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26/06/2016

Pourquoi le vote du Brexit est une bonne nouvelle pour Israël, Pierre Lurçat


2091Churchill.jpgDans un petit opuscule écrit en pleine guerre *, alors qu’il se trouve à Londres pour le compte de l’Agence juive, Albert Cohen parle avec empathie de ces Anglais silencieux “qui chérissaient la liberté et la justice parce qu’ils avaient lu le Livre…”. Relisant ces lignes au lendemain du vote du Brexit, on ne peut s’empêcher d’établir un parallèle entre l’Angleterre d’alors - celle de 1940, du Blitz sur Londres et de la résistance acharnée contre le nazisme - et celle d’aujourd’hui qui vient de dire un non retentissant à l’Union européenne.  

La plupart des commentateurs français déplorent le vote anglais et y voient une réaction populiste, lourde de conséquences pour la stabilité et l’avenir du Vieux continent, navire en perdition dont l’Angleterre vient de se séparer, en larguant les amarres qui la rattachaient - de manière sans doute artificielle et contraire à son histoire et à sa volonté profonde - à l’Europe continentale.

 

Mais en tant que Juif, on ne peut qu’être frappé de la concomitance de ce vote avec l’accueil triomphal réservé par l’Union européenne à Bruxelles au dirigeant corrompu de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, reçu comme un chef d’Etat pour prononcer devant un auditoire conquis d’avance un discours de haine contre Israël et le peuple Juif, accusé - comme au Moyen-Age - d’empoisonner les puits, sans qu’aucun député européen n’élève la moindre protestation.

 

Il est évidemment peu probable que les Anglais qui ont rejeté, dans leur grande majorité, l’Union européenne, aient eu à l’esprit l’attitude hostile de l’UE envers Israël lorsqu’ils ont voté, tout comme l’Angleterre de Churchill s’est battue contre Hitler pour ses raisons propres et non par amour des Juifs (même si Churchill lui-même était favorable au mouvement sioniste). Les Anglais qui ont voté le Brexit n’ont pas seulement rejeté une Europe devenue synonyme de bureaucratie et de réglementations abusives. Ils ont aussi voulu renouer avec leur histoire millénaire, étrangère au rêve européen, essentiellement franco-allemand.

 

L’Union européenne actuelle, qui est devenue un acteur hostile à Israël sur la scène internationale, a peu à voir avec le projet né au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale. Elle ressemble plus à l’Eurabia - entité politique décrite par Bat Ye’or, gagnée par l’idéologie palestiniste et par le rejet de ses racines judéo-chrétiennes - qu’à l’Europe pacifiée promise par Jean Monnet. Dans ces circonstances, on peut légitimement considérer que le vote anglais est une bonne nouvelle pour Israël.

 

Bat Ye'or Eurabia.jpg

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29/01/2016

Alain Finkielkraut et le nouveau « Statut des Juifs » à la télévision française

« En arrivant sur le plateau de l’émission Des paroles et des actes, j’avais la peur au ventre », confie Alain Finkielkraut à Elisabeth Lévy sur RCJ, au lendemain de l’émission au cours de laquelle il a été violemment pris à partie par une militante islamiste, présentée mensongèrement comme une simple enseignante. « Pour le bien de la France, taisez-vous ! », a intimé la « prof d’anglais de Noisy-le-Sec » à l’académicien, sous le regard narquois et complaisant d’un David Pujadas, qui semble jouir de chaque instant. Au-delà du spectacle médiatique et de la recherche de l’audimat consubstantielle à la mise en scène télévisuelle, l’émission diffusée jeudi 21 janvier est emblématique en ce qu’elle révèle, une fois de plus, de l’état de la France actuelle et de la situation des Juifs en France aujourd’hui, ou plus précisément de leur nouveau statut dans les médias.

« Le Juif errant, c’est moi ; le détenu famélique au pyjama rayé, c’est moi ; moi le torturé de l’Inquisition, moi Dreyfus à l’île du Diable »

« Le Juif errant, c’est moi ; le détenu famélique au pyjama rayé, c’est moi ; moi le torturé de l’Inquisition, moi Dreyfus à l’île du Diable »

 

Finkielkraut, récemment accueilli sous la coupole de l’Académie française, s’attendait peut-être à être attaqué, et à devoir se défendre ; sans doute s’était-il préparé tant bien que mal (car il n’est jamais très à l’aise dans l’arène télévisuelle) à subir une attaque venant de l’auditoire. Mais son souci principal, comme il l’a avoué avec une certaine candeur au micro d’Elisabeth Lévy, n’était pas tant celui de se défendre, que de ne pas faire de « faux pas ». Il a ainsi parlé de sa crainte de voir « gravées pour l’éternité dans le marbre liquide d’Internet des paroles malheureuses, approximatives ou excessives » (allusion à ses propos sur l’équipe nationale de football, notamment).

Face au philosophe, craignant le faux-pas et pesant ses mots, l’organisateur de l’émission avait invité une prof de banlieue militante – Wiam Barhoumi – qui, elle, ne mâchait pas ses mots. Son intervention ressemblait plus au réquisitoire d’un procureur devant un tribunal de la Charia, qu’à une question ingénue d’une enseignante de banlieue. Usant d’une rhétorique islamo-gauchiste subversive bien rodée, elle revendiquait pour les seuls musulmans le droit de parler de l’islam (ce qui fait d’elle, objectivement, une islamiste). Ce n’est évidemment pas un hasard si elle a choisi de s’en prendre nommément à trois intellectuels Juifs, trois noms que rien ne réunit, sinon leur appartenance au peuple Juif : Zemmour, Lévy et Finkielkraut. Elle déniait donc aux non-musulmans, mais surtout aux Juifs (dhimmis parmi les dhimmis) le droit de parler et de participer au débat national français.

En avouant après l’émission son « soulagement » au micro de RCJ, de n’avoir « rien dit dont j’ai éternellement à rougir » (c’est-à-dire de n’avoir pas prononcé de paroles jugées racistes ou islamophobes, ce qui aurait « ajouté une casserole à celles que je traîne déjà », comme il l’a expliqué), Alain Finkielkraut a montré qu’il avait peut-être mal évalué la signification de son invitation à « Des Paroles et des Actes ». Car ce n’était pas seulement Finkielkraut le philosophe, ni Finkielkraut l’académicien, qui était convié à se défendre, face aux coups de boutoir d’une militante rompue à la rhétorique victimaire et agressive caractéristique du discours islamiste.

C’était aussi et surtout Finkielkraut le Juif, comme cela est apparu à plusieurs moments de l’émission, de manière très parlante et symbolique (comme lorsque Cohn-Bendit et Finkielkraut ont échangé quelques mots en hébreu sous le regard interloqué de David Pujadas). C’est Finkielkraut le Juif qui était sommé de se taire par une jeune musulmane, laquelle revendiquait le monopole de la parole sur l’islam pour les seuls musulmans.

Alain Finkielkraut a bien compris que l’antisémitisme était désormais invité en « prime time » à la télévision française, sans susciter la moindre condamnation ou réserve de la part de Pujadas. Peut-être ne s’attendait-il pas à devenir à lui seul l’incarnation du Juif sur un plateau de télévision. Il avait pourtant écrit, dans un de ses premiers livres, Le Juif imaginaire, ces mots qui résonnent aujourd’hui avec un écho prémonitoire : « Le Juif errant, c’est moi ; le détenu famélique au pyjama rayé, c’est moi ; moi le torturé de l’Inquisition, moi Dreyfus à l’île du Diable ».

Le Juif imaginaire qui croyait – et qui croit encore, apparemment – à la France, se retrouve ainsi incarner, contre son gré (un peu comme le capitaine Dreyfus, devenu un héros malgré lui), le Juif bien réel, en proie aux attaques verbales des nouveaux Français, ceux qui voudraient interdire de parole les non-musulmans au nom de leur conception totalitaire et impérialiste de l’Oumma.

Paradoxalement, c’est au moment même où Alain Finkielkraut atteint la consécration de sa carrière intellectuelle, en entrant à l’Académie française, et où il s’apprête à siéger parmi les « Immortels », c’est à ce moment précis qu’il éprouve le plus durement dans sa chair de mortel, la condition du Juif aujourd’hui en France et la solitude irréductible d’Israël parmi les Nations.

 

Pierre Lurçat © UPJF.ORG

 

http://www.upjf.org/fr/7809.html

 

 

Face au philosophe, craignant le faux-pas et pesant ses mots, l’organisateur de l’émission avait invité une prof de banlieue militante – Wiam Barhoumi – qui, elle, ne mâchait pas ses mots. Son intervention ressemblait plus au réquisitoire d’un procureur devant un tribunal de la Charia, qu’à une question ingénue d’une enseignante de banlieue. Usant d’une rhétorique islamo-gauchiste subversive bien rodée, elle revendiquait pour les seuls musulmans le droit de parler de l’islam (ce qui fait d’elle, objectivement, une islamiste). Ce n’est évidemment pas un hasard si elle a choisi de s’en prendre nommément à trois intellectuels Juifs, trois noms que rien ne réunit, sinon leur appartenance au peuple Juif : Zemmour, Lévy et Finkielkraut. Elle déniait donc aux non-musulmans, mais surtout aux Juifs (dhimmis parmi les dhimmis) le droit de parler et de participer au débat national français.

En avouant après l’émission son « soulagement » au micro de RCJ, de n’avoir « rien dit dont j’ai éternellement à rougir » (c’est-à-dire de n’avoir pas prononcé de paroles jugées racistes ou islamophobes, ce qui aurait « ajouté une casserole à celles que je traîne déjà », comme il l’a expliqué), Alain Finkielkraut a montré qu’il avait peut-être mal évalué la signification de son invitation à « Des Paroles et des Actes ». Car ce n’était pas seulement Finkielkraut le philosophe, ni Finkielkraut l’académicien, qui était convié à se défendre, face aux coups de boutoir d’une militante rompue à la rhétorique victimaire et agressive caractéristique du discours islamiste.

C’était aussi et surtout Finkielkraut le Juif, comme cela est apparu à plusieurs moments de l’émission, de manière très parlante et symbolique (comme lorsque Cohn-Bendit et Finkielkraut ont échangé quelques mots en hébreu sous le regard interloqué de David Pujadas). C’est Finkielkraut le Juif qui était sommé de se taire par une jeune musulmane, laquelle revendiquait le monopole de la parole sur l’islam pour les seuls musulmans.

Alain Finkielkraut a bien compris que l’antisémitisme était désormais invité en « prime time » à la télévision française, sans susciter la moindre condamnation ou réserve de la part de Pujadas. Peut-être ne s’attendait-il pas à devenir à lui seul l’incarnation du Juif sur un plateau de télévision. Il avait pourtant écrit, dans un de ses premiers livres, Le Juif imaginaire, ces mots qui résonnent aujourd’hui avec un écho prémonitoire : « Le Juif errant, c’est moi ; le détenu famélique au pyjama rayé, c’est moi ; moi le torturé de l’Inquisition, moi Dreyfus à l’île du Diable ».

Le Juif imaginaire qui croyait – et qui croit encore, apparemment – à la France, se retrouve ainsi incarner, contre son gré (un peu comme le capitaine Dreyfus, devenu un héros malgré lui), le Juif bien réel, en proie aux attaques verbales des nouveaux Français, ceux qui voudraient interdire de parole les non-musulmans au nom de leur conception totalitaire et impérialiste de l’Oumma.

Paradoxalement, c’est au moment même où Alain Finkielkraut atteint la consécration de sa carrière intellectuelle, en entrant à l’Académie française, et où il s’apprête à siéger parmi les « Immortels », c’est à ce moment précis qu’il éprouve le plus durement dans sa chair de mortel, la condition du Juif aujourd’hui en France et la solitude irréductible d’Israël parmi les Nations.

 

Pierre Lurçat © UPJF.ORG

 

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« Le Juif errant, c’est moi ; le détenu famélique au pyjama rayé, c’est moi ; moi le torturé de l’Inquisition, moi Dreyfus à l’île du Diable »

« Le Juif errant, c’est moi ; le détenu famélique au pyjama rayé, c’est moi ; moi le torturé de l’Inquisition, moi Dreyfus à l’île du Diable »

 

Finkielkraut, récemment accueilli sous la coupole de l’Académie française, s’attendait peut-être à être attaqué, et à devoir se défendre ; sans doute s’était-il préparé tant bien que mal (car il n’est jamais très à l’aise dans l’arène télévisuelle) à subir une attaque venant de l’auditoire. Mais son souci principal, comme il l’a avoué avec une certaine candeur au micro d’Elisabeth Lévy, n’était pas tant celui de se défendre, que de ne pas faire de « faux pas ». Il a ainsi parlé de sa crainte de voir « gravées pour l’éternité dans le marbre liquide d’Internet des paroles malheureuses, approximatives ou excessives » (allusion à ses propos sur l’équipe nationale de football, notamment).

Face au philosophe, craignant le faux-pas et pesant ses mots, l’organisateur de l’émission avait invité une prof de banlieue militante – Wiam Barhoumi – qui, elle, ne mâchait pas ses mots. Son intervention ressemblait plus au réquisitoire d’un procureur devant un tribunal de la Charia, qu’à une question ingénue d’une enseignante de banlieue. Usant d’une rhétorique islamo-gauchiste subversive bien rodée, elle revendiquait pour les seuls musulmans le droit de parler de l’islam (ce qui fait d’elle, objectivement, une islamiste). Ce n’est évidemment pas un hasard si elle a choisi de s’en prendre nommément à trois intellectuels Juifs, trois noms que rien ne réunit, sinon leur appartenance au peuple Juif : Zemmour, Lévy et Finkielkraut. Elle déniait donc aux non-musulmans, mais surtout aux Juifs (dhimmis parmi les dhimmis) le droit de parler et de participer au débat national français.

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20/01/2016

Comment vaincre face à un ennemi inhumain? Réflexions après l'attentat d'Otniel, Pierre Lurçat

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En chaque homme juif se trouve profondément enfouie la tendance à interpréter un malheur qui le frappe comme l’expiation d’une faute commise”.

Theodor Lessing

Le terrible attentat d’Otniel pose à nouveau, dans toute son horreur, la question ancienne et sans cesse récurrente de la haine d’Israël. Depuis 2000 ans et plus que nos ennemis nous tuent, depuis des siècles de massacres, de pogroms, de persécutions, de bûchers de l’Inquisition et de bains de sang, la même question revient toujours sur nos lèvres : “Pourquoi ?” Curieusement, le peuple Juif qui n’a jamais connu de répit dans son histoire bimillénaire et qui est sans doute le peuple le plus expérimenté au monde en matière de souffrance, reste toujours aussi surpris et étonné face à ses ennemis. Pourquoi nous haïssent-ils ?

La réponse juive traditionnelle à cette question est que Esaü (et Ishmaël) nous détestent depuis les origines de notre histoire, parce que nous sommes le peuple élu par D.ieu, destinataire de sa Torah. Plus précisément, comme l’explique le Rav Ben Ishaï – dont la fille, le gendre et trois petits-enfants ont été assassinés à Itamar* – ils nous haïssent parce qu’ils veulent s’attaquer à D.ieu lui-même. Mais cette explication s’est souvent accompagnée d’une autre interprétation, opposée, voulant faire de nos ennemis l’instrument de la colère divine : s’ils nous haïssent, c’est parce que nous sommes coupables !

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