythe ».

Poser que le sionisme a été d’emblée une forme de colonialisme porté sur les fonds baptismaux par l’impérialisme britannique, est effectivement un argument de choc !

Il n’est pas besoin d’insister sur le stigmate d’illégitimité qui frappe l’étiquette colonialiste dans le monde moderne.

L’accusation a de plus l’avantage de suggérer que le sionisme, comme les autres formes de colonisations dans le Tiers Monde, est appelé à « disparaître » !

Si l’on infère du fait que les Juifs venaient pour la plupart des Etats européens pour étayer la qualification de « colonialisme », on se demandera quelle pouvait bien être la mère patrie envoyant - pour son bien - ses citoyens juifs en Palestine, afin d’en exploiter les ressources et asseoir son autorité sur cette région.

Les colons sionistes auraient été le long bras colonisateur de la Russie tsariste, œuvré pour la cause de la République polonaise, et enfin dans les années 30 (?), accompli leur mission pour le compte de l’Allemagne nazie !!

Face à ces absurdités, peut-on trouver une explication convaincante du sionisme comme phénomène historique ?

L’appui que l’impérialisme britannique a consenti au mouvement sioniste fait souvent office de preuve: les délégués arabes aux débats de l’ONU en 1947 y ont eu recours.

Au-delà de la Déclaration Balfour (1917), on ne peut passer sous silence, qu’avec le temps, la Grande-Bretagne s’est convaincue que la politique du foyer national portait atteinte sérieusement à ses propres intérêts.

Tirant la leçon de cette constatation, elle a retiré progressivement son soutien au sionisme en adoptant, avec le « Livre Blanc » de 1939, une politique qui conduisait tout droit à la création d’un Etat arabe et par conséquent à l’extinction du foyer national juif.

C’est ainsi qu’apparurent une série de mesures accumulant les obstacles à l’immigration juive pendant la Shoah, puis à celle des rescapés , après la fin de la seconde guerre mondiale.

C’est l’Union soviétique de Staline qui est venue à la rescousse, accordant à la cause sioniste un support inestimable, non seulement dans l’enceinte de l’ONU, en fustigeant l’hostilité britannique et l’hésitation américaine; mais encore au moyen de livraisons d’armes via la Tchécoslovaquie, dans une phase décisive de la Guerre d’Indépendance.

POUR LES DENONCIATEURS D’APARTHEID

Quid de l’Afrique du Sud ?

Les ancêtres des Afrikaners disposaient dans la Hollande à la fois d’une mère patrie et d’une importante puissance coloniale, pilotée par la Compagnie des Indes, à qui l’on doit les premiers comptoirs dans la région du cap de Bonne Espérance.

A la fin du XVIII° siècle, les Britanniques s’emparèrent de la région, que la Hollande leur céda officiellement en 1814.

En Eretz Israël, il n’y avait ni or, ni diamants. Ce qui n’empêcha pas le délégué du Haut Comité arabe palestinien à la Commission ad hoc de déclarer le 18 octobre 1947 que: «  L’amour des sionistes pour la Palestine devait plus à l’amour des richesses de la mer Morte qu’à la Terre promise » !!!

L’argument ne fût pas retenu, même par les opposants les plus sévères du sionisme.

Au XIX° et jusqu’au début du XX°, rien n’était plus naturel, que de définir toute installation sur une terre -même hors contexte colonialiste, même sans conflit à la clé et même quand cela avait lieu à l’intérieur d’un Etat - comme une colonisation. C’est le cas de l’installation des Juifs en Argentine organisée par la « Jewish Colonisation Association » , financée par le baron Maurice de Hirsh; le gouvernement argentin lui avait donné sa bénédiction et seuls quelques antisémites voulurent voir un phénomène colonialiste.

CONTINUITE HISTORIQUE

Par rapport aux peuples qui occupaient leur territoire à l’époque où ils se constituèrent en nations modernes - sans qu’il soit besoin d’ « inventer » le lien entre eux et leur patrie - le cas du peuple juif se présente différemment.

La formule « nos ancêtres les Gaulois », qui est loin de faire entièrement justice à la génétique, a été imperturbablement inculquée à des générations d’écoliers de la République et fait partie de la tradition nationale.

Aucun groupe de musulmans n’a jamais caressé la vision, lointaine ou proche, d’un « retour » massif vers la Mecque avec l’ambition d’y établir un royaume dans la Péninsule arabe.

Le sionisme est un phénomène moins exceptionnel que le supposent ses détracteurs.

Les communautés diasporiques (juive, arménienne et grecque) ont bénéficié de leur autonomie ethno-religieuse.

Elles ont partagé le souvenir des catastrophes historiques ( la chute de Constantinople pour les Grecs orthodoxes), les persécutions et les massacres survenus en diaspora.

Une question en appelle un autre: le sionisme est-il un phénomène colonialiste ? ............

................. Quelle fût la légitimité de l’OLP en 1964 et qu’est-elle devenue aujourd’hui au sein des différentes composantes terroristes de l’Autorité palestinienne?

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 04/02/2009

Ce qui interpelle et alimente les critiques, c'est qu' Israël n’est pas une théocratie, il n’est pas non plus une démocratie laïque, puisque le judaïsme tient une place publique qui lui est officiellement reconnue.

L’État coiffe ainsi un réseau d’écoles publiques religieuses qui accueillent 20 % des élèves et des instances religieuses, dont la vocation est de faciliter la pratique du judaïsme et d’appliquer la loi religieuse (rabbins, juges religieux, superviseurs des règles alimentaires, aumôniers militaires et autres titulaires de charges religieuses payés par l’État) …

L’État d’Israël est resté jusqu’à présent fondé sur une ambivalence fondamentale puisqu’on a « une démocratie moderne à substrat biblique ». La religion a, en effet, en Israël une fonction sociale reconnue. Il existe un véritable service public du culte géré par le rabbinat .... ET ALORS !

* Les Etats théocratiques : certains gouvernements fondent tout ou partie de leur légitimité sur une religion …. : en Arabie saoudite comme en Iran, au Pakistan comme au Soudan, la Charia , la loi islamique, tient lieu de constitution …… »

* Une religion d’Etat : … la religion est l’armature de la communauté nationale : …En Thaïlande, le roi, bouddhiste, est, selon les textes, le protecteur de toutes les religions sur le sol Thaï…dans les faits, les minorités chrétienne ou musulmane du pays subissent des exactions parce qu’elles revendiquent une reconnaissance et une autonomie…les Etats nordiques ont toujours la religion luthérienne comme religion d’Etat. En Argentine en revanche, l’obligation pour le président d’être catholique est supprimée en 1994 …….

* La religion du chef d’Etat : Sans avoir de religion officielle, un Etat peut exiger de son chef qu’il appartienne à une religion donnée. En Syrie, le président Hafez el-Assad, appartenant à la minorité alaouite issue d’une dissidence chiite, a dû proclamer publiquement, en 1973, son adhésion à la branche sunnite de l’Islam, majoritaire dans le pays. En Grande-Bretagne où le souverain est également chef de l’Eglise anglicane, l’Angleterre et l’Ecosse ont établi des religions d’Etat …. »

* Une référence au divin : il peut y avoir « apparemment une séparation entre l’institution étatique et l’institution ecclésiale…Dans le même temps, les dirigeants laïques des ces pays peuvent aussi faire référence au divin dans le cadre d’actes essentiels pour la vie d’une nation. L’exemple le pus frappant en sont les Etats-Unis où le président prête serment sur la Bible lors de son investiture et où les tribunaux rendent la justice en se référant au divin. Entrent également dans cette catégorie les Etats, dits « laïques » mais marqués par une longue tradition de croyance, dont les décisions gouvernementales, législatives ou judiciaires se réfèrent à un système déterminé de principes et de valeurs issu d’une religion spécifique. En Italie, dans les tribunaux, le crucifix est présent dans chaque cour de justice.

* Peut-on parler de laïcité à la française, référence en elle-même de la dimension catholique européenne, lorsque les fêtes religieuses, sont conservées et systématiquement "converties" en jours fériés ?

Certes, il existe bel et bien séparation entre l'Eglise et l'Etat, mais malgré l'aspect multiconfessionnel, il subsiste une imprégnation sociétale résiduelle de la religion d'Etat, d'autrefois.

* Un exemple-type d’exercice rhétorique à l’égard d’Israël :

Si les notions de peuple juif et de religion juive sont inextricablement liées, de sorte que parler de l’un sans parler de l’autre n’a aucun sens …. alors l’État du peuple juif est, aussi inextricablement, l’État de la religion juive, la symbiose de l’État et de la religion étant la garantie de leur renforcement mutuel.

Caractériser l’État juif comme multiconfessionnel, sous prétexte des quatorze religions reconnues par lui, tient de la caricature.

On ne pourrait parler de multiconfessionnalité que si toutes les religions reconnues l’étaient sur le même pied, ce qui n’est évidemment pas le cas .... ET ALORS !

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 04/02/2009

On a toujours tendance à penser que la religion était une forme culturelle en voie de dépassement, par la science sur le plan des croyances, par le progrès dans le débat démocratique et par les acquis au niveau pratique.

Or il est clair que les religions diverses jouent toujours un rôle fondamental dans le concert politique. Il serait intéressant de définir les concepts fondamentaux qui distinguent la religion des autres formes culturelles, de poser la question de l'athéisme, des conflits religieux et de la tolérance, du rapport des croyants aux textes sacrés.

Tradition la plus ancienne parmi les religions du Livre, le judaïsme fait à ce point corps avec le destin du peuple juif, et réciproquement, qu'on pourrait l'imaginer figé de toujours, hermétique et enclos sur lui-même.

Mais il n'en est rien: il suffit de se pencher sur les traits essentiels du judaïsme, de ses grandes lignes de force, de ses évolutions et de sa constante ouverture à l'Autre.

La valeur civilisatrice du judaïsme, rend à l'élan religieux la part de raison que l'on lui dénie et sa force fédératrice contre deux tendances de notre époque: celle de la perte de spiritualité, et celle du dévoiement de la religion au profit de l'intégrisme qui sont le plus souvent marqués du sceau du retour au paganisme.

ET ALORS .... ce n'est pas une raison pour se haïr soi-même.

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 04/02/2009

CONTRE ISRAËL, De l’amour de la Palestine à la haine des Juifs, par Albert Naccache, Éditions Cheminements. Septembre 2008.

« Le conflit israélo-palestinien est une « passion française » selon le directeur de la revue « Politis », Denis Sieffert. Et quelle passion ! On a pu en mesurer l’effet dévastateur et mortifère lors des manifestations « pro-palestiniennes » qui ont déferlé sur la planète, de Paris à Beyrouth en passant par Bruxelles, Londres , Milan et ailleurs, lors de l’opération « Plomb durci » légitimement lancée par Tsahal contre les tireurs de roquettes sans vergogne ni foi ni loi du Hamas en direction des populations apeurées, terrorisées et impuissantes du sud d’Israël depuis huit ans.

« Plomb durci », hélas, s’est déroulée après la publication de l’excellent travail d’Albert Naccache. Nul doute que si l’ouvrage avait été publié, une fois ce conflit « terminé » par la trêve unilatérale décidée par Israël, il aurait doublé de volume.

Le travail de Naccache, salutaire et hautement nécessaire, est celui d’un organe de veille informationnelle, une entreprise minutieuse qui sait tirer profit des moyens modernes de communication pour aller traquer sur la Toile, groupes et groupuscules, pour éplucher patiemment la presse, pour visionner les émissions radiophoniques et télévisuelles.
D’emblée, une constatation s’impose, crue dans sa vérité première. Elle a pu se vérifier en décembre 2008-janvier 2009 : « Les Français sont plutôt pro-Palestiniens ».

Et ils viennent de toutes les couches de la société : Trotskistes, verts, altermondialistes, communistes, socialistes, gaullistes, souverainistes, membres de la droite et de l’extrême droite, Arabes, Musulmans, Catholiques, Protestants, philosophes et politologues, sociologues, historiens, chercheurs, professeurs, juristes, avocats, militants. Et, cerise sur le gâteau, nous dit l’auteur dans un humour grinçant : « de nombreux Juifs prennent fait et cause pour la Palestine, non pas « bien que » juifs, mais « parce que » juifs ».

Dès lors, une analyse serrée des acteurs et des réseaux s’impose. Les sites « islamiques » et la presse arabe n’ont plus de secrets pour l’auteur et il les épluche pour notre édification.
Des listes impressionnantes d’organisations amies des Palestiniens sont dressées : FIDH, LDH, Plate-forme des ONG françaises pour la Palestine, CCDF (Comité Catholique contre la faim et pour le développement), Caritas France, Secours Catholique, Coordination Sud, Médecins sans Frontières, Médecins du Monde, Association Française de Solidarité Internationale, Palestinian Center for Human Rights, Shalom-Paix-Salam, Une Autre Voix Juive et des dizaines d’autres, toutes aussi virulentes dans leur désir, pour le moins, de critiquer et, pour beaucoup, de détruire Israël.

La Capjpo-Europalestine ( Coordination des appels pour une paix juste au Proche-Orient), l’une des plus virulentes associations anti-israéliennes s’est créée « à l’initiative de deux anciens trotskistes d’origine juive : Olivia Zemor et Nicolas Shahshahani ». Ses prises de position font froid dans le dos.

Parmi les intellectuels, Étienne Balibar, Jacques Vergès, Pascal Boniface, Sylvia Cattori, André Raymond, Monique Chemillier-Gendreau, Alain Badiou, et bien d’autres et, pour ce qui est des Juifs : Marcel Liebman, Edgar Morin, Pierre Vidal-Naquet, Danielle Bleitrach, entre autres.

Sans parler de la kyrielle d’intervenants : journalistes,bloggeurs, intellectuels, historiens arabo-musulmans.

Pour tous, par le verbe et par l’écrit comme par l’image, un objectif : la diabolisation en vue de la délégitimation d’Israël : José Bové et Dieudonné, Alain Soral et Ginette Skandrani, Roger Garaudy et Robert Faurisson, Fara Kemi Seba et sa Tribu Ka.

Les extraits d’articles qui nous sont proposés, tous aussi terrifiants les uns que les autres sont autant de preuves de la volonté manifeste de leurs auteurs de nuire à l’existence de l’État juif. Israël, désormais défini comme État Nazi. Souvent, en outre, le CRIF apparaît comme la « bête noire » de certains.

Un chapitre est consacré à quelques initiatives citoyennes qui vont à contresens de ce véritable déchaînement antisémite sous couvert d’antisionisme, un autre au « sursaut arabe ».

Jean-Pierre Allali - http://www.crif.org/index.php?page=articles_display/detail&aid=13554&artyd=8

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 04/02/2009

c`est une histoire connue, les enfants de gds rabbins sont souvent
delinquents...
Il est normal que cet homme, se trouve en france, pays des collabos
qui cultive l`abjection depuis tjrs.Il est d`ailleurs tres bien en france
car ou mettre ces rebus si la france n`existait pas.

Écrit par : vilenski | 07/02/2009

Il est honteux d'utiliser ce qu'à fait un fou pour défendre sa cause.
Parfois j'ai un tel dégout de certains juifs que j'ai envie de devenir un Warschawski

Écrit par : korelstein | 17/06/2009

La haine de soi me parait un sentiment tout simplement humain , et non spécifiquement juif ...mais dans les communautés ou l'enjeu identitaire et d'appartenance sont à un degré particulièrement élevé (comme par exemple dans l'appartenance juive) , on peut comprendre que le terrain soit particuliètrement propice au développement de ce qu'on appelle la"haine de soi" , formule qui recouvre ne fait le partage intérieur , le dilemme des sentiments , ou pour parler lacanien la "division subjective"...
Quant à la question de l'antisémitisme , cet article me conforte dans l'dée que c'est une question entre juifs et juifs ...

Écrit par : Gillaizeau | 01/11/2010

Le fait que le sujet doive toujours passer pour atteindre un objet de satisfaction par la demande et les signifiants de l'Autre fait que l'objet qui cause son désir est un objet perdu : division donc entre le sujet et son objet.

On voit que tout cela est assez complexe : nous n'avons en effet pas affaire ici à plusieurs réalités différentes qui viendraient à être définies par ce terme de division subjective. Il y a plutôt un effet général du primat du langage, effet qui se présente à nous sous différents aspects. Mais ce qui va sans doute rendre les choses encore plus difficiles, c'est une sorte d'assimilation que Lacan semble faire, sans véritablement la problématiser, entre division et clivage.

Le point de départ est constitué par quelques textes où Lacan, alors qu'il parle de la division subjective, se réfère à l'article écrit par Freud en 1938 sur " Le clivage du moi dans le processus de défense ".

On voit comment procède Lacan. Il présente sa théorie de la division du sujet dans son rapport à l'Autre, lieu du signifiant, et il l'accompagne, entre parenthèses, d'un terme emprunté à Freud, soit, en allemand, le terme Spaltung. Lacan insiste sur le fait que l'œuvre de Freud se clôt sur ce terme. Sans doute souligne-t-il par là que ce concept a une importance particulière, et que lui même ne le reprend pas par hasard.

Écrit par : Gilles-Michel DEHARBE | 01/11/2010

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