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08.09.2010

5770 - Une année record pour la mère juive en Israël

Le nombre de naissances juives en Israël était en 5770 le plus élevé de l'histoire du pays.

 

BEBE.jpg"Par le mérite des femmes juives nous avons été sauvés [en Egypte] et par le mérite des femmes nous serons sauvés". Cette affirmation de nos Sages m'est venue à l'esprit en lisant l'article de Makor Rishon traduit ci-dessous. Certes, ce sont encore les hommes qui dirigent souvent les affaires du monde, dans la politique et l'économie, mais malgré tout, disent nos Sages, ce sont les femmes juives qui déterminent l'avenir de notre Peuple. Au moment où des informations inquiétantes parviennent de Washington et de Jérusalem, alors que notre Premier ministre semble prendre le chemin de ses précédesseurs, qui ont trahi leurs électeurs et bradé nos droits sur Eretz-Israël contre un morceau de papier, il est bon de se consoler par les nouvelles encourageantes de la démographie juive en Israël, qui prouvent que le destin juif n'est pas fixé uniquement par les décisions des "grands" de ce monde mais que chaque foyer juif peut influer sur l'avenir de notre peuple. Chana tova ! P.I.L.

 

5770 : année record pour la natalité de la mère juive, Ouri Israel Paz

 

medium_Drapeau_Etat_d_Israel_2.jpgL'analyse des chiffres publiés par le Bureau central des statistiques à l'occasion du Nouvel an juif montre une donnée très encourageante : la mère juive en Israël enfante plus que ses soeurs juives en diaspora, et beaucoup plus que les femmes en Occident et dans les autres pays développés. C'est ce que conclut le démographe Sergio Della Pergola, qui dirige la faculté des Relations entre Israël et la diaspora à l'université hébraique. Selon lui, la femme juive enfante presque trois enfants en moyenne, contre mois de deux enfants en moyenne dans les autres pays développés.

 

Selon ces chiffres, la population juive a connu une progression modérée du taux de fécondité (2,9 enfants en moyenne). Le nombre de naissances juives en Israël était en 5770 le plus élevé de l'histoire du pays. Selon Della Pergola, cette augmentation ne provient pas uniquement du secteur ultra-orthodoxe de la population : la femme juive en Israël, tous secteurs confondus, enfante plus, apparemment en raison de la satisfaction générale des citoyens israéliens de la vie en Israël.

 

Les chiffres recueillis par le professeur Della Pergola montrent aussi que, contrairement à l'augmentation de la population juive en Israël, on constate parmi les Juifs de diaspora un taux de natalité peu élevé, et la tendance à la baisse de la décennie écoulée se poursuit. Les causes, selon cette étude, sont le taux en progression des mariages mixtes et le vieillissement rapide de la population juive. Le nombre de décès dépasse celui des naissances en diaspora.

 

"Le résultat global de ces tendances opposées est une certaine baisse du nombre de Juifs en diaspora", affirme Della Pergola. "Alors qu'en Israël, on a constaté cette année une augmentation de 1,7 % de la population juive, en diaspora le nombre de Juifs a baissé de 0,2 %. De ce fait, les Juifs d'Israël représentent aujourd'hui 43 % de la population juive mondiale".

 

Après Israël, le pays qui renferme la population juive la plus importante est l'Amérique, avec 5,3 millions de Juifs. Mais selon Della Pergola, ce chiffre dépend de la definition de "qui est Juif". Après les Etats-Unis viennent la France (485 000 Juifs), le Canada (375 000), l'Angleterre (292 000), la Russie (205 000), l'Argentine (182 000) l'Allemagne (119 000), l'Australie (108 000) et le Brésil (96 000).

31.08.2010

La rencontre Jabotinsky – Delcassé, 1915

Une occasion manquée pour la France au Proche-Orient

 

Jabotinsky.jpgLa diplomatie française au Proche-Orient est souvent, on le sait bien, faite de gesticulations sans grande portée. Pourtant, la France aurait pu jouer un rôle plus important dans notre région, à l'époque décisive de la Première Guerre mondiale, si seulement elle avait su saisir sa chance historique... En 1915, le mouvement sioniste cherchait un allié en Europe. La rencontre entre Vladimir Jabotinsky et Théophile Delcassé fut pour la France – comme le relate le dirigeant sioniste ci-dessous, une occasion manquée. Si le ministre français des Affaires étrangères de l'époque avait été plus intelligent, la face du monde aurait sans doute été changée… Le récit que fait Jabotinsky, avec son acuité et sa modestie coutumières, apporte un éclairage inédit sur une période essentielle dans la formation du Moyen-Orient contemporain. P.I.Lurçat

 

"Hervé me présenta au ministre des Affaires étrangères – le grand et célèbre Delcassé. Comme il n'est plus de ce monde, je ne souhaite pas dire des choses qui porteraient atteinte à sa mémoire, mais je ne veux pas non plus dissimuler mes impressions. Cette conversation m'a révélé pour la première fois un secret, qui s'est confirmé plusieurs fois par la suite lors de mes rencontres avec les grands de ce monde : chez les peuples bienheureux, qui ont un pays, des frontières et un gouvernement, il n'est pas besoin d'être un génie pour atteindre le sommet de l'échelon politique. Mais cela est autrement plus difficile chez nous, au sein du mouvement sioniste...

 

Par ailleurs, ce Delcassé était resté fidèle à l'ancienne école "classique" de la diplomatie : celle des adeptes du secret et du mystère, dont Talleyrand a résumé la doctrine dans une formule immortelle – "la parole a été donnée à l'homme pour déguiser sa pensée". Et peut-être cette doctrine avait quelque fondement dans le passé : mais en 1915, cet usage était déjà considéré comme infantile, et chacun sait que les meilleurs diplomates le tournaient en ridicule et se paraient, au contraire, d'un masque de sincérité artificielle. Mais la France, à cette époque, croyait encore à Racine et à Corneille...

 

Je ne voudrais pas exagérer le rôle que je jouai alors, rôle qui fut sans aucun doute de peu de valeur ; mais je suis absolument certain que ce matin-là, la France perdit, par la faute de ce même Delcassé, une chance qui, à ses propres yeux, n'était pas du tout dénuée de valeur. Je veux parler non seulement de la possibilité de créer une légion hébraïque dans le cadre de son armée, mais d'une chose encore bien plus importante. Avant ma visite, j'avais consulté le Dr Weizmann, qui était venu à Paris passer quelques jours. Il avait déjà entamé alors les négociations avec les hommes politiques de Londres, et il était déjà certain de leur sympathie. Le plus grand obstacle qu'il rencontra était leur crainte d'offenser le gouvernement français, s'ils osaient accomplir une démarche concernant l'avenir de la Terre Sainte. A cette époque, en effet, la tradition internationale remontant aux générations antérieures n'avait pas encore été enterrée, qui reconnaissait à la France un droit sur le littoral "syrien", de manière il est vrai peu claire et sans formulation précise. Weizmann souhaitait se rendre compte si, oui ou non, le gouvernement français avait une position précise quant à nos revendications, positive ou négative. Si elle était positive – alors nous serions contraints de mener les négociations sur deux fronts ; si non – alors nous concentrerions notre action diplomatique à Londres, en tentant de renforcer dans le cœur du public local la sympathie naturelle pour le rêve sioniste, et peut-être – et c'était le pas décisif – éveiller en Angleterre aussi 'l'appétit" en les habituant au son du slogan "British Palestine" et à l'idée d'une offensive militaire en Orient.

[SUITE]

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28.08.2010

Menahem Begin (en 1977) : « Qui tient la Judée et la Samarie tient la veine jugulaire d'Israël »

[Voici un texte, poignant autant qu'édifiant, et remarquablement écrit. Il nous restitue une déchirante page d'histoire. Menahem Begin, ce Juif pathétique, qui, en juillet 1977, faisait face à l'homme le plus puissant de la planète, et émettait, sans forfanterie mais aussi sans crainte, la profession de foi peut-être la plus courageuse et la plus dérisoire de l'histoire, incarnait, en cet instant, la figure de son peuple - digne et impuissant, mais sûr de la justesse de sa cause. Je remets en ligne, aujourd’hui, ce texte publié en septembre 2003 sur reinfo-israel.com, et remis en ligne à plusieurs reprises depuis, car il est à l’ordre du jour. En effet, après l'indifférence cynique de l'ancien Président des Etats-Unis, Carter, à la sécurité d'Israël, c'est le nouveau Président Obama qui entend faire plier Israël, au profit de sa realpolitik pro-arabe. Une fois de plus, il ne fait hélas pas de doute que si ceux qui président aux destinées de la planète doivent choisir entre l'abandon du peuple juif à son triste sort, et une crise sécuritaire et/ou économique de grande ampleur, les Juifs mourront, comme dans les années 40, sans que personne ou presque, ne vienne à leur aide. (Menahem Macina).]

28 juin 2009

begin_carter_enlarged.jpg
Titre anglais original : " How to negotiate for 'peace' ", Yehuda Avner

Première parution : The Jerusalem Post (11/9/2003)

 

Repris par Jewish World Review Sept. 17, 2003 / 20 Elul, 5763


Traduction française : Henri Orquera

 

Jimmy Carter, fermier cultivateur d’arachides, avait transformé la Maison Blanche en un établissement austère. En accord avec ses convictions calvinistes, il se moulait dans le rôle d’un citoyen-président. Il interdisait qu’on l’appelle Chef, avait presque supprimé le budget loisirs, vendu le yacht présidentiel, réduit la flottille de limousines, et, plus généralement, débarrassé son palais de toutes ses manières, artifices et prétentions. Il portait lui-même son attaché-case.

 

Aussi, lorsqu’il accueillit le Premier Ministre Menahem Begin à la Maison Blanche, en juillet 1977, avec une cérémonie aussi flamboyante que pour un roi, une salve de 19 coups de canon, une revue de tous les services armés et une parade chorégraphique de la Vieille Garde du Corps des Fifres et Tambours, en livrée blanche, de l’Armée Révolutionnaire, les médias estimaient, avec juste raison, qu’il s’agissait d’une marque de haute estime, ou de pure flatterie.

 

L’ambassadeur américain, Samuel Lewis, a confié qu’il s’agissait d’un peu des deux : «Le Président était persuadé qu’en traitant Begin avec du miel, il en obtiendrait bien davantage qu’avec du vinaigre.»

 

Et, de fait, les discussions avaient démarré d’une manière décente. Les deux dirigeants et leurs conseillers avaient échangé leurs points de vue sur des sujets aussi sensibles que les pourparlers de paix israélo-arabes de Genève, la mauvaise conduite soviétique dans la Corne de l’Afrique, et les menaces de l’Organisation Armée de la Palestine au Sud Liban. Ensuite, il y avait eu une pause, et quand le café avait été servi, le Président [américain] et le Premier Ministre [israélien] l’avaient siroté en silence, chacun jaugeant l’autre, comme si, d’un commun accord, ils se préparaient à ce qui allait suivre.

 

Ensuite, Begin présenta, d’une manière extrêmement détaillée, la croyance du Likoud au droit inaliénable du peuple juif sur la terre d’Israël. S’agissant du premier sommet entre un Premier Ministre du Likoud et un Président américain, Menahem Begin avait décidé que Jimmy Carter entendrait sa position à la source même.


Le Secrétaire d’État, Cyrus Vance, homme habituellement calme, commença à s’agiter en entendant dire qu’Israël ne renoncerait ni à la Judée, ni à la Samarie, ni à la bande de Gaza. Il soutenait que cela rendrait vain tout plan de paix pour une conférence de Genève.[...]

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