11.05.2012
L’idée du « Yovel » dans la pensée sociale de Zeev Jabotinsky
A Rebecca לרגל יובל שנותיך - באהבה
« Vous sanctifierez cette cinquantième année, en proclamant dans le pays, la liberté pour tous ceux qui l’habitent : cette année sera pour vous le Jubilé » (Lévitique 25-10).
Dans la paracha que nous lirons demain matin dans les synagogues figure le fameux verset du Lévitique qui définit l’institution du « Yovel », le Jubilé.
La redistribution égalitaire des terres lors de la cinquantième année est une des conceptions sociales les plus originales de la Bible hébraïque, devenue pour beaucoup de commentateurs un symbole de l’esprit de justice inhérent à la tradition juive. Paradoxalement, c’est un des plus grands penseurs du sionisme laïc, Vladimir Zeev Jabotinsky, qui a remis au goût du jour cette institution tombée en désuétude depuis l’époque biblique, dont il a fait la pierre angulaire de ses conceptions sociales et économiques.
Avant d’aborder succinctement la pensée économique et sociale de Jabotinsky, il convient de faire une remarque préliminaire concernant la place qu’occupe la Bible dans la pensée sioniste moderne. Beaucoup a été dit sur le caractère utopique de la société juive décrite par Herzl, le « Visionnaire de l’Etat », dans son ouvrage programmatique, L’Etat juif et dans son roman politique Altneuland. Homme du dix-neuvième siècle, Herzl croyait au progrès nécessaire de l’humanité, et son utopie est le fruit des conceptions de son époque (Paul Giniewski le compare judicieusement à Jules Verne, autre grand utopiste).
15:44 Publié dans Jabotinsky, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jabotinsky, yovel, herzl, sionisme
10.05.2012
Le dernier Bétari : Bentsion Nétanyahou et le général Eisenhower, par Haggaï Segal
Parmi les nombreux hommages rendus à l’historien Bentsion Nétanyahou, décédé la semaine dernière à Jérusalem, celui que lui rend le journaliste Haggaï Segal dans Makor Rishon est instructif et plein d’enseignements pour les Juifs aujourd’hui, y compris pour Benjamin Nétanyahou, dont beaucoup souhaitent qu’il n’oublie pas l’héritage glorieux et l’enseignement de son père.
« Le général et l’historien ».
Le 1er juillet 1947, une rencontre inhabituelle eut lieu au Pentagone. Le chef d’état-major américain Dwight "Ike" Eisenhower, héros de la Deuxième Guerre mondiale, reçut en entretien privé le jeune directeur de la branche américaine du parti sioniste révisionniste, le Dr Bentsion Nétanyahou.
L'invité juif dit au général qu’il était venu lui expliquer comment le programme de la création d’un Etat juif allait conforter les intérêts américains. Eisenhower l’interrompit : « Expliquez-moi auparavant quel est le motif de l’attachement profond que les Juifs nourrissent envers la Terre d’Israël… Ma famille a quitté l’Allemagne il y a une ou deux générations, et nous n’avons plus aucun rapport avec ce pays. Mais vous, après tant d’années d’exil, considérez encore ce pays comme votre patrie ? »

Le jeune historien Nétanyahou fut impressionné par cette question. Il répondit au général qu’à la différence des autres émigrants, les Juifs ne s’étaient pas intégrés totalement dans leurs pays d’accueil et qu’ils n’avaient pas pu, ou pas voulu s’y assimiler, ce qui les avait amenés à rester fidèles à leur ancienne patrie. Il lui dit ensuite que pour régler une fois pour toute le problème des Juifs, il fallait sans plus tarder créer un Etat juif dans les frontières historiques, « du désert syrien jusqu’à la Méditerranée ».
07:56 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : netanyahou, eisenhower
06.05.2012
De la reductio "ad mussolinum", hier et aujourd'hui... Pierre Itshak Lurçat
Lorsque je lis les accusations d'intellectuels et de journalistes néo-staliniens comme le semi-lettré Mohammed Sifaoui, traitant de "xénophobes" et de 'fascistes" Nicolas Sarkozy et ses électeurs, cela me rappelle évidemment les accusations portées contre le Roch Betar, notre maître, il y a 80 ans. Non certes, qu'il y ait à mes yeux la moindre ressemblance entre le Président français et le fondateur du sionisme révisionniste. Mais parce que c'est le même procédé de "reductio ad hitlerum" (ou "ad mussolinum") qui est à l'oeuvre, aujourd'hui comme hier. J'aborde précisément ce sujet dans un article publié dans la dernière livraison d'ISRAEL MAGAZINE dont on lira un extrait ci-dessous. L'histoire, comme souvent, éclaire l'actualité... P.I.L
Aux origines de la Marine israélienne
L’école navale du Betar à Civitavecchia
Pierre Itshak Lurçat
L’histoire de la Marine israélienne, comme celle de la plupart des institutions de l’État juif, commence bien avant 1948. C’est en 1934 qu’est créée l’école navale de Civitavecchia, en Italie, dont sont issus les premiers marins et officiers de marine d’Israël. Le principal protagoniste de ce projet est un Juif russe, Jérémie (« Yirma ») Halpern [photo ci-contre], dont la famille a émigré en Eretz-Israël en 1913 et qui est devenu capitaine de l’académie navale italienne en 1917, à l’âge de 16 ans. Après la fondation de l’État d’Israël, il proposera à David Ben Gourion de réorganiser la marine commerciale et militaire et créera le musée maritime d’Eilat, qui porte aujourd’hui son nom. Retour sur une page d’histoire méconnue.
Les débuts de la Marine israélienne sont étroitement liés – tout comme ceux de Tsahal – au mouvement sioniste révisionniste fondé par Zeev Jabotinsky. Et, comme souvent, tout commence par une idée originale, presque farfelue, qui germe dans l’esprit d’un intellectuel, Adia Gourevitch, fondateur du mouvement cananéen. Celui-ci fait partie du petit cercle d’étudiants et d’intellectuels juifs qui gravitent autour du mouvement sioniste Betar à Paris, au début des années 1930. Il exprime la quintessence de l’idéologie cananéenne dans une série d’articles publiés par le journal sioniste Rassviet.[...]
En 1931, la conférence du Betar à Dantzig adopte la décision de créer une école navale pour former la jeunesse juive au métier de marin. Le capitaine Yirma Halpern est chargé de mettre en œuvre ce projet ambitieux. Très vite, l’Italie est choisie pour accueillir l’école navale du Betar. Celle-ci ouvre ses portes en 1934 à Civitavecchia, dans la région de Rome, où elle fonctionnera jusqu’en 1938, accueillant des centaines de jeunes Juifs du Betar venus d’Europe de l’Est et aussi d’Eretz-Israël.
12:31 Publié dans Histoire, Jabotinsky | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note










