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25.10.2007

David Shahar, un écrivain à part

David Shahar (1926-1997) occupe une place à part dans la littérature israélienne. Issu d’une famille installée à Jérusalem depuis plusieurs générations, il est l’auteur d’une oeuvre romanesque abondante, dont la pièce maîtresse est constituée par le cycle du « Palais des vases brisés », vaste fresque qui se déroule dans la Jérusalem des années 1920 et 1930. Il a aussi écrit des nouvelles, des contes et des livres pour enfants. Ses livres ont été traduits en de nombreuses langues, parmi lesquelles le français (aux éditions Gallimard).

 

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(Photo Yehoshua Glotman)

David Shahar est-il le « Proust israélien » - comme on l'a parfois surnommé - ou encore un conteur oriental, ou bien peut-être les deux à la fois ? En réalité, il est, tout comme Jérusalem où se déroulent la plupart de ses livres, à cheval sur plusieurs mondes, aux frontières de l'Orient et de l'Occident. Si son écriture a pu être comparée à celle de Proust, c'est que Shahar mêle de façon inextricable présent et passé, narration et souvenir, récit et réminiscence…

 

Un des thèmes récurrents dans l'oeuvre de Shahar est celui de la relation entre l'âme et le corps. Il apparaît notamment dans la description du « savant allemand ampoulé », personnage de La Nuit des Idoles qui soutient l'inexistence de l'âme. « La science prouvait qu'il n'existait rien qui put s'appeler une "âme". L'âme n'existait pas ; elle n'était qu'une création des poètes, des fondateurs de religions, ou d'un certain genre de philosophes ». Cette conception païenne est rejetée avec force par Shahar, qui récuse tout autant l'idée d'une âme totalement coupée du corps et de la matérialité du monde.

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Un monde plein de poésie

Matérialisme obtus et spiritualisme désincarné : c'est entre ces deux conceptions également réductrices de la nature humaine que Shahar déploie sa vision d'un monde empli de poésie et de mystère, monde plein de formes, de couleurs, de lignes, de sens, d'odeurs, de sensations… On comprend mieux dès lors l'intérêt de Shahar pour la kabbale lurianique, inspirant le thème de la « brisure des vases » qui donne le titre à son oeuvre maîtresse, Le Palais des Vases brisés.

Le palais des vases brisés

 

Shahar a parfois été qualifié à tort de Juif antireligieux. Mais ce n'est pas la religion qu'il attaque, ni même l'orthodoxie juive, mais seulement une certaine conception du judaïsme. Ce que Shahar reproche à une certaine idée du judaïsme, c'est d'avoir fait sienne la dichotomie d'origine chrétienne du corps et de l'âme, de l'esprit et de la matière. Si les personnages shahariens sont tellement vivants et présents en nous, c'est sans doute parce qu'ils existent, corps et âme, à travers les pages de ses livres, et au-delà. Ses personnages sont dotés de sens, et le monde qu'il dépeint est appréhendé à travers les cinq sens, comme l'illustre ce passage d'un de ses livres :

 

« Avec ces derniers mots lui apparut l'image de sa mère en train de choisir une miche de pain, action qui requiert des sens raffinés, aiguisés par l'expérience : un oeil qui reconnaisse le brun doré de la miche cuite à point, un nez qui décèle sa tiède senteur, une main qui en éprouve la croustillance, une oreille attentive aux légers craquements de la tendre mie pressée dans la croûte ». (Un voyage à Ur de Chaldée).

 

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La rue des Prophetes

L'univers de David Shahar

 

Shahar dépeint la Jérusalem des années 1920 et 1930, très différente de la ville d'aujourd'hui : la vie s'y écoule à un autre rythme. Les visiteurs du quartier de la rue des Ethiopiens, qui relie le quartier de Méa Shéarim à la rue des Prophètes, découvriront une parcelle de l'univers de David Shahar. Shahar était francophone et se rendait souvent en France. Une rue de Dinard porte même son nom, témoignage de la relation particulière qu'il entretenait avec la Bretagne.

 

Tous ses livres ont été traduits en français par Madeleine Neige, sa traductrice attitrée. Shahar relate à ce sujet cette anecdote, qui en dit long sur le talent de sa traductrice : un journaliste israélien demanda à un écrivain français qui visitait Israël s'il avait lu des auteurs israéliens. Celui-ci répondit « Je suis navré, je n'ai jamais rien lu qui soit écrit par un Israélien ; par contre je connais les livres de quelqu'un qui dit s'appeler David Shahar, mais c'est un Français, c'est évident ! »...

Itshak Lurcat

(article paru dans le journal Vision d'Israël)

22.10.2007

5767, UNE ANNEE FASTE POUR LE CINEMA ISRAELIEN

Une année faste pour le cinéma israélien

 

L’année 5767 qui vient de s’achever a été faste pour le cinéma israélien, avec de nombreuses sorties et plusieurs films de très bonne qualité, dont certains ont reçu des prix prestigieux à l’étranger. Retour sur une année cinématographique particulièrement riche.

 

Sorti en juin dernier, « Les secrets » d’Avi Nesher (réalisateur du succès commercial de 2004, « Au bout du monde à gauche »), raconte l’histoire de deux amies dans un internat pour filles religieuses, dans le cadre magique de la ville des kabbalistes, Tsefat. Aux côtés des acteurs israéliens Adi Miller et Mihal Shtamler, on note la présence très remarquée de l’actrice française Fanny Ardant, qui incarne avec talent une femme venue chercher le pardon de D.ieu dans la ville sainte.

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Sorti en mars, le film « Beaufort » de Joseph Cedar (Ours d’argent du meilleur réalisateur au festival de Berlin), inspiré du roman de Ron Leshem, Im yesh gan eden (« Si le paradis existe »), a été salué par la critique, tant en Israël et à l’étranger, et qualifié par certains de « premier grand film de guerre israélien ». Il raconte l’histoire d’un groupe de soldats retranchés à l’intérieur du château de Beaufort, position stratégique au sommet d’une montagne qui domine la plaine de la Bekaa au Sud-Liban, pendant les dernières semaines précédant le retrait israélien en mai 2000.

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L’action se déroule entièrement à l’intérieur du château du Beaufort (reconstitué dans le cadre grandiose de la forteresse de Nimrod sur le Golan), dans une ambiance oppressante qui évoque parfois celle du « Désert des Tartares » de Buzzati : un ennemi invisible bombarde régulièrement la position israélienne, causant des pertes d’autant plus cruellement ressenties que les soldats de Tsahal savent qu’ils vont évacuer leur position d’un jour à l’autre.

Le film de Cedar, réalisateur de deux précédents longs-métrages - dont le remarqué « Feu de camp », critique sociale du monde sioniste-religieux - est servi par une excellente interprétation. Le personnage du jeune commandant, Liraz Liberti (Oshri Cohen) est criant de vérité, et tout à fait représentatif des jeunes soldats et officiers de Tsahal qui, âgés d’à peine vingt ans, font preuve d’une maturité et d’un courage à toute épreuve.

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Dans un autre genre, le film « Noodle », salué lui aussi par la critique en Israël, marque le retour de la réalisatrice Ayelet Menahemi après de nombreuses années d’absence. Miri (Mili Avital), hôtesse de l’air et sa sœur Gila (Anat Wachsman) découvrent soudain que leur femme de ménage chinoise a disparu, leur laissant son fils qui ne parle pas un mot d’hébreu, et dont elles ne connaissent même pas le prénom. Elles finissent par comprendre que la mère, travailleuse clandestine, a été interpellée par la police de l’immigration et renvoyée en Chine…

L’autre visage du cinéma israélien

Parmi les autres films de l’année 5767, il faut citer « La visite de la fanfare », d’Eran Kolirin, projeté à Cannes en sélection officielle. A l’opposé d’un certain cinéma israélien – et de certains réalisateurs dont toute la carrière se fait à l’étranger et qui doivent leur succès à leur attitude critique immodérée envers leur pays – les films évoqués ci-dessus montrent un autre visage du cinéma israélien : le visage d’un cinéma arrivé à maturité, après soixante ans de recherche, qui aborde des thèmes très divers, sans tabou et avec talent. Les films de l’année 5767 sont, à l’image de notre pays, très variés et riches en émotions, mêlant réalisme (« Beaufort »), fiction (« Les secrets »), ou critique sociale (« Noodle »). Souhaitons que l’année 5768 qui commence soit aussi fructueuse, pour le bonheur de tous les amateurs du septième art !

Pierre Lurçat

13.10.2007

LITTERATURE D'ISRAEL - AHARON MEGGED

Né en Pologne en 1920, Aharon Megged est monté en Israël avec ses parents en 1926. Son père, qui était enseignant dans un lycée hébraïque en Pologne, est devenu le premier instituteur du village de Raanana, où il s’est installé avec sa famille. La ville florissante, très prisée aujourd’hui des francophones, était à l’époque un hameau peuplé de 30 à 40 familles, dont les petites maisons bordaient la rue principale… C’est de son père qu’Aharon Megged a hérité l’amour des livres et de la littérature. Membre du kibboutz Sdot Yam pendant 12 ans, il fonde avec un groupe d’amis écrivains le magazine littéraire Massa, étendard de la jeune littérature israélienne des années 1950, dont il est le rédacteur en chef pendant une quinzaine d’années. En 1968, il est envoyé à Londres en tant qu’attaché culturel de l’ambassade d’Israël.

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Auteur de 35 livres - dont une vingtaine de romans, ainsi que des nouvelles et pièces de théâtre - Aharon Megged est un des principaux romanciers israéliens contemporains. Son œuvre lui a valu plusieurs prix prestigieux, dont le Prix Bialik (1974), le Prix Agnon et le Prix d’Israël de Littérature en 2003. Ses livres sont traduits en plusieurs langues dont le français. Aharon Megged est le père de l’écrivain Eyal Megged, marié à Zeruya Shalev. Parmi les romans de Megged traduits en français, on peut mentionner Derrière la tête (Phébus 1996), Le Chameau volant à la bosse d’or (Métropolis 1997), et Le poids de l’innocence (Bibliophane – Daniel Radford 2003).

 

Le poids de l’innocence raconte une journée de la vie d’un sexagénaire, ancien bibliothécaire tout juste parti en retraite, qui erre désœuvré dans les rues de Tel Aviv. Au fil de sa promenade, sans but précis, il se remémore les moments clés de son existence : sa rencontre avec sa femme, Ronyah, rescapée de la Shoah ou la mort de son frère cadet Hilik, tombé pendant la guerre des Six Jours lors des combats sur la colline des Munitions. L’humour d’Aharon Megged a été comparé à celui du romancier américain Philip Roth, mais il y a beaucoup moins de cynisme chez Megged, dont les héros sont décrits avec tendresse, même avec leurs faiblesses et leurs côtés ridicules. On retrouve dans Le poids de l’innocence, tout comme dans Le Chameau volant à la bosse d’or, l’ironie caractéristique de Megged et le thème de la littérature.

 

Dans Le chameau volant à la bosse d’or, un écrivain voit sa vie perturbée par l’arrivée dans son immeuble d’un critique littéraire, qui emménage dans l’appartement au-dessus de lui. Kalman Keren, nourri de littérature française classique et traducteur en hébreu de Rabelais, rêve d’écrire le livre ultime, dont il n’a pour l’instant rédigé que 22 pages en tout et pour tout… A travers cette évocation caustique de la relation entre l’écrivain et le critique, Aharon Megged dresse un portrait plein de drôlerie des relations de voisinage dans un immeuble typique de Tel Aviv.

 

Membre du Parti travailliste pendant plusieurs décennies, Aharon Megged a pris position très fermement contre le courant post-sioniste et contre les dérives de l’intelligentsia israélienne en proie à un syndrome autodestructeur. Dans un article publié en 1994, après les accords d’Oslo, Megged définissait ainsi ce phénomène unique dans toute l’histoire humaine : « une identification émotionnelle et morale de la majorité de l’intelligentsia israélienne avec des gens qui œuvrent ouvertement à notre destruction ».

 

Il est regrettable que ne soient traduits en français à ce jour que les romans les plus récents d’Aharon Megged, et non ses précédents livres, qui reflètent la transformation d’Israël dans les années cinquante, d’une société pionnière aspirant à l’égalité en une société établie accueillant les vagues d’émigration en provenance d’Europe et des pays arabes. De son propre aveu, Megged tire la matière de son œuvre de la « poussière de cette terre, ancienne, biblique et nouvelle, pétrie de contradictions et pleine de complexités, objet de guerres perpétuelles et de menaces existentielles ».

Pierre I. LURCAT

11.10.2007

REHAVAM ZEEVI - SIX ANS DEJA!

Rehavam (Amikam) Zeevi (Gandhi) est né le 20 juin 1926 à Jérusalem, dans le quartier de Yémin Moshé, au sein d’une famille respectueuse de la tradition. Son père, Schlomo, avait grandi dans un petit village près de Lodj, en Pologne, dans une famille de hassidim de Gour. Il était très érudit en Tora et tomba amoureux du sionisme. Sa mère, Mina, était née dans une famille religieuse du quartier Juif de la vieille ville de Jérusalem.

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Rehavam fit ses études dans l’école du kibbouts Guivat Hachlocha. C’est là que lui fut donné le surnom de Gandhi, le jour où il fit son entrée dans le réfectoire la tête rasée, maigrichon, pieds nus et enveloppé d’un drap blanc. Il garda ce surnom toute sa vie.

La carrière militaire et politique de Rehavam Zeevi fut très riche : tout jeune, il entra dans la Hagana, mais s’opposa toujours aux actions menées contre le Léhi et contre le Etsel.

Il avait usage de raconter en blaguant qu’il avait été rattaché au Palmah dès son plus jeune âge, alors qu’il n’avait que trois ans :  lors des émeutes de 1929, le père de Rehavam fut envoyé à Tsfat par la Hagana. Qui allait défendre le quartier de Yémin Moshé ? Un jour, un Juif, habillé en bédouin apparut et annonça : «Je suis Pessah Bar Adon et c’est ici que je vais établir ma base» Et il s’installa dans la maison de Rehavam.
Le jour où les Arabes attaquèrent le quartier, il grimpa sur la barricade et leur lança des pierres, seul contre tous, tel David contre Goliath. La mère de Rehavam et deux de ses voisines lui apportaient des munitions de pierres. Quand la situation s’aggrava, elles firent bouillir de l’eau et de l’huile, qu’il déversa sur les assaillants. Et quand cela ne suffit plus, il sortit son arme et tira en l’air et l’attaque prit fin.
Mais c’est alors qu’un autre danger menaça le valeureux combattant : les soldats britanniques se mirent à la recherche de celui qui avait tiré sur les Arabes et il risquait la peine de mort. La maman de Rehavam cacha son arme sous l’oreiller de son fils. Lorsque les soldats britanniques arrivèrent pour fouiller la maison, la mère de Gandhi lui pinça la joue et le petit se mit à pleurer. Le soldat britannique se garda bien de rechercher sous l’oreiller du petit qui hurlait et c’est ainsi que le petit Rehavam sauva le vaillant défenseur du quartier.

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Il servit dans Tsahal de 1948 à 1974. Tout d’abord officier des renseignements de l’unité d’Iftah durant la guerre d’Indépendance, puis commandant de la Brigade 13 des Golani, commandant de la région du Sud. En 1968, il fut promu général du commandement du Centre par Itshak Rabin, alors chef de l’état-major et à ce titre, il commanda des dizaines de filatures de terroristes dans le secteur de la Plaine du Jourdain.

Il se retira de l’armée une semaine avant la guerre de Kippour et dès qu’elle éclata, il endossa l’uniforme. 

A la fin des années 70, il fut membre du conseil municipal de la Mairie de Jérusalem. Entre 1974 et 1977, il fut conseiller du Premier ministre Itshak Rabin pour la guerre contre le terrorisme. Après s’être retiré de l’armée, il s’investit dans le domaine culturel, et s’intéressa particulièrement aux sujets qui lui étaient chers, comme l’histoire d’Erets Israël. Entre 1981 et 1991, il présida la direction du Musée d’Erets Israël de Tel-Aviv. Il était également connu pour son souci pour les soldats disparus et pour ceux retenus en otages et il portait constamment une plaque autour du cou, sur laquelle étaient gravés les noms des soldats.

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Rehavam Zeevi publia plusieurs livres qui furent édités par le ministère de la Défense, par le Musée d’Erets Israël et autres. Il écrivait constamment des articles pour Maariv et pour Yediot Aharonot.

En 1988, il fonda le parti Molédet et fut alors élu pour la première fois à la Knesset en tant que Président d’un parti qui prônait entre autres l’idée du «transfert volontaire des Arabes de Judée-Samarie» et du «Grand Israël» Il était convaincu que c’était le seul moyen d’obtenir la paix avec les Arabes. Il pensait qu’il serait possible de convaincre les Arabes de s’en aller de leur plein gré, en leur interdisant de travailler en Israël et en leur proposant de l’argent pour les encourager. 

En 1991, dans la douzième Knesset, il fut nommé ministre sans portefeuille dans le gouvernement d’Itshak Shamir. Dans la treizième Knesset, il fut membre de la commission parlementaire du contrôle de l’Etat.

Dans la quatorzième Knesset, il présida la commission parlementaire des Affaires étrangères et de la Sécurité. A la veille de l’élection de la quinzième Knesset, Molédet s’unit aux partis Hérout et Tekouma et c’est ainsi que naquit le parti d’union de la droite : le Ihoud Leoumi. En février 2000, le Ihoud Leoumi s’allia au parti Israël Béteynou.

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En mars 2001, lors de la formation d’un gouvernement d’union nationale par Ariel Sharon, Gandhi fut nommé ministre du Tourisme. Ce fut son ultime fonction. Deux jours avant sa mort, il avait présenté sa démission au Premier ministre Ariel Sharon et c’est le jour de sa mort, que sa démission allait devenir effective.

Il est mort le 17 octobre 2001, à l’hôpital d’Ein Kérem à Jérusalem, après avoir été assassiné par des terroristes palestiniens, alors qu’il se trouvait dans l’hôtel Hayat. Gandhi était marié à Yaël. Ils eurent cinq enfants : Iftah- Palmah, Sayar-Biniamin, Métsada, Tsééla et Arava (Tous portent le nom d’un lieu d’Erets Israël) 

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Guéoula Cohen, qui fut sa camarade tout au long de son parcours politique raconte :

«Pour moi, Gandhi, c’est une réserve naturelle. De nos jours, il n’y a plus de gens comme lui, animés de la même fougue et décidés à se battre au nom d’un amour aussi sincère pour Erets Israël. Quand Gandhi se battait pour le Grand Israël, il faisait allusion à chacune de ses  pierres, à chacune de ses fleurs, à chacune de ses collines qu’il connaissait personnellement. Il n’était pas un coin de cette Terre qu’il ne connaissait et qu’il n’avait examiné. Il était aussi une réserve naturelle de la langue hébraïque. J’étais toujours impressionnée quand dans le cadre des débats et des discussions les plus houleuses, il conservait un hébreu parfait, correct et sublime. Jabotinsky aurait dit qu’il parait «un hébreu d’une beauté suprême»

«C’était un homme juste et loyal. Je me souviens que lorsque nous étions allés manifester sur le Mont du Temple, contre les constructions illégales et contre la destruction de richesses archéologiques par les Arabes, nous nous étions retrouvés face à l’armée et il avait dit : «Je ne peux me battre ou m’opposer à l’armée» Je m’étais fâchée et j’avais pour ma part tout fait pour me dérober à l’armée. Mais Gandhi s’en était tenu à sa position inébranlable. Pour ce qui est des Arabes, j’avais toujours été impressionnée par les bonnes relations qu’il entretenait avec les députés arabes. Pour ma part, je ne cessais de m’opposer à eux, de me disputer avec eux, en tout lieu et à toute heure et Gandhi était toujours là pour nous séparer. Il se battait contre eux à l’intérieur de l’assemblée, mais à l’extérieur, il les respectait et s’adressait à eux comme à des amis. A ce niveau aussi, il a toujours fait preuve de grandeur d’âme»

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«Gandhi avait un penchant pour la poésie et il aimait  particulièrement les poèmes d’Ouri Tsvi Grinberg. Un soir où nous étions réunis, il avait choisi de lire celui qui dit «Israël sans sa Montagne, n’est pas Israël» Il faisait allusion au Mont du Temple, mais pour Gandhi, sans la Judée Samarie, sans Hévron et sans Bet El, Israël n’était pas Israël. Dans un autre poème, Grinberg écrivait «Toutes les pentes en descente des montagnes, sont aussi des montées» et j’espère qu’il en sera ainsi après le terrible assassinat de Gandhi» 

(Aline Sultan, Aroutz 7)

03.10.2007

Le « Birkat Cohanim » de Soukkot au Kottel

Le « Birkat Cohanim » - la « bénédiction pontificale » prononcée par les Cohanim lors de la répétition de la Amida – n’est pas seulement une bénédiction dite tous les jours dans toutes les synagogues du monde (lorsque des Cohanim sont présents bien entendu). C’est aussi une cérémonie particulière, empreinte de majesté, qui a lieu deux fois par ans au Kottel, au « mur occidental » du Temple de Jérusalem, à Soukkot et à Pessah.

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Nombreux sont les jours de foule et de liesse populaire au Kottel, mais aucun n’atteint le degré de celui du Birkat Cohanim de Soukkot. Ce jour-là, des milliers de Juifs – et aussi de non Juifs - affluent de tous les coins du pays, comme aux temps où le Temple était en place et où Soukkot était une des trois fêtes de pèlerinage. On y trouve une foule bigarrée et très diverse – Juifs orthodoxes en habit de fête, caftan de soie et « Streimel » peu adapté aux dernières chaleurs de l’année, Juifs ashkénazes et orientaux, familles éthiopiennes et marocaines, Juifs traditionalistes et Juifs peu observants attirés par le caractère particulier de cette cérémonie.

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A quelques mètres du Kottel, côté hommes et côté femmes, on distribue des verres d’eau minérale pour éviter tout incident, tant la foule est nombreuse et la chaleur intense. Un jeune Juif haredi fait réciter la bénédiction sur des herbes odoriférantes, comme à la sortie du shabbat dans certaines synagogues, et un peu plus loin, un autre fait réciter la bénédiction du Loulav, avec un Etrog de taille imposante qui doit peser facilement trois ou quatre kilos… Des Juifs orthodoxes sont en pleine conversation avec des policiers du « Yassam », l’unité anti-émeutes. Il règne une atmosphère spéciale, de fête religieuse mais aussi de rassemblement populaire, sans doute un peu comme l’atmosphère qui devait régner à l’époque du Temple.

 

Le « Birkat Cohanim », la bénédiction des prêtres, a lieu deux fois de suite, dans la répétition de la Amida de l’office du matin, puis dans celle du « Moussaf », la prière supplémentaire des jours de fête et de demi fête. La prière est dite dans un haut-parleur, puisque l’utilisation de l’électricité est permise à Hol Hamoed, et la voix qui retentit avec une prononciation ashkénaze est entendue sur toute l’esplanade et encore au-delà. Lorsqu’on arrive au moment attendu du Birkat Cohanim, la foule se tait et écoute dans un silence religieux la bénédiction dite par les prêtres… « Soit loué, Eternel, notre Dieu, Roi de l’Univers, qui nous a sanctifiés par la sainteté d’Aaron et nous a ordonné de bénir Ton Peuple Israël avec amour.

Que l’Eternel te bénisse et te préserve !

Que l’Eternel t’éclaire de Sa face et te soit favorable !medium_SUKKOT_5768-5.JPG

Que l’Eternel tourne Sa Face vers toi et te donne la paix » !

 

J’écoute moi aussi, la tête inclinée, et je sens que cette bénédiction est différente de toutes les autres, prononcées à la synagogue. Nous ne sommes pas ici dans un lieu de culte, même si le Kottel peut être comparé à une immense synagogue en plein air, où les fidèles viennent prier chaque jour et sont certains de trouver « minyan » à toute heure de la journée. Les Juifs réunis aujourd’hui à Jérusalem ne constituent pas une simple assemblée de fidèles, car ils représentent le peuple Juif dans toutes ses composantes diverses et souvent opposées, réunies dans cette occasion rare et solennelle.

 

Chaque religion – se plaisait à dire le rabbin Léon Ashkénazi « Manitou » - parle de ce qui lui fait défaut : les chrétiens d’amour car ils en ont souvent été dépourvus, surtout à l’égard de leurs frères aînés ; les Musulmans de paix, car ils ont répandu leur foi à la pointe de l’épée ; et nous autres Juifs, parlons souvent d’unité, « ahdout », car notre peuple qui est un des plus modestes par sa dimension est aussi un des plus divisés. Mais cette division apparente et bien réelle (qu’on en juge par le nombre de partis à la Knesset, qui sont loin de représenter l’ensemble des opinions au sein du peuple d’Israël), ne saurait masquer l’unité profonde qui existe malgré tout, et que l’on ressent en certains occasions particulières. La bénédiction des Cohanim de Soukkot en est une.

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Dans ces rares moments où le « Klal Israël » - la collectivité d’Israël - est réuni par la prière ou par la liesse populaire, on ressent intensément le fait que le destin d’Israël est différent de celui des autres peuples, et qu’il échappe aux lois habituelles de l’histoire. En ce jour de Soukkot 5768, alors que les menaces existentielles se font toujours plus pressantes, les mots de la bénédiction des prêtres ne s’adressent pas seulement aux Juifs présents ici, à Jérusalem, ou à ceux auxquels les présents s’unissent par leurs pensées et leurs prières, mais à tout Israël, comme un seul homme, venu demander aux Cohanim de le bénir pour échapper aux dangers qui le guettent. Que l’Eternel te bénisse et te préserve ! Que l’Eternel t’éclaire de Sa face et te soit favorable ! Que l’Eternel tourne Sa Face vers toi et te donne la paix !

(Texte paru initialement sur le site www.upjf.org)

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