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24/04/2008

Islam, islamisme et nazisme, un debat tres actuel

L'historien Richard Landes reprend sur son excellent blog les éléments du débat qui a été relancé récemment entre Andrew Bostom, Mathias Kuntzel et John Rosenthal, suite a la recension par ce dernier d'un livre de l'historien allemand Klaus Gensicke sur les relations entre le Grand Mufti de Jerusalem Hadj Amine Al-Husseini et les nazis. ( Klaus Gensicke. Der Mufti von Jerusalem und die Nationalsozialisten: Der Mufti von Jerusalem und die Nationalsozialisten.)

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Le grand Mufti al-Husseini, fondateur du mouvement national arabe palestinien
et son modele, Adolf Hitler

Débat important, capital meme, dont on peut regretter seulement qu'il tourne parfois a l'affrontement entre personnes (surtout quand tous les protagonistes sont des personnes intelligentes et ont ecrit des livres importants sur le sujet...) au lieu de rester un débat d'idées! Itshak

Je reproduis un extrait du blog de Richard Landes :

Keith Pavlischek has an interesting meditation which begins with a discussion of a debate between Andy Bostom and Matthias Küntzel about the nature of Islamic anti-semitism. This debate has recently turned even more vituperative, alas, as a result of a book review by John Rosenthal of Klaus Gensicke’s Klaus Gensicke. Der Mufti von Jerusalem und die Nationalsozialisten: Der Mufti von Jerusalem und die Nationalsozialisten in Policy Review. Pavlischek’s opening discussion focuses on the debate’s substantive issues and highlights their significance.

17:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

11/04/2008

Affaire Al-Dura: il n’est pas trop tard pour savoir, R. Prasquier

Prise de position courageuse du president du CRIF, Richard Prasquier, dans l'affaire de la falsification de France 2 et de Charles Enderlin.

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Le président du CRIF, Richard Prasquier, publie cette semaine dans Actualité juive, une réflexion autour de l’affaire du petit Mohammed Al-Durra. Nous publions ci-dessous l’intégralité de son article.
« C'était à Gaza au carrefour de Netzarim, le 30 septembre 2000, dans les premiers jours de l'Intifada...
Je me souviens des images terribles de cet enfant et de son père essayant de se protéger contre les balles, derrière l'abri d'un baril dérisoire. Puis à la suite d'une dernière rafale on nous montre l'enfant mort et le père gravement blessé.....
Je me souviens de mes sentiments mêlés d'incrédulité, de honte, d'effroi et de rage à l'idée que des soldats israéliens avaient pu faire "ça", comme l'annonçait péremptoirement le commentaire de cette séquence télévisée.
Je me souviens de l'explosion d'indignation et de haine qui a suivi ces images, distribuées dans le monde entier, reprises sans fin sur des affiches, des tracts et des timbres, installant dans le subconscient du public l'image de l'Israélien tueur d'enfants, justifiant a priori toutes les vengeances et toutes les horreurs. Ces images incrustées en arrière fond lors de l'assassinat de Daniel Pearl ou des clips de propagande de Ben Laden...
Aujourd'hui, je veux comprendre....Comment se fait-il que des blessures aussi nombreuses et aussi graves, sur le père et sur l'enfant, ne laissent pas de trace de sang visible sur les corps, sur le mur ou sur le sol? Et que la seule tache rouge soit celle d'un chiffon déplacé par l'enfant sur son abdomen? Comment se fait-il que l'enfant supposé mort bouge son bras dans un mouvement qui n’est pas un spasme d'agonie?
Comment se fait-il que des tirs à l'arme automatique pendant 45 mn (témoignage du caméraman palestinien), ne laissent sur le mur que 7 ou 8 impacts de balles quand on s'attendrait à en trouver des centaines? Comment se fait-il que ces impacts soient circulaires alors que les tirs israéliens, du fait de la localisation très oblique (35°) du fortin israélien par rapport au mur auraient dû provoquer des impacts elliptiques à grand axe horizontal? Comment se fait-il que des balles soient tirées vers le mur, non situé entre les positions israélienne et palestinienne, qu'il ne peut donc pas y avoir de balle perdue dans cette direction, alors que la position palestinienne se trouve, elle, en face de l'adulte et de l'enfant?
Autrement dit, puisque les balles ont été tirées de face, elles ne peuvent provenir que du côté palestinien, et comme on ne peut pas imaginer que les Palestiniens tiraient vers le mur pour tuer, la seule possibilité est celle d'une mise en scène...
C'est l'opinion que défend Philipe Karsenty contre un barrage de silence et de mépris d'une efficacité redoutable. J'ai été réticent à l'écouter. Plus que d'autres, du fait de mes années d'implication personnelle sur la Shoah, je me méfie d'une explication "conspirationniste": les Juifs en furent d'ailleurs si souvent les victimes!
Mais les questions sont là et les réponses ne viennent pas...Alors je veux dire ici qu'il n'est que temps de faire analyser les documents par une commission neutre d'experts, de spécialistes en balistique, en médecine légale, en traumatologie et de spécialistes en images. Cette commission doit être française car France 2 est une chaîne publique française.
Il ne s'agit pas d'interférer avec un procès actuellement en cours. Ce procès, dont le jugement est attendu au mois de mai porte sur la qualification de diffamation vis-à-vis de propos portés par Philippe Karsenty contre la directrice de l'information, Arlette Chabot, et le correspondant Charles Enderlin. Quelle qu’en soit l'issue, elle ne mettra pas un point final à la polémique sur l'événement du carrefour de Netzarim. Or c'est bien celle-ci qui a vraiment de l'importance. L'affaire dépasse largement ses protagonistes.
Ne me dites pas qu'il s'agit de l'histoire ancienne qui n'intéresse plus personne. Nous savons tous l'influence de ces images, les vocations de terroristes qu'elles ont facilitées.
La plupart de ceux qui critiquent Philippe Karsenty, n'ont pas voulu analyser les documents qu'il a rassemblés. Ils ont –ou, pour certains, ils avaient- leur opinion a priori. Certains utilisent des arguments "ad hominem"; ils lui font dire des choses qu'il n'a pas dites. Oui, il y a eu un enfant tué à Gaza ce jour-là; on en a montré les images; la question est de savoir si c'est bien l'enfant qui est représenté sur le film de France 2 ou non.
On n'a pas le droit sur des documents d'une telle gravité de dire, comme cela a été fait qu'ils représentent la "vérité du contexte". Le journaliste n'est pas supposé présenter de la fiction, ni même de la docu-fiction lorsqu'il montre une bande d'actualités. Il y a une vérité des faits, alors que dans le conflit du Proche Orient, plus qu'ailleurs, les mises en scène sont fréquentes. Le public en est trop souvent la dupe. Si l'information mène le monde, cette information doit être indiscutable. Il nous faut la vérité sur l'Affaire Al-Durra! »

16:34 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

03/04/2008

L'Europe ne doit rien a l'islam

Un livre passionnant et courageux
Sylvain Gouguenheim : et si l'Europe ne devait pas ses savoirs à l'islam ?
LE MONDE DES LIVRES | 03.04.08

tonnante rectification des préjugés de l'heure, ce travail de Sylvain Gouguenheim va susciter débats et polémiques. Son thème : la filiation culturelle monde occidental-monde musulman. Sur ce sujet, les enjeux idéologiques et politiques pèsent lourd. Or cet universitaire des plus sérieux, professeur d'histoire médiévale à l'Ecole normale supérieure de Lyon, met à mal une série de convictions devenues dominantes. Ces dernières décennies, en suivant notamment Alain de Libera ou Mohammed Arkoun, Edward Saïd ou le Conseil de l'Europe, on aurait fait fausse route sur la part de l'islam dans l'histoire de la culture européenne.

 

Que croyons-nous donc ? En résumé, ceci : le savoir grec antique - philosophie, médecine, mathématique, astronomie -, après avoir tout à fait disparu d'Europe, a trouvé refuge dans le monde musulman, qui l'a traduit en arabe, l'a accueilli et prolongé, avant de le transmettre finalement à l'Occident, permettant ainsi sa renaissance, puis l'expansion soudaine de la culture européenne. Selon Sylvain Gouguenheim, cette vulgate n'est qu'un tissu d'erreurs, de vérités déformées, de données partielles ou partiales. Il désire en corriger, point par point, les aspects inexacts ou excessifs.

 

"AGES SOMBRES"

 

Y a-t-il vraiment eu rupture totale entre l'héritage grec antique et l'Europe chrétienne du haut Moyen Age ? Après l'effondrement définitif de l'Empire romain, les rares manuscrits d'Aristote ou de Galien subsistant dans des monastères n'avaient-ils réellement plus aucun lecteur capable de les déchiffrer ? Non, réplique Sylvain Gouguenheim. Même devenus ténus et rares, les liens avec Byzance ne furent jamais rompus : des manuscrits grecs circulaient, avec des hommes en mesure de les lire. Durant les prétendus "âges sombres", ces connaisseurs du grec n'ont jamais fait défaut, répartis dans quelques foyers qu'on a tort d'ignorer, notamment en Sicile et à Rome. On ne souligne pas que de 685 à 752 règne une succession de papes... d'origine grecque et syriaque ! On ignore, ou on oublie qu'en 758-763, Pépin le Bref se fait envoyer par le pape Paul Ier des textes grecs, notamment la Rhétorique d'Aristote.

Cet intérêt médiéval pour les sources grecques trouvait sa source dans la culture chrétienne elle-même. Les Evangiles furent rédigés en grec, comme les épîtres de Paul. Nombre de Pères de l'Eglise, formés à la philosophie, citent Platon et bien d'autres auteurs païens, dont ils ont sauvé des pans entiers. L'Europe est donc demeurée constamment consciente de sa filiation à l'égard de la Grèce antique, et se montra continûment désireuse d'en retrouver les textes. Ce qui explique, des Carolingiens jusqu'au XIIIe siècle, la succession des "renaissances" liées à des découvertes partielles.

La culture grecque antique fut-elle pleinement accueillie par l'islam ? Sylvain Gouguenheim souligne les fortes limites que la réalité historique impose à cette conviction devenue courante. Car ce ne furent pas les musulmans qui firent l'essentiel du travail de traduction des textes grecs en arabe. On l'oublie superbement : même ces grands admirateurs des Grecs que furent Al-Fârâbî, Avicenne et Averroès ne lisaient pas un mot des textes originaux, mais seulement les traductions en arabe faites par les Araméens... chrétiens !

Parmi ces chrétiens dits syriaques, qui maîtrisaient le grec et l'arabe, Hunayn ibn Ishaq (809-873), surnommé "prince des traducteurs", forgea l'essentiel du vocabulaire médical et scientifique arabe en transposant plus de deux cents ouvrages - notamment Galien, Hippocrate, Platon. Arabophone, il n'était en rien musulman, comme d'ailleurs pratiquement tous les premiers traducteurs du grec en arabe. Parce que nous confondons trop souvent "Arabe" et "musulman", une vision déformée de l'histoire nous fait gommer le rôle décisif des Arabes chrétiens dans le passage des oeuvres de l'Antiquité grecque d'abord en syriaque, puis dans la langue du Coran.

Une fois effectué ce transfert - difficile, car grec et arabe sont des langues aux génies très dissemblables -, on aurait tort de croire que l'accueil fait aux Grecs fut unanime, enthousiaste, capable de bouleverser culture et société islamiques. Sylvain Gouguenheim montre combien la réception de la pensée grecque fut au contraire sélective, limitée, sans impact majeur, en fin de compte, sur les réalités de l'islam, qui sont demeurées indissociablement religieuses, juridiques et politiques. Même en disposant des oeuvres philosophiques des Grecs, même en forgeant le terme de "falsafa" pour désigner une forme d'esprit philosophique apparenté, l'islam ne s'est pas véritablement hellénisé. La raison n'y fut jamais explicitement placée au-dessus de la révélation, ni la politique dissociée de la révélation, ni l'investigation scientifique radicalement indépendante.

Il conviendrait même, si l'on suit ce livre, de réviser plus encore nos jugements. Au lieu de croire le savoir philosophique européen tout entier dépendant des intermédiaires arabes, on devrait se rappeler le rôle capital des traducteurs du Mont-Saint-Michel. Ils ont fait passer presque tout Aristote directement du grec au latin, plusieurs décennies avant qu'à Tolède on ne traduise les mêmes oeuvres en partant de leur version arabe. Au lieu de rêver que le monde islamique du Moyen Age, ouvert et généreux, vint offrir à l'Europe languissante et sombre les moyens de son expansion, il faudrait encore se souvenir que l'Occident n'a pas reçu ces savoirs en cadeau. Il est allé les chercher, parce qu'ils complétaient les textes qu'il détenait déjà. Et lui seul en a fait l'usage scientifique et politique que l'on connaît.

Somme toute, contrairement à ce qu'on répète crescendo depuis les années 1960, la culture européenne, dans son histoire et son développement, ne devrait pas grand-chose à l'islam. En tout cas rien d'essentiel. Précis, argumenté, ce livre qui remet l'histoire à l'heure est aussi fort courageux.


ARISTOTE AU MONT SAINT-MICHEL. LES RACINES GRECQUES DE L'EUROPE CHRÉTIENNE de Sylvain Gouguenheim. Seuil, "L'Univers historique", 282 p., 21 €.

 


Roger-Pol Droit

20:56 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

 
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